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16/11/2017

Liban

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 Témoignages rares Les guerres cachées contre Daech , pour mieux décrypter les enjeux et les réalités de ces "guerres cachées".

 
 

Dessous des cartes Liban

L'après Daesch

Le premier ministre du Liban, Saad Hariri, a surpris ses concitoyens autant que la communauté internationale en annonçant brusquement sa démission, le 4 novembre. Huit jours plus tard, son allocution, prononcée depuis Riyad, a alimenté le soupçon : aurait-il été contraint de quitter son poste par le pouvoir saoudien, son parrain ? La crise a brutalement fait monter la tension entre Téhéran et Riyad. Le correspondant du Monde à Beyrouth, Benjamin Barthe, l’a décryptée au cours d’un tchat avec les internautes.

Par 

 

Saad Hariri est un allié et même un client de l’Arabie saoudite. Mais le royaume aujourd’hui n’est pas le même qu’avant 2015, date de l’arrivée au pouvoir du roi Salman et de son fils, Mohamed Ben Salman, promu prince héritier en juin. Ce duo a tordu la diplomatie saoudienne dans un sens anti-iranien inédit. Ce raidissement est allé crescendo, de l’intervention militaire au Yémen en mars 2015 (contre les milices houthistes pro-iraniennes) en passant par la crise avec le Qatar (accusé d’être trop proche de Téhéran) qui a éclaté ce printemps, jusqu’à l’affaire Hariri d’aujourd’hui.

Situation du Moyen Orient et monde arabe

Du coup, l’attitude de Saad Hariri, son insistance à faire fonctionner son gouvernement d’unité, ses accommodements inévitables avec le Hezbollah, représenté dans la coalition, sont devenus inacceptables pour Riyad.

La position du Hezbollah face à cette nouvelle tension  dans la mesure où il occupe une position de force au sein du gouvernement libanais, il pousse pour que Saad Hariri revienne sur sa démission et que le gouvernement reste en place.

» LIRE AUSSI - Saad Hariri accepte l'invitation d'Emmanuel Macron à venir en France

A ses côtés, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a déclaré que Saad Hariri, invité mercredi soir par Emmanuel Macron à se rendre en France, s'y rendrait "quand il le souhaitera et dès qu'il souhaitera". "Il sera accueilli en ami", a-t-il ajouté, à quelques heures d'un entretien avec le premier ministre démissionnaire.

» LIRE AUSSI - Comment le premier ministre libanais Saad Hariri a été piégé chez les Saoud

Liban : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Pour Peter Harling, spécialiste du Proche-Orient, le Liban, en pleine crise gouvernementale, est un pays qui « se désagrège de lui-même, en raison d’une corruption et d’une mauvaise gouvernance endémiques » Par Peter Harling (fondateur et directeur de Synaps)

La démission surprise, depuis la capitale saoudienne Riyad, du premier ministre libanais Saad Hariri a suscité des réactions paradoxales au Liban. D’un côté, la dissolution d’un rare gouvernement d’unité nationale, dans ce pays ou se déchire, traditionnellement, une multitude de factions issues de la guerre civile, ébranle une stabilité fragile. De l’autre, ce coup d’éclat redonne de l’importance au Liban, qui se situait à la marge, depuis des années, des grands enjeux régionaux. Une armée de commentateurs politiques libanais semble revivre, surenchérissant de théories flamboyantes : Hariri a été kidnappé… Israël va attaquer… des explosions secouent Riyad… Le Liban, de retour au centre du jeu, a peur et respire à la fois.

Ce climat psychologique se comprend historiquement. Le Liban est une terre aussi riche humainement que pauvre en ressources, aussi petite que connectée au monde, par son immense diaspora, ainsi que ses factions politiques, qui toutes cherchent des points d’appui étrangers. Le Hezbollah, mouvement shiite lourdement armé, a raison de reprocher à Hariri son abandon de poste depuis l’Arabie Saoudite, si ce n’est qu’il placarde, sur tous les murs, des portraits du Guide suprême iranien… Le Liban a toujours vécu, pour le meilleur et pour le pire, d’une attention extérieure exagérée. C’est ce qui l’a rempli (de populations diverses cherchant refuge), définit dans ses frontières actuelles (à l’époque coloniale), ravagé (durant la guerre civile) et enrichi (de capitaux divers).

Aujourd’hui, cependant, il n’y a rien de bon à attendre de ce coup de projecteur. Les motivations vraisemblables de Hariri peuvent aider à discerner pourquoi. Lorsqu’il a accepté, en novembre 2016, de devenir premier ministre, au prix d’une réconciliation avec le Hezbollah, soupçonné d’avoir assassiné son père Rafic, Saad était acculé. Il était

«Tant que le Liban n'aura pas d'institutions efficaces, les terroristes pourront le frapper» 

dans une interview :  Ziad Majed estime - L'Etat islamique exploite les failles du Liban paralysé par une crise politique pour attaquer des civils chiites et aggraver les tensions sectaires dans toute la région, estime Ziad Majed, professeur des études du Moyen Orient à l'Université américaine de Paris.

Un regain de violence qui risque de se poursuivre, estime Ziad Majed, tant que le Liban n'aura pas d'institutions étatiques efficaces et tant qu'il n'y aura pas de consensus national pour adopter la «neutralité positive» sur le dossier syrien.

L’Iran a réagi à cette mise en cause par son ministère des affaires étrangères. Son porte-parole, Bahram Ghassemi, a parlé « d’accusations sans fondement contre l’Iran » dont « la répétition montre que cette démission est un nouveau scénario pour créer des tensions au Liban et dans la région ».

« La subite démission de M. Hariri et son annonce depuis un pays tiers est non seulement regrettable et surprenante mais montre qu’il joue sur un terrain conçu par ceux qui ne veulent pas le bien de la région (...) Avec la fin proche de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] dans certains pays de la région, le temps est venu de (...) réparer les dégâts causés par les terroristes créés par les Etats-Unis et leurs alliés régionaux ».

LE FIGARO.- L'attentat d'hier a frappé une rue commerçante de Bourj el-Barajné. Qu'est-ce que l'Etat islamique veut démontrer en attaquant ce quartier de la banlieue sud de Beyrouth, tenu par le Hezbollah libanais?

l'EI prouve également qu'il est capable d'opérer au-delà de l'Irak et de la Syrie pour punir ses ennemis et pour faire monter les tensions sectaires dans la région.

Pour autant, vous ne voulez pas parler d'exportation au Liban du conflit syrien. Pourquoi?

L'expression est inexacte, c'est plutôt le Liban qui est impliqué dans le conflit syrien par le biais du Hezbollah, présent sur le terrain depuis 2012, soit un an avant la création de l'Etat Islamique. Donc cela fait trois ans maintenant que la milice chiite libanaise se bat en Syrie pour soutenir le régime d'Assad, avec les risques que cela comporte pour la sécurité intérieure du Liban. D'ailleurs, la crise politique libanaise actuelle est en partie causée par les divisions entre les partisans et les opposants à son intervention en Syrie.

Le Hezbollah est-il toujours en mesure d'assurer la sécurité de ses partisans au Liban?

Je ne pense pas qu'un parti politique soit en mesure de contrôler réellement un territoire au Liban, surtout contre ce type d'attaque où ce sont des individus isolés qui se font exploser en public. Dans un Etat «normal», ce n'est pas à une milice d'assurer la protection des civils. Mais le Liban n'est pas capable de le faire aujourd'hui à cause du blocage politique qui paralyse ses institutions.

Doit-on s'attendre à une nouvelle vague de violences au Liban?

Malheureusement, on peut s'attendre à une poursuite des violences. La dernière vague d'attentats avait commencé en août 2013 et s'était poursuivi jusqu'en janvier 2014. Il y a eu des attaques dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la Bekaa et à Tripoli. Tant que le Liban n'aura pas d'institutions étatiques efficaces, tant qu'il n'y aura pas de consensus national pour adopter la «neutralité positive» sur le dossier syrien, l'Etat islamique et autres entités terroristes pourront le frapper en exploitant ses failles.

 n Crise au Liban : « En l’état, l’opération saoudienne est un fiasco »
 

L'escalade au Liban a également été alimentée par le fait que l'administration Trump s'est montrée beaucoup plus réceptive aux exigences saoudiennes et israéliennes que celle d'Obama.Le fait de parler de l'abandon de l'accord nucléaire et d'une concentration accrue des efforts pour cibler et sanctionner le Hezbollah a créé un contexte dans lequel une confrontation au Liban devient de plus en plus probable.

Et comme l'a récemment noted le chercheur Joseph Bahout:
 
"Sur le plan régional, l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis cherchent maintenant des moyens de compenser la perte de la Syrie comme un endroit où ils pourraient défier et saigner l'Iran ... Si jamais ils cherchent à rééquilibrer la relation régionale Téhéran au Levant, le seul endroit où le faire serait le Liban, malgré les nombreux risques qui accompagneraient un tel effort. "
 
Benjamin Netanyahu , nuclear deal
 

Seule la désescalade peut sauver le Liban

Cherchant à capitaliser sur les efforts régionaux et internationaux pour contrer l'influence grandissante du Hezbollah, Hariri et d'autres dirigeants Sunni pourraient finir par refouler le pays dans un abysse d'escalade sunnite-chiite et d'un autre conflit violent.

Accrocher le Hezbollah à la pression régionale et internationale ou à une guerre israélienne ne fera rien de bon pour le pays. Ceci est particulièrement vrai parce que le Hezbollah prospère dans une atmosphère de "nous contre le monde". Outre le fait qu'ils sont le seul parti politique armé et formé dans le pays ayant l'expérience de la lutte contre Israël et une guerre civile en Syrie.

En même temps, le Hezbollah ferait bien de se rappeler que l'une des raisons pour lesquelles l'Arabie Saoudite a des partisans au Liban est que le parti se constitue une aile armée.

Après des années d’introversion, sous Fahd et Abdallah, période durant laquelle le royaume répugnait à user de son pouvoir, la direction saoudienne pêche aujourd’hui par excès de confiance. Elle a tendance à mal lire les dynamiques politiques dans les pays auxquels elle se confronte.

Une guerre froide au Moyen-Orient

Hier à Kalam al-Nass, le premier talk-show politique du Liban, Sabhan a affirmé qu'il n'y avait pas de différence entre le Hezbollah et les autres groupes terroristes. En réponse à la question de l'hôte sur la question de savoir s'il y aura une large coalition internationale antiterroriste contre le Hezbollah, il a dit que les racines du terrorisme se situent dans la seule République islamique d'Iran.

Riyad a officiellement déclaré la guerre au Hezbollah avec al-Sabhan, notant qu'il n'y a pas de place pour une "organisation terroriste" au gouvernement libanais signalant qu'il n'y aura aucune légitimité "sunnite" pour un gouvernement incluant des ministres du Hezbollah à l'avenir.

 

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Yemen's Houthis fire ballistic missile at Riyadh

En d'autres termes, le président Aoun aura besoin de beaucoup de patience et de créativité pour obtenir un second gouvernement pendant sa présidence.

La raison en est que la Constitution stipule:

"Il n'y aura pas de légitimité constitutionnelle pour toute autorité qui contredit le pacte d'existence mutuelle".

Cela a été interprété comme la nécessité pour tous les groupes religieux d'être représentés au gouvernement pour que toute autorité puisse avoir une légitimité constitutionnelle dans le système confessionnel libanais. Les opposants à Hariri ont used cet argument en novembre 2006 lorsque le gouvernement à l'époque a été jugé inconstitutionnel après la démission des Shia  ministres chiites.

Maintenant, le rôle de l'Arabie Saoudite n'est que la moitié de l'histoire. L'autre moitié est l'influence iranienne toujours croissante au Liban et la présence d'un parti armé qui prête ouvertement allégeance au chef suprême de la République islamique.

La décision du Hezbollah d'entrer dans le Syrian conflict a été perçue par beaucoup comme l'incapacité de l'Etat libanais à contrôler les décisions majeures de politique étrangère et militaire, permettant au parti armé de cimenter son "état dans un état".

Le président iranien Hassan Rouhani a ajouté du pétrole il ya deux semaines en essayant de renforcer son positionnement interne vis-à-vis des extrémistes. Il a fustigé "l'impérialisme" et l'arrogance américaine et a qualifié la grandeur de l'Iran de "plus qu'à tout autre moment".

La décision du Hezbollah d'entrer dans le conflit syrien a été perçue par beaucoup comme l'incapacité de l'Etat libanais à contrôler les décisions majeures de politique étrangère et militaire, permettant au parti armé de cimenter son "état dans un état".

Le président iranien Hassan Rouhani a ajouté du pétrole il ya deux semaines en essayant de renforcer son positionnement interne vis-à-vis des extrémistes. Il a fustigé "l'impérialisme" et l'arrogance américaine et a qualifié la grandeur de l'Iran de "plus qu'à tout autre moment".

Il ne s'est pas arrêté là, malheureusement.

Rouhani a poursuivi ensay:

"En Irak, en Syrie, au Liban, en Afrique du Nord, dans la région du golfe Persique - où peut-on agir sans l'Iran?"

 

Évidemment, cela ne s'est pas bien passé au Liban. Depuis le règlement politique sur la présidence, Hariri a été confronté à des critiques acerbes de sa «reddition» à l'hégémonie iranienne.

Hariri a carrément nié de telles accusations et a prétendu qu'il agissait seulement dans l'intérêt et la stabilité du Liban. Dans une interview récente, son conseiller Okab Sakr a défendu avec passion les accomplissements de Hariri en disant que toute discussion de "Sunni frustration" est hors de propos.

Pourtant, il est clair qu'il y a eu des perceptions de frustration à Riyad, où les décisions de Hariri sont maintenant prises. Et clairement, la démission est une réponse directe aux revendications de Rouhani d'avoir un monopole sur la prise de décision au Liban.

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11/11/2017

"La guerre de l'ombre au Sahara"

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Extrait "La guerre de l'ombre au Sahara" - ARTE - YouTube

 

 

 

 

Dans notre dossier : un documentaire qui décrypte la forte présence militaire américaine sur le continent et l'envers des récentes opérations militaires en Libye et au Mali, des repères géographiques et chronologiques sur cette guerre au Sahara, et une infographie sur l'internationale jihadiste


Le dessous des cartes - L'Afrique dans le maintien de la paix - 8 octobre 2016

 Shadow War in the Sahara: Western Military in N.Africa | Documentary - GorwFilm

Guerre de l'ombre au Sahara | ARTE Info : “Guerre de l'ombre au Sahara” - Mondafrique

Comprendre la situation au Mali en 5 minutes

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 [#jdef] Spécial "Mali, un an après"

L’intérêt sécuritaire porté au continent par les Américains découle d’une menace terroriste en plein accroisement.

La lutte contre le terrorisme pourrait même devenir le prisme dominant de l’approche américaine du continent. Cette évolution découle de l’estimation de la menace à Washington, du poids croissant du Pentagone dans la mise en œuvre de la politique étrangère américaine en général, et en Afrique en particulier. Précisons d’emblée qu’elle est soutenue par le Congrès.

Des « solutions africaines aux problèmes africains »

Cette évolution signale aussi la transformation d’Africom – créé par George W. Bush en 2007 – d’un commandement censé mettre en œuvre une approche globale civilo-militaire à un commandement de plus en plus combattant. Un tournant lié à l’intervention en Libye en 2011 et à l’attaque du consulat américain de Benghazi en 2012, dans laquelle l’ambassadeur de l’époque trouva la mort.

Les militaires américains présents en Afrique – environ 6 000 sur le continent, dont 4 000 sur la principale base de Djibouti – ont avant tout un rôle d’appui, de formation et d’assistance aux forces locales : il s’agit de ne pas apparaîtrecomme un cobelligérant (le traumatisme de Mogadiscio en 1993 sous Clinton reste vif), le mot d’ordre sur le long terme demeurant celui des « solutions africaines aux problèmes africains ».

Lire aussi :   Nikki Haley, émissaire sans boussole de Donald Trump en Afrique

Obama a en effet poursuivi la guerre globale des Etats-Unis contre les groupes djihadistes où qu’ils soient, tout en modifiant son approche militaire. Avec l’augmentation des groupes terroristes et de leurs activités en Afrique, le continent a constitué un laboratoire de la transformation opérée par Obama dans les engagements militaires américains. Cette mutation est elle-même guidée par le concept d’« empreinte légère » reposant sur la formation, l’équipement et l’appui aux forces armées des pays directement concernés par ces menaces sur le terrain.

En témoigne la multiplication des références à des régions et pays africains dans plusieurs discours emblématiques d’Obama sur le terrorisme, en particulier le discours de West Point, ou celui de septembre 2014 annonçant la stratégie américaine vis-à-vis de l’organisation Etat islamique, dans lequel Obama citait en référence la stratégie mise en œuvre depuis plusieurs années en Somalie ainsi qu’au Yémen.

La montée en puissance de la présence de l’Afrique dans les intérêts américains découle de l’évaluation en hausse constante de la menace terroriste venue du continent. Ainsi, en 2012, le département d’Etat identifiait quatre organisations terroristes en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, il en identifie quatre fois plus.

La première priorité des Etats-Unis en Afrique demeure la Somalie, les Chabab étant identifiés par Africom chaque année dans sa présentation au Congrès comme la menace principale visant les intérêts américains.

Lire aussi :   Obama, « chef de guerre » contre le terrorisme en Afrique

La deuxième priorité est, aujourd’hui, l’Afrique du Nord et de l’Ouest, en particulier le Sahel où les Etats-Unis agissent en soutien de l’opération française « Barkhane » (ou l’inverse), et la Libye, où Washington intervient également directement depuis l’été 2016.

La troisième priorité sur le continent est la lutte contre Boko Haram, affilié au groupe Etat islamique, aux côtés des autorités nigérianes et camerounaises, en coopération avec la France et la Grande-Bretagne. Le chef de l’US Army déclarait récemment que 80 % des activités prévues en 2018 pour les forces terrestres américaines en Afrique concernaient le bassin du lac Tchad (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun). Le département d’Etat, de son côté, a confirmé l’engagement financier supplémentaire des Etats-Unis pour le Sahel, à hauteur de 60 millions de dollars.

Montée en puissance du dispositif américain

Les Américains ont semblé découvrir avec la mort récente de quatre soldats des forces spéciales l’ampleur de leur présence au Niger, pays qui compte aujourd’hui 800 militaires américains sur son sol, et plusieurs bases, dont une d’« ampleur historique » (pour l’US Air Force) en construction, destinées en priorité aux drones de surveillance – le débat serait en cours aux Etats-Unis sur la question de les armer, le Niger en ayant confirmé la demande.

Funérailles le 21 octobre dans un cimetière d’Hollywood (Floride) de l’un des quatre soldats tués au Niger au début du mois.

Cette présence au sol, la plus importante dans un pays africain hors Djibouti, est liée à l’alourdissement de l’empreinte américaine depuis l’élection de Donald Trump. La même évolution est observable en Somalie, où la présence américaine a quadruplé depuis janvier, pour atteindre 400 soldats.

Enfin, les frappes et raids se sont également intensifiés en Libye et en Somalie : 500 frappes en Libye, plus d’une douzaine de raids en Somalie depuis un an, la tendance étant donc antérieure à Trump, en particulier en Libye.

La priorité reste toutefois la formation et l’entraînement des armées partenaires. Mais les conditions sur le terrain ont changé, et la politique américaine a elle aussi évolué. Au vu des déclarations récentes du secrétaire à la défense, James Mattis, suite à l’affaire du Niger, le focus africain du contre-terrorisme américain pourrait s’accentuer.

Lire aussi :   Que font les forces spéciales américaines en Afrique ?

On rappellera tout de même ici que plus des trois-quarts de l’aide américaine à l’Afrique vont à des programmes de santé, en particulier de lutte contre le sida, mis en place par George W. Bush. Ce sont ces programmes, en particulier, qu’un questionnaire envoyé aux diplomates américains par la nouvelle équipe Trump à son arrivée semblait vouloir remettre en question (le processus est en cours). La militarisation de l’approche américaine en serait renforcée, alors même que la diplomatie américaine devrait voir ses moyens diminuer.

Les limites de l’empreinte légère

L’empreinte légère repose, en particulier, sur l’emploi des forces spéciales. Le commandement américain des forces spéciales (Socom, Special Operations Command) a été protégé des coupes du budget défense américain. Son commandement opérationnel (JSOC, Joint Special Operations Command), a pris une importance croissante en tant que planificateur et acteur central de la lutte contre le terrorisme, place entérinée officiellement par Obama dans les dernières semaines de son mandat.

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Soldats ougandais de la force africaine déployée en Somalie (Amisom), en 2012.

Pour mémoire, les effectifs des forces spéciales américaines sont d’environ 70 000 hommes (moins de 5 % forces militaires totales américaines) pour un budget en 2012 de 10,5 milliards de dollars (1,4 % du total budget défense). En 2016, pour la première fois, les forces spéciales ont eu davantage de pertes que les forces régulières, une évolution significative qui découle directement du choix de l’empreinte légère. Or cette orientation devrait se maintenir en raison de la contrainte budgétaire et de la prévalence des guerres et menaces irrégulières ; elle est d’ailleurs est soutenue par le Congrès, en particulier pour l’Afrique.

La Somalie, invoquée comme modèle par Obama, est aussi un cas d’étude des risques liés à l’empreinte légère. La lutte contre les Chabab représente le plus gros budget d’assistance militaire américaine en Afrique, avec un total de 1,4 milliard de dollars sur la dernière décennie (2007-2016), pour l’essentiel sous la forme d’assistance sécuritaire bilatérale aux armées des pays engagés sur le terrain, Kenya et Ethiopie en tête. Ce montant reste très largement inférieur (1 000 fois) au coût des guerres en Irak et Afghanistan.

Lire aussi :   Qui sont les Chabab, soupçonnés d’être à l’origine de l’attentat de Mogadiscio ?

Mais si l’approche indirecte somalienne coûte moins cher, elle illustre également les conséquences contre-productives de cette option. Le cas somalien montre en effet les limites de l’efficacité de la stratégie indirecte, puisque la menace perdure, voire augmente, plus de dix ans après que les Etats-Unis en aient fait leur première priorité sur le continent. Washington a d’ailleurs adopté ces derniers temps une approche de plus en plus directe, qui semble relativiser la réussite du « modèle somalien » vanté en son temps par Obama.

Il faut surtout rappeler ici que les efforts lancés par Washington après les attentats de 2001 pour prévenir puis contenir la menace terroriste en Afrique de l’Est, en finançant les efforts des principaux partenaires africains (Ethiopie, Kenya, Ouganda, Burundi, Djibouti) engagés dans la résolution de la crise politique somalienne, ont contribué à faire du mouvement Al-Chabab une menace au niveau régional qu’il ne constituait pas nécessairement au départ. Demain, le même scénario pourrait se produire au Niger, et ailleurs en Afrique.

« guerre au terrorisme » sPar Enkolo dans Accueil le 

 La stratégie de la mouche: pourquoi le terrorisme est-il efficace ?

Stratégie du chaos...Créé le lundi 18 juillet 2016
La stratégie de la mouche ? Par Enkolo dans Accueil le 

De l’économie de la peur  -  , De l’économie de la peur – impact.sn

04/11/2017

Centrafrique

 

 

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 "Il n'y a pas assez d'amour et de bonté dans le monde pour qu'il soit permis d'en prodiguer à des êtres imaginaires."

Friedrich Nietzsche 
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"[La] religion est une fabrication humaine.

L'étude de la littérature et de la poésie, à la fois pour soi et pour répondre aux éternelles questions éthiques auxquelles elle se rapporte, peut désormais facilement prendre le pas sur les textes sacrés, qui ont été reconnus comme falsifiés, et fabriqués de toutes pièces. "

Christopher Hitchens

PASSERELLE OO3 2O15 RCA 1er partie

CENTRAFRIQUE, Magazine PASSERELLE RCA d'hier , Centrafrique d'aujourd'hui Un document de l'histoire centrafricaine avec les témoignages des défunts témoins de l'histoire , des opposants et ceux de François BOZIZE Léopold Magloire B. YANDO

 

 

Le dessous des cartes - La République centrafricaine aux marges de l'Afrique - 29 mai 2012

Aujourd'hui, la République centrafricaine est une énigme géopolitique. Après une histoire coloniale violente, suivie par une instabilité politique et militaire chronique, ce pays enclavé est en proie à des mouvements armés multiples, à la fois internes et externes. Une situation à l'origine d'une catastrophe économique, mais surtout humanitaire.

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 Centrafrique: opération Sangaris n

La communauté peule, musulmane, a une fois de plus été la cible d’une attaque des anti-balaka. Les massacres successifs qui n’épargnent personne continuent de creuser les divisions.

« Population piétinée depuis quatre ans »

La veille de l’attaque sur Pombolo, le président Faustin-Archange Touadéra s’était rendu à Bangassou, ville où 2 000 musulmans vivent assiégés, réfugiés dans l’enceinte du petit séminaire. Critiqué pour sa passivité, il a promis qu’un préfet serait bientôt sur place et a rencontré des chefs anti-balaka. « Le chef de l’Etat fait des efforts. Il a écouté les recommandations de l’Union africaine et donné des postes [au gouvernement] à des ex-Séléka et des anti-balaka, mais les plus radicaux veulent maintenir le chaos afin de le discréditeret de le renverser », estime un observateur étranger.

Depuis la frontière soudanaise où il se trouverait, le général Noureddine Adam, le chef du FPRC, une autre faction de l’ex-Séléka, fulmine et accuse. « Le président Touadéra est allé en Russie pour récupérer des armes achetées à l’époque de Bozizé. Pour contourner l’embargo, elles ont été acheminées par l’Ouganda, puis sont rentrées par Obo, à l’est du pays. Leur objectif est de remonter sur nos zones et de nous en chasser avec tous les musulmans du pays », avance celui qui inspire la terreur chez nombre de Centrafricains.

Lire aussi :   En Centrafrique, des proches des milices font leur entrée au gouvernement

Cette charge destinée à dénoncer le nettoyage ethnique dont sont victimes les musulmans est aussi pour le chef du FPRC une manière de se dédouaner des crimes dont il est accusé et de se poser en protecteur de la communauté islamique. Avant de trouver ces derniers jours un terrain d’entente avec l’UPC – « une alliance de bandits pour se partager le butin des mines, des taxes sur le bétail et des passages de barrières », selon la source précédemment citée –, les deux factions se sont rendues coupables d’un nombre effrayant d’exactions durant leurs affrontements. Dans les seules régions de Bria (est) et de Bakala (centre), entre novembre 2016 et février 2017, l’UPC a, selon un rapport de la Minusca

COMPTE RENDU Tueries à répétition en Centrafrique

Rape and peacekeeping in a forgotten corner of Africa L'histoire sous-déclarée de ce qui arrive quand les protecteurs deviennent des agresseurs.

Les soldats de la paix de l'ONU sont envoyés dans les pays les plus ravagés par la guerre sur Terre, ostensiblement pour les aider à faire la transition vers la paix. Mais certains soldats sont accusés d'avoir commis des crimes contre les personnes qu'ils sont censés protéger.

Nous vous emmenons dans un voyage pénible en République centrafricaine ( Central African Republic ) , où vous apprendrez les effets du viol et de l'exploitation par les soldats de la paix de l'ONU, et comment les victimes sont souvent laissées sans défense.

Décriée pour son incapacité à protéger la population, la Minusca espère bénéficier de 900 soldats supplémentaires après le renouvellement de son mandat en novembre. Une augmentation de troupes qui semble bien dérisoire pour arrêter le nettoyage ethnique en cours.

Alors que douze casques bleus et autant de travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début de l’année en RCA, que 215 000 personnes ont dû fuir leur domicile durant le premier semestre, cinq ONG (Acted, Actions contre la faim, Médecins du monde, Première Urgence Internationale et Solidarités International) ont lancé jeudi un appel à l’ONU et aux Etats membres pour « donner les moyens à la Mission de renforcer la protection des civils ». En clair, que celle-ci remplisse son mandat.

PODCASTRape and peacekeeping in a forgotten corner of Africa The  | Podcast, audio, UN, Central African Republic, Africa

NEWS/AFRICANumber of homeless tops record in CAR: UN

by
 

a résurgence de la violence à travers Central African Republic a laissé un nombre record de 1,1 million de personnes démunies et sans-abri, a déclaré l'ONU.

Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays a augmenté de 50% depuis janvier 2017.

Au moins 600 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays, tandis que 500 000 autres se sont retrouvées au Chad, en République démocratique du Congo, en République du Congo et au Cameroon.

Les dernières données released par l'UNOCHA interviennent alors que le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres , poursuit sa visite de quatre jours en RCA jeudi dans ce qu'il décrit comme une "visite de solidarité mais de solidarité active".

Il a fait du lobbying auprès de 900 casques bleus supplémentaires pour rejoindre la mission et a exhorté la communauté internationale à agir contre une crise qui a fait des milliers de morts et déstabilisé le pays.

"Je pense que les conditions pour les civils en RCA sont pires qu'en 2014", a déclaré Stephanie Wolters, analyste de l'Afrique centrale à l'Institut d'études de sécurité de Pretoria, à Al Jazeera. "De plus en plus de gens sont dans le besoin."

 

 

À l'heure actuelle, les civils n'ont pas accès à l'aide et les travailleurs humanitaires n'ont pas accès aux civils
ERIC BATONON, CONSEIL NORVEGIEN DES REFUGIES

La RCA est en proie à des conflits depuis que les rebelles de la coalition Séléka sont entrés dans la capitale, Bangui, et ont déposé l'ancien président François Bozizé. Bien que le pays ait tenu des élections en février 2016, le gouvernement a été incapable d'endiguer le conflit.

L'administration est la plupart du temps absente en dehors de la capitale, avec des groupes armés contrôlant de larges pans de la campagne.

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Muslims return to CAR to find their homes are gone

Eric Batonon, directeur national du Norwegian Refugee Council, basé à Bangui, a déclaré à Al Jazeera qu'une partie de la solution serait d'accroître la protection.

La reprise des combats entre les factions rebelles de la Séléka et les milices anti-balaka a aggravé l'instabilité dans les régions du nord-ouest et du sud-est du pays.

Cela a forcé les organismes d'aide à quitter leurs stations dans certaines zones où les besoins humanitaires sont élevés.

«À l'heure actuelle, les civils n'ont pas accès à l'aide et les travailleurs humanitaires n'ont pas accès aux civils.

"Si quoi que ce soit, il est clair que la situation est très critique, le fait que les acteurs humanitaires continuent d'être ciblés, signifie que la situation s'aggrave", a-t-il dit.

Au moins 12 casques bleus ont été tués depuis le début de 2017, at-il ajouté.

Wolters a félicité les Guterres de l'ONU pour sa visite en RCA, mais a mis en garde contre l'envoi d'un plus grand nombre de casques bleus de l'ONU.

"C'est un conflit intraitable, non résolu, et il faut apprécier que [Guterres] y soit allé", a-t-elle dit. "L'un des problèmes est que les outils traditionnels de maintien de la paix de l'ONU n'ont pas fonctionné dans des endroits comme la RCA, le Burundi ou la RDC, d'ailleurs cette méthode de conclure des accords de paix et de tenir des élections n'a pas fonctionné.

"Ces méthodes n'ont pas mis fin au conflit, nous devons trouver des moyens de décourager l'appel aux armes en RCA."

Mercredi, Guterres told aux personnes déplacées dans un camp dans l'est de Bangassou qu'il était ému par leurs souffrances.

"Malheureusement, ce qui se passe ici à Bangassou n'est pas unique: des milliers d'autres Centrafricains ont dû fuir", a-t-il déclaré.

M. Guterres a également assisté à une cérémonie de dépôt de couronnes dans la capitale pour rendre hommage à 12 casques bleus qui ont été tués en 2017.

 

 

On , I pay tribute to UN peacekeepers working for peace in the Central African Republic and around the world. @UN_CAR - 112112 Replies - 587587 Retweets - 1,3881,388 likes - Twitter Ads info and privacy

 

The UN mission to CAR has been routinely accused of sexually exploiting and abusing women and children in the country. 

Guterres told Al Jazeera he would be meeting survivors of sexual abuse by UN peacekeepers in the capital.

He said the UN have taken "a number of measures to put the victims at the centre [of policy]".

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Hundreds of thousands of people are homeless in CAR [Sorin Furcoi/Al Jazeera]

SOURCE: AL JAZEERA NEWS : NEWS/AFRICA Number of homeless tops record in CAR: UN by

Un café de Bangui a été attaqué samedi soir à la grenade, faisant plus d'une vingtaine de blessés, un incident suivi par des représailles qui ont fait trois morts, premières violences dans la capitale centrafricaine depuis février 2017. Un engin blindé des casques bleus de la Minusca était présent à l'entrée du PK5, sur l'avenue Koudoukou, où la circulation était très réduite.

LIRE AUSSI - À Bangui, l'infernal cycle des représailles

 

Depuis une dizaine d'années, les enfants soldats constituent l'essentiel des groupes rebelles qui sévissent dans la région des grands lacs. Ainsi, 80% des troupes de l'Armée de Résistance du Seigneur seraient composées d'enfants. Les réalisatrices sont parties à la rencontre de Joseph Kony, un seigneur de guerre poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité par la Cour Pénale Internationale. LES ENFANTS DU SEIGNEUR 2.m4v - YouTube : 3 min (.... ) 


 

 

Comment Kony peut-il ainsi sévir depuis quinze ans en toute impunité, s'interroge la journaliste ? « Ce n'est pas un manque de volonté des Etats africains, mais un défi logistique », répond un membre du cabinet d'Hillary Clinton. Depuis 2010, l'administration Obama a timidement prêté main-forte en dépêchant une centaine de militaires des forces spéciales. Pour l'heure, Kony, numéro un sur la liste de la Cour pénale internationale, court toujours.

 

 

 Dans l’Afrique des grands lacs, on les appelle les Kadogos, terme qui, en swahili, désignent les enfants soldats. Ils ont entre sept et dix-huit ans et sont légion dans l’est de la République démocratique du Congo ravagé par plus de quinze années de guerre civile. Reportage de Michel Dumont. info.arte.tv


 

 

 

République Démocratique du Congo : enfants soldats en perdition

En savoir plus : Les enfants du seigneur Société par Anne Gintzburger , Yasmine Farber

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