Avertir le modérateur

29/01/2013

La malédiction du gaz de schiste

 

 

la malédiction du gaz de schiste,gaz de schisme,documentaire

 

 Alors que les médias et le grand public restent obsédés par la crise économique,
la crise écologique et environnementale  pourrait faire naitres de "nouvelles crises "et précipité un peu plus un système logique sur le court terme mais absurde et autodestructeurs sur le Moyen terme et long terme...
et amplifier les causes et les conséquences d'un capitalisme qui n'arrive plus a se reproduire. 

Le néolibéralisme doit sa renaissance au cours du dernier quart du 20ème siècle aux crises énergétiques des années 70, causées par les augmentations importantes et inattendues du prix du pétrole, de l'or( ...) ,

Le gaz de schiste, également appelé « gaz de roche-mère » ou « gaz de shale » (en anglais : « shale gas »), est un gaz d'origine naturelle, généré par la décomposition d'argile riche en matières organiques, et extrait à partir de terrains marneux ou argileux[1]. Contrairement au gaz naturel, il est piégé dans les roches poreuses qui le produisent, et il est nécessaire de détruire la structure de ces roches pour pouvoir le récupérer

 

les risques sismiques et les problèmes environnementaux constatés, et notamment la pollution de l'air et de l'eau, entrainent une forte défiance de l'opinion publique et de certains gouvernements vis-à-vis de cette ressource.

Du fait de ces intérêts antagonistes, le sujet fait l'objet de controverses via des blogs ou manifestations, ainsi que d'unlobbyingde la part des compagnies impliquées

Zamosc, en Pologne orientale : au hasard d'un tournage dans cette région rurale, Lech Kowalski rencontre en 2009 des paysans sur les terres desquels de grandes firmes américaines ont commencé à prospecter pour extraire du gaz de schiste. Fissures dans les murs des fermes, pollution des eaux, bulldozers investissant des champs à quelques dizaines de mètres des habitations : les villageois sont inquiets. Or cette situation locale n'a rien d'anecdotique, au contraire, elle témoigne d'un phénomène qui menace aujourd'hui toute la planète. Bradford County, aux Etats-Unis, est au gaz de schiste ce que l'Arabie saoudite est au pétrole. Loin de l'image idyllique d'une «énergie non conventionnelle» propre et d'exploitation aisée véhiculée par les industriels, le réalisateur donne à voir des paysages dévastés, habités par des gens au bord de l'épuisement physique et psychologique.

2T

 

 

 

Miracle ou cauchemar ? Depuis des mois, partisans et opposants au gaz de schiste s'affrontent à coups d'affirmations contradictoires et de propagande. Les premiers applaudissent la nouvelle donne énergétique et économique : emplois, indépendance énergétique, répit dans la fin annoncée des énergies fossiles, poursuite du mode de développement énergivore... Les seconds insistent sur la (longue) liste des dangers de l'hydrofracturation : accélération du changement climatique par la combustion de davantage de gaz, pollution de l'eau, accidents... Tout ça pour un bilan carbone proche de celui du charbon.

« Anti » affirmé, Lech Kowalski livre un documentaire militant en suivant des opposants dans deux régions emblématiques : la Pennsylvanie, où l'exploitation est largement engagée depuis 2007, et l'est de la Pologne, où tout commence à peine. Plein d'empathie, le réalisateur montre bien les dégâts visibles du boom gazier made in USA — eau devenue noire, vaches à la peau boursouflée, habitants contaminés... — et la paranoïa et la censure exercée par les exploitants. Tout est-il joué pour les citoyens engagés dans la bataille contre les géants du gaz ? Pas si sûr... Les héros de Lech Kowalski, petits paysans polonais du village de Zurawlow, ont en tout cas gagné une première manche : ils ont viré Chevron, à coups de réunions publiques et de manifestations. Et si c'était ça, le vrai miracle ? — Weronika Zarachowicz


 
La malédiction du gaz de schiste - YouTube

 

La malédiction du gaz de schiste  Environnement par Lech Kowalski La malédiction du gaz de schiste - arte + 7,

Suivi, à 22h05, d'un débat animé par Emilie Aubry, qui reçoit José Bové.Mardi 29 janvier de 20:50 à 22:05 sur Arte

 Documentaire réalisé en 2010 par Josh Fox  mis sur facebook Le point de départ de «Gasland» est une lettre adressée à Josh Fox, le réalisateur, lui proposant 100 000 dollars pour pouvoir forer des puits d'exploitation du gaz de schiste sur sa propriété, en Pennsylvanie. Sachant que George W Bush, en 2005, a dispensé les industries de l'énergie du respect des lois environnementales protégeant l'air et l'eau, et que la multinationale Halliburton, qui fut dirigée par l'ex-vice-président Dick Cheney, est pionnière dans l'exploitation du gaz de schiste par fracturation hydraulique, Joh Fox, pour savoir à quoi il s'expose, entrerpend d'enquêter à travers le pays, armé d'une caméra, de son banjo et d'une curiosité naïve mâtinée d'humour noir...  

N
 

 n 

GasLand - .Olivier Milot Gasland  - arte + 7, GASLAND - Vidéo Dailymotion (Etats-Unis, 2010, 103mn) ARTE F Date de première diffusion : Aujourd'hui, 20h52

 

la malédiction du gaz de schiste,gaz de schisme,documentaire

Les enjeux sont immenses, les intérêts aussi enjeux :Les lobbies industriels derrière le gaz de schisme ? : Pourquoi faire une enquête sur les lobbysmes ( et donc sur le nucléaire (civile et militaire),  les gaz de schismes) et son évolution. Parce qu’il est une part importante de la réussite ou des échecs d’une négociation comme l’indique le monde diplomatique Archives en Février 2001et l’échec retentissant du sommet sur le climat tenue a La Haye en 2001. pas de contrepoids écologique aux lobbying industrielle : Arctique L’innocence en danger.




Nous sommes 7 milliards à dépendre de la préservation de l’Arctique, régulateur climatique planétaire vital, berceau d’une biodiversité exceptionnelle. Et ils ne sont qu’une poignée à vouloir se l’accaparer et la détruire pour quelques gouttes de pétrole de plus… À peine 3 années de consommation mondiale. Le souhaitons-nous vraiment ?Non, ça suffit !

Les instances gouvernementales, comme le prouve tristement l’échec du sommet de Rio + 20, sont impuissantes à prendre les décisions nécessaires pour éviter cette tragédie. Mais, nous, citoyens de tous les pays, animés par la volonté de préserver notre planète, nous pouvons arrêter cette catastrophe !


Dans l’article Agora Vox Nucléaire et gaz de schistes dans un modèle libéral - AgoraVox le ... pose la question « A priori l'exploitation des gaz de schiste nécessite beaucoup moins d'investissements que la filière nucléaire. En revanche l'État français ayant nationalisé le sous sol, il en tirera des revenus colossaux qui le rendent immédiatement suspect pour bien évaluer la dangerosité du procédé. Comment croire l'État qui a accumulé une dette de plus de 2000 milliards d'euros lorsque 400 à 800 milliards de revenus providentiels se profilent à l'horizon »  Le choix entre sécurité et sauvegarde de l’environnement d’un coté et  profit court terme pour état et multinationales ; le choix semble vite être fait

Un documentaire a ne pas manquer ce soir :Le grand Monopoly du gaz - Economie par Martin Leidenfrost, Richard LakdaniL'Union européenne consomme de plus en plus de gaz et en produit de moins en moins. A qui achètera-t-elle le gaz dont elle a besoin ? Et qui l'approvisionnera à l'avenir ? Pour tenter de faire le point sur ces questions, le journaliste Martin Leidenfrost a interrogé les acteurs-clés de la production et du commerce international du gaz. De Bakou, en Azerbaïdjan, à Moscou et à la Sibérie, en passant par Bruxelles, Istanbul et Baumgarten en Autriche, coeur du dispositif gazier européen, les réponses des dirigeants politiques, industriels et celles des employés des compagnies gazières montrent à quel point les choix stratégiques sont dépendants des relations diplomatiques. L'Europe arrivera-t-elle à faire aboutir son projet de gazoduc Nabucco ou continuera-t-elle à dépendre entièrement des approvisionnements russes de Gazprom ? » voir pour mieux comprendre  GDS infos | Facebook, Programmes | Ce soir | fr - ARTE, L'Europe des lobbies, communiqué : Fwd: diffusion..., NON AUX GAZ ET PETROLES DE... Voir le documenataire : le grand monopoly du gaz.flv - YouTube ( durée 1h55 minutes), Le dossier gaz-énergie sur Arte

 A lire Le gaz de schisme nuit au bien être : La dépendance chinoise au charbon ! : Batailles pour l'énergie - Le Monde diplomatique : Pétrole et gaz de schiste,...une guerre pour 2012 : « Un documentaire:Le grand Monopoly du gaz - Le grand Monopoly du gaz (arte) ( durée 15 min), Gaz Land | Facebook

 "S'il perdure, le boom pétrolier qui a lieu actuellement en Amérique du Nord nous ramènera à l'atmosphère de découvertes des années 1950 et 1960. Le potentiel ne se limite pas à Spraberry/Wolfcamp. On pense que la formation de Bakken, dans le Dakota du Nord, contiendrait plus de 10 milliards de barils, alors que Eagle Ford Shale en contiendrait 25 milliards. Si le pétrole suit le chemin du gaz naturel, il pourrait y avoir encore plus de méga-zones pétrolifères, dont certaines très prolifiques qui apparaissent au Canada. Tout cela pourrait bien ressembler à la période la plus importante dans le domaine de la découverte de réserves dans l'histoire longue de 155 ans de l'industrie".

Une révolution technologique est en cours . Le boom pétrolier a changé la donne.

Le gaz reste encore en effet naturellement abondant ; les réserves sont colossales dans de nombreux pays comme ceux d'Asie centrale, la Russie, ou encore l'Indonésie, l'Australie, le Brésil (des émergents, vous l'aurez remarqué). Mais deux éléments relativement récents mettent en lumière tout l'intérêt que vous devez porter au gaz.

Le premier est le formidable progrès technique qui permet d'aller chercher le gaz de schiste en procédant à la fracturation hydraulique des roches qui le retiennent prisonnier. Le shale gas, ainsi nommé par la profession, a fait son apparition il y a quelques années aux Etats-Unis mais des études géologiques ont démontré que beaucoup de pays disposaient de ce type de ressources : la Russie, la Grande-Bretagne, la Pologne, pour n'en citer que quelques-uns.

Ce boom du pétrole aux Etats-Unis est tout récent. La plupart des géologues n'arrivent pas encore à en prendre toute la mesure ; ils ne parviennent toujours pas à comprendre comment les cartes ont bouleversé le jeu si rapidement. Depuis 2008, la production pétrolière américaine a augmenté de 43%. Bientôt, les Etats-Unis produiront plus qu'ils ne consomment. Cela pourrait être le cas avant la fin de l'année. Il y a cinq ans, de telles considérations auraient fait l'objet de railleries.

A l'heure où les Etats-Unis sont en passe d'accéder à l'indépendance énergétique, nous avons le droit de nous poser cette question simple et naïve : "pourquoi eux et pas nous" ? Du jour au lendemain, les Etats-Unis ont vu effectivement leurs réserves bondir. Grâce au pétrole de schiste, certes, mais aussi grâce à un environnement économique qui valorise l'exploitation pétrolière.

Quelles que soient les estimations existantes, elles s'avéreront certainement beaucoup trop basses. La technologie ne cesse de s'améliorer. L'expérience nous apprend comment tout cela fonctionne. exemple  est Kern River. En 1899, lorsque le site fut découvert, les experts pensaient que seulement 10% de sa modeste production seraient récupérés. En 1942, le champ contenait encore 54 millions de barils de pétrole récupérable -- après avoir produit 278 millions de barils. Au cours des 44 années suivantes, il produira 736 millions de barils supplémentaires. A ce stade, il reste 970 millions de barils.

L'histoire du pétrole est remplie de cas comme celui de Kern River. A la lumière de cette longue expérience, les nouvelles découvertes apparaissent particulièrement énormes.

Il va sans dire qu'il est difficile d'être haussier sur le pétrole avec de telles découvertes rien qu'aux Etats-Unis. Sans compter que le Canada possède encore ses vastes sables bitumeux. "Encore une formidable source d'approvisionnement", observe Tertzakian, "mais la révolution du pétrole de schiste marginalise sa taille autrefois formidable et la ramène à quelque chose de simplement grand, entre autres".

La situation sur les gaz de schiste : . Les principaux pays exploitant ce gaz sont à l'origine d'une révolution énergétique qui est en train de se muer en révolution géopolitique. L'indépendance en gaz à laquelle les Etats-Unis sont promis va réduire leurs importations de gaz des pays du Golfe et d'Afrique.

La France, elle, reste les bras croisés. Ce n'est pas tant son refus d'exploiter ses ressources qui est inquiétant que son refus même de les connaître. Depuis juillet 2011, il est interdit d'utiliser la fracturation hydraulique, seule technique pour l'instant efficace pour évaluer ces ressources. .

En France, comme me le confiait récemment un membre du BRGM (Bureau de Recherche Géologique et Minérales), "la France a le pire code minier du monde" ! Pourtant les choses changent. Les initiatives se multiplient. Si la France restera un grand pays importateur, cela ne veut pas dire que l'exploitation pétrolière est vouée aux gémonies.

Car les quantités produites en France, aussi faibles soient-elles, ne dépassent pas le million de tonnes par an soit moins de 1% de la consommation totale, représentent pourtant un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros, ainsi que des taxes diverses.

Aujourd'hui, alors qu'on sent les acteurs du pétrole bouger, certains projets pourraient s'avérer rentables sur le territoire français. J'ai repéré en particulier un projet qui sera dans quelques mois à l'affiche de tous les journaux. Suivez le guide !

La France, un pays dépendant à 99% des importations

Il est intéressant de voir comment se repartissent les importations de pétrole français. Sur les 64,4 millions de tonnes importées par la France en 2011 selon l'Insee, on remarque que c'est la région de l'ex-URSS qui est le premier fournisseur de pétrole. Mais arrive juste derrière l'Afrique. Nigeria, Algérie et Libye sont dans le trio de tête

On se rend surtout compte que les importations libyennes représentaient 16% des importations en 2010, mais moins de 5% en 2011. La chute est tout aussi importante en Syrie, même si les volumes n'ont rien à voir. Le Proche-Orient représente de manière générale 18% des importations.

Ainsi la vulnérabilité française est double. Si elle ne produit quasiment pas de pétrole, elle en importe surtout de pays particulièrement risqués. Toute tentative de produire du pétrole sur le territoire français est donc la bienvenue. Et le changement a déjà commencé
 
Passage de relais aux D.O.M-T.O.M.
Le changement majeur dans la géographie du pétrole mondiale est arrivé en 2011, avec la découverte de pétrole en Guyane.

Amorcées par l'entreprenant anglais Tullow Oil, à travers sa filiale Hardman Petroleum, déjà actif en Afrique, les recherches ont finalement attiré les majors Total et Shell au large du département français

Deux ans après, les résultats apparaissent en demi-teinte.

Si l'on a parlé en 2011 d'un potentiel de 500 à 1 milliard de barils, les premiers forages ont relativisé la probabilité de découvrir un gisement géant (plus d'1 milliard de barils). Selon les premiers chiffres de Shell, on serait plus près des 300 millions de barils, quantité trop faible pour être exploitée commercialement

Mais le plus intéressant, c'est que la Guyane n'est que la première étape de l'exploration française.

Les nouveaux spots du pétrole français

En 2011, la Guyane faisait partie des premières régions explorées dans le cadre de l'inventaire des réserves, en attendant les premiers résultats de Saint-Pierre et Miquelon, de Martinique de Wallis et Futuna et des îles Eparses, dans le canal du Mozambique

En Afrique en particulier, on retrouve une nouvelle fois Tullow.

La compagnie a été la première à sentir que les nouvelles technologies d'exploration allaient changer la géographie pétrolière africaine, jusque-là monopolisé par les pays de la façade atlantique

Ainsi Tullow découvrit du pétrole au Kenya, ainsi qu'en Ouganda.

Comme en Guyane, le petit Anglais, fondé par un Irlandais, a attiré les majors du pétrole. CNOOC et Total ont rejoint Tullow en Ouganda. Mais le nouveau point chaud du pétrole concerne le canal du Mozambique. A Madagascar, Total et Shell sont en train de sonder les cotes. La France, grâce à sa souveraineté sur les Comores et les îles Eparses, pourrait annoncer des découvertes majeures dans les mois à venir

La compagnie de géophysique norvégienne TGS-NOPEC avait prédit dès 2003 que "le canal du Mozambique peut être comparé à la mer du Nord dans le milieu des années 60, lorsque la découverte d'un important gisement gazier en révéla les potentialités".

On sait que la France a aujourd'hui donné deux permis d'exploration autour de l'île de Juan Nova. Là encore, les surprises pourraient être au rendez-vous

néolibéralisme 2.jpg

Et si la Marne était plus intéressante que l'océan Indien ?

Après ce petit état des lieux de l'activité exploratrice outre-mer de la France, j'aimerais vous montrer à présent que la France "continentale" n'est pas non plus exclue de cette agitation

Comme nous l'avons vu, la France produit peu de pétrole.

Les principales régions sont le bassin parisien et l'Aquitaine. Un acteur s'est en particulier impliqué dans l'activité pétrolière française, la société canadienne Vermillon. En 2011, elle avait accru encore un peu plus son exposition au marché français en rachetant des gisements appartenant à Total. Mais depuis quelque temps, un autre acteur est en train de monter en puissance : Hess Oil !

La compagnie américaine, qui travaille en partenariat avec la petite compagnie Egdon Ressurces, a annoncé hier qu'elle avait commencé à forer Huiron, dans la Marne.

Selon ses déclarations de l'été dernier, Hess a des vues sur trois autres sites, Ecury-sur-Coole, dans la Marne, Doue et Jouarre(Seine-et-Marne) près de Meaux Autant vous le dire tout de suite, nous sommes loin du potentiel extravagant de 164,7 milliards de barils de pétrole annoncé par la petite compagnie australienne Elixir Petroleum en 2011. D'ailleurs, ces chiffres avaient laissé sceptiques nombre d'experts

Mais les gisements de la Marne, s'ils s'avéraient rentables, seraient une aubaine pour les petits explorateurs qui y sont impliqués.

Egdon Ressourcesdéjà impliqué dans la région Aquitaine, serait la première bénéficiaire d'une découverte pétrolière

Pour les plus prudents d'entre vous, la compagnie Hell Oil , largement diversifiée à travers le monde, serait également une valeur intéressante, bien que moins exposée au marché français

Il n'y a pas que le pétrole de schiste
Regardez ce qui se passe dans le reste du monde. Au Value Investing Congress, Geoffrey Batt, chez Euphrates Advisors, a abordé le cas des énormes réserves en Irak.

"L'Irak possède 150 milliards de barils de réserves pétrolières prouvées à faible prix, les quatrièmes plus grandes au monde", explique Batt. "Les estimations des réserves prouvées atteignent le chiffre énorme de 214 milliards de barils, ce qui donnerait à l'Irak les deuxièmes plus grandes réserves au monde après le Venezuela et l'Arabie Saoudite". Les champs pétroliers irakiens ne coûtent guère pour être rendus opérationnels et sont les moins chers à exploiter une fois mis en production. Les Irakiens peuvent produire du pétrole pour seulement 2 $ le baril.

Les sceptiques mépriseront l'Irak, comme ils l'ont fait pour la formation de Bakken et tout le reste. L'avenir leur donnera tort. Du pétrole en sortira.

Et je n'ai pas mentionné les découvertes au large des côtes d'Afrique, au sud de la Mer de Chine ou encore au Brésil et dans bien d'autres régions du monde.

Face à toute cette nouvelle production et à toutes ces nouvelles découvertes, je ne suis pas haussier sur les prix du pétrole. Il est peut-être trop tôt pour dire quels seront les gagnants et les perdants parmi les producteurs de pétrole. Mais il y a clairement un gagnant : les utilisateurs de l'or noir. cf

Néolibéralisme 1.jpg

Américaine De La Chronique Agora : Titre: Edimbourg, Bernanke et Volcker , Titre:Bernanke, le dieu de Wall Street , Titre:Révolution(s) dans le secteur du pétrole , Titre:Pas de miracle de la part de la Fed , Titre:Gaz et huile de schiste : l’Australie sort du rang , Titre:L’OPEP pâtira-t-elle vraiment du pétrole de schiste ?

Gasland francais - Video Dailymotion :

GASLAND - Vidéo Dailymotion  

[Hess Oil :  son positionnement lui permet désormais au coeur des nouveau spots pétroliers, de l'Ohio au Ghana en passant par la Marne. En hausse de 8% dans le portefeuille, Hess n'en est qu'au début de son ascension. Pour obtenir tous les détails sur Hess, et la meilleure façon de rentrer sur ce titre, abonnez-vous à Matières à Profits]

 

 

 
LA FRACTURE DU SOL : LES DANGERS DU GAZ NATUREL - Documentaire

 

source : Investissez sur les 1% de pétrole français !I
Florent Detroy, rédacteur en chef de
Matières à Profits

 
 

la photo de Rémy Baff.

 
A diffuser le plus largement possible
Peine de mort pour la tribu kayapó en Amazonie

L'évacuation de la tribu kayapó - un peuple indigène de la région du Mato Grosso au Brésil - a commencé... La construction du barrage de Belo Monte est en... marche malgré plus de 600 000 signatures recueillies contre ce projet. Cela signifie la peine de mort pour tous les habitants du grand méandre de la rivière Xingu. Un total de 400.000 hectares de forêt sera noyé et 40 000 membres de communautés indigènes devront bouger ou mourir. L'habitat de nombreuses espèces animales et végétales sera définitivement détruit.Afficher la suite
 

une photo de Guy Bernard.

Très belle idée que je partage à 100 %......
 
Les amies, amis et camarades, voici la citation du jour :

" Il faut continuer à dénoncer et à combattre l'injustice sociale.
Le monde ne guérira pas tous seul " [ E. HOBSBAWN]

A méditer !
Bonne journée dans la lutte, à demain, si vous le voulez bien, ciao.
 
 

Thèmes : Environnement & Sciences, Société, Documentaire ,gaz de schiste, fracking, énergie, Etats-Unis, USA, environnement, santé, industrie, Josh Fox

Gazland, fracturation hydraulique, attention danger - Veoh

L'Histoire des Choses( a story of stuff :  Texte :Documentaire |L'Histoire des Choses : 

 Deux documentaires programmés sur ARTE, sur le sujet :Prêt a jeté - Obsolescence Programmée et Détruire pour consommer toujours plus (durée de 43 min 39),

NB : reporterre .net l'insurrection des consciences - témoignages. Pour en savoir plus sur les dégâts de ce mécanisme implacable : Histoire de l'industrie pétrolière ,GASLAND - Vidéo Dailymotion ( durée 47 min) , The End of Suburbia - 52 minute documentary on peak oil ( durée 52 min) 

La Chine libère son gaz de schiste, profitez-en ! Rédigé le 17 juillet 2012 par | Nouvelles technologies
Plus d'infos sur : http://quotidienne-agora.fr/chine-libere-gaz-de-schiste-p...
Copyright © Publications Agora

La malédiction du gaz de schiste - indigné révolté, La malédiction du gaz de schiste - l'indigné, Carbonisés - Les pétroliers...  - citizen khane, La révolution énergétique ? ,GUATEMALA - Les mines de métaux menacent la citoyenneté ...L'appui de l'État canadien aux activités de compagnies minières ... , Carbonisés - Les pétroliers ennemis du climat - l'indigné, Croissance émergente! - Au Jour Le Jour, Carbonisés – Les pétroliers ennemis du climat - Anarkia, Article paru ICI :France Inter, Écouter jusqu’au 20/04/2014

A lire : Urgence, cela chauffe !! , bataille de l'énergie 2 ,La dépendance chinoise au charbon ! : Batailles pour l'énergie - Le Monde diplomatique : « Pétrole et gaz de schiste,...:Le grand Monopoly du gaz - Le grand Monopoly du gaz (arte) ( durée 15 min), Gaz Land | Facebook

Lire aussiL’Ukraine se rapproche d’un accord sur la production de gaz de schiste avec Shell :   L’Ukraine a franchi une étape supplémentaire vers la conclusion d’un accord sur la production de gaz de schiste avec le géant mondial de l’énergie Royal Dutch Shell. Les autorités locales de la région orientale de Donetsk ont en effet approuvé un projet d’accord de partage de la production. 18 janvier 2013

07/10/2012

Le bout de la logique 1

Retour à l'âge du fer ?

il est impossible de séparer le bon capitalisme productif du mauvais capitalisme financier. Il n’existe pas d’un côté une économie qui produit des richesses et de l’autre une économie virtuelle, une finance parasitaire; il s’agit des deux faces d’une même réalité. Depuis le début de l’économie capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner sans la finance, c’est-à-dire le crédit, les Bourses, la spéculation . Mis sur facebook



humour 81.jpg[b]Enjeux alimentaires et profits[/b ]L’Afrique est une « mine d’or » pour les investissements, selon Pékin : – Altermonde : Un bon exemple de cet état imposé : Terre, pétrole : le Sud-Soudan, pays neuf à vendre– Rue 89 extrait « : » C’est l’ONG Norwegian People’s Aid qui s’alarme. Dans un récent rapport. Il est très difficile de vérifier ce genre d’information, en raison du caractère secret des transactions », affirme Philippe Hugon, directeur de recherches à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), en charge de l’Afrique. Un hectare au Sud-Soudan ? 3 centimes Une entreprise texane aurait ainsi acquis 600 000 hectares sud-soudanais pour la modique somme de 25 000 dollars (17 500 euros). Le prix de l’hectare revient donc à… 3 centimes d’euros

Persée : Les problèmes que pose l’expansion du mouvement … : Une libéralisation financière croissante malgré les crises

bataille pour l'énergie.pngL'internationalisation de l'alimentation ; LES EMEUTES DE LA FAIM Tout le premier semestre de cette année a été marqué par les émeutes de la faim dans de nombreux pays. Pour ne parler que de l’Afrique, le Burkina Faso, le Cameroun, le Sénégal, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, et le Maroc ont connu des manifestations de colère. Si la crise alimentaire ne pose essentiellement, dans les pays déve-loppés, qu’une question de pouvoir d’achat, ses consé-quences sont plus graves dans les pays du sud.

bataille de l'éenrgie 1.jpgLes interdépendances économiques mondiales, amplifiés par la financiarisationet l’internationalisation de la finance sont à les symptomes et les causes des dérives de nos systèmes politique, économique, culturelle…. Chaque jour, tant l’Europe que les Etats-Unis se rapprochent de Tokyo


Quand le monde manquera de métaux
Par Agnès Rousseaux (26 septembre 2012)
 

 
Retour à l’âge du fer ? Quand le monde manquera de métaux
 

Aujourd'hui, près d'un milliard de personnes souffrent de la faim. C'est un être humain sur sept.
En 2050, nous serons 9 milliards sur Terre. La demande alimentaire va augmenter de 70%. Le prix des aliments de base pourrait plus que doubler au cours des 20 prochaines années.
Notre planète a les moyens de tous nous nourrir.
Mais pour cela, il faut changer notre façon de produire, de partager et de consommer la nourriture.


 

Le 7 avril 2010 sortira en salle le nouveau documentaire de Coline Serreau : "Solutions locales pour un désordre global". Dans cet entretien, la réalisatrice nous présente son film où l'on retrouve notamment , Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde ou encore M. Antoniets en Ukraine...
Entretien | Coline Serreau présente "Solutions locales pour un désordre global"

 

Société de consommation ( source Ekopia)

Le bouleversement apporté par le XXe siècle, amorcé dès la fin du XIXe avec la révolution industrielle, a été d'inverser les proportions en donnant de plus en plus d'importance au superflu et de moins en moins d'importance à la transcendance.

Les deux ( péril écologique et sociale) vont de pair puisque que le système capitalisme actuel est très destructeur socialement et écologiquement. . Qu'aux crises précédentes déjà grave, le manque de réponse et le laisser faire a accentué les effets dévastateurs qui touchent maintenant la biosphère. Le système va dans le mur. C’est ce que dénonce la confédération Atanka liée la confédération paysanne dans sa pétition Premier procès FCO : mobilisation ! Vous êtes près de 7000 à avoir signé la pétition de soutien aux agriculteurs en lutte contre l'obligation de vaccination contre la FCO.

 

Le nouveau rapport Oxfam, Cultiver un avenir meilleur, montre comment les défaillances du système alimentaire mondial et les conséquences du changement climatique creusent les inégalités, détruisent les ressources naturelles et vont entraîner de nouvelles crises. Il montre aussi les solutions à cultiver pour nourrir la planète. Les 22 et 23 juin, les ministres de l'Agriculture des pays participant au G20 se réunissent à Paris, pour un "G20 agricole", à quelques mois du G20 de novembre, qui se tiendra à Cannes.
Oxfam France et d'autres organisations de la société civile se mobilisent pour faire entendre les voix et les droits des petits agriculteursEn pleine crise financière et économique, la France accueille une nouvelle réunion du G20, les 20 pays les plus puissants de la planète, à Cannes les 3 et 4 novembre prochains. A la légitimité contestée, ce G20 ne devrait pas plus aboutir à des décisions à la hauteur des enjeux que les précédents. Alors que de très nombreuses analyses et propositions alternatives existent. Comme en témoigne cette vidéo réalisée dans le cadre du projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org) à partir d’interviews d’intellectuels et militants du monde entier, dont Naomi Klein, Pablo Solon, Susan George ou Nnimmo Bassey :G20 à Cannes : business as usual ou alternative globale ? (également disponible sur demande en DVD pour des projections publiques). Plus d’informations sur le sommet des peuples qui sera organisé à Nice à cette occasion : http://www.mobilisationsg8g20.org/


Pour demander au G20 de :
→soutenir et protéger l'agriculture paysanne,
→mettre en place des mécanismes de régulation des prix alimentaires,
→lutter contre la spéculation et l'accaparement de terres,
Signez la pétition lancée par Artisans du Monde, ATTAC, la Confédération paysanne et Peuples Solidaires/ActionAid, qu’Oxfam France soutient.

 


MAIN BASSE SUR LE RIZ
Un film de Jean CRÉPU et Jean-Pierre BORIS
2009, 82 mn

Fipa d'or 2010 (Festival international de programmes audiovisuels) pour les Grands reportages et Faits de société. PDF]main basse sur le riz - ARTE

 


Main basse sur le riz

 


Au printemps 2008, le prix du riz est multiplié par six en quelques mois. Du jamais vu. Ce sont les plus pauvres qui souffrent de cette explosion des prix. Des manifestations éclatent dans une quarantaine de pays. On parle d’émeutes de la faim.
Que s’est-il réellement passé au printemps 2008 ? Qui a provoqué cette panique ? Qui en a bénéficié ? Quelles leçons ont été tirées et quelles décisions ont été prises ?
Ce documentaire d’investigation nous fait pénétrer dans la très discrète filière mondiale du riz. Et permet de mieux comprendre la complexité d’un marché dont les enjeux sont considérables pour la sécurité alimentaire mondiale de demain. On ne RIZ pas avec la faimFace à la crise écologique... , Les raisons de la colère


 
500 Tours Eiffel : c'est ce que nos sociétés modernes consomment en métal chaque 24 heures. De la moindre puce électronique jusqu'aux gigantesques buildings, les métaux sont partout. Or certains sont en voie d'épuisement : les gisements de cuivre, de nickel ou de zinc n'ont plus que quelques décennies devant eux. Et si le recyclage se développe, la consommation s'emballe. Enquête sur une pénurie désormais annoncée.

L'humanité est accro aux métaux. Câbles électriques et circuits électroniques, transports individuels ou collectifs, électroménager ou BTP... Les métaux sont partout. On en oublierait presque qu'ils constituent une ressource non renouvelable. Comme pour les hydrocarbures, il faut plusieurs millions d'années pour en renouveler les stocks. Or, côté consommation, la tendance est à l'emballement. « En l'espace d'une génération, nous devrions extraire une quantité plus grande de métaux que pendant toute l'histoire de l'humanité », prévient Philippe Bihouix, ingénieur centralien et co-auteur d'un
livre de référence sur le sujet.
 
Moins de vingt métaux étaient exploités dans les années 1970. Ce chiffre a depuis été multiplié par trois. Mais les réserves ne sont pas infinies. Une cinquantaine de métaux – sur la soixantaine exploités – seraient menacés de pénurie. Il reste plus d'un siècle de réserve pour le cobalt ou le platine. Celles de l'argent, de l'antimoine (utilisé notamment dans l'électronique), de l'indium (utilisé dans les cellules photovoltaïques ou les écrans LCD) se limiteraient à 20 ans, pointe l'étude de Philippe Bihouix. Et il ne resterait que 30 à 60 ans de réserve pour la plupart des grands métaux industriels : zinc, cuivre, nickel, plomb...
 
500 Tours Eiffel par jour
 
Environ 2 milliards de tonnes de métaux sont consommés chaque année, surtout du fer (1,7 milliard de tonnes [
1]). L'équivalent de 200 000 Tours Eiffel par an ! Soit plus de 500 par jour. Et chaque Français « consomme » en moyenne l'équivalent de 700 grammes de métaux en 24h !
 
Pourquoi s'inquiéter, rétorqueront certains, les métaux sont présents partout : dans la roche, dans chaque poignée de terre, dans l'eau de mer. La quantité totale de cuivre dans les terres émergées – jusqu'à une profondeur de 1 km sous terre – serait d'environ 20.000 milliards de tonnes. Soit un million d'années de notre consommation actuelle. Tout irait bien... S'il n'était pas impossible de passer l'ensemble de la croûte terrestre au tamis.
Une pénurie de cuivre en 2040 ?
 
Les véritables « réserves », elles, sont limitées. Les réserves constituent les ressources identifiées que l'on peut techniquement extraire au prix actuel. Les réserves de cuivre sont ainsi 10 000 fois moindres que la quantité totale présente sur la planète [
2]. L'humanité consomme actuellement 16 millions de tonnes par an, notamment pour les fils électriques. Ce qui laisse, à production constante, une trentaine d'années avant de manquer de cuivre.
Trouvera-t-on de nouvelles réserves dans les décennies à venir ? Les sols ont déjà été beaucoup explorés. Cas emblématique : l'or. C'est le seul métal à avoir franchi son « pic » de production. Son extraction n'augmente plus, bien que 45 % des dépenses d'exploration lui sont consacrées. Le défi à relever n'est pas tant la diminution des dernières réserves, que l'énergie croissante nécessaire pour exploiter les futurs filons.
 
 
« Une mine d'or, en Afrique du Sud ou en Australie, produit à peine 5 grammes par tonne, contre 20 il y a un siècle. Vu le prix, on peut aller chercher quelques grammes d'or par tonne de terre, mais on ne pourra pas se le permettre pour le cuivre », explique Philippe Bihouix. Les gisements les plus rentables, créés par la tectonique des plaques, le volcanisme ou le cycle de l'eau, sont déjà exploités. L'extraction des réserves moins concentrées a déjà commencé. Alors qu'on produisait 18 kg de cuivre par tonne de roches extraite dans les années 1930, on n'en trouve plus que 8 kg aujourd'hui.« Il n'est pas possible de dépenser plus d'énergie pour tous les métaux. On ne va pas ramasser à la petite cuillère les dernières ressources naturelles », pointe l'ingénieur.
 
Métaux et ressources énergétiques sont étroitement liés. Il faut toujours plus d'énergie pour extraire des métaux moins concentrés. Et les métaux sont toujours indispensables pour produire de l'énergie... Quand atteindrons-nous la limite énergétique qui rend l'extraction d'un métal non rentable ou impossible ? C'est le même processus que pour l'exploitation du pétrole. La production de 100 barils de pétrole nécessite 2 barils en Arabie Saoudite, contre 10 à 15 barils pour l'extraction offshore dans le Golfe du Mexique. Et 25 à 35 barils pour l'extraction des sables bitumineux de l'Alberta au Canada [
3].
 
Sans métaux, plus d'énergie
 
Nous dépensons aujourd'hui environ 10 % de l'énergie primaire mondiale pour l'extraction et le raffinage des métaux. Combien en dépenserons-nous demain ? Et plus on consomme d'énergie, plus on émet de CO2... pour la même quantité de métal [
4]. Sans compter les conséquences environnementales et sociales, lorsque, les réserves diminuant, il deviendra rentable de lancer l'extraction dans des zones protégées ou inaccessibles, avec des procédés plus polluants et des conditions de travail plus pénibles. Une spirale infernale, alors que les conditions d'extraction minière sont déjà très dures [5].
 
Toutes nos sources d'énergie actuelles sont dépendantes des métaux. Des raffineries pétrolières aux gazoducs, des cellules photovoltaïques aux turbines d'éoliennes, des moteurs de véhicules aux batteries électriques... Les énergies renouvelables, nucléaires ou fossiles ne peuvent se passer des métaux. Côté nucléaire, « les « crayons » de combustible sont emballés dans des gaines de zirconium : 50 ans de réserves. Les centrales et les conteneurs pour les déchets nécessitent nickel, chrome, titane, cobalt, tungstène et plomb : 50 à 100 ans de réserves pour les plus abondants », détaille Philippe Bihouix. « On ne pourra pas tenir 10 000 ans avec le nucléaire. » Comment sans ces métaux renouveler les parcs nucléaires une ou deux fois par siècle ?
L'impératif du recyclage
 
Que faire face à cette situation ? Mieux recycler les métaux semble une évidence. Les grands métaux, comme le fer, l'aluminium ou le cuivre sont, en théorie, recyclables à 100%. Et leur recyclage est très rentable énergétiquement : récupérer de l'aluminium consomme 20 fois moins d'énergie que la production de métal neuf ! Reste qu'on ne pourra jamais en recycler 100 %. Difficile de collecter toutes les agrafes utilisées, les opercules de pot de yaourt ou les paires de lunettes ! Le pourcentage de perte diffère selon les métaux. Il est par exemple de 30 % pour le nickel, un métal pourtant bien récupéré dans des filières de recyclage...
 
La multiplication des alliages posent aussi problème. Impossible de séparer les éléments imbriqués ou les matériaux composites. Ou de faire du tri dans les 3 000 sortes d'alliage de nickel. Comment recycler complètement un ordinateur portable, qui contient 30 métaux différents ? Ou un « superalliage » de l'aéronautique, composé de 15 métaux ? De quoi compliquer sérieusement une tâche déjà immense. Surtout quand notre système économique basé sur la consommation – et un taux d'équipement toujours plus élevé – provoque l'accélération des cycles de production et des innovations... Concernant les déchets d'équipements électriques et électroniques (D3E), une directive européenne impose leur collecte à hauteur de seulement 20%.
 
Revenir à l'âge du fer ?
 
 Retour à l’âge du fer ? Quand le monde manquera de métaux
 
A ces limites s'ajoutent les usages « dispersifs » : l'incorporation de métaux dans des produits chimiques ou des objets de consommation courante. Mercure dans les shampoings, plomb et cobalt dans les teintures capillaires, bismuth dans le rouge à lèvres, ou titane et sulfate de zinc, comme colorant blanc de votre dentifrice ! Encres et pigments du papier, déodorants, pneus, peintures, engrais et pesticides, incorporent des métaux à des degrés divers.
 
 
Des usages dispersifs qui peuvent représenter une part importante de la production : 20 % pour le cobalt, 98% pour le titane (qui, sous forme de dioxyde, est le colorant blanc universel). Et les innovations ne manquent pas : les chaussettes « anti-odeur » aux
nanoparticules d'argent qui partent dans les égouts au bout de quelques lavages, ne vont pas arranger la situation. « Ce sont autant de métaux qui ne seront pas disponibles pour les générations futures. Quand on crame du cuivre, du plomb ou du lithium dans les feux d'artifice, ce n'est pas très sympa pour l'Homo sapiens de 2250 qui en aura besoin, » illustre Philippe Bihouix.

Quels substituts aux métaux ?
 
Substituer un métal par un autre s'avère aussi compliqué. Des métaux, utilisés comme catalyseur dans le secteur de la chimie, pour fabriquer du nylon ou de la margarine par exemple, pourront peut-être, pour certains, être remplacés par une « catalyse enzymatique ». Pour quelques applications, des solutions seront imaginées. Mais le problème est systémique : comment substituer en même temps plusieurs métaux par d'autres ? Certains sont irremplaçables, comme l'or, le nickel, le cobalt ou l'étain – utilisé pour les soudures en plomberie ou dans les cartes électroniques.
 
Sans oublier le cuivre, qui sert au transport du courant électrique : 8 millions de kilomètres de câbles de cuivre maillent l'Europe !(...). Ces métaux ne devraient pas manquer à moyen terme. Mais ils ne suffiront pas à remplacer toute la richesse de ceux qui sont en voie d'épuisement.
 
Spéculation effrénée et tensions géopolitiques
Cette situation commence à préoccuper les États. En
2010, des tensions entre la Chine et le Japon – et la menace d'un embargo – ont fait prendre conscience de la dépendance mondiale aux « terres rares », ce groupe de 17 métaux utilisés dans les produits de haute technologie (téléphones portables, écrans LCD, éoliennes, scanners médicaux...). Ces métaux sont aujourd'hui exportés à 97 % par la Chine, qui dispose d'environ un tiers des ressources mondiales. L'Europe
importe 48% de son cuivre, 100% du cobalt, du platine et du titane... Quant à la production française, elle est en constante régression [6].
 
Résultat : les prix des métaux flambent. Entre 2005 et 2009, la demande en minerai de fer a augmenté de 47 % et les prix de 93 % ! Quant au cuivre, sa valeur a
triplé entre 2009 et 2011. Une situation aggravée par la financiarisation des échanges : investissements spéculatifs sur les réserves de métaux, développement du « trading de haute fréquence », concentration des opérateurs.
 

Comment expliquer la récente envolée des cours ?
Par l'agitation sociale qui secoue le premier producteur de platine au monde, l'Afrique du Sud. Le pays extrait 75% de la production mondiale.

 Et ce jusqu'à ce que les nouvelles en provenance de Chine soient meilleures et que le secteur automobile reprenne du poil de la bête.La hausse des cours du platine ne devrait donc pas se poursuivre. Quand à  l'or a toutes les risques de reprendre sa tendance haussière car, contrairement au platine, les fondamentaux : demande en hausse aussi bien des banques centrales que des particuliers (saison des mariages en Inde) et perspectives de nouveaux assouplissements monétaires.

Des réserves contrôlées par quelques multinationales
 
Le poids financier des métaux représente désormais un quart de celui du marché du pétrole. Et 20% des échanges internationaux de matières premières [
7]. De quoi attirer les spéculateurs... Au point que les exigences de rentabilité financière l'emportent sur le souci de répondre à la demande mondiale en métaux. Quelques multinationales ont fait main basse sur une partie des stocks : la multinationale suisse Glencore, leader mondial sur le négoce de métaux, contrôlerait ainsi 60 % du zinc mondial, 50 % du cuivre, 22 % de l'aluminium [8]... A la fois propriétaire de sociétés minières et acteur du négoce mondial, Glencore peut intervenir sur les stocks physiques et donc le prix des matières premières, et en même temps parier sur les marchés... Une situation qui n'augure rien de bon pour la gestion de la raréfaction des métaux !

 L'Afrique du Sud est régulièrement secouée par des grèves de mineurs. En fait, depuis le début de l'année, les conditions de travail – et salariales – des mineurs sud-africains se sont détériorées. En février dernier déjà, les salariés de la plus grande mine du monde, Rustenburg, se sont mis en grève pendant plusieurs semaines pour réclamer une hausse de leur salaire. La production avait été alors arrêtée et les cours s'étaient déjà envolés.

Rustenburg (Afrique du Sud) - Wikipédia : Rustenburg (ville du repos en afrikaans) est une ville de la province du Nord-Ouest, dans la région ouest du Transvaal, en Afrique du Sud. Elle est l'une des neuf villes (dix stades dans neuf villes différentes) qui accueillent la Coupe du Monde 2010

Une situation qui se répète aujourd'hui en particulier dans la mine de Marikana (12% de la production mondiale) exploitée par le britannique Lonmin. Là encore, les salaires sont au coeur des revendications des grévistes. Le mouvement a progressivement gagné d'autres mines sud-africaines. Le 16 août dernier, le mouvement a même tourné au drame alors que les affrontements entre grévistes et forces de police ont fait 44 morts.

Lonmin - Wikipédia : Lonmin plc (ex Lonrho plc) est une entreprise minière britannique faisant partie de l'indice FTSE 100. Voir Grève des mineurs à Marikana. en)Site officiel

La situation s'envenime et s'enlise, la production est au point mort et les cours du platine flambent tandis que les actions des minières comme Lonmin dégringolent. Afrique du sud : 12 000 mineurs licenciés et un syndicaliste tué
..., Afrique du Sud. La tension monte à Rustenburg - Monde -

Face aux enjeux du contrôle des métaux, la Commission européenne a adopté en 2008 la stratégie « 

Initiative sur les matières premières », sous la pression des lobbys indutriels et miniers. Objectif : exiger des autres pays du monde un abandon ou une très forte limitation des « restriction aux exportations ». L'Europe veut sécuriser ses approvisionnements, à n'importe quel prix.

Lueur d'espoir en vue ou marasme persistant ?
Existe-t-il un espoir que la situation s'arrange rapidement ? En fait, pas vraiment. Le problème c'est que depuis quelques mois, le marché du platine est déprimé, et même en profonde révolution.

Pourquoi ? Plusieurs raisons structurelles à cela :
1. L'augmentation des coûts d'exploitation des minières
. La hausse des prix de l'énergie (électricité et pétrole) ainsi que les (légitimes) revendications salariales des mineurs pèsent sur la marge de nombre de minières.

2. Le ralentissement global du prix des matières premières. Et derrière cette déprime du secteur se cache bien évidemment la Chine. Alors que l'économie du pays ralentit (à quel point, c'est sujet à controverse) et que sa demande en matières premières suit la même tendance, le cours des commodities flanche de manière générale.

3. Le recul du secteur automobile.Car le platine est essentiellement un métal industriel. Près des trois-quarts de la demande en platinoïdes viennent de l'industrie automobile. En effet, le platine est utilisé pour la fabrication de pots catalytiques. Recul de l'automobile signifie donc baisse de la demande et donc affaiblissement durable des cours.

Le marché du platine est donc profondément marqué par une situation économique déprimée. Face aux reculs de la demande et de leurs profits, les groupes miniers sont donc obligés de se restructurer :
- Les dépenses d'investissements sont en net recul, de même que les embauches. Plus de 130 000 emplois auraient été supprimés en Afrique du Sud.
- Certaines mines peu rentables doivent fermer.
- Et enfin, d'autres miniers ont décidé de profiter de la période pour revoir entièrement leur mode de production. "Touché par une grève, un mineur de platine de taille moyenne, Royal Bafokeng Platinum, va investir dans la mécanisation pour maintenir ses marges de profit. Ce qui lui permettra de diminuer sa masse salariale, tout en étant capable de satisfaire les demandes d'augmentation de salaires des mineurs restants", nous apprend L'Usine nouvelle.

Qu'en conclure ?

 

Des abysses du Pacifique à la planète Mars
En France, le Sénat s'est également emparé de cette question [
9] et le gouvernement a créé en 2011 un Comité pour les métaux stratégiques (Comes), piloté notamment par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Mais ses intérêts semblent avant tout économiques : « La première préoccupation est que chaque entreprise connaisse sa vulnérabilité », explique le secrétaire général du Comes. « Des politiques restrictives, des grèves, des accidents pourraient mettre des filières industrielles en péril en quelques semaines. » Et comment la France, complètement dépendante des importations, fera-t-elle face aux pénuries qui s'annoncent ? La question ne semble pas à l'ordre du jour...
 
La stratégie actuelle des États et entreprises semble être la recherche incessante de nouveaux gisements. Et quand ceux-ci ne suffiront plus, ira-t-on chercher des métaux au fonds des océans ou sur d'autres planètes ? En juillet 2011, des chercheurs japonais ont
annoncé la découverte d'immenses gisements de « terres rares » au fond du Pacifique : près de 100 milliards de tonnes. Des réserves 1000 fois supérieures à celle recensées jusqu'à présent, selon l'étude publiée [10]. Mais quelle débauche d'énergie et de technologies seront nécessaires pour exploiter ces gisements, situés entre 4 000 et 6 000 mètres de profondeur ? Quel prix faudra-t-il payer demain pour aller prospecter de nouvelles réserves de métaux à plus de 2000 mètres sous la couche terrestre ? Quant à faire de la Lune ou de nos planètes voisines nos futures réserves géologiques... « C'est la vie, la tectonique des plaques qui créent les concentrations de métaux. Sur la Lune, vous risquez de ne trouver qu'une soupe indifférenciée », décrit Philippe Bihouix. Pas de quoi rentabiliser le voyage aller-retour.
 
Nos arrières-petits enfants, des « ferrailleurs-cueilleurs » ?
 
Face à l'emballement de nos besoins en métaux et les rendements décroissants pour les extraire, l'ONU appelle à « découpler » le taux de croissance économique du taux de consommation des ressources naturelles. Les
estimations ont de quoi faire peur : le volume de minéraux, minerais, combustibles fossiles et biomasse consommés chaque année par l'humanité pourrait atteindre 140 milliards de tonnes d'ici 2050. Soit trois fois les niveaux actuels. Et 23 fois plus qu'au début du 20ème siècle. Chaque être humain consomme en moyenne 8 tonnes par an de ressources naturelles – produits agricoles, bois, énergies fossiles ou métaux [11]. Soit 22kg par jour ! Les gisements bon marché et de bonne qualité de certaines ressources essentielles comme le pétrole, le cuivre et l'or commencent déjà à s'épuiser, souligne l'ONU, qui invite « à modifier considérablement les politiques des gouvernements, le comportement des entreprises et les modes de consommation du grand public. »
 
Recycler davantage, ralentir les cycles de consommation, en luttant par exemple contre l'obsolescence programmée, réparer plutôt que jeter, diminuer les usages dispersifs. Les moyens sont nombreux pour réduire l'actuel gaspillage des pays économiquement développés. Mais cela ne suffira sans doute pas, sans changer profondément nos modes de vie, de production et de consommation. « Quel avenir veut-on laisser aux générations futures ? Un retour à l'âge de fer, un monde où quelques dizaines de millions de « ferrailleurs-cueilleurs », survivants de la grande panne ou de l'effondrement, retrouveront l'abondance en exploitant le stock de métaux en place dans les bâtiments délabrés, les décharges, les usines à l'arrêt ? » questionne Philippe Bihouix. Reste à faire prendre conscience des enjeux, pour freiner la course infinie à l'extraction, avec toujours plus de conséquences sociales et environnementales. « Expliquer le pic du pétrole est déjà compliqué ! Avec les métaux, on a 60 histoires différentes... ». Nous n'aurons pourtant bientôt sans doute plus le choix.
Agnès Rousseaux
 
Photos :
 Métal /
KittyBitty via Flickr
 Mineur : © Steve Mc Curry
 Mine d'or au Congo /
The Velvet Rocket
 
 

Notre pouvoir de nuisance y est montré, en mettant en avant combien de temps la nature reprend ces droits si l'homme disparaissait du jour au lendemain ( peut importe comment, ce qui est important est après : " Population Zero - Un monde sans homme (Fin du monde)
Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. - citoyenactif, Nous ne vivons pas une » crise », mais un coup d’état social - anarkia, Nous ne vivons pas une » crise », mais un coup d'état social - indigné révolté, Est ce la "Fin de la Zone euro"... ou du "capitalisme"? - l'indigné
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=4p8i-pr9BWs


 

Notes
[
1] et quelques dizaines de millions de tonnes d'aluminium, chrome, cuivre, manganèse, zinc, les principaux métaux extraits aujourd'hui
 
[
2] Seulement 500 millions de tonnes, voire 3 milliards de tonnes de « ressources ultimes », selon l'United States Geophysical Survey (USGS), c'est-à-dire des ressources identifiées mais pas encore exploitables avec les techniques et au prix actuel
 
[
3] Cette limite physique s'appelle Energy Return On Energy Invested (EROEI)
[
4] Le rejet de CO2 augmente avec la consommation d'énergie, elle-même inversement proportionnelle à la teneur des gisements. « Cela apparait de manière patente quand on compare les émissions de CO2 de la production de différents métaux entre le cuivre (5 à 10 t CO2/t de cuivre produite présent à 0.8% en moyenne dans les gisements), l'argent (de l'ordre de 200 t CO2/t pour des gisements exploités à quelques centaines de g/t), le platine (10000 t CO2/t pour des gisements de quelques g/t). » Jacques Villeneuve, Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), Service Environnement et Procédés. Source
 
[
5] A lire, sur l'extraction du cuivre en Zambie : Glencore : comment une multinationale pille l'Afrique avec la complicité de l'Europe. La production d'une tonne de cuivre nécessite aujourd'hui 80 à 150 kg d'explosifs pour les mines à ciel ouvert, une demi-tonne d'acide sulfurique et provoque des émissions de 20 à 2500 kg de dioxyde de soufre... Avec des conséquences sanitaires souvent dramatiques pour les populations locales. Au Pérou, 75% de la forêt amazonienne est cédé en concession à des entreprises pour l'extraction de ressources naturelles !
[
6] La France produit surtout du nickel et du cobalt en Nouvelle-Caledonie, et de l'or en Guyane.
[
7] 50% des échanges internationaux de matières premières concernent l'énergie et 30 % les produits agricoles
[
8] Lire ici.
[
9] Le rapport du Sénat pointe notamment l'insuffisance de la recherche sur les métaux stratégiques : « Il est significatif que plus aucune école d'ingénieur ne comporte le terme métallurgie dans son intitulé ! (...) Cette situation apparaît d'autant plus insatisfaisante que la formation et la recherche en métallurgie perdurent aux États-Unis et se développent en Chine comme au Japon. »
[
10] "Nous estimons qu'une zone de un kilomètre carré entourant l'un des sites de prélèvement pourrait satisfaire à elle seule un cinquième de la consommation annuelle mondiale de ces éléments", écrivent les chercheurs. Source
[11] Selon un rapport des Amis de la Terre (en anglais)

Blog / Le bout de la logique - nicocitoyenactif

Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. - citoyenactif, Nous ne vivons pas une  » crise », mais un coup d’état social - anarkia, Nous ne vivons pas une » crise », mais un coup d'état social - indigné révolté, Est ce la "Fin de la Zone euro"... ou du "capitalisme"? - l'indigné

11/03/2012

Présentation du groupe

 

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à

emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

C’est l’exemple non pas d’une dérive d’un homme, mais d’un système. La crise des subprime a révélé le scandale, lorsque l’appât du gain de ces clients ( banques et clients) en cherchant a retirer leurs sous, ont eu des pertes

 

 

On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière – en particulier des hedge funds ( et  agence de notations) –, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l’industrie financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesque d’actifs financiers et la faillite du système bancaire.

 

 

La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur trois ou quatre d’ici à l’an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85 % jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°C,

 

 

les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.

La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s’opérer. »

 

 

 

La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d’Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les mas - sacres et trafics d’êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d’anticipation. Une forme civilisée de la sortie du capitalisme, en revanche, n’est que très rarement envisagée. L’évocation de la catastrophe climatique qui menace conduit généralement à envisager un nécessaire « changement de mentalité », mais la nature de ce changement, ses conditions de possibilité, les obstacles à écarter semblent défier l’imagination. Envisager une autre économie,

d’autres rapports sociaux, d’autres modes et moyens de production et modes de vie passe pour « irréaliste », comme si la société de la marchandise, du salariat et de l’argent était indépassable.

 

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des

produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.

 

Dans un premier temps, l’informatisation a eu pour but de réduire les coûts de production.

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché.

 

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles

elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle. Ces qualités immatérielles – le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou « exclusivité » – devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou « juste prix ». Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend

de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel.

 

 Les qualités immaté - rielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité. Cette rente masque, compense

et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence. Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté, source de rente, et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents. La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les

baskets, T-shirts, portables, disques, jeans, etc.

 

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse 1.

 

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la « personnalisation » des produits.

 

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes. Elle oblige les

firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux, à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une « culture de la consommation » qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la « socialisation antisociale ».

 

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale ». De toute évidence, la rupture avec la

 

1 La valeur travail est une idée d’Adam Smith qui voyait dans le travail la substance commune de toutes les marchandises et pensait que celles-ci s’échangeaient en proportion de la quantité de travail qu’elles contenaient. La valeur travail n’a rien à voir avec ce qu’on entend par là aujourd’hui et qui (chez Dominique Méda entre autres) devrait être désigné comme travail valeur (valeur morale, sociale, idéologique etc.).

 

Marx a affiné et retravaillé la théorie d’Adam Smith. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer la notion économique de valeur en disant : une entreprise crée de la valeur dans la mesure où elle produit une marchandise vendable avec du travail pour la rémunération duquel elle met en circulation (crée, distribue,) du pouvoir d’achat. Si son activité n’augmente pas la quantité d’argent en circulation elle ne crée pas de valeur. Si son activité détruit de l’emploi elle détruit de la valeur. La rente de monopole consomme de la valeur créée par ailleurs et se l’approprie. Les services à la personne ne créent pas de valeur mais en redistribuent. tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rabattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation semble hors de portée et ridiculement archaïque – à tort.

 

Et pourtant, la « dictature sur les besoins » perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité. La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

 

Il n’est pas difficile de privatiser et de monopoliser des contenus immatériels aussi longtemps que connaissances, idées, concepts mis en oeuvre dans la production et dans la conception des marchandises étaient définis en fonction de machines et d’articles dans lesquels ils étaient incorporés en vue d’un usage précis. Machines et articles pouvaient être brevetés et la position de monopole protégée. La propriété privée de connaissances et de concepts était rendue possible par le fait qu’ils étaient inséparables des objets qui les matérialisaient. Ils étaient une composante du capital fixe.

 

Mais tout change quand les contenus immatériels ne sont plus inséparables des produits qui les contiennent ni même des personnes qui les détiennent ; quand ils accèdent a une existence indépendante de toute utilisation particulière et qu’ils sont susceptibles, traduits en logiciels, d’être reproduits en quantités illimitées pour un coût infime. Ils peuvent alors devenir un bien abondant qui, par sa disponibilité illimitée, perd toute valeur d’échange et tombe dans le domaine public comme bien commun gratuit – à moins qu’on ne réussisse à l’en empêcher en en interdisant l’accès et l’usage illimités auxquels il se prête.

 

Le problème auquel se heurte « l’économie de la connaissance » provient du fait que la dimension immatérielle dont dépend le rentabilité des marchandises n’est pas, à l’âge de l’informatique, de la même nature que ces dernières : elle n’est la propriété privée ni des entreprises ni des collaborateurs de celles-ci ; elle n’est pas, de par sa nature privatisable, et ne peut, par conséquent, devenir une vraie marchandise. Elle peut seulement être déguisée en propriété privée et marchandise en réservant son usage exclusif par des artifices juridiques ou

techniques (codes d’accès secrets). Ce déguisement ne change cependant rien à la réalité de bien commun du bien ainsi déguisé : il reste une non-marchandise non vendable dont l’accès et l’usage libres sont interdits parce qu’ils demeurent toujours possibles, parce que le guettent les « copies illicites », les « imitations », les usages interdits. Le soi-disant propriétaire lui-même ne peut les vendre c’est-à-dire en transférer la propriété privée à un autre, comme il le ferait pour une vraie marchandise ; il ne peut vendre qu’un droit d’accès ou d’usage « sous licence ».

 

L’économie de la connaissance se donne ainsi pour base une richesse ayant vocation d’être un bien commun, et les brevets et copyrights censés le privatiser n’y changent rien ; l’aire de la gratuité s’étend irrésistiblement. L’informatique et internet minent le règne de la marchandise à sa base. Tout ce qui est traduisible en langage numérique et reproductible, communicable sans frais, tend irrésistiblement à devenir un bien commun, voire un bien commun universel quand il est accessible à tous et utilisable par tous. N’importe qui peut reproduire avec son ordinateur des contenus immatériels comme le design, les plans de construction ou de montage, les formules et équations chimiques ; inventer ses propres styles et formes ; imprimer des textes, graver des disques, reproduire des tableaux. Plus de deux cents millions de références sont actuellement accessibles sous licence « créative commons ». Au Brésil, où l’industrie du disque commercialise quinze nouveaux CD par an, les jeunes des favelas en gravent quatre-vingt par semaine et les diffusent dans la rue. Les trois quarts des ordinateurs produits en 2004 étaient autoproduits dans les favelas avec les composants de matériels mis au rebut. Le gouvernement soutient les coopératives et groupements informels d’autoproduction pour l’autoapprovisionnement.

 

Claudio Prado, qui dirige le département de la culture numérique au ministère de la Culture du Brésil, disait récemment : « L’emploi est une espèce en voie d’extinction… Nous comptons sauter cette phase merdique du XXe siècle pour passer directement du XIXe au XXIe. » L’autoproduction des ordinateurs par exemple a été officiellement soutenue : il s’agit de favoriser « l’appropriation des technologies par les usagers dans un but de transformation sociale ». La prochaine étape sera logiquement l’autoproduction de moyens de production.

 

J’y reviendrai encore.

Ce qui importe pour le moment, c’est que la principale force productive et la principale source de rentes tombent progressivement dans le domaine public et tendent vers la gratuité ; que la propriété privée des moyens de production et donc le monopole de l’offre deviennent progressivement impossibles ; que par conséquent l’emprise du capital sur la consommation se relâche et que celle-ci peut tendre à s’émanciper de l’offre marchande. Il s’agit là d’une rupture qui mine le capitalisme à sa base. La lutte engagée entre les « logiciels

propriétaires » et les « logiciels libres » (libre, « free » est aussi l’équivalent anglais de « gratuit ») a été le coup d’envoi du conflit central de l’époque. Il s’étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières – la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l’existence d’une société. De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme.

 

 

 

 

Cette sortie implique nécessairement que nous nous émancipions de l’emprise qu’exerce le capital sur la consommation et de son monopole des moyens de production. Elle signifie l’unité rétablie du sujet de la production et du sujet de la consommation et donc l’autonomie retrouvée dans la définition de nos besoins et de leur mode de satisfaction.

 

L’obstacle insurmontable que le capitalisme avait dressé sur cette voie était la nature même des moyens de production qu’il avait mis en place : ils constituait une mégamachine dont tous étaient les serviteurs et qui nous dictait les fins à poursuivre et la vie a mener. Cette période tire à sa fin. Les moyens d’autoproduction high-tech rendent la mégamachine industrielle virtuellement obsolète. Claudio Prado invoque « l’appropriation des technologies » parce que la clé commune de toutes, l’informatique, est appropriable par tous. Parce que, comme le demandait Ivan Illich, « chacun peut l’utiliser sans difficulté aussi souvent ou aussi rarement qu’il le désire […] sans que l’usage qu’il en fait empiète sur le liberté d’autrui d’en faire autant » ; et parce que cet usage (il s’agit de la définition illichienne des outils conviviaux) « stimule l’accomplissement personnel » et élargit l’autonomie de tous. La définition que Pekka Himanen donne de l’Éthique hacker 1 est très voisine : un mode de vie qui met au premier rang « les joies de l’amitié, de l’amour, de la libre coopération et de la créativité personnelle ».

 

Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine, etc. Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. Le travail sera producteur de culture, l’autoproduction un mode d’épanouissement.Deux circonstances plaident en faveur de ce type de développement. La première est qu’il existe beaucoup plus de compétences, de talents et de créativité que l’économie capitaliste n’en peut utiliser. Cet excédent de ressources humaines ne peut devenir productif que dans une économie où la création de richesses n’est pas soumise aux critères de rentabilité. La seconde est que « l’emploi est une espèce en voie d’extinction ».

 

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud- Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine.

 

André Gorz

 

NDLR : Ce texte qu’André Gorz a terminé d’écrire le 17/09/2007 est une version revue et approfondie de celui écritpour le manifeste d’Utopia. Rebaptisé pour notre dossier Le travail dans la sortie du capitalisme il a depuis été publié dans son livre posthume Écologica sous le titre La sortie du capitalisme a déjà commencé.

1 Pekka Himanen, L’Éthique hacker et l’esprit de l’ère de l’information, tr. fr. C. Leblanc, Paris, Exils, 2001.

 

Ou encore très intéressant :

 

 

« La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une « croissance économique » qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie réelle d’une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze

ans).

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu