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09/05/2016

« NASSER » LA MANIFESTATION DE POLICIERS

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hoto de Monia Jaafar.

19 h ·
 

Bonjour canetons !

 

 Nicolas Hernandez "Cela sera aussi rare, pour le signaler lorsqu'ils se mettront en grève. Les cas ou cela a été le cas, bizarrement l'état a très vite répondu a leurs attentes de peur de perdre sa force de controle et surveillance sur la population. Ces grèves ont surtout eu pour but de demander plus de moyens pour faire face aux " incivilités", c'est a dire des moyens sécuritaire plus importants, répressifs" à propos de la publication de Julien Salingue.
 

He non Monsieur Hollande elle ne passera pas cette loi !François Hollande : la loi travail "va passer" ACTU.ORANGE.FR

 
 
la vidéo de Lies Breaker.Ils mentent et désinforment tout le temps ..... Là ils se sont fait choper .Voir aussi un film sur les événements du 1 er maihttps://youtu.be/VhOMJObX7CQ : la vidéo de Info'Com-CGT.Projet de loi travail Une violence et une tentative d'atteinte à nos vies FIODOR RILOV, AVOCAT DES SALARIES DE GOODYEAR - MEETING CONTRE LA LOI TRAVAIL !!!! (Source vidéo Révolution Permanente)
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Photo de Julien Salingue.

La Belgique a demandé lundi le renfort de l'armée dans les prisons dont le personnel est en grève depuis deux semaines. Six pelotons de 30 soldats ont été envoyés dans des établissements pénitentiaires de Bruxelles et de Wallonie pour y aider la Croix Rouge et la police. Les surveillants de prison protestent contre leurs conditions de travail, invoquant un manque de personnel provoqué par des coupes budgétaires.

La grève a aggravé la situation des détenus qui pour certains ne peuvent plus prendre de douche, bénéficier de trois repas par jour, du parloir, ni rencontrer leurs avocats. Selon les syndicats de gardiens de prison, les sous-effectifs se traduisent par une diminution du nombre de promenades accordées au détenus et des activités susceptible de réduire la violence et de dissuader les détenus de récidiver.

l'histoire se répète https://www.youtube.com/watch?v=PFc7Mwm9DSM Violence policière contre la révolution : Mai 68 Mais68 : Rappel pour le jour où ça pètera de nouveau : YOUTUBE.COM

Le retour a l'envoyeur en montrant a travers les mots souvent utilisés par ceux qui cherchent a décridibiliser les mouvements sociaux ( fafs, politiciens, médias, et flics) et alors que les violences policières et les victimes de celles ci s'accumulent, de faire un trai d'humour.

 

APPEL À « NASSER » LA MANIFESTATION DE POLICIERS DU 18 MAI

"Considérant que la police mène une guerre à la population visant à perpétuer un ordre que nous contestons et qu’elle ne se différencie d’une association de
malfaiteurs que par l’étendue de son organisation, la légitimation structurelle de ses actes et l’impunité judiciaire qui en découle"

Cette semaine, le syndicat de police Alliance —connu pour ses prises de positions parfois excessives— a annoncé vouloir organiser une manifestation sur la place de la République à Paris, le 18 mai. Victimes de la vindicte populaire et de la propagande médiatique quant à leurs soit-disant violences, les policiers s’en prennent désormais au gouvernement et semblent vouloir revendiquer leur autonomie politique. À peine annoncé, le mouvement connaît déjà une vive opposition, le collectif Urgence la police assassine appel à tenir la place sur les réseaux sociaux. Au moment de boucler le numéro de cette semaine, nous recevions cet autre appel à opérer la « technique du sandwich au poulet ». Nous le reproduisions ici. (Voir le PDF en fin d’article)

Vu l’alinéa 13 du 14e article de la constitution déclarant que « nous souhaitons une vie libérée de toute police »
Vu le traité 1312 attestant que tous les flics sont des bâtards
Vu la loi du 1er mai 2016 établissant « pas de bâtard sur nos trottoirs »
Vu le code de mon vélo
Vu la loi n°98791961 modifiée relative à l’état d’insurrection
Vu l’arrêté n°24363738 sur le tabassage nocturne

- Vu le communiqué de presque du groupuscule d’ultra-droite Alliance, transmis par télécopie le 04/05/2016, annonçant la tenue d’un rassemblement « Stop à la haine anti-flic » place de la République à Paris le 18 mai 2016 ;

- Considérant que les « flics » susnommés, connus de nos services comme policiers, gendarmes, CRS et porcs en armures, constituent un corps armé, hiérarchisé, lui-même infiltré par des minorités ultra violentes et extrêmement mobiles ;

- Considérant qu’ils se sont régulièrement rendus coupables de violences dans et en marge des manifestations ; tirs de flashball ayant suscité des éborgnements, usage de grenades ayant perforé les chairs, matraquage, gazage, séquestrations, enlèvements, homicides volontaires ayant entraîné la mort ;

- Considérant l’existence de la BAC ;

- Considérant qu’au quotidien la mouvance policière est responsable de la mort, en moyenne, de 15 personnes par an, de 7 à 77 ans, de fouilles au faciès, de discriminations sexistes et racistes, d’humiliations régulières, de passages à tabac et du maintien des frontières physiques et mentales ;

- Considérant que la police mène une guerre à la population visant à perpétuer un ordre que nous contestons et qu’elle ne se différencie d’une association de malfaiteurs que par l’étendue de son organisation, la légitimation structurelle de ses actes et l’impunité judiciaire qui en découle ;

- Considérant que tout le monde déteste la police ;

- Considérant que chaque policièr.e exerce cette fonction en toute connaissance de cause et peut déserter ;

- Considérant que la police est une organisation internationale ayant commis des méfaits similaires sur l’ensemble des territoires où elle sévit, de la Grèce à Bergson, du Maghreb à Ferguson.

- Considérant que la police par sa seule existence entrave l’expression d’une vie réellement libérée ;

- Considérant que, à juste titre, tout le monde déteste la police ;

- Considérant les notes rouges de nos services de renseignements confirmant que le groupe organisé Alliance rassemble les éléments les plus radicaux et incontrôlables de la mouvance policière qui réclament le renforcement de l’arsenal dont ils disposent revendiquant ainsi la perpétuation du permis de tuer déjà en vigueur ;

- Considérant que d’autres groupuscules d’ultra-droite - comme la Ligue de Défense Juive - appellent à rejoindre la manifestation ;

- Considérant que la place de la République sollicitée pour ce rassemblement est actuellement occupée par le mouvement Nuit Debout et les diverses formes d’opposition à la loi Travail et son vieux monde ;

- Considérant qu’il est con et sidérant d’autant considérer ;

Vu la provocation

Arrête :

L’interdiction du rassemblement policier place de la République prévu le 18 mai 2016 à partir de 12 heures de l’après-midi

La mise en nasse des éventuels individus récalcitrants par les Insurgées de la ville de Paris soit l’encerclement sans sommation desdits sujets selon la technique « du sandwich au poulet »

Fait à Paris, le 7 mai 2016,

Imperfecture du police by lundimatin

 

Ni oubli, ni pardon pour Rémi Fraisse": La « nasse », ou l'importation du « kettling » -
Ce dispositif de maintien de l’ordre est surtout connu sous le terme anglais de kettle (« bouilloire ») ou kettling, la technique étant particulièrement prisée par la police de Sa Majesté." Libération, 3 mai 2016  https://lundi.am/Kettling LUNDI.AM
 
 

On n’a pas fini de parler de kettling et de nasse, dans ce mouvement et plus tard. Et il le faut. Mais à la condition de sortir la réflexion de l’angoisse. « Ho mon dieu, on va se faire nasser, on va se faire… ». C’est joyeusement que le cortège parti prendre l’apéro chez Valls chantait « On est encerclés, on est encerclés, on est, on est, on est encerclés », et c’est joyeusement que ceux qui s’étaient échappés étaient revenu faire pression de l’autre côté, jusqu’à obtenir la levée du dispositif. Un jour comme le 1er mai c’est toute la manifestation qui a subi cette stratégie policière. Il faut que se diffuse la connaissance de celle-ci, et son refus. Il faut que l’intimité avec la police qui nous est imposée dans les manifestations à Paris soit prise pour ce qu’elle est, non pas comme une « provocation », non pas comme une volonté de déclencher des heurts, mais comme la mise en place, petit à petit, d’une nouvelle technique de maintien de l’ordre que toute personne encore déterminée à prendre la rue dans ce pays doit considérer comme insupportable.

02/04/2016

Les lanceurs d'alerte bientôt protégés par la loi française ?

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Le 21 décembre 2013, place de la République, lancement de la campagne municipale du Parti Pirate qui organise un happening en l'honneur des lanceurs d'alerte.

Citizenfour est un film documentaire réalisé par Laura Poitras, sorti en 2014. Il traite des révélations d'Edward Snowden sur le scandale d'espionnage mondial de la NSA. Wikipédia Home | CITIZENFOUR Citizenfour Official Trailer 1 (2014) - Edward Snowden ... 

Citizenfour, aux origines de l'affaire Snowden

Première sortie : 24 octobre 2014 (États-Unis)
Une proposition dans la loi Sapin 2 pourrait aboutir à la création d'un statut pour protéger juridiquement et financièrement les lanceurs d’alerte, mais aussi leurs cibles.

Le Snowden français qui sommeille quelque part pourra-t-il sortir du bois si la mesure est adoptée ? Proposé en Conseil des ministres mercredi 30 mars 2016 et devant l’Assemblée nationale d’ici fin mai ou début juin, un amendement à loi Sapin 2 sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique propose la création d’un statut qui protégerait les lanceurs d’alerte. C’est une nouvelle Agence nationale de prévention et de détection de la corruption, crééead hoc, qui s’en chargerait.

De l’aveu de Michel Sapin, la France et le monde doivent beaucoup à ces « whistleblowers » : « Beaucoup de scandales récents n’auraient pas éclaté sans le courage des lanceurs d’alerte. Hélas, certains en payent lourdement les conséquences dans leur vie professionnelle et privée », a expliqué le ministre des Finances.

Si la proposition est adoptée, les lanceurs d'alerte bénéficieraient enfin d'une définition de leur rôle. UnJulian Assange hexagonal ou les émules d’Hervé Falciani (à l’origine des Swissleaks de la banque HSBC) ou d’Antoine Deltour (le scandale LuxLeaks) seraient ainsi protégés par un « statut unique » qui viendrait les aider à se défendre. Cette couverture officielle et juridique viserait à informer ces lanceurs d’alerte (notamment avec des canaux sécurisés mis en place), protéger leur anonymat et aussi à financer les frais de justice « s’ils doivent se défendre contre des attaques ou sanctions injustifiées ». De son côté, celui qui ferait l'objet d'une alerte infondée serait, lui aussi, défendu par la loi.

Un dispositif à compléter pour des personnes ostracisées

Cet amendement renforcerait un dispositif dont les contours étaient jusqu'alors assez flous. Six lois ont été adoptées entre 2007 et 2015 à propos de l’alerte, créant un statut sommaire et inégal de « whistleblower ». Celui-ci diffère en fonction de la nature de l’alerte donnée (corruption, santé publique et environnement, conflits d’intérêts, crimes et délits ou renseignement). Aucune catégorie n’offrait les mêmes droits aux empêcheurs de tourner en rond. La loi Sapin 2 harmoniserait les différentes dispositions afin de mieux protéger ces lanceurs d’alerte… sans pour autant couvrir entièrement le problème. En effet, l’agence mise en place dépendrait de l’autorité des ministères de la Justice et du Budget, ce qui n’est pas la preuve d’une « réelle indépendance » selon Nicole-Marie Meyer, de Transparency International France, association qui se bat pour plus de transparence dans la vie publique et contre la corruption. Mais aussi parce qu’une fois l'attention autour de l’alerte retombée, les lanceurs très médiatisés se retrouvent parfois ostracisés pour avoir parlé.

C'est le cas de Stéphanie Gibaud, qui révéla en 2008 les mécanismes d’évasion fiscale mis en place par son employeur, la banque UBS. Dans un billet de blog sur Mediapart, elle explique qu’après avoir permis à l’admistration française d’être alertée sur les milliards d'euros qui lui échappaient, rien n’a été fait pour la soutenir. « Contrairement à Edward Snowden en asile à Moscou, à Julian Assange réfugié à l'Ambassade de l'Equateur à Londres ou encore à Chelsea Manning emprisonnée trente-cinq années pour avoir parlé, j'ai le droit de circuler, je suis libre de mes mouvements. Mais pour avoir parlé, je n'ai plus le droit d'être une femme ni une mère comme les autres. La sanction est invisible mais bien réelle : sans revenus, je suis amenée par la précarité à une mort lente et douloureuse », écrit celle qui est, selon le titre de son billet, « obligée de quitter [s]on appartement ». C’est pourquoi elle avait écrit à Bercy, avec son ancien collègue d’alerte à UBS Nicolas Forisser et Hervé Falciani, maître-chanteur devenu « whistleblower », pour demander au ministère d’envisager un paiement au nom des « services considérables qu'ils ont rendu à l'État français ».

« C'est un dispositif qui se veut exemplaire », a promis Michel Sapin dans le JDD…. Il devrait permettre de rattraper le retard pris par la France après plusieurs réculades. Ainsi en juin dernier, lors des débats autour de la loi renseignement, l'amendement qui prévoyait que l'agent d’un service de renseignement témoin de dérives puisse les signaler à une commission, y compris à l’aide de documents classifiés, avait fait long feu. Comme l’expliquait Le Monde, l’alinéa en question a été édulcoré à la dernière minute : un agent lanceur d'alerte ne peut à l'heure actuelle divulguer d’informations classifiées. Il lui est donc impossible de lancer de grandes alertes, puisqu’elles seraient sans preuve. Il faut espérer que le texte de la loi Sapin 2, prévoyant enfin un début de statut pour les lanceurs d'alerte en France, garde sa substantifique moelle, faute de quoi il risque de devenir une autre coquille vide.

Les lanceurs d'alerte bientôt protégés par la loi française ? Loi Sapin 2 | Une proposition dans la loi Sapin 2 pourrait aboutir à la création d'un statut pour protéger juridiquement et financièrement les lanceurs d’alerte, mais aussi leurs cibles.

[PDF]protection des lanceurs d'alerte - Conseil de l'Europe

« Citizenfour », la surveillance en chair et en os - Rue89 - L ...

Articles de l-indigne taggés "surveillés" - l'indigné Révolté- Skyrock ...

20/03/2016

: Frontières : la grande illusion ?

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 "La République peut accorder l'asile à qui elle veut ! C'est une pure question politique", Anicet Le Pors Entretien | L'actuelle crise des migrants met crûment en évidence les failles dans l'application du droit d'asile en Europe. L'analyse d'Anicet Le Pors, juge à la Cour nationale du droit d'asil.

 
A Ásotthalom (Hongrie ), le 31 août 2015, des barbelés sont installés sur la frontière avec la Serbie.

 

Dans Les Marchands de la ,peur Altman ( Alain Bauer)  : Je regrette de vous dire que non. Les riches sont bien pauvres en la matière. La peur est rare, voyez vous. La vraie peur, celle que l'on peu s'identifier, celle qui vous frôle au point de vous cure la peau, celle qui entre dans la mémoire et y tourne en boucle toute la nuit. Et pourtant cette idée là est vitale. Dans nos société de liberté, c'est la seule chose qui fait tenir les gens ensemble. Sans menace, sans ennemi, sans peur, pourquoi voudriez vous obéir, pourquoi travailler, pourquoi accepter des ordres ? Croyez moi un bonne ennemi est la clé de voute d'une société équilibré. Cette ennemi là, nous n'en avons plus » .Dans l'express intitulé : « Comment les Etats-Unis ont tué Ben Laden - L'Express  . Les attentats, vous savez sans ennemi. L'essentiel n'est pas là. Il ne suffit pas que se perpétuent des formes de la tragédie, il nous faut des héros pour les interpréter.
 
Dans l'émission du lundi 20 juillet 2015, selon 
Bernard Cazeneuve : "Il faut des contrôles systématiques aux frontières" 

 
L'actuelle crise des migrants met crûment en évidence les failles dans l'application du droit d'asile en Europe. L'analyse d'Anicet Le Pors, ancien ministre, président fondateur de l'Association française des juges de l'asile, qui plaide pour une redéfinition de ce principe au niveau international.

Devant l'afflux de réfugiés aux portes de l'Europe, la notion de droit d'asile est violemment questionnée. D'où vient-elle ? Comment s'applique-t-elle ? Pourquoi l'Allemagne est-elle la seule à tenir un discours d'ouverture ? Quel avenir pour ce droit d'asile ? Les réponses d'Anicet Le Pors, juge à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) de 2001 à 2014, et président fondateur de l’Association française des juges de l’asile (AFJA).

Rappelez-nous les grands principes et fondements du droit d'asile ?

L'asile est accordé sur la base de l'article 1 de la Convention de Genève du 25 juillet 1951 : « Le terme “réfugié” s'appliquera à toute personne (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Cette protection comporte un élément subjectif (« craignant ») et un élément objectif (« avec raison »), et donne droit à un titre de séjour de dix ans.

Nous avons aussi un texte purement français : notre Constitution, dans son article 53-1, stipule que « La République peut conclure avec les Etats européens qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière d'asile (...), des accords déterminant leurs compétences respectives pour l'examen des demandes d'asile qui leur sont présentées. (…) Les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. » C'est donc très clair : la République peut accorder l’asile à qui elle veut ! Il s'agit d'une pure question politique. Quand les autorités françaises ont accueilli Khomeiny ou Jean-Claude Duvalier (ancien président d'Haïti), elles ne s'en sont pas justifiées ...

Certains (comme Alain Juppé mardi sur France Inter), soutiennent que de nombreux demandeurs d'asile sont en réalité des migrants économiques déguisés…

Cette assertion n’a pas lieu d’être. Qui peut penser qu’un demandeur politique n’est pas, en même temps, privé de ressources et d’une vie normale ? Et dans un pays soumis à un despote, la privation de droits économiques et la violence de l’exploitation peuvent bien aussi s’apparenter à une persécution. Il existe encore des situations d’esclavage dans le monde. Il est donc tout à fait hasardeux de faire à ce sujet une distinction radicale.

 

Le 31 août 2015, plus de 2 500 réfugiés en provenance de Syrie arrivent au port du Pirée, à Athènes, depuis l'île grecque de Mytilène par le ferry Eleftherios Venizellos.

 

 

 

Estimez-vous que le droit d'asile devrait faire l'objet d'une mise en œuvre massive pour les migrants qui se pressent aux portes de l'Europe ?

Oui, et le droit positif existant ne s’oppose en rien à un tel accueil puisque celui-ci relève avant tout d'une question de volonté politique. La globalisation, la mondialisation impliquent l’interdépendance, la coopération, la solidarité. La politique d’asile correspondante doit être celle d’un large accueil. Les pays développés en ont la possibilité : répétons que ces flux, malgré leur importance, ne représentent qu’une très faible proportion des populations des pays d’accueil [moins de 0,1% des 500 millions d'habitants que compte l'Union, NDLR]. N'oublions pas non plus que plus des trois quarts des réfugiés dans le monde se trouvent en Afrique ou en Asie. Jusqu’à présent, l’Europe n’en accueille que 15%...

Comment expliquer les disparités de l'application du droit d'asile dans les différents pays de l'UE  ?

D’abord, les pays européens se sont révélés incapables de mettre en place un régime d’asile européen commun, comme ils l’avaient pourtant prévu et annoncé en 2004. Par exemple, ils ne parviennent même pas à se mettre d’accord sur une liste de « pays d’origine sûrs », où l'on peut renvoyer les personnes dont la demande est rejetée. Ce concept est au demeurant très discutable dans un monde aussi instable. Ensuite, l’Union européenne est en crise comme en attestent de nombreux dossiers d’actualité (Grèce, Ukraine …). Enfin, les différents pays de l’Union n’ont ni les mêmes intérêts, ni les mêmes histoires, ni les mêmes cultures. Cela conduit à des attitudes d’opportunisme, à des réactions nationalistes, à des comportements lâches face à des drames humains de masse.

La Hongrie, en érigeant un mur de barbelés, se met-elle en contradiction avec le droit international ?

Comme je l’ai souligné, la question est avant tout politique et humaine, plus que purement juridique. Cela dit, l’attitude du gouvernement hongrois est en contradiction avec le principe de non-refoulement du demandeur d’asile à la frontière, principe posé par l’article 33 de la Convention de Genève de 1951. Elle contrevient aussi aux différentes déclarations des droits de l’homme existantes et à la Charte des droits fondamentaux de l’UE

 

Que vous inspire le discours volontariste d'Angela Merkel ?

La chancelière allemande est dans une position économique dominante, qu’elle semble aujourd’hui en mesure de traduire sur le terrain politique – on a pu le constater à l’occasion de la crise grecque. L'Allemagne a longtemps fait prévaloir le droit du sang sur le droit du sol, les immigrés accueillis n'ayant pas réellement vocation à « s'intégrer » dans la population native, en particulier par des mariages « mixtes ». On le voit avec l'importante population turque... Le discours d'Angela Merkel est probablement empreint de compassion, mais aussi d'intérêt puisque l’Allemagne dispose d’une population nombreuse mais d’une démographie déclinante...

Et la France ?

A l'inverse, l'immigration y a toujours été vue comme devant mener à l'intégration, voire à l'assimilation, c'est-à-dire la fusion complète des populations présentes sur le territoire, quelles que soient leurs origines. Un tel langage d'ouverture est donc sans doute plus difficile à tenir politiquement. Pourtant, c'était à la France de le faire. C'est une véritable occasion manquée. François Hollande et Manuel Valls auraient pu et dû être à l'avant-garde d'un discours compassionnel sous-tendu par un puissant contenu politique, dicté par la tradition française de l'asile, depuis la Déclaration des droits de l'homme de 1789 et la Constitution de 1793 qui stipulait que « le peuple français est l'ami et l'allié naturel des peuples libres (…). Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans. » Oui, l'opinion est réticente, mais c'est cela la politique : être capable au besoin d'agir contre l'opinion. Avec courage.

Diriez-vous comme Bernard Cazeneuve, dans Libération du 2 septembre, que « la France n'a pas failli » ?

En 2012, la France était la première destination des demandeurs d’asile en Europe, seulement derrière les Etats-Unis dans l’ensemble des pays développés. En 2014, elle n’était plus qu’en sixième position, loin derrière l’Allemagne, les Etats-Unis, la Turquie, la Suède et l’Italie. Le nombre des demandeurs a baissé en France, à l’inverse du mouvement général de croissance des demandes. Il conviendrait que le ministre de l’Intérieur d’un gouvernement se réclamant de la gauche s’explique sur l’évolution observée au cours de ce quinquennat ! En tant que juge de l'asile, j’ai constaté à quel point la France garde néanmoins aux yeux de nombre de demandeurs d’asile une réputation de « terre d’asile » et de « pays des droits de l’homme ». Il est dramatique de voir cette tradition se brouiller. Cela devrait interdire en tout cas toute expression de bonne conscience satisfaite.

 

Le 20 mai 2015, à Paris, une centaine de refugiés d'Afrique et du Proche-Orient sont installés sous le métro parisien, boulevard de la Chapelle.

 

 

 

La réforme en cours du droit d'asile en France est elle de nature à apporter des améliorations ?

Elle comporte des aspects positifs (présence d’une personne pouvant conseiller le demandeur lors de son entretien à l’Ofpra, attente réduite de la décision finale, augmentation annoncée du nombre de places d’accueil, etc.). Mais il y a aussi des côtés inquiétants : la réduction des délais paraît impossible dans le respect d’une enquête scrupuleuse ; cette réduction pousse à l’augmentation des décisions prises par un juge unique, ce qui prive le demandeur d'une audition devant une formation collégiale. Il est question de pouvoir répartitir arbitrairement des demandeurs sur le territoire sous menace de supprimer la protection sociale à ceux qui refuseraient, etc. Au total, cette réforme n’est ni suffisante ni satisfaisante.

Le droit d'asile doit-il être redéfini ? Comment voyez-vous son avenir ?
Son expérience est pluriséculaire, et résulte d'évolutions. On est ainsi passé de l’identification d’un lieu d’asile à la protection d’une personne, d’un acte discrétionnaire à une protection juridique internationale. Sans doute faut-il aujourd'hui envisager de nouvelles dispositions juridiques, mais elles n’auront d’effet que si elles sont le fruit de changements de politiques et d’évolution des mentalités. Il faudrait passer, par exemple, d’une politique de sécurisation et de contrôle des flux au droit à l’hospitalité et à la protection de la personne. Revivifier la tradition humaniste de la France.

Changer aussi la mentalité des décisionnaires, fonctionnaires et juges, en rappelant des idées simples : en matière d’asile, la preuve de la persécution n’est exigée par aucun texte, seule compte l’intime conviction du juge ; la décision finalement prise « au nom du peuple français » doit être une décision de justice, sérieuse et humaine, et pas seulement une application sèche et conformiste du droit. Enfin, des contradictions dans le récit des demandeurs ne doivent pas invalider automatiquement leur demande vu le parcours du combattant qui est le leur. C'est la crédibilité du récit dans son ensemble qu’il faut considérer et le doute devrait, au final, bénéficier au demandeur.

Cette crise signifie-t-elle la fin de l'espace Schengen? La fin de l'Europe?

L’espace Schengen n’est pas porteur de vertus par lui même vu l’hétérogénéité de sa composition et certaines règles qui y sont appliquées, comme celle qui oblige à déposer la demande d'asile dans le premier pays d’entrée. C'est sans aucune signification au regard du parcours aléatoire de l’intéressé ! Au cours des vingt dernières années, l’Union européenne a pris les mesures les plus coercitives en matière de droit d’asile (cette obligation de demande dans le premier pays d'entrée, la notion de pays d’origine sûrs, la longue durée de rétention...). Cette crise a le mérite de poser clairement la responsabilité de chaque pays devant cet aspect de la mondialisation. L’Union européenne, qui a démontré son incapacité à mettre en place une politique commune et ne semble pas près d’y parvenir, ne me paraît pas le bon niveau d’analyse et de décision. Il y a aujourd’hui bien plus de raisons qu’en 1951 avec la Convention de Genève de poser le problème au niveau mondial. C’est là sans doute l’un des grands défis du XXIe siècle.

 
 
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