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26/08/2013

Velvet Goldmine


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Le Dernier Nabab (The Last Tycoon ) est un film américain réalisé par Elia Kazan, sorti en 1976 et adapté par Harold Pinter du roman Le Dernier Nabab de F. Scott Fitzgerald, paru en 1941. Wikipédia

http://www.youtube.com/watch?v=s2fY9ghrC5I

 

Le dernier nabab

Drame réalisé en 1976 par Elia Kazan  
Avec Robert De Niro , Tony Curtis , Robert Mitchum ...  
 

Dans les années 1930, le producteur Monroe Stahr règne sans partage sur l'un des grands studios de Hollywood. Malgré les efforts de Cecilia Brady, la fille du directeur de la compagnie, Monroe reste fidèle au souvenir de son épouse décédée, la comédienne Minna Davis. Un soir, alors qu'un tremblement de terre secoue la ville, Monroe aperçoit une jeune femme qui lui rappelle la défunte. Il s'agit de Kathleen Moore, une jolie femme dont il ne tarde pas à tomber amoureux. Mais le bonheur qu'il éprouve auprès d'elle est bien éphémère, puisque leur idylle ne dure pas. Par ailleurs, Pat Brady, le directeur du studio, décide de se passer de ses services...

Le dernier nabab | ARTE

 

Film Complet VF - YouTube

 

 

Velvet Goldmine

Comédie dramatique réalisé en 1998 par Todd Haynes  
Avec Jonathan Rhys Meyers , Ewan McGregor , Christian Bale ...  
Date de sortie : 09 décembre 1998  
 

New York, 1984. Le «Herald Tribune» commande au journaliste anglais Arthur Stuart un article sur son ancienne idole, Brian Slade. Vingt ans auparavant, cette star du glam rock s'était offert une sortie fracassante en mettant en scène son propre assassinat, en plein concert. Alors qu'il retrace le parcours de Slade, Stuart se souvient de Manchester, la ville où il a passé son enfance et, surtout, se remémore sa jeunesse, fortement marquée par la figure et la personnalité charismatique de l'extravagant rockeur. Son enquête l'amène à rencontrer Cecil, le manager de Slade, Mandy, sa femme, et Curt Wild, qui fut son amant...

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 09/12/1998

L’Angleterre du début des années 70 et la déferlante du glam rock, à la fois musique et « mouvance » de l’époque (lire page suivante), sont au coeur du nouveau film de Todd Haynes (auteur du sidérant Safe, en 1996). Mais Velvet Goldmine n’est pas un chapitre illustré de l’encyclo- pédie du rock. Plutôt la spéculation romantique, ouverte à toutes les chimères et éminemment personnelle d’un cinéaste, autour d’un temps révolu et de ses tapageuses figures de proue.

Velvet Goldmine part1 - YouTube : , part 2 , part 3,  part 4, part 5,  part 6,   part 7 , part 8, part 9

 Brian Slade (interprété par Jonathan Rhys Meyers, nouveau venu, mélange d’instinct et de fragilité) évoque d’emblée David Bowie :  , période Ziggy Stardust. Curt Wild (Ewan McGregor) a tout d’un ersatz d’Iggy Pop, étrangement mâtiné de Kurt Cobain (voir article ci-contre). Leur musique, leurs chansons forment un indescriptible alliage de morceaux d’époque réorchestrés, et de compositions nouvelles, « à la manière de »…

. Pourtant, et c’est l’idée maîtresse du film, ce culte viscéral était voué à du vent. Brian Slade, Curt Wild et consorts n’ont été que de pures apparences, instruments virtuoses des puissances de l’illusion, héritiers d’une tradition du mensonge, que Todd Haynes fait remonter à Oscar Wilde Oscar Wilde ( film) , selon une généalogie baroque et imagi- naire : un petit talisman circule entre les différents personnages – symbole de cette filiation de l’excentricité, du dandysme et de la décadence – dont le prologue révèle qu’il a appartenu à Wilde en personne.

. L’ex-madame Slade (l’excellente Toni Colette, découverte dans Muriel, de Paul J. Hogan), repêchée, éteinte, au fond d’un bar, ne trouve pas ses mots.

Comment parler d’un vertige, une fois qu’il est passé ? Que dire d’un chanteur qui n’était qu’une surface ? Que faire, après l’embellie de l’ivresse ? La réponse de Todd Haynes est aussi radicale ou aussi ir- ritante – c’est selon – que son film, puisqu’elle est le film lui-même avec toute sa délectation nostalgique. Soit un aller simple pour le passé, en direction d’une contrée d’autant plus attirante qu’elle n’a jamais vraiment existé • Louis Guichard

Louis Guichard

Velvet Goldmine (Dir. Todd Haynes, 1998) -- opening on Vimeo :

Interview Jonathan - Velvet Goldmine : Interview Ewan Mc Gregor - Velvet Goldmine

BBC: Kings of Glam (2006) : Profiling the leading men of the glam rock era, Lisa Tarbuck guides us through the glittering careers of Marc Bolan, David Bowie, Noddy Holder, Brian Ferry, Elton John and honorary glam king Suzi Quatro. Industry men including producer Tony Visconti, songwriter Mike Chapman and photographer Mick Rock give the insider angle to the work of these artists.

David Bowie - The Very Best of 1969 to 1973 :

This is a self-compiled collection of what I believe are the best Bowie songs from this era. This is the first of six collections regarding Bowie's best. The second collection (The Very Best of 1973 to 1976) is coming next month sometime.

The Ziggy Stardust Companion - Velvet Goldmine - The Movie (1/2) :

Ziggy Stardust and the Spiders from Mars :

David Bowie The Rise And Fall Of Ziggy Stardust - 1972 - Full Album : 

 

Velvet Goldmine - l'indigné Révolté

 

 

24/08/2013

Wild Thing

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“Wild Thing”, mon histoire du rock

documentaire | On a tous une histoire intime avec le rock. De Little Richard aux White Stripes, le réalisateur Jérôme de Missolz raconte la sienne dans “Wild Thing”, un documentaire sur Arte. Interview express.

Le 19/01/2011 à 00h00 - Mis à jour le 29/03/2012 à 15h29
Propos recueillis par Marc Belpois

Photo : Julien Bourgeois

Pourquoi faire un film sur votre relation avec le rock ?
Quand j'ai eu cinquante ans, j'ai pris conscience que j'avais quasiment l'âge du rock'n'roll, né en 1954 à Memphis. J'ai pensé que ce pouvait être émouvant de réfléchir à la relation entre ma propre existence et la grande histoire du rock. Et de voir comment l'une et l'autre se sont imbriquées, et m'ont fait tenir debout. Le rock, c'est très important dans ma vie ! J'ai commencé à recenser dans un petit carnet les groupes qui m'ont marqué, depuis Time is on my side des Rolling Stones, un 45-tours que mon père m'a offert pour mes dix ans. Au bout du compte, ça faisait une histoire qui menait de Little Richard aux White Stripes.

Votre film s'attarde beaucoup plus sur les années 60 et 70 que sur les décennies suivantes. Faut-il en déduire que de moins en moins de groupes ou d'artistes trouvent grâce à vos oreilles ?

Oui, effectivement… Mais je ne suis pas pour autant un vieux con nostalgique ! Je vais encore voir des concerts et le rock me passionne toujours. Seulement, pour moi, quelque chose s'est perdu dès la fin des Doors. En partie à cause du business, bien sûr, qui a pris sérieusement les choses en main. Des groupes comme Dire Straits se sont imposés, certes magnifiques au niveau du son, mais dénués de cet esprit rock qui prévalait. Prenez Pete Doherty, on s'intéresse moins à sa musique qu'à ses frasques ! C'est comme les Guns N' Roses que j'évoque dans mon doc : dans les années 80-90, ça n'excitait plus personne de voir des mecs saccager des hôtels et se doper pour amuser la galerie. Quel intérêt, quand le buzz créé autour d'un groupe dépasse l'enjeu même de la musique ?

Vous n'avez retenu ni groupes français, ni autres formes artistiques où cet « esprit rock » aurait pu renaître…

Téléphone, Marquis de Sade, Starshooter, c'était pas mal. Mais dans mon imaginaire, ça n'a jamais pris le pas sur les groupes anglo-saxons. Peut-être aussi parce que j'avais déjà trente ans dans ces années-là et qu'on revient toujours sur ce qui nous a fait triper dans nos années d'adolescence. Et moi, forcément, ça reste Captain Beefheart, Soft Machine, The Mothers of Invention, Jim Morrison, Janis Joplin… Par ailleurs, je crois qu'il y a eu une rupture générationnelle importante au début des années 80, au moment du basculement du punk vers la coldwave. Avec l'avènement des machines et du numérique, tout le monde a eu peu à peu accès à toutes les musiques du monde, chacun a pu faire de la musique dans son coin. Effet collatéral, le rock a perdu son côté « résistance à l'ordre dominant ». La contre-culture s'est éclatée dans de petites tribus. Elle est désormais disséminée, atomisée, ce n'est plus un référent générationnel. A l'époque, quand le nouveau Led Zeppelin sortait, des centaines de millions de jeunes à travers le monde se jetaient dessus. Aujourd'hui, quand le nouveau Arcade Fire est dans les bacs, ça ne produit pas le même effet !

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Dimanche 1 septembre 2013 de 05:00 à 05:40 sur Arte (Rediffusion)
Voir dans la grille
 

Wild Thing : liste des épisodes

Raw Power - dimanche 01 septembre 2013
That's All Right Mama - dimanche 01 septembre 2013
Wild Thing - samedi 13 avril 2013
Wild Thing - samedi 13 avril 2013
Walk on the Wild Side - mercredi 13 juin 2012
 
 
 

Johnny Rotten : “En tant que roi du punk, je décrète cette loi : le punk n’a pas besoin de roi”

 

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Salut tout le monde,
voici le programme pour juillet-août 2013 (avec des extraits des films
projetés cet été):
http://infokiosques.net/spip.php?article1039


 

SAMEDI 31 AOÛT À 18h
>> Projection du film "High Hopes", de Mike Leigh, 1988, 1h52, VOSTFR
À l’occasion de la mort de Thatcher, cette comédie nous remettra dans le
bain des années 1980. Elle peint une succession de vies qui stigmatise
l’Angleterre d’alors. Téléchargez l'affiche du programme pour cet été:
https://infokiosques.net/IMG/jpg/2013-07_Bagnolet_Remoule...
https://infokiosques.net/le_remouleur

 

LE RÉMOULEUR – Local auto-organisé de lutte et de critique sociale
----------------------------------------------------------------------------

Horaires d’ouverture du local (avec bibliothèque & infokiosque) pour les
mois de juillet et août 2013 :
le samedi de 14h à 18h.
Entré libre et gratuite

Le Rémouleur
106 rue Victor Hugo
93170 Bagnolet
(M° Robespierre ou M° Gallieni)

https://infokiosques.net/le_remouleur
Mail : leremouleur@riseup.net
S’inscrire à la lettre d’info du local :
https://lists.riseup.net/www/subscribe/leremouleur/

 

 

Johnny Rotten : “En tant que roi du punk, je décrète cette loi : le punk n’a pas besoin de roi”

L’invité de l'été 1/4 | Hier, l'ex-leader des Sex Pistols faisait trembler la Couronne et Thatcher. Aujourd'hui, toujours aussi punk, il s'en prend à Sting, Robin Williams ou Tony Blair. Entretien.

Le 13/07/2013 Propos recueillis par Hugo Cassavetti - Télérama n° 3313 ,

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 Sandro Bäbler pour Télérama  

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Sandro Bäbler pour Télérama

Cet été, quatre artistes européens, témoins privilégiés de leur époque, racontent comment leur parcours se mêle à l'histoire de leur pays. La semaine prochaine : l'Islande secouée par la crise économique, vue par l'écrivain Arnaldur Indridason.

 

Il paraît loin, le garçon malingre au teint blafard et aux dents si abîmées qu'on le surnomma Johnny Rotten (pourri, en anglais). Il fit trembler le Royaume-Uni. Chanteur des Sex Pistols, le groupe punk suprême, il était le symbole de l'implosion d'une Angleterre rongée par la crise, les grèves et le chômage. John Lydon il reprit son vrai nom dès 1978, à la fin des Pistols – était le porte-voix de l'individualisme positif, avec son chant effrayant et ses textes impitoyables, autant de cris d'insoumission d'un laissé-pour-compte face à l'ordre étouffant – la famille royale, les conservateurs, mais aussi les travaillistes.

 

On le retrouve aujourd'hui, joyeux et bondissant. Il ne cherche plus à vous intimider avec ses remarques cinglantes, sa carrure désormais imposante ou son regard terrifiant. Aimable, il savoure le bonheur de jouer avec son groupe PIL, sa world punk sans frontières so british, en travailleur enfin indépendant. Mais, derrière le quinquagénaire intarissable, l'observateur enragé de la société britannique est toujours là. L'antéchrist du « no future » n'oublie pas ses ennemis. « La colère est une énergie », clamait-il.

 

L'an dernier, vous avez publié avec PIL (Public Image Ltd) votre premier album depuis vingt ans.
Pendant tout ce temps, je n'étais pas libre de le faire. Depuis la fin des Pistols, j'ai été prisonnier de contrats, avec toujours plus de dettes à rembourser. Je ne pouvais m'en extraire, seulement gagner du temps, jongler avec les clauses. L'artistique était évacué, je n'avais plus affaire qu'à des comptables. Des gens froids, qui ne pensent qu'en chiffres. Pendant presque vingt ans, je n'ai plus pu enregistrer. C'est dur de se voir interdire de créer. Mais j'ai toujours refusé de sombrer dans l'aigreur. Au contraire. Je puise mon énergie dans l'adversité.

 

Vous avez pu racheter votre liberté grâce à une campagne de publicité pour le beurre outre-Manche...
Exactement. J'ai pu rembourser mes dettes et financer le dernier album. Quel bonheur d'être enfin indépendant ! On m'a reproché, comme tout ce que je fais, ces pubs pour le beurre, mais j'assume. Toujours la même accusation de trahir la cause, d'être vendu. Moi, je trouve ça plutôt punk et cohérent. L'argent a financé ma liberté artistique, et puis c'est vrai que je mange beaucoup de beurre. Ça se voit, non ? Ce n'est pas un mensonge. Pas comme Iggy Pop, qui pose pour une compagnie d'assurances qui refuse d'assurer les rock stars !

 

Avec cette nouvelle incarnation de PIL, vous vous entourez pour la première fois de musiciens avec lesquels vous vous entendez ?
Je n'avais jamais connu une telle complicité auparavant. En fait, comme j'ai démarré avec les Sex Pistols, j'ai longtemps cru que tous les groupes étaient un nœud de tensions et de conflits. S'apprécier était en option. Chacun avait des goûts et des buts différents, mais une curieuse solidarité nous unissait contre ceux qui voulaient nous abattre. En fait, j'aimais Paul Cook, le batteur, et même Steve Jones, le guitariste, au début.

 

Mais le management ne cessait de nous monter les uns contre les autres. On s'est confronté très tôt à la perversité et à la malhonnêteté du monde adulte. Il y avait de la haine entre nous, mais on a réussi à en faire une force, qu'on a retournée contre les autres. On a appris que l'industrie de la musique était un univers cruel. Il a fallu une résistance inouïe pour s'en sortir. Certains ne l'ont pas eue. Et ont sombré dans la drogue dure…

 

Vous songez à Sid Vicious, qui, lui, était votre ami…
Oui, on s'était connus dans un établissement scolaire pour enfants difficiles. Le problème majeur de Sid était que sa mère était héroïnomane. Il y avait cet atavisme, qu'il cherchait vainement à repousser. Il déménageait tout le temps et, du coup, n'a jamais pu créer de liens forts avec d'autres gamins. Moi, je passais ma vie dans la rue, avec une bande de gosses. Ça structure, on y apprend à se débrouiller, à survivre, à s'entraider et une forme de bon sens.

 

Vous aviez aussi une relation forte avec votre mère ?
A 7 ans, j'ai contracté une méningite. On vivait dans un taudis, sans eau courante, avec des rats… J'ai passé un an à l'hôpital. Et j'ai mis quatre ans à m'en remettre. Déjà, ma mère m'avait appris à lire et à écrire à l'âge de 4 ans. J'adorais ça. Mais, en sortant de la maladie, j'avais totalement perdu la mémoire. Il a fallu tout reprendre à zéro. Et c'est elle qui m'a tout réappris, car l'école n'avait pas de temps pour les enfants comme moi. Je ne savais plus rien, même pas si mes parents étaient vraiment les miens. Il fallait faire confiance aux autres.

 

Du coup, la vérité est devenue une valeur essentielle chez moi. Faire le tri entre les gens de confiance et ceux qui vous mentent et vous manipulent. Ma mère m'a toujours soutenu, elle a été ma bouée de secours. Comment ne pas rester proche après ça ? Elle m'a protégé, tout comme j'ai protégé mes trois petits frères. Et je conçois un groupe de la même manière. Malheureusement, la plupart des autres ne pensent qu'à l'argent.

 

Black Market Radio "The Clash - London Calling" Yalla Yalla Augsburg Trambahn 2013

 

La musique n'était pas votre vocation ?
C'est arrivé par hasard. Malcolm McLaren et Bernie Rhodes, le futur manager de The Clash, étaient en train de monter ce groupe, les Sex Pistols. Rhodes avait repéré ce drôle de gamin aux cheveux verts qui arpentait King's Road avec un tee-shirt sur lequel était inscrit : « Je hais Pink Floyd ». C'était moi. Ils m'ont demandé si je voulais chanter. Je n'y avais jamais pensé.

 

En fait, j'avais même développé un certain art de mal chanter. Parce que j'avais fréquenté un collège catholique où, dès qu'on repérait un garçon à jolie voix, il était enrôlé dans le chœur. Et on savait ce qui arrivait aux gosses qui tombaient entre les mains du prêtre… Voilà d'où vient ma voix si particulière. Une protection. Du coup, elle est assez unique. Et puis j'ai toujours été plus sensible à la force des mots, à leur prononciation qu'à une simple mélodie.

 

D'où votre admiration, très tôt, pour Captain Beefheart ?
J'appréciais sa manière de triturer les musiques qui l'inspiraient, le blues de Memphis ou du Delta, pour en faire cette décoction d'une divine non-musicalité. Il ouvrait le champ à toutes les possibilités. Ses paroles, tordues, hilarantes, souvent incompréhensibles, me bouleversaient. Il y avait une telle puissance dans son interprétation.

 

Ce type n'a jamais fait que ce qu'il voulait, que ce qu'il ressentait. Le succès et l'argent n'étaient pas son moteur. Tout l'opposé d'un bonnet de nuit nanti comme Sting, le bouddhiste à la gomme… Un de mes plus beaux souvenirs est une expo de peinture de Beefheart que j'ai vue à Hambourg… Il peignait comme il chantait. Quelle énergie, quelle intensité !

 

La douzaine de chansons, devenues autant de classiques rageurs et furieux, que vous avez écrites pour les Sex Pistols sont venues comment ?
Assez spontanément. J'avais toujours griffonné des choses, je lisais beaucoup de poésie, de Keats notamment. Je m'étais même imaginé devenir écrivain. Mais je sentais qu'il manquait toujours quelque chose. C'était la musique. Et ces textes pour les Sex Pistols sont sortis par jets. Ils devaient mûrir au fond de ma cervelle. Vous connaissez Robin Wil­liams, l'acteur comique qui ne se tait jamais ? C'est comme ça dans ma tête. Je suis en ébullition permanente. Une fois guéri de ma méningite, je me suis juré de ne plus jamais laisser mon cerveau au repos. J'ai écrit le texte de God save the queen presque d'un trait, le temps d'avaler une boîte de baked beans [haricots blancs, ndlr] ! Une vérité qui ne demandait qu'à jaillir.

 

SEX PISTOLS live - Pretty Vacant  :

British Anthem, God Save the Queen (with lyrics) - YouTube 

 

« God save the queen, the fascist regime »La chanson, sortie au moment où la reine célébrait son jubilé, en 1977, a fait de vous l'ennemi public n° 1… Trente-cinq ans après, les Sex Pistols fêtés lors de la cérémonie d'ouverture des JO de Londres, c'est une victoire ?
Une victoire, non. Mais ça fait plaisir. Au départ, je ne voulais surtout pas à être associé à tout ce cirque horripilant. Mais Danny Boyle, le metteur en scène de la cérémonie, m'a fait changer d'idée. Il a voulu rendre hommage à l'Angleterre dans ce qu'elle a de mieux et de plus précieux, un peu à la manière de Dickens autrefois. Montrer le peuple, celui que l'on n'a cessé de mépriser et d'écraser, et qui est l'âme de l'Angleterre, en célébrant le système de santé gratuite qui a longtemps été l'honneur du pays. Quelle joie de voir la famille royale au grand complet obligée d'écouter sans sourciller notre chanson Pretty Vacant en entier ! God save the queen aurait été encore plus jouissif, mais il ne fallait pas pousser.

 

Londres a bien changé…
Je ne suis pas opposé au changement, loin de là, mais, dans le cas de Londres, comment s'en réjouir ? J'ai le souvenir du Londres de mon enfance, sombre et mal éclairé certes, mais qui ressemblait à ces décors de vieux films avec Alec Guinness. Il y avait peu de voitures et la rue était livrée à des hordes de gamins. C'était leur territoire. Il y avait encore beaucoup de terrains vagues, à cause de la guerre, et l'on vivait en marge de la société des adultes. On jouait et on se battait, mais ça n'avait rien à voir avec la délinquance d'aujourd'hui. Nous étions tous pauvres, mais on se sentait en sécurité. Il n'y avait pas de jalousie ou d'envie puisque personne n'avait rien.

 

Tout a changé quand la télé en couleurs est arrivée. Et, avec elle, ces publicités pour voitures et appareils d'électroménager auxquels on n'avait pas accès. A partir de là, nous avons pris conscience d'être des citoyens de seconde zone. La pub a développé la frustration, l'envie, la tentation, et avec, le vol et la violence.

 

Avec les Pistols, le punk divisait le pays, et vous avez été confronté à une autre forme de violence…


J'ai grandi à l'ombre d'Arsenal, le club dont je suis supporter, et une certaine violence ne m'était pas étrangère. Ça pouvait être brutal, mais ça restait presque bon enfant. Avec le punk, une autre violence a été mise au jour. Celle d'une société britannique bâtie sur l'humiliation constante d'une classe ouvrière traitée comme une bande de demeurés.

 

Quand j'étais jeune, à Finsbury Park, il y avait une mixité incroyable : des Blancs, des Noirs, des Indiens, des Irlandais, des Anglais, des Grecs, des Turcs, qui s'entendaient très bien. On ne jugeait que les personnalités, pas la couleur ou la nationalité. Tous les gouvernements qui se sont succédé se sont acharnés à détruire cette solidarité. Le pire étant probablement Tony Blair, avec sa promesse d'un pseudo-New Labour. Ce type n'est qu'un imposteur, un avocat véreux qui ne vaut pas mieux que ceux qui tiennent des officines de paris. En un peu plus éduqué, bien sûr.

 

Il était pire que Margaret Thatcher, à vos yeux ?
Avec Thatcher, on savait à qui on avait affaire. Le punk a explosé sous Callaghan, le travailliste. Le Royaume-Uni était dans un état désastreux. Thatcher et nous, les Pistols et le punk, étions les deux réactions opposées au même problème. Il n'y a pas un mot avec lequel je pourrais être en accord avec elle sur le plan politique, mais elle était mon adversaire préférée. Cette femme a fait plus de mal au peuple anglais qu'aucun autre leader. Mais elle disait ce qu'elle pensait, et faisait ce qu'elle disait. Je la respecte pour cela. Elle m'a aidé à affûter ma pensée, mes convictions. D'être toujours du côté du peuple et de l'individu face aux institutions.

 

Avant, l'Angleterre était entre les mains de conservateurs sérieux, qui posaient problème dans tous les domaines, mais au moins on savait quelles étaient leurs valeurs. Quand on venait d'un milieu prolétaire, on savait comment manœuvrer pour passer entre les lignes. C'était instinctif. A présent, tout n'est que bureaucratie, une suite de règles et d'interdictions qui régissent notre vie comme si on était gouverné par la Sécurité sociale. L'ironie étant que ce sont ces mêmes gens au pouvoir qui rêveraient de se débarrasser de la Sécu et du service public. Parce que les supposées élites qui nous gouvernent aujourd'hui n'ont aucune culture.

 

Le grand projet de Thatcher était de bâtir une nation de classe moyenne, mais le résultat, dramatique, est que plus personne ne sait d'où il vient. Et, du coup, plus personne ne ressent un sentiment d'appartenance à une communauté. Il faudrait renier ses origines mais être fidèle à son entreprise ? Mais tout le monde s'en fiche ! Aujourd'hui, personne n'aime son entreprise, le produit qu'il fabrique et encore moins ceux qui l'emploient. Voilà ce qu'a fait Margaret Thatcher. La reine des conservateurs a tué toute notion de loyauté et de dévouement. Car on ne produit plus que pour une société égoïste et inculte.

The Clash | Facebook

Sandro Bäbler pour Télérama

Sandro Bäbler pour Télérama

 

Vous sentez-vous relié, aujourd'hui, aux insurgés punk de 1977 ?
La fameuse « classe de 77 » ? Je déteste cette formule. Tout ça, ça vient de Mick Jones, de The Clash. Un type adorable, trop gentil même… Il pense que tous les anciens punks devraient se serrer les coudes. Mais pourquoi ? Je réfute l'idée qu'on était tous dans le même sac. Le punk était justement pour moi la révolte contre la ghettoïsation, et il faudrait en créer une nouvelle ?

Le punk est vite devenu un horrible cliché, juste des pauvres mecs qui s'habillaient tous pareil. Etre punk, c'est trouver sa voie, son style, surtout ne pas suivre bêtement les autres. La même chose s'est produite avec le rap, qui n'est vite devenu qu'un produit commercial à base de clichés, à des années-lumière de l'esprit, marginal et joyeux, du hip-hop des origines.

Les expos consacrées au punk, comme celle du MoMA, à New York, actuellement, ne sont pas votre tasse de thé ?
J'ai parlé à ceux qui l'ont conçue, mais ils n'ont visiblement rien compris. Ou ne peuvent pas comprendre. Une expo sur le punk doit être plus qu'une série de mannequins habillés de vêtements « dingues ». Il y a tout un contexte historique, politique qu'il aurait fallu expliquer, présenter. Et ça se finit en expo chic où Madonna peut aller traîner avec sa suite… Punk, tu parles ! De toute façon, le punk, l'authentique, c'est moi. Personne ne peut m'enlever ça. Je l'ai défini, j'en suis le roi. Et, en tant que roi, je décrète cette loi : le punk n'a pas besoin de roi.

 

Johnny Rotten en quelques dates

1956 Naissance à Londres de John Lydon.
1975 Devient chanteur des Sex Pistols sous le nom de Johnny Rotten.
1977 God save the queen, single interdit d'antenne, est n°1 au hit-parade.
1978 En janvier, ultime concert des Sex Pistols. Rotten redevient Lydon et fonde PIL.
1994 Autobiographie : Rotten. No Irish, no Blacks, no dogs.
2012 Neuvième album de PIL : This is PIL.

 

 

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A écouter

This is PIL, 1 CD PIL Official/Differ-ant.

A voir

Dans le cadre de l'expo « Europunk », PIL en concert, le 23 octobre 2013, à la Cité de la musique, Paris 19e.

Et retrouvez son concert au festival BBK de Bilbao sur Arte Live Web

The Clash - London Calling 1979 (Full Album) - YouTube 

London Calling is the third studio album by the English punk rock band The Clash. It was released in the United Kingdom on 14 December 1979 through CBS Records, and in the United States in January 1980 through Epic Records. The album represented a change in The Clash's musical style, featuring elements of ska, funk, pop, soul, jazz, rockabilly, and reggae more prominently than in their previous two albums.

Tracklist:

1 - London Calling
00:00
2 - Brand New Cadillac
03:20
3 - Jimmy Jazz
05:28
4 - Hateful
09:23
5 - Rudie Can't Fail
12:07
6 - Spanish Bombs
15:36
7 - The Right Profile
18:55
8 - Lost In The Supermarket
22:50
9 - Clampdown
26:37
10 - The Guns Of Brixton
30:26
11 - Wrong 'Em Boyo
33:36
12 - Death Or Glory
36:47
13 - Koka Kola
40:42
14 - The Card Cheat
42:30
15 - Lover's Rock
46:19
16 - Four Horsemen
50:22
17 - I'm Not Down
53:18
18 - Revolution Rock
56:24
19 - Train In Vain
01:01:58

The Clash - The Essential Clash 2003 (Full Album) - YouTube 

The Essential Clash is a career-spanning greatest hits album by The Clash first released in 2003. It is part of the on-going 'The Essential' Sony BMG compilation series. The album is dedicated to Joe Strummer, who died during compilation of this album.

Track list:

Disc One:

1 - White Riot
00:00
2 - London's Burning
02:00
3 - Complete Control
04:10
4 - Clash City Rockers
07:24
5 - I'm So Bored With The USA
11:21
6 - Career Opportunities
13:46
7 - Hate And War
15:38
8 - Cheat
17:44
9 - Police & Thieves
19:50
10 - Janie Jones
25:51
11 - Garageland
27:57
12 - Capital Radio
31:10
13 - (White Man) In Hammersmith Palais
33:20
14 - English Civil War
37:21
15 - Tommy Gun
39:58
16 - Safe European Home 43:15
17 - Julie's Been Working For The Drug Squad 47:06
18 - Stay Free 50:11
19 - Groovy Times 53:52
20 - I Fought The Law 57:22

Disc Two:

1 - London Calling
01:00:03
2 - The Guns Of Brixton 01:03:22
3 - Clampdown 01:06:33
4 - Rudie Can't Fail 01:10:23
5 - Lost In The Supermarket
01:13:52
6 - Jimmy Jazz 01:17:40
7 - Train In Vain 01:21:35
8 - Bankrobber 01:24:47
9 - The Magnificent Seven 01:29:22
10 - Ivan Meets G.I. Joe
01:34:56
11 - Police On My Back 01:38:03
12 - Stop The World 01:41:21
12 - Somebody Got Murdered 01:43:55
13 - Street Parade
01:47:29
14 - This is Radio Clash 01:50:58
15 - Ghetto Defendant 01:55:09
16 - Rock The Casbah 01:59:54
17 - Straight To Hell 02:03:36
18 - Should I Stay Or Should I Go 02:09:07
19 - This Is England 02:12:15

 

 
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