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01/01/2013

George Orwell. De la guerre civile espagnole à 1984

 

 

V COMME VENDETTA ( l'indigné, l'indigné révolté)
Pour voir le film dans son intégralité un petit clic ici :

 

 Le but de la novlangue",... roman 1984

1984.jpg▪ "Le but de la novlangue", écrit George Orwell dans son roman 1984, "était non seulement de fournir un mode d'expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots de l'Angsoc [le nom qu'a donné Orwell au régime en place dans 1984, NDLR.], mais de rendre impossible tout autre mode de pensée" ( Mecanopolis » La guerre civile à l’horizon de l’Europe, A regarder absolument !!!

Globalia de Jean Christophe...

George Orwell. De la guerre civile espagnole à 1984

Louis Gill (LUX)

vendredi 23 mars 2012

Dans un article intitulé « Looking Back on the Spanish War » (Réflexions sur la guerre d’Espagne), rédigé en 1942, George Orwell, qui a participé à la guerre civile espagnole en tant que combattant révolutionnaire, décrit une situation qu’il reprendra presque mot pour mot pour dépeindre le monde fictif de son célèbre roman, 1984, publié en 1949 [1] :

« Je me rappelle avoir dit un jour à Arthur Koestler : "L’histoire s’est arrêtée en 1936", ce à quoi il a immédiatement acquiescé d’un hochement de tête. Nous pensions tous les deux au totalitarisme en général, mais plus particulièrement à la guerre civile espagnole. Tôt dans ma vie, j’ai remarqué qu’aucun événement n’est jamais relaté avec exactitude dans les journaux, mais en Espagne, pour la première fois, j’ai lu des articles de journaux qui n’avaient aucun rapport avec les faits, ni même l’allure d’un mensonge ordinaire. J’ai lu des articles faisant état de grandes batailles alors qu’il n’y avait eu aucun combat, et des silences complets lorsque des centaines d’hommes avaient été tués.

J’ai vu des soldats qui avaient bravement combattu être dénoncés comme des lâches et des traîtres, et d’autres, qui n’avaient jamais tiré un coup de fusil, proclamés comme les héros de victoires imaginaires. […] J’ai vu l’histoire rédigée non pas conformément à ce qui s’était réellement passé, mais à ce qui était censé s’être passé selon les diverses "lignes de parti". Ce genre de choses me terrifie, parce qu’il me donne l’impression que la notion même de vérité objective est en train de disparaître de ce monde. […]

À toutes fins utiles, le mensonge sera devenu vérité. […] L’aboutissement implicite de ce mode de pensée est un monde cauchemardesque dans lequel le Chef, ou quelque clique dirigeante, contrôle non seulement l’avenir, mais le passé. Si le Chef dit de tel événement qu’il ne s’est jamais produit, alors il ne s’est jamais produit. »

Comme le souligne Louis Gill dans son ouvrage, George Orwell. De la guerre civile espagnole à 1984, Orwell décrit ici les méthodes staliniennes dont un des outils essentiels à la propagande : la main mise sur l’information. Car le contrôle du futur dépend absolument du contrôle du passé. Orwell s’inspire des observations faites sur le terrain, lorsqu’il s’engage auprès des combattant-es antifascistes espagnol-es, pour les reprendre dans son roman, 1984. Il y met en garde contre les dangers d’une prise du pouvoir fasciste et de la manipulation de masse. Le fascisme se distinguant par sa volonté de mobiliser les masses sur le terrain avec un langage populaire. Il est vrai qu’Orwell a observé ce phénomène de mystification sur le terrain, pendant la guerre civile espagnole.

Lorsqu’il arrive en Espagne en décembre 1936 pour se joindre aux républicains dans leur combat antifasciste contre les troupes franquistes, soutenues militairement par les nazis et les fascistes italiens, Durruti est mort, les ouvriers et les paysans espagnols organisent l’autogestion et les collectivités, notamment en Catalogne et en Aragon. Il mesure alors la réalité d’une révolution sociale sans précédent. Mais la coalition du Front populaire se retrouve très vite dépendante de l’Union soviétique pour la livraison d’armes, car la France et l’Angleterre choisissent la « neutralité », c’est-à-dire l’abandon de la République espagnole.

La révolution espagnole, dans sa remise en question du système capitaliste, effraie les gouvernements. Churchill écrira d’ailleurs à ce propos : « Je tremble en pensant à ce que serait la victoire des trotskystes et des anarchistes, qui n’est pas impossible. » Cette crainte est largement partagée par le régime totalitaire stalinien : « Pour ce régime, la révolution en marche en Espagne ne peut que constituer une menace en risquant de s’étendre à d’autres pays et de raviver en URSS une flamme qui a été étouffée. » Staline apporte donc un soutien logistique avec l’envoi de conseillers militaires et la fourniture d’armes ainsi que la mise en place des Brigades internationales. Mais ce soutien et la vente d’armes de l’Union soviétique à la république espagnole — fourguer serait plus juste au regard des prix et de leur inefficacité — s’opèrent à une condition : désarmer la révolution. Les hommes du Kominterm vont noyauter les secteurs vitaux, à commencer par la police qui fonctionne avec ses propres règles, ses prisons et ses centres de torture.

Orwell est témoin de cette mise sous tutelle stalinienne. Enrôlé dans les milices du POUM, il se trouve alors au coeur d’une guerre non seulement contre Franco, mais aussi contre un gouvernement à la solde de Staline, dont les agents ont pour mission de casser la révolution en marche. Les hommes du Kominterm n’hésitent pas à emprisonner, torturer et assassiner, comme à utiliser une propagande mensongère. « La guerre dévore la révolution » écrit Henri Paechter en 1938[[Espagne 1936-1937. La guerre dévore la révolution, Henri Paechter, Spartacus, 1986.]]. Et la philosophe Simone Weil, combattante de la colonne Durruti, d’ajouter : « Il semble qu’une révolution engagée dans une guerre n’ait le choix qu’entre succomber sous les coups meurtriers de la contre-révolution, ou se transformer elle-même en contre-révolution par le mécanisme même de la lutte militaire. » Alors qu’ils croient combattre le fascisme et contribuer à l’avènement d’un socialisme libérateur, Orwell, les Internationaux et les révolutionnaires espagnols se voient qualifiés de « trotskistes » par la presse communiste espagnole et accusés d’allégeance aux fascistes. Ils sont poursuivis, traqués, jetés en prison, liquidés… Ce qui se passe alors en Espagne est un prémisse aux purges staliniennes.

Orwell et sa compagne échappent de peu à cette purge et lorsqu’il revient en Grande Bretagne, peu de temps après la Commune de mai 1937 à Barcelone, Orwell se retrouve confronté à une campagne médiatique virulente de mensonges, orchestrée par la presse pro-stalinienne. L’un des mensonges les plus répandus étant que le POUM et des anarchistes ont déclenché la bataille de mai 1937, agissant sur ordres de Franco, Hitler et Mussolini. De nombreux intellectuels, qui ne sont jamais allés en Espagne, reprennent ces allégations du Kominterm et la gauche anglaise, proche du Front populaire espagnol contre les franquistes, suit. Staline reste ainsi une figure de l’antifascisme. Pour témoigner de la lutte antifasciste et de l’immense espoir soulevé par la révolution, Orwell publie Hommage à la Catalogne en avril 1938 : « L’habituelle division de la société en classes avait disparu dans une mesure telle que c’était chose presque impossible à concevoir dans l’atmosphère corrompue par l’argent de l’Angleterre ; il n’y avait là que les paysans et nous, et nul ne reconnaissait personne pour son maître. [...] Nous avions respiré l’air de l’égalité. »

Son observation douloureuse de la lutte antifasciste espagnole, étouffée et dévoyée par le totalitarisme stalinien, inspire ses deux romans — considérés parmi les meilleurs romans du XXe siècle en langue anglaise —, La Ferme des animaux ( ANIMAL FARM (1955) - Full Movie - Captioned  et 1984. Dans 1984, il décrit une Grande Bretagne postérieure à une guerre nucléaire entre l’Est et l’Ouest contrôlée par un régime totalitaire inspiré du stalinisme et du nazisme. La liberté d’expression n’existe plus, la population est étroitement surveillée, et d’immenses affiches placardées dans les rues, indiquent « Big Brother is watching you » (« Big Brother vous regarde »).

Le totalitarisme à combattre, pour Orwell, est à la fois fasciste et stalinien, un « collectivisme oligarchique ». En 1947, il écrit qu’il est « indispensable de détruire le mythe soviétique », si l’on croit en un « socialisme où la liberté de pensée pourra survivre à la disparition de l’individualisme économique ». Liberté de pensée qui « constitue le seul rempart à l’étouffement de cette liberté, à la mainmise sur la vie sociale en général, sur la culture, la littérature et l’art en particulier, qui est le fait du totalitarisme ».

Louis Gill, qui s’inspire de Hannah Arendt pour définir le totalitarisme « comme la prise de possession de l’individu atomisé dans sa totalité, c’est-à-dire sa transformation complète par la destruction de l’existence autonome de toute activité et la domination de toutes les sphères de la vie », met en garde contre l’idée d’un risque révolu. Il insiste sur la nécessité de vigilance quant à certaines tendances contemporaines : « Le totalitarisme actuel, qui s’est infiltré dans nos vies de manière tacite sous la forme d’une guerre non déclarée en s’imposant au nom des libertés individuelles et économiques, est celui de la soumission de toutes les composantes de la vie sociale au marché et de la domination totale de l’individu par ses lois, de sa transformation en homo oeconomicus, c’est-à-dire en individu pensant tout en termes économiques. »

C’est pourquoi Louis Gill voit dans le roman d’Orwell, 1984, une « mise en garde contre une dangereuse évolution qui menace l’humanité, mais qui n’est en rien inévitable et qu’il faut contrer par tous les moyens possibles [...] ».

Comme Le Talon de fer (Iron Hill - 1908) de Jack London, It Can’t Happen here de Sinclair Lewis (Cela ne peut arriver ici - 1935), 1984 illustre parfaitement la mise en place d’un régime fasciste dans une société régie par une propagande qui écarte toute expression différente et joue sur le mensonge en permanence. Les slogans écrits au fronton du ministère de la Vérité (Miniver en novlangue), « La guerre, c’est la paix », « La liberté, c’est l’esclavage » et « L’ignorance, c’est la force », donnent la dimension de société. Quant à la figure de Big Brother, elle est devenue métaphorique d’un régime bureaucratique, policier et totalitaire.

 

« Si vous désirez une image de l’avenir, imaginez une botte piétinant un visage humain ... éternellement. [...] Et souvenez-vous que c’est pour toujours. Le visage à piétiner sera toujours présent. L’hérétique, l’ennemi de la société, existera toujours pour être défait et humilié toujours. [...] L’espionnage, les trahisons, les arrêts, les tortures, les exécutions, les disparitions, ne cesseront jamais. Autant qu’un monde de triomphe, ce sera un monde de terreur. Plus le parti sera puissant, moins il sera tolérant. Plus faible sera l’opposition, plus étroit sera le despotisme. [2] »

 

Today, Big Brother can make legitimate and illegitimate leaders. So that rebels could become governments and governments rebels, whilst massaging the unified mind of the people through filtered and targeted news, completely false news and half-truths whilst, simultaneously emasculating all other sources of news. If you are against BB, you are an enemy that has to be eliminated. If you lick his burnished boots, you are the friend whose back is patted. There are only two choices: be with them or against them. In response to questions, they refuse to be straight, confusing the proles with garbled messages full of doublethinks to hide their intent. After all,
[T]here are known knowns; there are things we know we know. We also know there are known unknowns; that is to say we know there are some things we do not know. But there are also unknown unknowns – the ones we don't know we don't know. (Source)
1984 is a book we must all read for in it, George Orwell has shown us how our governments, every government for that matter, operate.
In our societies, those who have the best knowledge of what is happening are also those who are furthest remove from seeing the world as it is. In general, the greater the understanding, the greater the delusion: the more intelligent, the less sane. (Page 177)

 

1984 - 1956 Version DVD (FULL) 

la photo de Christophe Bxn.

 néolibéralisme : dates et noms , Le retour de l'Histoire , Reporterre.net - Voici... , L'agonie de la démocratie... , Cameron à l'épreuve du feu... , private has taken over the governments; the peoples, « Les stratégies et techniques employées pour la manipulation de l'opinion publique et de la société », Pourquoi la politique de surenchère de N. Sarkozy mène a l’impasse. Important de relire la déclaration des droit de l'Homme

03/11/2012

“La privatisation de la guerre s’est aggravée avec Obama”

La privatisation de la guerre s’est aggravée avec Obama” : Elections américaines | Robert Greenwald, réalisateur et producteur de films militants, dénonce “l'emprise croissante des entreprises privées sur les conflits”. Un business douteux que Barack Obama a laissé prospérer.

Le 30/10/2012 à 00h00
Propos recueillis par Hélène Marzolf

Le Pentagone, le ministère de la Défense, près de Washington. © David B. Gleason

Robert Greenwald, est un réalisateur américain, fondateur de la structure de production et de distribution de films militants Brave New Foundation. Très investi dans les débats poliques et sociaux, il utilise ce laboratoire citoyen, très actif sur internet, pour concevoir des vidéos et des campagnes sur des sujets qui titillent l’Amérique.

 

<p>Robert Greenwald. © DR</p>

Robert Greenwald. © DR

« La question de la privatisation de la guerre était déjà problématique sous l’administration Bush, et cela ne s’est pas amélioré avec Barack Obama. Il y a quelques années, j’ai réalisé le film Irak for sale relatif à l’emprise croissante des entreprises privées sur les conflits. En Afghanistan un nouveau cap a été franchi, puisqu’entre 2008 et le milieu 2010, le nombre d’employés d’entreprises privées présents sur le terrain dépassait celui des troupes. Il me semble que même en Irak, cette proportion n’a jamais été atteinte !... C’est ce qui se produit lorsqu’on laisse entrer dans l’orbite gouvernementale des professionnels dont le but n’est pas la reconstruction des nations, mais la recherche du profit. Il suffit de voir le rôle que jouent les entrepreneurs dans les contrats liés aux drones américain qui survolent le Pakistan et font des dégâts  dans la population civile..

 

Les présidents vont et viennent, mais les problèmes subsistent. Ces dernières années, la rémunération des dirigeants de grosses entreprises de défense, comme Lockheed Martin ont énormément augmenté, atteignant parfois des sommes indécentes, ce qui n’inclut même pas les bonus et extras dont nous n’entendons pas parler. D’un côté, ces dirigeants clament qu’il ne faut pas réduire le budget de la défense parce que cela mettrait en danger la sécurité nationale, et de l'autre, ils exploitent le business de la guerre, donc il est difficile d’accorder une quelconque valeur à leur parole. Toutes ces questions apparaissent d’autant moins dans le débat public que ceux qui vivent de la guerre sont très intelligents, se débrouillent pour rester discrets, en toute légalité. Il faut donc alerter le contribuable sur le fait qu’une partie de ses impôts passe dans le salaire des PDG de l’armement... Un autre phénomène se révèle préoccupant: celui des hauts gradés qui travaillent d’abord pour l’armée, puis le Pentagone, avant de se faire engager par des compagnies privées. Arrivés à la retraite, ils utilisent leurs carnets d’adresses pour que celles-ci décrochent un maximum de contrats. Barack Obama a laissé s’installer des habitudes qui ont fini par paraître normales. Ce processus a commencé avant sa présidence, mais en ne l’inversant pas, il a contribué à ce que les choses s’aggravent. »

En lire plus dessus : la privatisation de la guerre, privatisation, surveillance, l'idéologie sécuritaire, alain bauer, les marchands de la peur, obama, mercenaires, sociétés militaires privées, globalia, jc ruffin

Société militaire privée - Wikipédia
 : Une société militaire privée (SMP) est une société fournissant des services dans le domaine de la sécurité et de la défense à des gouvernements, organisations internationales, ONG ou entreprises privées; en 2012, la désignation officielle française est entreprise de services de sécurité et de défense.

Elles interviennent dans les zones à fort risque sécuritaire et parfois même en zone de conflit. Le terme de contractor désigne dans le monde anglophone les employés de ces firmes, en raison de l'engagement contractuel qui les lie. Véritables condottiere modernes, leur poids est croissant depuis les années 1990 et la montée de nouvelles menaces comme la piraterie moderne ou le terrorisme islamiste ; leur rôle est controversé[1], notamment depuis 2007, en raison de scandales les impliquant.

Film ( ref cinématographique):
  • Jericho dont l'intrigue se base en partie sur une multinationale possédant une société militaire privée.
  • Blood Diamond dans lequel des soldats d'Executive Outcomes prennent d'assaut une mine de diamants tenue par le RUF.

Flashforward, une société militaire privée fictive est soupçonnée d'avoir commis des meurtres en Afghanistan et d'avoir tué des militaires américains.

 
Livres :
  • Irak, terre mercenaire, Georges-Henri Bricet des Vallons, Editions Favre, janvier 2010, 272 p. (ISBN 9782828910952). L'ouvrage de référence en français sur la privatisation de la guerre d'Irak et l'histoire des sociétés militaires privées anglo-saxonnes.
  • Contractor, Giampiero Spinelli Mursia Editore 2009 ISBN 978-88-425-4390-9
  • La privatisation de la guerre, dir. Georges-Henri Bricet des Vallons, Sécurité globale n°8, Editions Choiseul, été 2009, (ISBN 9782916722627)
  • Mercenaires et polices privées. La privatisation de la violence armée, Olivier Hubac, Encyclopædia Universalis, Paris, 2006, (ISBN 2852297906)
  • (en) A Bloody Business: America's War Zone Contractors And the Occupation of Iraq, Gerald Schumacher, Zenith Press, 2006, (ISBN 0760323550)
  • La Privatisation de la violence. Mercenaires et sociétés militaires privées au service du marché. Xavier Renou, Agone, 2006.

27/10/2012

Quand Valls nous fait danser !

Tract d’AL Brest et du NPA Brest

Quand Valls nous fait danser !

« Les révolutions sortent, non d'un accident, mais de la nécessité. » Victor Hugo
 
Le nouveau président Hollande et son ministre de l’Intérieur Manuel Valls poursuivent la politique de l’UMP, et même la durcissent, notamment sur la question du traitement des personnes étrangères. D’un côté, ils mettent en place les conditions de l’exploitation maximale du plus grand nombre, et n’hésitent pas via un ensemble de politiques libérales à développer l’injustice et l’insécurité sociale. De l’autre, ils s’attaquent résolument à certaines minorités et aux étrangers présentés comme responsables des problèmes sociaux.

Les discriminations pleuvent aujourd’hui sur les demandeurs d’asile et l’ensemble des sans-papiers : racistes et assumées pour certains ou présentées comme inévitables et même raisonnables par ceux qui pensent ainsi couper l’herbe sous les pieds d’une extrême droite qui n’a plus qu’à proposer ses solutions une fois le travail de stigmatisation mâché.

Mais les arguments des uns et des autres méritent un petit démontage : Contre la politique anti-immigrés et anti-sociale du PS, nous répondons : régularisation de tous les sans-papier !

 
 

« Les étrangers volent le travail des Français »

Même des économistes de droite expliquent que c’est faux. Des pays avec peu d’immigrés, comme la Pologne, ont des taux de chômage très élevés, à l’inverse, des pays de forte immigration comme l’Australie, le Canada ou les États-Unis ont des taux de chômage faibles. Par contre, les patrons aiment les sans-papiers parce qu’ils peuvent leur faire du chantage et les sur-exploiter, et faire pression vers le bas sur les salaires. Pour empêcher ce chantage, il faut régulariser les sans papiers afin qu’ils aient les mêmes droits que les autres et mettre fin au pouvoir dictatorial des patrons !

« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde »

Les immigrés rapportent beaucoup plus qu’ils ne coûtent à l’économie française. La contribution aux budgets publics des immigrés est positive, et s’élève en effet à 12 milliards d’euros.

De plus, c’est parfois « la France » elle même qui est responsable de la misère dans certains pays, avec dans l’histoire le colonialisme qui a ravagé les économies et la situation politique du continent africain. Notamment lorsque sa diplomatie s’acoquine avec des régimes despotiques, dans le cadre de la Françafrique, pour permettre à certaines entreprises françaises de piller les ressources du pays comme Aréva au Niger.

Ne pas accepter l’immigration des populations flouées, c’est les voler deux fois ! Pour en finir avec cette hypocrisie, il faut lutter contre l’impérialisme français dans un premier temps et militer pour l’annulation de la dette des pays du tiers-monde. Il s’agit de mieux répartir les richesses et ce au niveau mondial. Notre positionnement est internationaliste et passe par un soutien clair au droit à la libre circulation des peuples qui sont libres d’habiter et de circuler là où ils et elles le désirent, indépendamment de leurs origines et des conjonctures économiques.

« Permettre l’immigration, c’est permettre aux passeurs de faire du trafic d’être humain »

Les motivations des immigrés fuyant des pays pauvres ou en guerre, notamment les personnes issues des pays d’Europe de l’Est ou d’Afrique, sont généralement liées à des nécessités économiques. Si la situation était vivable dans leur pays, ils ne feraient pas en effet des milliers de kilomètres parfois au péril de leur vie !

Refuser leur accueil au prétexte que des réseaux mafieux en profitent revient encore une fois à faire porter les conséquences des injustices sur les plus pauvres ! Il faut démanteler les réseaux mafieux qui s’engraissent sur la misère, et déconstruire le discours ambiant, selon lequel la crise ferait qu’il n’y a plus d’argent en France : les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits record cette année et il n’y a jamais eu plus d’argent que maintenant dans les caisses du patronat ! Les richesses sont là, largement assez pour loger et nourrir les français comme immigrés !

Et des actions !

A Brest, la lutte principale actuelle consiste à obtenir l’hébergement des demandeurs d’asile pendant la période de leur procédure, puisque ces populations aujourd’hui sont tout simplement laissées à la rue par les institutions de l’Etat, qui est hors-la-loi..

Ces pratiques nauséabondes reviennent à refuser le droit d’asile sans clairement le dire puisque tous les migrants ne peuvent supporter ces conditions de vie imposées par l’État, où la souffrance psychologique est extrême. Après avoir occupé des bâtiments publics, des militant(e)s et des migrants ont réquisitionné publiquement une habitation.

Des liens se tissent entre militants à l’échelle régionale et nationale car cette situation n’est pas isolée. Les demandeurs d’asile sont en situation régulière et nous appelons la population de Brest à rejoindre et à soutenir leur lutte !

Beaucoup de choses sont à construire mais il convient au minimum de faire connaître la situation économique, la situation politique des pays étrangers et la responsabilité de l’Etat et du patronat français dans ces situations pour répondre aux arguments des nationalistes de toute sorte.

Contacts : brest@alternativelibertaire.orgbrest.npa@gmail.com

 
 

En savoir plus : manuels valls, surveillance, l'idéologie sécuritaire, tolérance zero, alain bauer, les marchands de la peur , consortium de la peur, globalia, jc ruffin, police, répression, banlieue, france, vidéosurveillance, profits

 
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