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30/04/2016

"A la manif parmi les casseurs. Témoignage."

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a photo de Thibault Delferiere.
 Photo de Thibault Delferiere.
 << La France est un pays de flic, à chaque coin de rue y'en a 100, pour faire régner l'ordre public ils assassinent impunément >>. Il est loin ce texte mais plus que jamais d'actualité ; toutes ces agressions de manifestants et étudiants, et surtout les meurtres des Zyed, Bouna, Rémi, Amine et centaines d'autres victimes devraient faire fermer la grande gueule moisie d'un Renaud devenu indigne de son époque comme de son passé.
 LE BILLET DE FRANÇOIS MOREL Le billet de Francois Morel sur Renault

 Dans une photo à l’album Contre la loi travail, 2016."Ils cessent d'être des hommes pour devenir des soldats, ce sont des automates enrégimentés, numérotés et poussés par une volonté qui leur est étrangère." Mikhail Bakounine

 
 

Combien de crânes ouverts et autres blessures graves, d’hospitalisations comme de points de suture, de tirs de flashballs, d’insultes, de menaces, d’arrestations jusque devant les lycées, de gardes à vue et de procès, avant que nous ne cessions de tolérer cela ? Combien de Malik Oussekine, combien de Rémi Fraisse, finiront-ils par s’autoriser, combien d’Amine Bentounsi, de Zyed Benna, de Bouna Traoré et de violences policières quotidiennes dans les quartiers populaires surviendront encore, si nous ne mettons pas un terme à cette mécanique aussi sinistre qu’indigne ?

Une telle violence exprime bel et bien l’infini mépris à l’égard de ces jeunes que François Hollande avait prétendu mettre au cœur de son mandat" Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable LIBERATION.FR

 

 

Le témoignage d'une infirmière en manif le 28 avril à Paris Manif de jeudi : « J’allais d’urgence en urgence » Aline *, jeune infirmière présente à la Nuit Debout, a vu de près les nombreux blessés de la manifestation du jeudi 28 avril. Une trentaine de personnes étaient mobilisées pour soigner les blessés … GAZETTEDEBOUT.ORG

 
 

 A la manif parmi les casseurs. Témoignage.

J’ai pensé à Renaud, Renaud le mec d’aujourd’hui tout attendri pour un flic qui pleure. Moi aussi j’ai vu un flic pleurer. Je vous raconterai. Et puis moi aussi j’ai pleuré mais je ne laisserai le mystère : j’ai pris du gaz plein la gueule, les yeux, la gorge. 3 fois !
 
J’ai tout vu, pont d’Austerlitz, j’étais devant sur le trottoir face aux “black block”. J’étais là parce que j’ai retrouvé 3 mecs supers ! Je les avais connu sales mômes à l’adolescence. Des mômes de banlieue, de Villetaneuse, chiant et attachants. Maintenant ce sont de super trentenaires et ils participent à la révolte de la jeunesse. Vraiment des mecs bien, des mecs conscients... Et donc, ils m’entrainent devant.
 
Les “black block” sont une cinquantaine et paraissent très jeunes pour la majorité. Ils ont des slogans pas sympas pour la “flicaille”, ça c’est sûr mais jusqu’au pont d’Austerlitz rien de plus grave. Autour, à quelques pas, autant de policiers (CRS, Gendarmes ? oublié de vérifier) bien casqués. Et puis ceux en civil (une bonne dizaine). Pourquoi en civil alors qu’ils ont tous le même sac à dos, un casque léger dès que ça chauffe ? Et puis quelques autres flics en civil, plus discrets avec des autocollants syndicaux mais une proximité et une attitude qui fait qu’ils sont vite repérés.
 
Jusqu’au pont d’Austerlitz, pas de casse, nada... Pourtant la tension est forte, la police est à 2 pas des “black block”. Et au pont tout dégénère. La police entre dans la manif, lâche les gaz, un nuage. La baston peut commencer.
 
Saloperie de gaz ! Qu’est-ce que ça pique cette saloperie ! D’abord les yeux, puis la gorge lorsque j’ai parlé pour expliquer à une personne qu’elle devait rebrousser chemin, ça devenait irrespirable. Plein de monde sort les masques (papier, tissus, quelques uns plus sophistiqués). Les lunettes de piscine, de ski sont géniales, j’ai regretté de ne pas en avoir). Je croise une inconnue qui me pulvérise un liquide dans les yeux (j’ai oublié de lui dire merci, elle en méritait 1000 !)
 
Quel ordre ont reçu les flics ? C’est infâme. Ca ne peut qu’être volontaire. Sûr, ça plombe l’ambiance de la manif ! C’était le premier but. La manipulation des infos également. BFM s’est régalé. Mais ce n’est pas fini. Ce n’était que le premier gazage.
 
Enfin on passe le pont. On a fait peut être 100m et blocage à nouveau. Blocage devant. Blocage sur les côtés avec interdiction de passer (pour quelle raison de sécurité ?). Et blocage derrière à nouveau sur le pont. Derrière ça pète fort. Grenade assourdissantes, nuage de gaz. Et nous dans la sourricière. C’était prévu, j’avais vu les flics mettre le masque à gaz. J’avais cherché un abri. A ce moment j’étais avec un vieil ami, ancien prof de fac, 70 ans. Il n’y a pas d’âge pour prendre sa dose de gaz. J’ai eu peur pour lui.
Et la colère prend ce vieil ami. Il va invectiver ces flics en armure, ces hommes aux ordres de la honte. Il y a de la colère, plein de colère. Et arrive d’autres hommes, eux aussi les cheveux gris, eux aussi de l’âge avancé. Et là, comme ça, se crie notre écoeurement, notre indignation. Je me souviens avoir dit que c’était une honte pour la République, que le flic français qui avait arrêté mon père pour les nazis était leur digne père. Et purée, surprise, ils étaient mal ces flics, que ce qu’ils faisaient était une honte pour leur uniforme. Oui, mal. Il restait un peu de conscience humaine sous ces têtes casquées. Le plus jeune ne pouvait plus nous regarder. Il montrait une réelle émotion. J’ai vu des tarés après, bien heureux de montrer leur virile force, leur mépris... Mais ce n’est pas tous...
 
Et la manif reprend. Il fallait en vouloir, être décidé. On repart. On arrive place de la Nation. Je ne me souviens plus pourquoi mais je ne suis plus tout à fait dans la tête de la manif. Quelques traces ici aussi des échauffourées mais les musiques retentissent, les tam tam et les danses de fin de manif qui annoncent que la place va rester à la manif encore un bout de temps. Il fait soleil et beaucoup de monde est assis autour de la place. C’est agréable. La rue vers l’hopital des Diaconesses est bloquée par la Police mais nous n’y faisons pas attention. Je m’assois également et je rédige quelques commentaires destinés à ma page Facebook. Les manifestants de Sud Rail arrivent. Je regarde si mon voisin s’y trouve. Et là, tout d’un coup, une pluie de grenades. Ca fume de partout autour de moi, autour de nous. Pourquoi cet énorme déclenchement ? Il y avait encore des manifestants qui passaient entre la Police et la place. Ca ne laissait pas beaucoup de possibilité de provoquer les flics ! Du gaz partout. Il faut se tirer, marcher, et les yeux brulent et ne demandent qu’à se fermer. Vers la statue centrale c’est un peu moins exposé. Un type doit calmer ses chiens et leur met un vêtement sur la tête. Il y a des gamins parmi nous... Des gamins ! Leurs parents se croyaient dans un pays libre... Je vois des jeunes, lunettes et écharpes sur la bouche, donner des coups de pieds dans les grenades de gaz (petites, plates et lachant leurs gaz au milieu de nous).
 
Ces attaques à la grenade sont coordonnées. Je découvre du centre que toutes les rues sont barrées par la police casquée. Et voila qu’à tour de rôle ça part de toutes les issues (sauf la rue de l’arrivée de la manif par où je finirai par repartir). Et j’ai vu des CRS sourire, méprisants devant nos galères à sortir de cet enfermement. J’ai vu un jeune homme (la trentaine) protester de ne pouvoir passer pour partir et ce faire alpaguer comme pas possible : projeté contre un mur, insulté. Courageux homme qui ne lâche pas, que j’entends crier “vas y frappe, j’ai pas peur. Frappe”... Malaise. Ce n’est pas prévu dans les manuels de CRS qu’un type est pret à se faire frapper pour garder sa dignité... Je reste à regarder, s’il faut témoigner. Je cris juste “c’est une honte”... Au bout d’un temps qui me parait très long, le type peut partir libre.
 
Je veux prendre le Métro. Les grilles sont tirées ! Impossible ! Les premiers crient “collabos”. Dedans aussi des manifestants protestent. Dégueulasse !
 
Hé Renaud, arrête de chialer avec un flic. En tout cas pas quand il est en uniforme, pas quand il est aux ordres. Seulement lorsqu’il redevient homme.
 
 
 
 

[VIDEO] A la mairie d’Amiens, des manifestants contre la loi travail violemment évacués par la police

Ils étaient plus de 200 à occuper une salle de la mairie d’Amiens ce jeudi 28 avril après la manifestation contre la loi travail. Etudiants, travailleurs, intermittents : ceux-ci voulaient avoir une salle de ce qu’il considère devoir être la « Maison du Peuple ». La maire de la ville a alors rapidement fait appel aux CRS qui sont intervenus moins de 4h après l’occupation. Une évacuation violente, comme en témoigne la vidéo ci-dessous où l’on dénombre plusieurs blessés : un bras cassé, un nez cassé, des points de suture sur le crâne et beaucoup de bleus sur les corps. Les forces de répression ont également dégradé la salle, ce pourquoi la maire cherche à faire poursuivre les occupants. Petite leçon de « démocratie locale » en images.

Lire le communiqué du Comité de Mobilisation des Jeunes d’Amiens : 

propos dans  l’article  de erge Grossvak : l’article de Serge Grossvak.le 28/04/2016 avec un gout persistant de gaz dans la gorge.
A la manif parmi les casseurs. Témoignage.
 

APRÈS LES BRUTALITÉS POLICIÈRES, VOICI LA RÉPRESSION !

Les manifestations du 1er mai ont été l'occasion pour le pouvoir dirigeant les forces de l'ordre de passer un cap dans l'intimidation des manifestants en coupant délibéremment le cortège parisien.

Après les violences policières voici maintenant offciellement la répression ! L'heure est à la défense de la liberté d'expression et du droit de contestation au pays des Droits de l'Homme !

ne tiendrait pas sur un drapeau.

Donc en conclusion des violences policière  un lien"Maintenant, je sais que les "forces de l'ordre" ne sont pas et ne seront jamais nos alliées !"  REBELLYON.INFO

 

Et nous n'avons pas oublié les tas d'urgences !!

 pour éviter toutes récupérations,pas de drapeaux,pas de leader...on a pas besoin de "représentants" car il n'y a pas à négocier...retrait de cette loi,et c'est tout...et tout ceux qui essaieront d'en tirer une gloire,de la notoriété ou même du fric ne sont pas nos amis...

 LA CONVERGENCE C'EST MAINTENANT !

A l'issue des manifestations du 28 avril, Nuit Debout a convié les syndicats à leur assemblée générale sur le thème de la loi Travail et de la convergence entre les mouvements, coordinations, travailleurs en lutte, organisations syndicales…

L'occasion pour Info'Com-CGT et la CNT de prendre la parole et de proposer une veritable jonction, dans le respect des identités et pratiques de chacun, afin d'élargir la mobilisation pour obtenir le retrait de la Loi Travail. Lire notre déclaration ici : http://goo.gl/W9crNI

 
CNT Région Parisienne a ajouté une vidéo : Convergence des luttes_Nuit Debout

Intervention de la CNT le 28 avril 2016 dans le cadre de la convergence des luttes, syndicats et mouvement Nuit debout

A partir de 17h. Soirée à prix libre. Les bénéfices permettront de soutenir les victimes de la répression des mouvements sociaux en cours.
PARIS-LUTTES.INFO
 

A Montpellier, la mobilisation lycéenne continue malgré la nouvelle stratégie policière
Annoncée massivement sur les réseaux sociaux, cette nouvelle journée de mobilisation lycéenne contre la Loi Travail a fait les frais d'une nouvelle stratégie policière, visant davantage à l 'étouffement du mouvement à la racine plutôt qu'à la répression des manifestations. En utilisant à leur tour les réseaux sociaux pour surveiller et empêcher les lycéens de bloquer leur établissement, la police espère atteindre durablement la détermination de celles et ceux qui luttent contre la misère sociale. En réalité, la détermination est restée intacte. Désormais, le mouvement lycéen doit prendre des formes plus spontanées et plus imprévisibles pour non seulement perdurer, mais aussi pour se développer et monter en puissance.

 la publication de Nova Claire Lee. ' Une réussite cette action matinale
 
 
 
A lire aussi :
 
un lienJeunesse, où en est la mobilisation ? / France Inter Plus de mois après les premières mobilisations des Lycéens et étudiants, où en est la jeunesse française ?FRANCEINTER.FR
A Montpellier, la mobilisation lycéenne continue malgré la nouvelle stratégie policière Publié le | 2 Commentaires
Révoltes urbaines, au-delà des préjugés! , "Le meilleur des monde"BLACK BLOCK RIOT L'indigné Révolté

Ce n'est pas le cas voir l'inverse qui se passeLes forçats de l’intérim / France Inter L'inversion de la courbe du chômage, voulue par François Hollande, ne vient pas. Mais il y a une forme d'emploi qui est repartie fortement à la hausse depuis un an, après quelques années de baisse, c'est l'intérim. Faut-il s'en réjouir ? FRANCEINTER.FR

 
la vidéo de Nantes Révoltée."Que s'est-il passé le 28 avril à Nantes ?a publication de Julien Salingue.
 
 

J'hésite à y aller. La cause est noble, mais malheureusement le même jour il y a déjà la grande marche du Medef contre la pauvreté, le pique-nique Monsanto contre les OGM, et le meeting de Bolloré contre la Françafrique. Difficile de choisir...

 
la photo de Rebellyon. Aujourd'hui dans les médias on ne parle que de flics blessés. Hier, dans la rue, ce n'est pas ce que nous avons vécu. un lienVIDEO. Des policiers frappent des manifestants en marge du cortège parisien Dans une vidéo, un photographe indépendant montre de nouvelles violences…Partager MSN.COM
 
 
la photo de Cécile Chiummo.Merci de m'accepter dans ce groupe. Je suis bouleversée, révoltée !!! Voici le résultat de la Manif d'aujourd'hui à Marseille : Hector l'ami de ma fille a reçu un flash ball de la police sur le Bld Baille !!! Les flics s'en prennent à des gamins de 15 ans !!! Il devait voir un médecin cet après-midi avec son père. Je vous tiendrai au courant.

 

Révoltes urbaines, au-delà des préjugés (La tentation de l'émeute + Les raisons de la colère) Quand les déshérités ou héritiers de la misère laissent exploser leur colère.

la publication de Prenez le Pouvoir : Des violences et des provocations policières ont été signalées dans toute la France. Il s'agit d'une tentative de briser le mouvement contre la loi El-Khomri, en traitant les militants et les manifestants comme des délinquants. Les manifestations et les rassemblements de la classe ouvrière et de la jeunesse ne doivent pas se laisser intimider par cette répression et doivent s'organiser pour résister aux provocations de la police ou de tout autre agresseur !
la photo de A.C.A.B :  la publication de Rebellyon .

en France."La Domination policière - Mathieu Rigouste  L-INDIGNE.SKYROCK.COM|PAR L-INDIGNE

La domination policière. Une violence industrielle. La domination policière. Une violence…
YOUTUBE.COM
 

En ce moment sur France Inter :Autogestion et vigilance citoyenne / France Inter FRANCEINTER.FR

 
 Violence policière contre la révolution : Mai 68 : 10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire : citoyen actif : Très bon article de Serge Halimi, surtout après le désarroi de la gauche ( PS) après le scandale de DSK.  10 mai 1981, triste anniversaire ( source monde diplomatique)
Doc Extrait 1981 2012 des Nanterre aux Voltaire DES « NANTERRE » AUX « VOLTAIRE » Ou… YOUTUBE.COM
 

02/04/2016

Les lanceurs d'alerte bientôt protégés par la loi française ?

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Le 21 décembre 2013, place de la République, lancement de la campagne municipale du Parti Pirate qui organise un happening en l'honneur des lanceurs d'alerte.

Citizenfour est un film documentaire réalisé par Laura Poitras, sorti en 2014. Il traite des révélations d'Edward Snowden sur le scandale d'espionnage mondial de la NSA. Wikipédia Home | CITIZENFOUR Citizenfour Official Trailer 1 (2014) - Edward Snowden ... 

Citizenfour, aux origines de l'affaire Snowden

Première sortie : 24 octobre 2014 (États-Unis)
Une proposition dans la loi Sapin 2 pourrait aboutir à la création d'un statut pour protéger juridiquement et financièrement les lanceurs d’alerte, mais aussi leurs cibles.

Le Snowden français qui sommeille quelque part pourra-t-il sortir du bois si la mesure est adoptée ? Proposé en Conseil des ministres mercredi 30 mars 2016 et devant l’Assemblée nationale d’ici fin mai ou début juin, un amendement à loi Sapin 2 sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique propose la création d’un statut qui protégerait les lanceurs d’alerte. C’est une nouvelle Agence nationale de prévention et de détection de la corruption, crééead hoc, qui s’en chargerait.

De l’aveu de Michel Sapin, la France et le monde doivent beaucoup à ces « whistleblowers » : « Beaucoup de scandales récents n’auraient pas éclaté sans le courage des lanceurs d’alerte. Hélas, certains en payent lourdement les conséquences dans leur vie professionnelle et privée », a expliqué le ministre des Finances.

Si la proposition est adoptée, les lanceurs d'alerte bénéficieraient enfin d'une définition de leur rôle. UnJulian Assange hexagonal ou les émules d’Hervé Falciani (à l’origine des Swissleaks de la banque HSBC) ou d’Antoine Deltour (le scandale LuxLeaks) seraient ainsi protégés par un « statut unique » qui viendrait les aider à se défendre. Cette couverture officielle et juridique viserait à informer ces lanceurs d’alerte (notamment avec des canaux sécurisés mis en place), protéger leur anonymat et aussi à financer les frais de justice « s’ils doivent se défendre contre des attaques ou sanctions injustifiées ». De son côté, celui qui ferait l'objet d'une alerte infondée serait, lui aussi, défendu par la loi.

Un dispositif à compléter pour des personnes ostracisées

Cet amendement renforcerait un dispositif dont les contours étaient jusqu'alors assez flous. Six lois ont été adoptées entre 2007 et 2015 à propos de l’alerte, créant un statut sommaire et inégal de « whistleblower ». Celui-ci diffère en fonction de la nature de l’alerte donnée (corruption, santé publique et environnement, conflits d’intérêts, crimes et délits ou renseignement). Aucune catégorie n’offrait les mêmes droits aux empêcheurs de tourner en rond. La loi Sapin 2 harmoniserait les différentes dispositions afin de mieux protéger ces lanceurs d’alerte… sans pour autant couvrir entièrement le problème. En effet, l’agence mise en place dépendrait de l’autorité des ministères de la Justice et du Budget, ce qui n’est pas la preuve d’une « réelle indépendance » selon Nicole-Marie Meyer, de Transparency International France, association qui se bat pour plus de transparence dans la vie publique et contre la corruption. Mais aussi parce qu’une fois l'attention autour de l’alerte retombée, les lanceurs très médiatisés se retrouvent parfois ostracisés pour avoir parlé.

C'est le cas de Stéphanie Gibaud, qui révéla en 2008 les mécanismes d’évasion fiscale mis en place par son employeur, la banque UBS. Dans un billet de blog sur Mediapart, elle explique qu’après avoir permis à l’admistration française d’être alertée sur les milliards d'euros qui lui échappaient, rien n’a été fait pour la soutenir. « Contrairement à Edward Snowden en asile à Moscou, à Julian Assange réfugié à l'Ambassade de l'Equateur à Londres ou encore à Chelsea Manning emprisonnée trente-cinq années pour avoir parlé, j'ai le droit de circuler, je suis libre de mes mouvements. Mais pour avoir parlé, je n'ai plus le droit d'être une femme ni une mère comme les autres. La sanction est invisible mais bien réelle : sans revenus, je suis amenée par la précarité à une mort lente et douloureuse », écrit celle qui est, selon le titre de son billet, « obligée de quitter [s]on appartement ». C’est pourquoi elle avait écrit à Bercy, avec son ancien collègue d’alerte à UBS Nicolas Forisser et Hervé Falciani, maître-chanteur devenu « whistleblower », pour demander au ministère d’envisager un paiement au nom des « services considérables qu'ils ont rendu à l'État français ».

« C'est un dispositif qui se veut exemplaire », a promis Michel Sapin dans le JDD…. Il devrait permettre de rattraper le retard pris par la France après plusieurs réculades. Ainsi en juin dernier, lors des débats autour de la loi renseignement, l'amendement qui prévoyait que l'agent d’un service de renseignement témoin de dérives puisse les signaler à une commission, y compris à l’aide de documents classifiés, avait fait long feu. Comme l’expliquait Le Monde, l’alinéa en question a été édulcoré à la dernière minute : un agent lanceur d'alerte ne peut à l'heure actuelle divulguer d’informations classifiées. Il lui est donc impossible de lancer de grandes alertes, puisqu’elles seraient sans preuve. Il faut espérer que le texte de la loi Sapin 2, prévoyant enfin un début de statut pour les lanceurs d'alerte en France, garde sa substantifique moelle, faute de quoi il risque de devenir une autre coquille vide.

Les lanceurs d'alerte bientôt protégés par la loi française ? Loi Sapin 2 | Une proposition dans la loi Sapin 2 pourrait aboutir à la création d'un statut pour protéger juridiquement et financièrement les lanceurs d’alerte, mais aussi leurs cibles.

[PDF]protection des lanceurs d'alerte - Conseil de l'Europe

« Citizenfour », la surveillance en chair et en os - Rue89 - L ...

Articles de l-indigne taggés "surveillés" - l'indigné Révolté- Skyrock ...

20/03/2016

: Frontières : la grande illusion ?

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 "La République peut accorder l'asile à qui elle veut ! C'est une pure question politique", Anicet Le Pors Entretien | L'actuelle crise des migrants met crûment en évidence les failles dans l'application du droit d'asile en Europe. L'analyse d'Anicet Le Pors, juge à la Cour nationale du droit d'asil.

 
A Ásotthalom (Hongrie ), le 31 août 2015, des barbelés sont installés sur la frontière avec la Serbie.

 

Dans Les Marchands de la ,peur Altman ( Alain Bauer)  : Je regrette de vous dire que non. Les riches sont bien pauvres en la matière. La peur est rare, voyez vous. La vraie peur, celle que l'on peu s'identifier, celle qui vous frôle au point de vous cure la peau, celle qui entre dans la mémoire et y tourne en boucle toute la nuit. Et pourtant cette idée là est vitale. Dans nos société de liberté, c'est la seule chose qui fait tenir les gens ensemble. Sans menace, sans ennemi, sans peur, pourquoi voudriez vous obéir, pourquoi travailler, pourquoi accepter des ordres ? Croyez moi un bonne ennemi est la clé de voute d'une société équilibré. Cette ennemi là, nous n'en avons plus » .Dans l'express intitulé : « Comment les Etats-Unis ont tué Ben Laden - L'Express  . Les attentats, vous savez sans ennemi. L'essentiel n'est pas là. Il ne suffit pas que se perpétuent des formes de la tragédie, il nous faut des héros pour les interpréter.
 
Dans l'émission du lundi 20 juillet 2015, selon 
Bernard Cazeneuve : "Il faut des contrôles systématiques aux frontières" 

 
L'actuelle crise des migrants met crûment en évidence les failles dans l'application du droit d'asile en Europe. L'analyse d'Anicet Le Pors, ancien ministre, président fondateur de l'Association française des juges de l'asile, qui plaide pour une redéfinition de ce principe au niveau international.

Devant l'afflux de réfugiés aux portes de l'Europe, la notion de droit d'asile est violemment questionnée. D'où vient-elle ? Comment s'applique-t-elle ? Pourquoi l'Allemagne est-elle la seule à tenir un discours d'ouverture ? Quel avenir pour ce droit d'asile ? Les réponses d'Anicet Le Pors, juge à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) de 2001 à 2014, et président fondateur de l’Association française des juges de l’asile (AFJA).

Rappelez-nous les grands principes et fondements du droit d'asile ?

L'asile est accordé sur la base de l'article 1 de la Convention de Genève du 25 juillet 1951 : « Le terme “réfugié” s'appliquera à toute personne (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Cette protection comporte un élément subjectif (« craignant ») et un élément objectif (« avec raison »), et donne droit à un titre de séjour de dix ans.

Nous avons aussi un texte purement français : notre Constitution, dans son article 53-1, stipule que « La République peut conclure avec les Etats européens qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière d'asile (...), des accords déterminant leurs compétences respectives pour l'examen des demandes d'asile qui leur sont présentées. (…) Les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. » C'est donc très clair : la République peut accorder l’asile à qui elle veut ! Il s'agit d'une pure question politique. Quand les autorités françaises ont accueilli Khomeiny ou Jean-Claude Duvalier (ancien président d'Haïti), elles ne s'en sont pas justifiées ...

Certains (comme Alain Juppé mardi sur France Inter), soutiennent que de nombreux demandeurs d'asile sont en réalité des migrants économiques déguisés…

Cette assertion n’a pas lieu d’être. Qui peut penser qu’un demandeur politique n’est pas, en même temps, privé de ressources et d’une vie normale ? Et dans un pays soumis à un despote, la privation de droits économiques et la violence de l’exploitation peuvent bien aussi s’apparenter à une persécution. Il existe encore des situations d’esclavage dans le monde. Il est donc tout à fait hasardeux de faire à ce sujet une distinction radicale.

 

Le 31 août 2015, plus de 2 500 réfugiés en provenance de Syrie arrivent au port du Pirée, à Athènes, depuis l'île grecque de Mytilène par le ferry Eleftherios Venizellos.

 

 

 

Estimez-vous que le droit d'asile devrait faire l'objet d'une mise en œuvre massive pour les migrants qui se pressent aux portes de l'Europe ?

Oui, et le droit positif existant ne s’oppose en rien à un tel accueil puisque celui-ci relève avant tout d'une question de volonté politique. La globalisation, la mondialisation impliquent l’interdépendance, la coopération, la solidarité. La politique d’asile correspondante doit être celle d’un large accueil. Les pays développés en ont la possibilité : répétons que ces flux, malgré leur importance, ne représentent qu’une très faible proportion des populations des pays d’accueil [moins de 0,1% des 500 millions d'habitants que compte l'Union, NDLR]. N'oublions pas non plus que plus des trois quarts des réfugiés dans le monde se trouvent en Afrique ou en Asie. Jusqu’à présent, l’Europe n’en accueille que 15%...

Comment expliquer les disparités de l'application du droit d'asile dans les différents pays de l'UE  ?

D’abord, les pays européens se sont révélés incapables de mettre en place un régime d’asile européen commun, comme ils l’avaient pourtant prévu et annoncé en 2004. Par exemple, ils ne parviennent même pas à se mettre d’accord sur une liste de « pays d’origine sûrs », où l'on peut renvoyer les personnes dont la demande est rejetée. Ce concept est au demeurant très discutable dans un monde aussi instable. Ensuite, l’Union européenne est en crise comme en attestent de nombreux dossiers d’actualité (Grèce, Ukraine …). Enfin, les différents pays de l’Union n’ont ni les mêmes intérêts, ni les mêmes histoires, ni les mêmes cultures. Cela conduit à des attitudes d’opportunisme, à des réactions nationalistes, à des comportements lâches face à des drames humains de masse.

La Hongrie, en érigeant un mur de barbelés, se met-elle en contradiction avec le droit international ?

Comme je l’ai souligné, la question est avant tout politique et humaine, plus que purement juridique. Cela dit, l’attitude du gouvernement hongrois est en contradiction avec le principe de non-refoulement du demandeur d’asile à la frontière, principe posé par l’article 33 de la Convention de Genève de 1951. Elle contrevient aussi aux différentes déclarations des droits de l’homme existantes et à la Charte des droits fondamentaux de l’UE

 

Que vous inspire le discours volontariste d'Angela Merkel ?

La chancelière allemande est dans une position économique dominante, qu’elle semble aujourd’hui en mesure de traduire sur le terrain politique – on a pu le constater à l’occasion de la crise grecque. L'Allemagne a longtemps fait prévaloir le droit du sang sur le droit du sol, les immigrés accueillis n'ayant pas réellement vocation à « s'intégrer » dans la population native, en particulier par des mariages « mixtes ». On le voit avec l'importante population turque... Le discours d'Angela Merkel est probablement empreint de compassion, mais aussi d'intérêt puisque l’Allemagne dispose d’une population nombreuse mais d’une démographie déclinante...

Et la France ?

A l'inverse, l'immigration y a toujours été vue comme devant mener à l'intégration, voire à l'assimilation, c'est-à-dire la fusion complète des populations présentes sur le territoire, quelles que soient leurs origines. Un tel langage d'ouverture est donc sans doute plus difficile à tenir politiquement. Pourtant, c'était à la France de le faire. C'est une véritable occasion manquée. François Hollande et Manuel Valls auraient pu et dû être à l'avant-garde d'un discours compassionnel sous-tendu par un puissant contenu politique, dicté par la tradition française de l'asile, depuis la Déclaration des droits de l'homme de 1789 et la Constitution de 1793 qui stipulait que « le peuple français est l'ami et l'allié naturel des peuples libres (…). Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans. » Oui, l'opinion est réticente, mais c'est cela la politique : être capable au besoin d'agir contre l'opinion. Avec courage.

Diriez-vous comme Bernard Cazeneuve, dans Libération du 2 septembre, que « la France n'a pas failli » ?

En 2012, la France était la première destination des demandeurs d’asile en Europe, seulement derrière les Etats-Unis dans l’ensemble des pays développés. En 2014, elle n’était plus qu’en sixième position, loin derrière l’Allemagne, les Etats-Unis, la Turquie, la Suède et l’Italie. Le nombre des demandeurs a baissé en France, à l’inverse du mouvement général de croissance des demandes. Il conviendrait que le ministre de l’Intérieur d’un gouvernement se réclamant de la gauche s’explique sur l’évolution observée au cours de ce quinquennat ! En tant que juge de l'asile, j’ai constaté à quel point la France garde néanmoins aux yeux de nombre de demandeurs d’asile une réputation de « terre d’asile » et de « pays des droits de l’homme ». Il est dramatique de voir cette tradition se brouiller. Cela devrait interdire en tout cas toute expression de bonne conscience satisfaite.

 

Le 20 mai 2015, à Paris, une centaine de refugiés d'Afrique et du Proche-Orient sont installés sous le métro parisien, boulevard de la Chapelle.

 

 

 

La réforme en cours du droit d'asile en France est elle de nature à apporter des améliorations ?

Elle comporte des aspects positifs (présence d’une personne pouvant conseiller le demandeur lors de son entretien à l’Ofpra, attente réduite de la décision finale, augmentation annoncée du nombre de places d’accueil, etc.). Mais il y a aussi des côtés inquiétants : la réduction des délais paraît impossible dans le respect d’une enquête scrupuleuse ; cette réduction pousse à l’augmentation des décisions prises par un juge unique, ce qui prive le demandeur d'une audition devant une formation collégiale. Il est question de pouvoir répartitir arbitrairement des demandeurs sur le territoire sous menace de supprimer la protection sociale à ceux qui refuseraient, etc. Au total, cette réforme n’est ni suffisante ni satisfaisante.

Le droit d'asile doit-il être redéfini ? Comment voyez-vous son avenir ?
Son expérience est pluriséculaire, et résulte d'évolutions. On est ainsi passé de l’identification d’un lieu d’asile à la protection d’une personne, d’un acte discrétionnaire à une protection juridique internationale. Sans doute faut-il aujourd'hui envisager de nouvelles dispositions juridiques, mais elles n’auront d’effet que si elles sont le fruit de changements de politiques et d’évolution des mentalités. Il faudrait passer, par exemple, d’une politique de sécurisation et de contrôle des flux au droit à l’hospitalité et à la protection de la personne. Revivifier la tradition humaniste de la France.

Changer aussi la mentalité des décisionnaires, fonctionnaires et juges, en rappelant des idées simples : en matière d’asile, la preuve de la persécution n’est exigée par aucun texte, seule compte l’intime conviction du juge ; la décision finalement prise « au nom du peuple français » doit être une décision de justice, sérieuse et humaine, et pas seulement une application sèche et conformiste du droit. Enfin, des contradictions dans le récit des demandeurs ne doivent pas invalider automatiquement leur demande vu le parcours du combattant qui est le leur. C'est la crédibilité du récit dans son ensemble qu’il faut considérer et le doute devrait, au final, bénéficier au demandeur.

Cette crise signifie-t-elle la fin de l'espace Schengen? La fin de l'Europe?

L’espace Schengen n’est pas porteur de vertus par lui même vu l’hétérogénéité de sa composition et certaines règles qui y sont appliquées, comme celle qui oblige à déposer la demande d'asile dans le premier pays d’entrée. C'est sans aucune signification au regard du parcours aléatoire de l’intéressé ! Au cours des vingt dernières années, l’Union européenne a pris les mesures les plus coercitives en matière de droit d’asile (cette obligation de demande dans le premier pays d'entrée, la notion de pays d’origine sûrs, la longue durée de rétention...). Cette crise a le mérite de poser clairement la responsabilité de chaque pays devant cet aspect de la mondialisation. L’Union européenne, qui a démontré son incapacité à mettre en place une politique commune et ne semble pas près d’y parvenir, ne me paraît pas le bon niveau d’analyse et de décision. Il y a aujourd’hui bien plus de raisons qu’en 1951 avec la Convention de Genève de poser le problème au niveau mondial. C’est là sans doute l’un des grands défis du XXIe siècle.

 
 
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