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06/04/2014

CasaPound, sous la carapace du nouveau fascisme italien

 

1.       Flores Magon

La liberté individuelle, non privilégiée mais humaine, les capacités réelles des individus ne pourront recevoir leur plein développement qu'en pleine égalité.
Bakounine

Mais l’instinct n’est pas une arme suffisante pour survivre contre les machinations réactionnaires des classes privilégiées. L’instinct abandonné à lui-même, et tant qu’il ne s’est pas encore transformé en conscience réfléchie, en une pensée clairement déterminée, se laisse facilement désorienter, fausser et tromper.
Mais il lui est impossible de s’élever à cette conscience de lui-même, sans l’aide de l’instruction. »
Michel Bakounine

 
 

 

CasaPound, sous la carapace du nouveau fascisme italien.

Au centre de Rome, les militants du mouvement CasaPound cherchent à réinventer l'extrême droite en s'appropriant des figures d'extrême gauche. Bienvenue chez des « fascistes du troisième millénaire ». Un webdocumentaire illustré.

Une maison brune au cœur de Rome. Un drapeau rouge frappé d’une tortue flotte à son sommet. Nous sommes devant l’antre de CasaPound, celle des « fascistes du troisième millénaire », comme se définissent les partisans de ce mouvement politique et social protéiforme. Il s'est constitué en décembre 2003, lors de l'occupation d'un immeuble abandonné dans le quartier de l'Esquilin pour protester contre la crise du logement à Rome. Depuis dix ans, le bâtiment est l’épicentre de la jeunesse radicale nationaliste.

Ici, la figure du Che côtoie celle du Duce. On ratisse large, de l’extrême droite à l’extrême gauche, créant un fourre-tout idéologique qui attire nombre de jeunes confus et de militants aguerris. Le mouvement est tentaculaire. Avec plus de 4 000 membres et 40 sections à travers l’Italie, son influence s’étend du Nord au Sud. Happenings, manifestations, concerts : CasaPound s’approprie les rues romaines. Les mouvements identitaires accourent de toute l’Europe pour découvrir ce qui leur semble être un modèle d’inspiration unique et prospère. A l’heure où l’Italie traverse une de ses plus graves crises politiques, certains se remémorent avec nostalgie le Ventennio, la double décennie du fascisme mussolinien

Bachar : Le Lion des fascistes

 

L’injonction est claire, le propos martelé est univoque : « Il faut soutenir la famille Assad en Syrie. Empêcher toute intervention occidentale venant en aide aux rebelles. Non à l’expansion du fondamentalisme islamique au Proche-Orient ! ». L’atmosphère est lourde dans la salle de conférence. La cinquantaine de chaises est occupée par les plus âgés. Les jeunes militants de CasaPound leur ont laissé la place, marque de respect intergénérationnelle. Eux sont debout formant une haie compacte, torses bombés et dos au mur. Aux angles de la pièce, des membres de la communauté syrienne d’Italie tendent le drapeau du pays devenu symbole du régime. La table des intervenants est ensevelie par une banderole à l’effigie de Bachar al-Assad, qui se décroche régulièrement et glisse dans la poussière. A plusieurs reprises au cours de la conférence, les militants tenteront de la fixer à la nappe, sans grand succès. Le témoignage du général Tlass - Citizen Khane

 

Des soutiens univoques

Au micro, les soutiens indéfectibles au « lion de Damas » se succèdent sans voix discordantes. Jamal Abo Abbas, petit homme discret et président de la communauté syrienne d’Italie, Souab Sbai, journaliste marocaine marquée à droite et Ouday Ramadan, porte-parole du comité Italie-Syrie, staliniste auto-proclamé que l’on retrouve sur Internet, kalachnikov au poing en mission humanitaire dans les rues de Damas. CasaPound n’aime pas la contradiction mais apprécie l’esthétique révolutionnaire en pose, peu importe sa couleur politique. Chez Ouday Ramadan, le verbe est puissant et les effets d’annonce minutieusement calculés pour produire des salves d’applaudissements. « Les Saoudiens veulent nous faire la leçon, alors que leurs femmes rêvent de pouvoir un jour conduire une voiture », clame-t-il, dans un élan de démagogie.

L’ennemi du discours est « americano-sioniste » parfois wahhabite (courant fondamentaliste sunnite très présent en Arabie saoudite). On accuse l’Alliance atlantique (OTAN) et les pays du Golfe de soutenir et d’armer les djihadistes qui veulent renverser un gouvernement jugé légitime. « Cet impérialisme menace la souveraineté nationale syrienne et la stabilité du pays », affirme Adriano Scianca, responsable culturel de CasaPound. Son mouvement défend le régime pour trois raisons, estime-t-il : « Parce que Bachar al-Assad est le dirigeant élu d’un Etat souverain, dont le sort ne doit pas être décidé par une poignée de terroristes d’Al-Qaida payés par les puissances occidentales et les Emirats de la région. Parce qu’il représente le parti Baas qui est modernisateur, laïque, tolérant envers les autres religions et hostile à l’intégrisme. Parce que la Syrie est aujourd'hui victime d'un plan criminel. La défendre est un devoir moral, plus que politique, lorsque les armées du bien ont déjà fait trop de mal. »

 

Une internationale des extrêmes droites

A côté des intervenants, Giovanni Feola écoute en silence, les bras croisés. Il est l’un des représentants italiens du Front solidaire européen pour la Syrie (ESFS). Ce mouvement, né au début de l’année 2013, a pour objectif d’organiser des protestations internationales contre l’intervention en Syrie. Présent dans une vingtaine de pays, l’organisation se définit comme « apolitique, sans affiliation à un mouvement, parti ou groupe d’aucune sorte ». Pourtant, ses rangs comptent de nombreux militants d’extrême droite et l’organisation elle-même est une émanation de CasaPound. En juin 2013, Giovanni Feola a été le candidat du mouvement pour les municipales de la VIIe circonscription romaine.

C’est d’ailleurs sous la bienveillance de CasaPound que la première grande manifestation de l’organisation ESFS a pu voir le jour à Rome, le 15 juin 2013. Des militants des droites radicales turques, tchèques, hollandaises, roumaines, finlandaises et suédoises y ont participé, avec la présence notamment de l’association de défense identitaire, Solidarité-Identités, et du Mouvement social républicain espagnol. Si le Front national et le GUD (Groupe Union Défense, principal mouvement d'extrême droite des étudiants français) n’étaient pas officiellement présents, plusieurs de leurs membres ont fait le déplacement ce jour là, afin d’acclamer Bachar Al-Assad, le Lion des fascistes. Celui qui, pour cette coalition des droites internationales, incarne le dernier rempart à l’islamisme.

 

Gianluca Iannone, le gourou

 

Gianluca Iannone est la tête et les bras du mouvement. Il est le Duce. Un leader charismatique multitâches : fondateur de CasaPound, président de l’association, directeur de leur publication Occidentale et chanteur de ZetaZeroAlfa. Selon la légende, il aurait donné naissance au mouvement en échangeant quelques idées avec des amis au coin d’une table du pub le Cutty Sark. CasaPound ne peut se penser sans son démiurge. Aujourd’hui, il se consacre entièrement au fonctionnement et à l’expansion du mouvement. On le dit affable et effrayant à la fois. Très à l’aise avec les stratégies de communication, il en verrouille les canaux pour ses militants qui ont ordre de ne pas répondre aux « chacals de journalistes », soucieux d’éviter que ses protégés ne fourvoient publiquement le mouvement.

CasaPound, entre hégémonie et résistance

« Vous êtes phénoménaux ! Nous allons leur montrer combien nous pesons sur cette ville, cette région et même ce pays. Nous sommes la forêt de Sherwood. Gardez bien ça en tête. Le sheriff de Nottingham et ses alliés (ndlr. le doigt pointe vers les photos de politiciens italiens dont Mario Monti, chef du gouvernement jusqu’en avril 2013) nous allons les mettre dehors. La garde haute, avançons lentement et inexorablement ! » Les veines du cou sont gonflées et la voix caverneuse lorsque Gianluca Iannone s’adresse à ses supporteurs massés par centaines sous les drapeaux de CasaPound. En cette belle soirée de novembre 2012 sur la Piazza Mazzini, les fumigènes rouges escortent le défilé.

L’ennemi est, comme toujours, clairement désigné. « Fais les pleurer, vote CasaPound », somme une banderole géante sur laquelle figure Mario Monti, Elsa Fornero sa ministre du travail et Pier Luigi Bersani, le secrétaire du Parti démocrate, le centre-gauche italien. La foule scande « Monti vatene ! » - Monti va t’en ! Le propos est clair mais les affiches qui parsèment les rues que le cortège traverse sont encore plus précises. On y voit un politicien la tête détachée et le cou truffé de billets de banque. « Coupons les têtes des dirigeants corrompus. Pour notre terre », indique le placard. Une rhétorique de la décapitation que l’on retrouve sur plusieurs tracts, usant parfois de la mythologie. Le célèbre Persée du sculpteur Benvenuto Cellini qui tient au bout de son bras la tête tranchée de la Méduse appelle à venir lutter « contre le gouvernement des banquiers ».

Mario Monti l’usurier

Alors que la crise de la dette publique est au plus haut en novembre 2011, Giorgio Napolitano, chef de l’Etat italien, nomme Mario Monti à la tête d’un gouvernement technique pour remplacer Silvio Berlusconi, démissionnaire. Celui que l’on appelle alors « le professeur », devient rapidement l’ennemi désigné de CasaPound, car représentant italien d’une « Europe des banques » et égérie d’un « gouvernement Goldman » tissant son réseau d’influence parmi les leaders du vieux continent. Comme Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne ou Mark Carney, gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mario Monti est aussi un ancien cadre de la banque d’affaires Goldman Sachs, régulièrement citée parmi les responsables des récentes crises économiques, celle des subprimes de 2008 et celle de la dette publiques grecque de 2010. Les plans de rigueur drastiques lancés par son gouvernement, effritent son image auprès de la population italienne. Si bien qu’à l’issue de son mandat en avril 2013, le gouvernement Monti est devenu l'incarnation de l’Europe de l’austérité. L’ardoise laissée est sans équivoque. Le déficit budgétaire italien atteint 2,9 % du produit intérieur brut en 2013 au lieu du 1,8 % attendu et la dette doit être augmentée de 40 milliards d'euros, afin d’assurer le remboursement de dettes commerciales contractées auprès d’entreprises privées. Du pain béni pour CasaPound qui voit ses attaques contre l’inefficacité du gouvernement Monti confirmées.

Pour CasaPound, la société italienne idéale verrait ses banques nationalisées et les usuriers d’Equitalia (l'agence publique de recouvrement des impayés fiscaux) boutés hors du pays. Le droit à la propriété pour tous est la lutte de front que mène le mouvement depuis ses débuts. Celui-ci explique aussi l'emprunt du nom du poète américain fasciste, Ezra Pound, par ses travaux contre ce qu’il appelait « l’usurocratie ». Le mouvement propose notamment une mutuelle sociale inspirée du Manifeste de Vérone, programme économique et social du parti fasciste, édicté en 1943. Elle permettrait aux familles italiennes d’acquérir une propriété construite sur des terrains étatisés, pour une somme inférieure à 80 000 euros, dont les crédits n’excéderaient pas un cinquième des revenus familiaux. Ses vœux, CasaPound les formule dans une multitude de projets sociaux, politiques ou événementiels.

 

Pour que les peuples restent chez eux

Des actions publiques assoient sa popularité. En avril 2009, au lendemain du tremblement de terre de l’Aquila qui fit plus de 300 morts et des milliers de blessés dans le centre de l’Italie, CasaPound, via son association de protection civile La Salamandra, fut parmi les premiers à porter secours aux victimes, en distribuant aide et vivres. Le mouvement s’est spécialisé dans les actions solidaires, souvent à l’étranger. Ses membres accompagnent les luttes identitaires du peuple Karen en Birmanie, des communautés Boers (colons blancs d’Afrique du Sud) ou viennent à la rescousse des orphelins de Nairobi au Kenya. Des expéditions organisées en collaboration avec Solidarité-Identités (SOLID), une association française dont l’objectif est de préserver « la diversité du monde et la pluralité de ses représentations (…) pour que celui-ci ne se transforme pas en une immense tour de Babel et que les peuples puissent collaborer et rester indépendants chez eux ». Internationale des extrême droites : Sébastien Manificat président de SOLID, Français d’origine, vit à CasaPound, dont il est le responsable des relations extérieures. Un mouvement qui tente par ses voyages humanitaires de se défaire de l’étiquette raciste qui lui colle à la peau.

Deux vendeurs sénégalais abattus en plein jour dans un marché de Florence. Trois autres blessés par balles. Ce 13 décembre 2011, Gianluca Casseri avait tiré pour tuer, avant de retourner l’arme contre lui. Au lendemain du crime, Casseri est identifié par les médias comme un proche de CasaPound. Gianluca Iannone multiplie alors les passages télévisés pour se distancier d’un Casseri qu’il assure fou et sans réelle proximité avec le mouvement. Pourtant une traque organisée par des antifascistes sur les réseaux sociaux a permis de révéler des photos de Casseri présent à de nombreuses manifestations et des liens d’amitié avec plusieurs dignitaires du mouvement. Sur l’Ideodromo, un des sites de CasaPound, laboratoire de leurs projets, pas moins de cinq articles publiés par Casseri ont été retirés le jour du drame. CasaPoud ne veut pas d’infréquentables dans ses rangs. Ce qui ne l’empêche pas de tisser d’importants réseaux avec des représentants de l’extrême droite identitaire européenne, à l’instar d’Alain Soral, fondateur de l’association politique Egalité et réconciliation et visiteur récent du 8 rue Napoléon III. Pour cet ancien communiste passé au Front National et désormais non affilié, CasaPound est « un exemple d’avant-garde nationaliste contraire à l’extrême droite française réactionnaire et ringarde ». Selon Alain Soral, « faire en France ce que fait CasaPound en Italie est impossible. Là-bas, on les laisse un peu exister. En France, si on faisait de la réquisition de locaux, on subirait une violence immédiate à cause de la toute puissance du gauchisme talmudo-trotskiste. »

 

Actions publiques et activités non conformes

L’existence de CasaPound et les occupations d’immeubles sont effectivement tolérées par le gouvernement italien. « Berlusconi les a laissé exister par respect pour cette jeunesse combattante qu’il sait être le meilleur de l’Italie, l’incarnation de la grandeur romaine », estime Alain Soral dans une vidéo datant de décembre 2011. Cette indulgence a permis au mouvement d’accroître considérablement ses activités et de gonfler ses rangs. Aujourd’hui le mouvement compte des clubs de sport pour le football, le hockey, le waterpolo, le parachutisme, la plongée, l’escalade, la boxe mais aussi un club de moto, un groupe écologiste contre la vivisection, une troupe de théâtre « non conforme », des librairies, une galerie d’art pour des expositions futuristes, un cinéclub qui organise des festivals de courts-métrages et un courant artistique, le turbodynamisme.

Le mouvement organise des actions répétées dans l’espace public, coordonnées dans plusieurs villes d’Italie « pour forcer les médias à détourner momentanément leur regard des bavardages soporifiques de la classe parlementaire », comme le signale une de leurs brochures. Des dizaines de mannequins pendus pour représenter « les familles italiennes étouffées par les ventes immobilière du patrimoine public » ; des statues encapuchonnées pour les protéger de la vision des « morts blanches », liées au travail et « ignorées par l’Etat » ; les fontaines de quarante cités italiennes remplies de centaines de bouteilles contenant des SOS pour les employés licenciés en 2008 par Alitalia (compagnie aérienne nationale) ; ou encore leur « farce à Paris » le 1er avril 2011, lorsqu’ils ont teint la fontaine du Trocadéro en noir pétrole et laissé dériver des canots pneumatiques avec des photos de réfugiés tunisiens et ce message : « Vos dirigeants ont voulu le gaz et le pétrole libyens. Vous aurez aussi les flots d’immigrés ». Plus récemment, CasaPound a multiplié les hommages à Dominique Venner, essayiste français d’extrême droite, nationaliste-racialiste, qui s’est suicidé le 21 mai 2013 devant l’autel de Notre-Dame de Paris. « Honneur à ce samouraï d’Occident » était-il inscrit, quelques jours plus tard, sur des dizaines de banderoles aux quatre coins de l’Italie.

 

 

 

Une expérience de vie totale

Si ces actions revêtent un aspect happening pour attirer les grands médias, CasaPound s’embarrasse de moins en moins des journalistes, puisqu’il a son propre réseau médiatique. Une radio, Bandiera Nera, qui diffuse jusqu’en France et en Espagne ; Tortuga, une WebTV ; Fare Quadrato, un trimestriel pour les étudiants et Occidentale, la revue incontournable « pour nourrir ton cerveau et ton âme (…) de critiques radicales, d’analyses non conformes, de pensées sans patron ». L’encart précise : « Si tu aimes le journalisme crapuleux et la culture frauduleuse, si tu désires être adulé, rassuré courtisé, dorloté et si tu t’extasies devant La Repubblica, Il Corriere della Sera, Le Monde ou le Times ; Occidentale n’est pas pour toi. »

Si le mouvement a réussi aujourd’hui à convaincre plus de 4 000 membres répartis dans 40 sections à travers la botte, c’est parce qu’il offre un système clos, complet, cohérent d’activités politiques et sociales intégrales et intégrantes. Une base médiatique qui lui permet de diffuser une information sans contestation, sans débat avec ceux qu’il accuse de tordre ses concepts et ses arguments. Lutter, penser, manger, dormir, respirer CasaPound. Une expérience de vie totale, hégémonique et résistante, qui parfois se confond avec celle d’un mouvement sectaire ou d’un totalitarisme qui exhale un troublant parfum d’entre-deux guerres.

 

Chinatown

L’immeuble de CasaPound se situe sur la colline de l’Esquilin à trois rues de la gare Termini de Rome. Ce quartier est un des 22 rioni (subdivision urbaine datant de l’Antiquité) du centre historique et l’un des plus populaires de la capitale. L’activité est dense et les rues sont bordées de petites échoppes. Des coiffeurs africains, des traiteurs vietnamiens, des bijouteries indiennes, des merceries pakistanaises ou des kebabs turcs. Une véritable ode au multiculturalisme.

La communauté chinoise est présente dans le quartier depuis les années 1970. Aujourd’hui, c’est incontestablement la plus importante du quartier, ce qui amène de nombreux romains à désigner l’Esquilin comme le « Chinatown » de la ville. S’emparant de ce phénomène, CasaPound a présenté, en mai 2013, un projet d’aménagement du territoire visant à la requalification d’un Esquilin « abandonné à lui-même », selon la brochure présentant le projet. Ce dernier a pour objectif de segmenter le quartier entre la partie est, qui selon le mouvement est « aux mains des Chinois », et la partie ouest désignée comme « l’Esquilin des Italiens ».

Une ségrégation déguisée

La longue présence des Chinois dans l’Esquilin en a fait une communauté indissociable du quartier, voire indélogeable pour certains. De la partie Est, CasaPound souhaiterait faire un véritable Chinatown touristique, où les Chinois auraient le droit de s’exposer culturellement, en « ouvrant des salons de thé, des restaurants ethniques et des dojos d’arts martiaux ». Le périmètre culturel serait géographiquement marqué par « des portes d’entrée typiques de Chinatown » et il y serait autorisé d’utiliser le chinois pour la signalisation des commerces. CasaPound justifie cet élan de générosité par la plus-value touristique et économique qu’un tel projet apporterait à l’ensemble du quartier, permettant aussi la réduction des déprédations et des « trafics illégaux auxquels se consacrent les immigrés clandestins ».

En contrepartie de cette débauche de folklore autorisé, la partie ouest de « l’Esquilin italien » sera réhabilitée en un pôle dédié « à la tradition romaine et à la culture italienne ». Ce qui serait réalisable grâce à « l’attractivité nouvelle de Chinatown », apportant ses flots de touristes en manque d’exotisme. Revers de la médaille, dans cette partie du quartier, il serait, bien entendu, « strictement interdit d’arborer des enseignes en langue étrangère ». Ou quand CasaPound sépare les cultures prétextant le bien économique de tous.

 

La segmentation géographique ci-dessus a été réalisée, selon CasaPound, avec le consentement de la communauté chinoise. Sur le plan, la rue Napoléon III est coupée par cette frontière fictive à la hauteur du numéro 8, qui n’est autre que l’adresse de l’immeuble CasaPound. Un tracé qui permet de justesse à la maison des « fascistes du troisième millénaire » de se retrouver dans « l’Esquilin italien ». Malgré les dizaines d’affiches électorales de CasaPound placardées sur les murs alentours, aucun des commerçants chinois n’a été en mesure de répondre à nos questions concernant leurs voisins militants ou le projet de Chinatown. Seuls des « No ! No ! No ! » précipités, comme une ritournelle, sont venus accueillir nos interrogations. Au mieux, nous étions redirigés vers un commerçant voisin, au pire repoussés physiquement à l’évocation de notre statut de journaliste.

 

Cerberus

 

 

 

Café de l’Esquilino

 

Dans ce café tenu par un vieux couple, une myriade de clichés sur le mur met en scène hommes, femmes et enfants vêtus comme dans la Rome antique. La patronne en parle comme une mère parlerait des portraits de ses fils. Sur le comptoir, son mari pose un gros livre illustré qui fait office d’album familial. Il s’agit d’une reproduction historique de la vie des légionnaires, esclaves et autres lurons de l’Empire dont la devise est gravée un peu partout dans la pierre de la ville : SPQR (Senatus Populusque Romanus, le Sénat et le Peuple romain).

Sur le seuil de son établissement, le patron se lance dans une démonstration de salut légionnaire. C’est la passion de le Rome antique qui parle, lorsque le poing du vieillard frappe son buste et que son bras taille l’air, tantôt droit devant lui, tantôt sur son côté droit. Le geste fait se retourner quelques têtes dans la rue. Des regards interloqués par ce qui est devenu le signe de ralliement des fascistes.

 

Au sujet des militants de CasaPound : « Oh, ils passent boire le café de temps en temps. Ils ne sont pas dangereux. »

 

En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme…).

 

Mais on peut aussi penser que, pendant une crise grave prolongée, les automatismes sociaux, les habitudes, s’affaiblissent et disparaissent. Beaucoup de personnes pourraient remettre en question ce qu’elles considéraient auparavant comme naturel, inévitable. Et c’est bien pour cela que les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme.

 

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

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08/03/2014

La vitesse n'est que l'autre face de la mondialisation

 

 

 

 

 

 

Complexe et inévitable
Prenons par exemple le krach boursierde 1987. A l'été 1987, le marché boursier était devenu extrêmement suracheté et une correction était inévitable, peu importe à quel point l'avenir semblait prometteur. Entre le plus haut d'août 1987 et le plus bas d'octobre 1987, le Dow Jones a dévissé de 41%. Comme nous le savons tous, le Dow n'a cessé de monter les 20 années suivantes, pour atteindre un plus haut en octobre 2007 à 14 198.

Il n'y a pas de
hasard
une crise financière n'arrive pas par hasard mais après une longue période d'excès (politiques monétaires expansionnistes et/ou politiques budgétaires conduisant à une croissance excessive du crédit et à une spéculation excessive). Le problème réside dans l'établissement du moment de début de la crise. En général, comme c'était le cas en Asie dans les années 1990, les conditions macro-économiques se dégradent bien avant le début de la crise. Toutefois, les politiques monétaires expansionnistes et une croissance excessive de la dette peuvent allonger la durée du développement économique pendant une très longue période.Écrit par : L'indigné | 08/03/2014

 

 

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.


 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.

 

 

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. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

La vitesse n'est que l'autre face de la mondialisation - Source Les Echos - Aout 2001.

 

L'avènement de la net économie représente une véritable rupture en ce que la vitesse a laquelle se gèrent deésormais les sociétés High tech nécéssite des mécanismes organisation différents. Thierry Breton, le patron de Thomson Multimédia, dit ainsi qu'il ne fait plus de budget annuel car il n'a pas de visibilité à cet horizon. Il en fait deux par an. " Mon activité, elle dépend encore des hyphothèse macro économiques, ce qui me donne plus de stabilité. Mais, au qutidien, je n'ai pas de visibilité au delà de 24 à 48 heures" Ce qui exige d'avantage de flexibilité et nécessite des dirigeants qu'ils aient toujours plusieurs scénarios à disposition.

 

Grâce aux nouveaux outils - reporting, études markéting, e-mail, Internet,etc - plus efficaces, diriger une entreprise est plus facile, mais aussi plus complexe. Car le dirigeant doit avoir des lumières sur tout les aspects de la vie de l'entreprise, y ajoutant de surcroit un coefficient international. Les relations internationales sont de plus en plus compliquées à gérer, les clients de moins en moins fidèles, les marques durent de moins en moins longtemps, de nouveaux concurrents surgissent de partout. Enfin les clients sont de plus en plus exigeants et se manifestent quotidiennement ( ....)

 

Pourtant, la prévision n'a pas totalement disparu. Elle est reconfigurée à ses deux extrêmes, le très court terme et le très long terme, sous deux vocables " benchmarking" ( étalonnage) et vision. Au jour de l'mélioration des techniques, les outils de controle et des moyens d'information permettent aux dirigeants actuels de ne pas perdre des mouvements de la concurrence, des soubresauts du marché, de l'évolution du marché, de l'évolution des attentes des clients.... et de s'y adapter en conséquence.

 

Avec un risque, que deux professeurs américains , CK Pralahad et Gary Hamel, soulignaient en 1995 après que le marché sans en être en mesure de l'influencer. " A défaut de prévoir le futur, fabriquez le" Ce fut, par exemple, celle de Motorola qui, dés les années 60, envisagea l'avènement d'un monde sans fil qui devait donner naissance au téléphone mobile. Idée reprise aujourd'hui , coté prestatiare de service, par Orange. La prévision chez l'opérateur téléphonique britannique racheté par France Télécom? Elle est rebatisée Direction de la "stratégie, de l'imaginerring et de la futurologie".

 

Autre culture, autre langage, même idée . " La stratégie a eu tendance à se cantonner dans la réduction des charges et de l'adaptation à l'évolution du marché, confirme Armand Braun, prospective et PDG - fondateur de la société internationale des conseillers de synthèse. " Créer relève de la perspective". Le planning a moyen terme convient aux eaux calmes quand à l'avenir n'est que le prolongement du passé. Par temps d'orage et de ruptures, l'entreprise cherche avant tout a coller à la vague, à ses clients. Reste a trouver le capte. C'est là que les boussoles retrouvennt toute leur utilité. Les entreprises - depuis qu'elles se sont restructurées - en paraissent conscientes : " On commence aujourd'hui à assister à un retour des perspective", observe, optimiste Armand Braun.

 

BMC Software s'appuie ainsi sur deux perspectives sources d'information. "Nous réunissons deux fois par an une dizaine de directeurs informatiques, parmi nos clients les plus importants, afin de discuter de la manière dont ils voient, eux, leurs contraintes, le métier évoluer.", explique Edouard Fourcade. En outre, nous  avons montré avec Motorola, Cisco, Intel et Microsoft un consortium destiné à tenter d'anticiper les évolutions technologiques".

 

De leur coté, Michelin, Schlumberger et Shell font plancher des étudiants : le premier qur la mobilité en 2020 et le pneu qui idéalement, l'accompagnerait; les deux autres sur le travail en 2015 et l'organisation qui serait la mieux adaptée....

 

Un tel exercice nécessite cependant une véritable révolution des esprits, car il constitue une nouvelle manière de penser, d'appréhender le futur, expliquaient les prospectivistes. En outre, il suppose du courage de l'audace et un réelle talent pour motiver les hommes. Pas facile de rallier ses troupes autour d'un projet à quize ou vingt ans. cf source - La conquête du futur, InterEditions, 1995

Les Enjeux - Aout 2001

 

 

  1. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

Et quelle meilleure preuve de l’état de dégradation des monnaies fiduciaires que la bulle bitcoins ? Les bitcoins ?, vous demandez-vous sûrement, mais qu’est-ce donc ? Une monnaie de Monopoly ?

 

le bitcoin, son origine, son fonctionnement, .
Pas tout à fait. Les bitcoins sont une nouvelle monnaie… qui déchaîne les passions. A la base, les bitcoins ont été inventés en 2008 par Satoshi Nakamoto, illustre inconnu qui, selon les nombreuses spéculations sur son identité, pourrait cacher un ou plusieurs développeurs.

Le principe de base de bitcoins, reposent sur un algorithme particulièrement compliqué. Mais doté d’un très puissant ordinateur, et de solides capacités d’informaticien, vous pouvez résoudre des problèmes mathématiques et devenir un “mineur” de bitcoins. Les algorithmes à résoudre deviennent automatiquement de plus en plus complexes, ce qui permet de maîtriser la quantité et le rythme de mise sur le marché des bitcoins.

En effet, et contrairement aux autres monnaies fiduciaires, le nombre de bitcoins qui sera à terme mis en circulation est déjà fixé à 21 millions. Cette limite devrait normalement être atteinte en 2140 alors qu’il existe déjà aujourd’hui environ 11 millions de bitcoins en circulation. On est donc très loin du dollar par exemple qui est créé au rythme de 85 milliards supplémentaires chaque mois pour satisfaire les besoins de la Fed.

Cette création monétaire échappe donc à toute banque centrale mais présente tout de même quelques inconvénients, dont le premier d’entre eux est la sécurité. Chaque bitcoin est accompagné d’un cryptage qui doit assurer son authenticité. Or, avec le succès des bitcoins, les attaques de ceux que l’on pourrait qualifier de faussaires se multiplient. En août 2010, un mineur a ainsi créé des millions de bitcoins échappant à toute validation.

Une fois que le “mineur” a obtenu des bitcoins, il peut l’échanger sur une place de marché réservée à cet usage – il en existe environ une vingtaine.

Une monnaie virtuelle, mais pourquoi ?
A l’origine, l’objectif du (ou des) créateur(s) des bitcoins était de proposer une monnaie “libertarienne” échappant à tout contrôle des Etats et permettant des échanges et des transactions à bas coût.

Les bitcoins ont deux principaux usages :
un protocole d’échange entre monnaies : vous avez des euros, vous voulez des dollars. Vous pouvez convertir vos euros en bitcoins puis convertir ces mêmes bitcoins en dollars. Et vous voilà avec des billets verts échangés en dehors du système de conversion classique.

- une monnaie virtuelle : vous pouvez acheter des produits directement en bitcoins auprès de ceux qui l’acceptent comme monnaie. Par exemple, vous allez sur un site Internet, vous repérez les chaussures de vos rêves, dont le prix est indiqué en euros et en bitcoins. Riche de votre monnaie virtuelle, vous décidez de vous offrir ces petites merveilles en bitcoins. Avantage non négligeable : vous n’avez pas eu besoin de vous servir de votre carte bancaire. Adieu donc Visa, Mastercard et autres fournisseurs de ce genre de services.

Et c’est cet usage qui rencontre le plus de succès…

Alerte à la bulle ?
Tant de succès même, que le cours du bitcoins’envole et que certains crient à la bulle. A son lancement, un bitcoin ne valait que quelques cents (de dollars). Début avril, 1 bitcoin équivalait à 40 dollars. Et aujourd’hui, il en vaut plus de 140. Aux dernières nouvelles, les 11 millions de bitcoins qui sont actuellement en circulation vaudraient donc 1,5 milliard de dollars.

Comment expliquer une telle flambée ? Première raison à cela, bitcoins est devenu le jouet favori de geeks et surtout de traders qui y voient un outil de spéculation comme un autre. Rare, comme l’or, le bitcoinvoit sa valeur augmenter au rythme de la demande.

Le lien entre la monnaie virtuelle et le métal jaune est clairement fait selon Gonzague Grandval, président-directeur général de Paymium, société propriétaire de Bitcoin-Central, dans Les Echos : “Le bitcoin est comparable à un lingot d’or numérique : c’est une réserve de valeur“

Deuxième raison, la perte de confiance dans les monnaies fiduciaires. La récente envolée du cours du bitcoincoïncide avec la crise chypriote. La taxation imposée sur certains comptes bancaires ainsi que le contrôle des changes et des transferts ont donné du grain à moudre à tous ceux qui n’accordaient pas une grande confiance aux banques. Stocker une partie de son argent en dehors du système bancaire classique ne paraît plus si idiot que cela.

. La spéculation fait rage. Ce qui ne veut pas dire que les bitcoins ne peuvent pas s’imposer comme un moyen d’échange dans les années qui viennent. En attendant, l’or me paraît bien plus sûr, et tangible, pour stocker de la valeur et comme protection contre l’inflation. Les banques centrales – des pays émergents essentiellement – ne s’y trompent pas en maintenant leurs achats d’or en ce début d’année.

 

C’est l’exemple non pas d’une dérive d’un homme, mais d’un système. La crise des subprime a révélé le scandale, lorsque l’appât du gain de ces clients ( banques et clients) en cherchant a retirer leurs sous, ont eu des pertes

 

350 millions de dollars qui s'évaporent en fumée de pixel en quelques instants. Soit 750 000 bitcoins.

C'est ce qui s'est volatilisé dans la nature avec la fermeture, mardi dernier, du site MtGox, une des plus importantes plateformes d'échange de bitcoins au monde.


Un peu d'histoire
A l'origine, la société MtGox n'était pas dédiée au bitcoin, loin de là. Le site a été créé en 2009 Jed McCaleb comme lieu d'échange de cartes à jouer Magic : l'assemblée (en anglais, Magic : The Gathering). Si vous vous demandiez d'où venait le nom de MtGox, voilà votre réponse : Magic The Gathering Online eXchange.

Juillet 2010, Jed McCaleb découvre le bitcoin et a une idée lumineuse que j'imagine pas mal d'entre nous auraient souhaité avoir : celle de créer un site dédié aux échanges de bitcoins. Après tout, passer de l'échange de cartes de jeu à celui de monnaie virtuelle, pourquoi pas...

McCaleb ayant été assez précurseur en la matière, son site s'est rapidement imposé comme une plateforme de référence concentrant à elle seule, et au sommet de sa gloire, près de 70% des échanges de bitcoins. Depuis, les concurrents se sont multipliés, MtGox a perdu sa position dominante mais est resté une des plateformes qui comptent dans la sphère bitcoin.

En mars 2011, McCaleb revend son site à une société japonaise, Tibanne.

Malgré la reconnaissance dont MtGox jouissait, les états de fait du site n'étaient pas des plus rassurants.

En juin 2011, sa base de données est attaquée et 60 000 noms d'utilisateurs et de mots de passe sont compromis. Quelques jours plus tard, 600 titulaires de comptes MyBitcoin avaient vu leur compte vidé de leurs bitcoins.

2011 à nouveau : nouveau piratage de MtGox. Des milliers de faux ordres de vente sont passés sur la plateforme provoquant un krach du cours de la monnaie, qui passe de 17,50 $ à 0,01 $ avant que la situation soit rétablie.

En mai 2013, MtGox doit cette fois se confronter au gouvernement américain qui lui reproche d'émettre illégalement de la monnaie. Bilan : 5 millions de dollars en bitcoins sont saisis...

Juin 2013 : suspension pendant plusieurs jours des retraits en dollars américains.

Depuis le début de l'année, le site avait plusieurs fois arrêté puis repris les transactions. L'inquiétude était alors montée d'un cran si bien que le bitcoin échangé MtGox cotait en moyenne 4 fois moins que celui échangé sur d'autres plateformes. Mais mardi 25 février, c'est une page blanche qui accueille les utilisateurs du site. Puis un message indiquant que les transactions sont temporairement suspendues.

Un flou artistique flotte sur les raisons de ce plantage. Problème informatique ? Piratage ? Quoi qu'il en soit, ce sont environ 750 000 bitcoins qui sont pour le moment (?) inaccessibles à leurs légitimes propriétaires. Soit environ 35 millions de dollars au cours officiel du bitcoin.

La fermeture de MtGox n'a pas que des conséquences que pour ses pauvres utilisateurs. Dans la foulée, le cours du bitcoin s'effondrait.

Les derniers jours du bitcoin ?
Un coup rude pour la monnaie virtuelle. D'autant plus qu'il n'est que le dernier d'une longue série. Plusieurs membres de la Fondation Bitcoin, une association américaine dont l'objectif est de promouvoir et de défendre la monnaie virtuelle, ont été arrêtés pour blanchiment d'argent. Pas de quoi donner une bonne image de marque au bitcoin.

Outre des problèmes récurrents de sécurité (le bitcoin est régulièrement victime de tentatives ratées ou réussies de piratage et de manipulation) ainsi que les questions de confiance s'est dernière ajoutée une nouvelle menace : celle des Etats.

La Russie et la Chine viennent ainsi de déclarer la guerre au bitcoin.

Début février, le Procureur général de la Russie a déclaré que "l'introduction sur le territoire de Russie d'autres monnaies est interdite". En gros, le bitcoin est interdit en Russie, aussi bien pour les particuliers que les entreprises. Une ligne dure...

La Chine, en janvier, avait elle aussi limité l'utilisation de la monnaie virtuelle en interdisant aux banques de proposer des services liés à elle -- les particuliers étant toujours libres de l'utiliser. Certains sites, comme Baidu, avaient alors décidé de bannir le bitcoin. Des décisions qui avaient provoqué un krach du bitcoin en yuan.

Est-ce pour autant la fin du bitcoin ? Des pays comme les Etats-Unis ont reconnu son potentiel et son utilité, l'Allemagne l'a même reconnu officiellement. La France et l'Union européenne gardent quant à elles des positions mitigées, soulignant les dangers de cette monnaie. Mais pas d'interdiction en vue pour le moment.

Dans Atlantico, l'étude du profil type des utilisateurs de bitcoins s'avère en fait plutôt rassurant :

"88% des détenteurs de bitcoins les gardent, 8% les convertissent pour les dépenser. Une étude avait récemment montré que 80% des bitcoins ne circulent pas, c'est-à-dire sont thésaurisés. Cela pose des problèmes de liquidité, et donc de volatilité, mais indique aussi la forte confiance des utilisateurs dans l'avenir de cette monnaie".

Le principal avantage de cette monnaie, c'est qu'elle permet d'éviter les frais de change, :

Les Etats et la finance détestent le bitcoin car c'est une épine dans le pied du monopole étatique de la monnaie et des juteuses taxes et commissions que cela rapporte.

Supposez que vous vouliez transférez 1 000 euros à votre fils en Australie. Vous achetez pour 1 000 euros de bitcoins (0 euro de commission bancaire et frais de change).

Vous les lui transférez par Internet (0 euro de timbre + 0 euro de frais de transfert). Il les change en dollars australiens (0 $ de commission bancaire et frais de change). Vous voyez comme le bitcoin est horrible et nuisible.

- Le bitcoin n'est pas, du moins selon moi, un instrument de spéculation..

Tout comme l'or, le bitcoin est aussi un moyen de vous protéger contre la manipulation des monnaies fiduciaires. .

Par contre, comme moyen d'échange en dehors du circuit traditionnel, le bitcoin s'avère un bon outil. Pas de frais de change, pas d'intermédiaire bancaire, le rêve dans un monde dans le lequel les transferts d'argents internationaux sont la norme. Un petit conseil, ne stockez tout de même pas trop longtemps votre argent en bitcoin vu l'importance des fluctuations actuelles sur son cours. Et n'oubliez pas Paypal.

Les plateformes d'échange dont l'historique est moins sujet à caution que des sites tels que MtGox. Parmi elles : Bitstamp, Bitpay, Coinbase ou Bittylicious. Soyez prudent, encore plus que vous devez l'être pour vos dépôts bancaires (qui eux, sont, dans une certaine mesure du moins, protégés par le Fonds de garantie des dépôts. Pour résumer, il faut bien séparer l'idée de la réalité. Aussi intéressante que puisse être l'idée d'une monnaie qui échappe au contrôle et aux manipulations des banques centrales ou qui vous évitent les frais de change et autres commissions, ce n'est pas parce que le bitcoin répond à ces deux critères qu'il est, concrètement et actuellement, le meilleur outil. Mais peut-être gagnera-t-il en crédibilité dans les années qui viennent...

 

Pour conclure, je dirais que les marchés d'aujourd'hui ne sont plus qu'une sorte de rêverie numérique permanente, un paradis artificiel sous perfusion monétaire. Le plus angoissant, c'est que la plupart de ceux qui le commentent ou en vivent ne sont même plus capables de le reconnaître comme tel.



 La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

 

Le chômage s’accroît et la misère comme la barbarie risquent de se répandre de manière dramatique, peut-être entrecoupées par quelques phases de relance. Alors à quoi servent ces considérations désabusées? A quoi sert de marteler que la crise qui a commencé en 2008 risque bien de s’approfondir? Pourquoi s’en réjouir alors que nous risquons d’en subir les conséquences et d’être les premiers touchés? Et ce d’autant plus que le capitalisme a montré jusqu’à présent qu’il pouvait surmonter ses crises. Voire même qu’il était un système en état de « crise permanente ».

 

En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme…).

 

Mais on peut aussi penser que, pendant une crise grave prolongée, les automatismes sociaux, les habitudes, s’affaiblissent et disparaissent. Beaucoup de personnes pourraient remettre en question ce qu’elles considéraient auparavant comme naturel, inévitable. Et c’est bien pour cela que les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme.

 

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

 

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

_________________________

[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

Collectif de la Revue Internationale Sur la Crise – Paris

 

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13/02/2012

Pourquoi parler de crise ?

Un stress test grandeur nature : Le système capitalisme, a réussi a tenir grâce a une vision expansionniste, la mise en place en concurrence des peuples, l’alliance avec des pays et mouvements  autoritaires, fascistes, religieux. Mais infinie nul n'est tenue et le système capitaliste néolibérale et en voie de déclin avec des secousse plus ou moins dure.

le capitalisme,en crise,néolibéralisme,christine lagarde,le tournant reagano-thatcherienLe Financial Times publie une série d'articles intitulée "La crise du capitalisme". Le journal affirme que le capitalisme doit être placé sous la surveillance d'un adulte. Ainsi, Samuel Brittan affirme qu'il "nécessite... la mise en oeuvre d'une politique fiscale et monétaire"... afin de continuer à faire ce qu'il est censé faire. C'est-à-dire, selon lui, "un moyen vers la liberté et la prospérité, pas une fin en soi".


Le tournant reagano-thatcherien
, celui qui allait tordre le cou au capitalisme tempéré de l'après-guerre, a été précédé, à la fin des années 1970, d'une longue démonisation de l'Etat par les penseurs de ce qu'on appelait alors "la révolution conservatrice". Couplée à la mondialisation des échanges qui allait suivre, elle a donné naissance à la version actuelle du capitalisme - et à la crise de 2008.

Au coeur de l'acte d'accusation dressé par le Financial Time, il y a ce constat : « le capitalisme est en crise parce qu'il produit, massivement, de l'inégalité. Il n'est pas censé être moral. Il est, jusqu'à preuve du contraire, le meilleur système connu pour créer de la richesse. Et, dans sa version pré-1980, il avait la réputation de répartir cette richesse de façon relativement acceptable. En langage d'économiste, on dirait que le marché favorise une allocation intelligente des ressources.

le capitalisme,en crise,néolibéralisme,christine lagarde,le tournant reagano-thatcherienC'est fini. Depuis trente ans, en Amérique du Nord comme en Europe, les inégalités se creusent. Au point, dit l'enquête du FT, qu'elles menacent les fondements de nos démocraties, sociétés de consensus, ancrées dans des classes moyennes majoritaires. Les Etats-Unis connaissent une inégalité de revenus sans précédent depuis presque un siècle. De passage à Paris, le politologue Norman Ornstein relevait récemment que la structure des revenus aux Etats-Unis était celle d'un pays du tiers-monde. Depuis 1980, le 1 % d'Américains les plus riches ont vu leur richesse s'accroître de 300 %.

Faire le lien avec l’actualité présente :


le capitalisme,en crise,néolibéralisme,christine lagarde,le tournant reagano-thatcherienLa semaine dernière, l'Espagne et l'Italie ont pu se délester de 22 milliards d'euros de dettes. Cela a rassuré les investisseurs. Les journaux ont rapporté que le calme et la confiance sont revenus sur les marchés. Les prêteurs et les emprunteurs ont respiré avec plus de facilité. Les banquiers se sont détendus un peu.


Puis S&P a abaissé la note de la dette de plusieurs pays européens. Cela a eu pour effet de jeter également le doute sur la dette du Fonds européen de stabilisation financière (FESF). Soudain, l'Europe perdait pied à nouveau.

Mario Draghi,
président de la BCE, a  octroyé aux banques 489 milliards d'euros en décembre.. Ou en est-on now ? C'est ce que je vous propose de voir.


La prétention des finances publiques modernes repose sur le fait que les gens ayant de bonnes compétences politiques sont plus à même que le marché de décider quelles banques sont solvables. Le "capitalisme brut" est selon eux trop impulsif. Il prend des décisions hâtives, jetant souvent les peuples, voire plusieurs, avec l'eau du bain..Merkel "mène l'Europe dans la mauvaise direction" estime George Soros - Actu Economie en continu - T

 Le capitalisme pourrait prendre encore moins en considération la prospérité ou la pauvreté des gens.  la Réserve fédérale américaine a aidé à dissiper le doute que nous n'avons jamais eu. Elle a publié les enregistrements de ses discussions internes tenues en 2006, lorsque la bulle immobilière et financière américaine atteignait son pic. On tient la preuve que les responsables de la Fed ne s'en sont jamais rendu compte, même au moment des faits. 

En lisant le New York Times, je découvre que "les responsables de la Réserve fédérale se sont émerveillés devant les singeries désespérées des constructeurs immobiliers cherchant à attirer par la ruse les acheteurs. Les responsables se sont moqués des voitures que les constructeurs offraient comme primes à la signature et des efforts déployés pour faire en sorte que des maisons vides semblent occupées.
Ils ont plaisanté à propos d'un constructeur qui a déclaré que les stocks 'atteignaient le plafond'
.



Alors que les autorités américaines n'ont pas pu repérer une crise, les responsables européens en créaient activement une. Draghi est un vétéran de la Banque mondiale, du Trésor italien et de Goldman Sachs. Il travaillait à Rome tandis que l'Italie contractait la dette qu'elle trouve aujourd'hui si difficile à rembourser.

Christine Lagarde, aujourd'hui à la tête du FMI, a été ministre des Finances de l'Etat français de 2007 à 2010 -- période au cours de laquelle la France a augmenté sa dette publique d'environ 50%. Etudiez n'importe quelle scène de crime financière de ces 20 dernières années : vous y trouverez leurs traces et celles de toute les responsables néolibéraux   qui déclarent à présent qu'elle répare le système.  Nous sommes dans un mix de celle de 1929 ( crise financière puis économie réelle et montée du fascisme), les 30 de déflation du Japon, la crise de l’argentine – Chili,…

Ce sont ces gens-là qui ont façonné et  amené l'Europe néolibérale... et le monde... au bord de la catastrophe financière puis l’économie réelle. Et aujourd'hui ils imposent encore plus  plus de flexibilité, plus de pression sur les masses des travailleurs, de précarisation et de chômage, moins de  régulations.


« Personne ne sait vraiment quelle est la valeur réelle d'une chose -- en particulier ce que valent des institutions financières avec des avoirs complexes et des business models abscons. Pas même leurs propriétaires. C'est ainsi qu'en 2008, des comptables ont dû interrompre Jimmy Cayne, PDG de Bear Stearns, au cours d'un tournoi de bridge pour lui annoncer que son entreprise était en faillite ».

Un exemple : nous avons vu ce que valaient les banques dans des conditions de crédit bienveillantes qui ont prévalu jusqu'en 2007. Puis, les conditions de marché ont changé. Avec le stress test du nouveau challenge du marché, Bear Stearns et Lehman Brothers sont mortes.

Résultat : les investisseurs se sont mis à douter des autres. Mais au lieu de permettre au processus de continuer son chemin, les autorités américaines ont mis fin au test.


. Le plus vraisemblable est qu'elles le sont toutes. La Grèce avance vers le déblocage d'un plan de sauvetage exceptionnel :

Pourquoi parler de crise ?

Ce que nous voulons attaquer c’est le discours dominant qui explique que les causes de la crise actuelle sont à chercher dans le mauvais capitalisme financier. Nous pensons que la crise financière n’est qu’un symptôme d’une maladie plus profonde et qu’il s’agit en fait d’une crise du capitalisme lui-même. Ses conséquences seront certainement terribles mais ce sera peut-être aussi l’occasion de remettre en cause le capitalisme dans ses fondements mêmes.

« Imaginez l'Osservatore romano, le quotidien du Vatican, portant un regard critique sur le catholicisme. Car le jugement d'ensemble est sévère, que l'on peut résumer ainsi : la formule "ultralibérale-dérégulée" du capitalisme, hérité des années 1980, ça ne marche plus. On dirait du François Hollande, ou presque, mais au fil des pages d'un grand quotidien des milieux d'affaires internationaux. »

 "Elle s'est avérée non seulement instable mais, et de manière importante, aussi injuste", dit l'éditorial lançant la série. Aux Etats-Unis, pays censé incarner sa réussite la plus accomplie, le capitalisme, relève Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor, perd la confiance du public : seuls 50 % des Américains en auraient une idée positive, selon un récent sondage. Il est devenu synonyme de financiers surpayés, de croissance anémique et de chômage structurel élevé

" Mais les responsables -- qui se réunissent toutes les six semaines pour discuter de la santé économique du pays -- ont prêté peu de crédit à la possibilité que le marché immobilier en difficulté pèserait sur l'ensemble de l'économie... A la place, ils ont continué à se convaincre les uns les autres tout au long de l'année 2006 que le plus grand danger était l'inflation -- la possibilité d'une croissance trop rapide de l'économie".

Le "FT" ou la critique du capitalisme pur - Le Monde

De l’extrême droite à l’extrême gauche, on entend partout aujourd’hui un même discours: l’économie réelle serait saine, seule une finance ayant échappé à tout contrôle mettrait en danger l’économie mondiale.

Dans une version plus conspirationniste, la crise ne serait qu’un prétexte, une stratégie des capitalistes eux-mêmes qui seraient en réalité en parfaite santé. Car, en fait, ces gros menteurs ont un trésor bien caché qu’il faudrait trouver pour ensuite le redistribuer à tous les pauvres. C’est pourquoi de la gauche à la droite on propose de raboter les niches fiscales et de trouver l’argent caché pour le réinjecter dans les États.

Ce discours se décline de différentes manières selon qu’on désigne les traders comme seuls responsables ou qu’on dénonce la partialité des agences de notation, ce qui revient à accuser le thermomètre en cas de fièvre. Mais par-dessus tout, « c’est la faute à la finance et à l’endettement », ou comment confondre la maladie et le symptôme.

Or, il est impossible de séparer le bon capitalisme productif du mauvais capitalisme financier. Il n’existe pas d’un côté une économie qui produit des richesses et de l’autre une économie virtuelle, une finance parasitaire; il s’agit des deux faces d’une même réalité. Depuis le début de l’économie capitaliste, celle-ci ne peut fonctionner sans la finance, c’est-à-dire le crédit, les Bourses, la spéculation.

Les dirigeants de tous bords se foutent de nous quand ils réclament un encadrement rigoureux de la spéculation, car c’est tout le système qui, dans sa phase actuelle, a besoin de la spéculation et du crédit. Les causes les plus profondes de la crise actuelle ne sont à rechercher ni du côté de la spéculation, ni du côté de l’endettement. Les achoppements financiers récents : crise des subprimes, crise de la dette, krachs boursiers à répétition, rôle des agences de notation, menace de faillite des États…tout cela est avant tout l’expression d’une crise du capitalisme lui-même.

En effet, le capitalisme est confronté à une contradiction récurrente: d’un côté, il lui faut diminuer (ou en tout cas limiter) les salaires pour baisser les coûts de production et maintenir les profits. D’un autre, il faut que les consommateurs aient suffisamment de revenu pour acheter les marchandises produites.

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction. On augmentait les salaires, mais on augmentait plus encore la production. On rendait marchands de nombreux secteurs qui ne l’étaient pas auparavant, comme aujourd’hui on est en train de le faire avec l’éducation, la santé ou la sécurité. On fournissait à coûts plus bas (par l’effet de l’industrialisation et de la massification) une foule de produits plus nombreux, et qui faisaient vivre les prolétaires tout en maintenant les bénéfices. Pour développer la production de cette manière, il fallait que la consommation envahisse la société entière, avec tout ce que cela signifie: publicité, manipulation du désir, production d’une foule de saloperies destinées à satisfaire des besoins socialement créés.

Par ailleurs, ce qui s’appelait alors le tiers-monde était maintenu sous une domination coloniale ou post-coloniale qui permettait d’en exploiter les matières premières.

Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée. Les délocalisations d’industries et de services ont alors permis de baisser le coût du travail au niveau mondial. La consommation a été soutenue par le développement du crédit, qu’il s’agisse de dépense publique (et de dette publique) ou privée. Mais ce système est lui-même à bout de souffle, comme le montre la crise qui a commencé en 2007. Le krach de 2008 n’a pu être rattrapé qu’au moyen d’une expansion massive de l’endettement étatique. Le montant de cette dette, désormais impossible à rembourser, est l’expression concrète de cette impasse. La crise de la dette publique en Europe et les perspectives de défaut de la Grèce, désormais bien réelles, en sont la preuve. Ce n’est pas la finance qui est la cause de la crise, la finance est au contraire ce qui a permis à la crise provoquée par la contradiction récurrente du capitalisme d’éclater aussi tard.

Celle-ci frappe actuellement les États sous la forme d’une crise budgétaire et de divers programmes d’austérité. Partout en Europe, on nous explique que nous vivons au-dessus de nos moyens, qu’il va falloir travailler plus et se serrer la ceinture. Face à cette situation beaucoup se retournent vers l’État comme ce qui permettrait d’imposer des limites aux « dérèglements du marché ».

« Avec plus d’État pour encadrer la finance, nous pourrons construire une économie plus sociale et plus prospère.» Mais le discours antilibéral se heurte à une évidence[1] : l’État n’est pas ce qui s’oppose à la sphère de l’économie, il est dans un rapport de totale interdépendance avec l’économie. La raison en est simple: il doit se servir de l’argent pour financer ses projets. Lorsque l’économie commence à ralentir, elle limite et étouffe son action. Avec la diminution de ses moyens financiers, l’Etat se réduit à la gestion toujours plus répressive de la pauvreté.

Concrètement aujourd’hui les États n’ont le choix qu’entre deux politiques : austérité draconienne ou création monétaire, c’est-à-dire recours à la planche à billets. La première mène à la récession violente, la seconde à l’explosion d’une inflation incontrôlable.

Le chômage s’accroît et la misère comme la barbarie risquent de se répandre de manière dramatique, peut-être entrecoupées par quelques phases de relance. Alors à quoi servent ces considérations désabusées? A quoi sert de marteler que la crise qui a commencé en 2008 risque bien de s’approfondir? Pourquoi s’en réjouir alors que nous risquons d’en subir les conséquences et d’être les premiers touchés? Et ce d’autant plus que le capitalisme a montré jusqu’à présent qu’il pouvait surmonter ses crises. Voire même qu’il était un système en état de « crise permanente ».

En fait, il n’y a pas de contradiction fondamentale entre le fait de dire qu’il y a bien approfondissement de la crise ces dernières années et que le capitalisme est d’une certaine façon une crise permanente : la crise peut être analysée à la fois comme un mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme et comme une remise en cause potentielle de sa propre existence. Le capitalisme est ce jeu qui inclut sa contradiction dans sa propre règle, et qui donc pourrait tendre à son abolition, mais la réalité c’est que c’est à la lutte des classes, c’est à nous de le faire.

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail. Elle pourrait aussi durer longtemps dans un processus continu d’appauvrissement pour la plupart d’entre nous, secoué par des explosions sans issue, voire des conflits de tous contre tous (concurrence entre groupes, racisme…).

Mais on peut aussi penser que, pendant une crise grave prolongée, les automatismes sociaux, les habitudes, s’affaiblissent et disparaissent. Beaucoup de personnes pourraient remettre en question ce qu’elles considéraient auparavant comme naturel, inévitable. Et c’est bien pour cela que les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme.

Alors pourquoi cette analyse, qui est à peu près la seule à se trouver confirmée aujourd’hui par la crise récente, suscite-t-elle si peu d’attention? Pourquoi est-il si difficile d’admettre aujourd’hui que notre système est à bout de souffle? Avant tout parce que personne ne peut vraiment imaginer la fin du capitalisme. L’idée même suscite une peur panique. Tout le monde pense qu’il a trop peu d’argent, mais chacun se sent menacé. Or, c’est bien l’argent mais aussi la marchandise, le travail, la propriété et l’État, qu’il faut attaquer.

La disparition de cette société représente un tel bouleversement qu’on ne l’envisage pas nécessairement avec légèreté. Mais nous ne sommes pas condamnés à tenter de sauver l’économie qui chancelle et nous écrase. Nous pouvons contribuer à sa disparition. Pas pour le néant, mais pour un monde sans État et sans classes, un monde pour toutes et tous, sans exploitation ni domination.

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[1] Les antilibéraux rêvent de retourner à un Etat qui les protègerait du capitalisme alors même que la fonction de l’État est d’assurer son bon fonctionnement. Dans ces conditions leur politique aboutit simplement à des formes nouvelles de patriotisme économique, des mesures plus ou moins protectionnistes pour essayer d’empêcher les délocalisations, voire carrément au nationalisme.

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