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17/11/2017

Autopsy of a mafia

Il était l'ex-chef de la Mafia : «Toto» Riina est mort

L'ancien chef suprême de Cosa Nostra, Salvatore "Toto" Riina, l'un des parrains les plus redoutés dans l'histoire de la mafia sicilienne, est mort, indiquent des médias italiens. Hier soir, ces mêmes médias expliquaient qu'il était dans le coma.

Mafia. L’ancien chef suprême de Cosa Nostra Toto Riina, mort à l’âge de 87, a été l’un des parrains les plus violents et les plus redoutés de l’histoire de la mafia sicilienne. Salvatore «Toto» Riina, surnommé «La Belva» («le fauve»),et Emprisonné depuis son arrestation en janvier 1993, a fait régner la terreur pendant près de 20 ans en Sicile et au sein de Cosa Nostra, dont il avait pris le contrôle à partir des années 70.

il est surtout connu pour avoir ordonné les meurtres des juges antimafia Giovanni Falcone (1992) et Paolo Borsellino (1993) et pour avoir été l'un des cerveaux des attentats meurtriers de 1993 à Rome, Milan et Florence (10 morts au total).

  

» LIRE AUSSI : L'Italie choquée par la possible libération de l'ancien chef de la Mafia

 Après son arrestation, Toto Riina, également dit "U Curtu" ("le court", un surnom dû à sa petite taille - 1,58 m), avait toujours affirmé être étranger à Cosa Nostra avant de reconnaître implicitement son rôle en 2009.

Cosa Nostra : Autopsy of a mafia - Special Investigation - YouTube,

En Italie, la mort du «parrain des parrains», Toto Riina, attise les convoitises au sein de Cosa Nostra.

Toto Riina sera enterré cette semaine dans le cimetière de sa ville natale de Corleone, à 50 km de Palerme. En secret, sans messe, ni office religieux. «Nous en avons convenu avec le préfet de police. Riina, comme tous les mafieux, était excommunié. Son nom ne sera même pas inscrit sur sa tombe. Hors de question d'en faire un lieu de pèlerinage», explique l'archevêque Mgr Michele Pennisi

 Mafia : Cosa Nostra garde encore un pouvoir de nuisance

Mafia : Cosa Nostra garde encore un pouvoir de nuisance
 

La mafia sicilienne, qui a aujourd'hui renoncé aux exécutions et aux crimes de sang de l'époque Toto Riina, décédé en prison ce vendredi, est devenue beaucoup plus discrète.

Cosa Nostra a aujourd'hui renoncé aux exécutions et aux crimes de sang de l'époque Salvatore «Toto» Riina, mort en prison vendredi à l'âge de 87 ans. La mafia sicilienne est pourtant encore loin d'être brisée, elle s'est seulement faite beaucoup plus discrète. «Il n'y a plus d'homicides, ou ils sont rares», expliquait ainsi récemment à l'AFP Ambrogio Cartosia, procureur ayant travaillé pendant plus de 20 ans au pôle antimafia.

«Il me semble que la mafia est bien plus présente qu'avant dans les structures politiques, elle a repris le contrôle du territoire. Elle agit d'une manière différente. Moins militaire, moins sanguinaire, mais très efficace», a ajouté ce procureur.

» LIRE AUSSI - Le défi des patrons siciliens à la crise et à la Mafia

Cosa Nostra, la plus ancienne organisation mafieuse de l'île, reste bien implanté en Sicile. En témoigne, l'assassinat à Palerme en mai dernier de deux balles dans la tête de l'un de ses dirigeants, Giuseppe Dainotti. Les carabiniers mènent encore régulièrement des coups de filet contre l'organisation. Le dernier remonte à février avec la saisie de quatre sociétés oléicoles siciliennes, venant rappeler la solide mainmise des mafias sur le secteur agroalimentaire en Italie. Le principal syndicat agricole de la péninsule évalue d'ailleurs l'activité mafieuse à 16 milliards d'euros par an dans ce domaine. Quelques mois plus tôt en décembre, onze membres présumés de Cosa Nostra étaient arrêtés et trois entreprises en lien avec Cosa Nostra confisquées.

La très redoutée Ndrangheta

La seule photo connue de Matteo Messina Denaro remonte au début des années 1990.

L'organisation fonctionne sur une structure pyramidale. Le «super boss» Matteo Messina Denaro, 54 ans, est aujourd'hui considéré comme le successeur des deux grands chefs historiques de Cosa Nostra, nés dans le village de Corleone: «Toto» Riina et Bernardo Provenzano, arrêté en 2006 et décédé un an plus tôt. Originaire de la province de Trapani, dans l'ouest de la Sicile, Matteo Messina Denaro est en cavale depuis 23 ans, accusé d'association de type mafieux, homicide, massacre, détention de matériel explosif et vol. Son nom figure sur une liste des six personnes les plus dangereuses d'Italie. La seule photo connue de lui remonte au début des années 1990.

» LIRE AUSSI - Les tourments des femmes de la Ndrangheta

Seulement, dans le reste du pays, la très redoutée mafia calabraise est réputée avoir supplanté le clan des Corleone qui régnait sur le milieu dans les années 1990. La Ndrangheta, qui tire son nom du grec ancien «courage», passe pour avoir surpassé les mafias sicilienne et napolitaine grâce au trafic de cocaïne d'Amérique latine. Basée sur une structure très familiale, elle est surtout implantée en Calabre mais elle est également influente dans le nord de la péninsule. L'organisation est soupçonnée de compter plusieurs centaines de clans et d'être active dans une trentaine de pays. En juillet dernier, une opération de police italienne visait 116 de ses membres présumés.

A voir Mafia Sicilienne , Corleone la guerre des Parrains - Le Doc 2016

Deux autres organisations mafieuses viennent compléter ce tableau: la Camorra basée à Naples et la Sacra Corona Unita depuis les Pouilles.

 

 Cosa Nostra : Autopsie dune mafia - Spécial Investigation - Dailymotion

 n Berlusconi et la mafia scandales à l'italienne - documentaire 2016 HD

Mafia : Cosa Nostra garde encore un pouvoir de nuisance Par   Publié

TV : « Berlusconi et la Mafia, scandales à l'italienne » - Le Monde

Les relations entre Silvio Berlusconi et la mafia - RFI

16/11/2017

Solitude volontaire

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rpst d aujourdhui : https://www.youtube.com/watch?v=zaHXdG_jvJ8


" A vouloir vivre avec son temps, on meurt avec son époque" - Henri Beyle dit stendale
 
 

 

n L'actualité passe tellement vite de nos jours, si tu vas te chercher une bière au frigo tu rates une guerre!


Brève de comptoir

 

Dans un monde saturé de stimuli où la publicité, la consommation, la télévision, des technologies toujours plus nombreuses et invasives... nous invitent à vivre en mode "présent", comment penser l'avenir ? Comment cette urgence normalisée s'est imposée ? Quelle conséquence a-t-elle sur notre façon de vivre et d'être ensemble, sur notre environnement, sur notre planète ?

Traitée de "pute", de "boloss" : Marion, 13 ans, s'est suicidée

La terrible histoire de Marion, insultée au collège et sur Facebook, poussée au suicide, est devenue un symbole du harcèlement scolaire. 


Silence encore quand Nora Fraisse, soudain prise de panique, est rentrée précipitamment chez elle vers 13h30, laissant la voiture en marche avec ses petits à l'intérieur. Elle hurlait. "Marion, Marion !" La porte de sa chambre était bloquée. Nora Fraisse l'a poussée violemment et découvert son enfant pendue par un foulard au portemanteau. Une fois détaché, le corps frêle est tombé. La mère, en ligne avec les médecins du Samu, a tenté de ranimer sa fille. En vain. Marion, 13 ans, est morte, le 13 février 2013.
 
"Ma vie a basculé. Et personne ne l'a compris" : Parle. - Court-métrage sur le harcèlement scolaire : 
HARCELEMENT FATAL. histoire vraie. film complet en VF. 1993 - Abusé(e) - Film - (Violences scolaires, harcèlement...)Un Jeu soit disant marrant - court métrage harcèlement Collège Périers


 

Court Métrage - Solitude

Des tableaux ironiques pour distinguer drague et harcèlement Voir l'image sur Twitter , Le harcèlement sexuel au travail, on en est où ? Le Moment Meurice

 

 La solitude moderne

Voici un livre qui se propose de parler de la solitude en parlant de la société ; un livre qui précise ce que signifie le fait d’aimer être seul ; un livre qui s’adresse au voyageur qui est en nous et sollicite notre sens de la justice ; un livre, enfin, qui nous invite à repenser la solitude volontaire pour y voir d’abord, et avant tout, une expérience de liberté et un ressort critique.

On ne donne aucune recette de bonheur. On ne conseille pas non plus de choisir entre la contemplation et l’action, la sagesse et la politique.

Pour définir un bon usage de la solitude, on se demande plutôt : que fuyons-nous dans le voyage ? Que trouvons-nous dans la solitude ? Que veut dire être à soi ? La société nous suffit-elle ? Quel genre de citoyen est le solitaire ? Peut-on se rendre solidaire quand on est solitaire ? Pourquoi faut-il croire en la nature ?

https://www.facebook.com/flores.magon.5/posts/16977507169...

IDÉES Seul avec tous : “La solitude est un rempart contre l’isolement”
 
Dans son essai, “Solitude volontaire”, le philosophe Olivier Remaud réexamine la pratique de la solitude en la rattachant à volonté de participer à la vie sociale. Seuls et tous ensemble.

A la différence de la “servitude volontaire”, dont La Boétie identifiait en 1574 les pernicieux mécanismes à l’œuvre en chacun des hommes, la solitude volontaire invite à un usage pratique de la liberté et de la critique sociale. “Une expérience de la liberté et un ressort critique” : c’est l’hypothèse que fait le philosophe Olivier Remaud dans son essai Solitude volontaire, réflexion stimulante sur ce besoin de disparaître, souvent associé à un désir de retrait de la vie de la cité, alors même qu’il faudrait le comprendre comme un désir d’inclusion, de participation, simplement décalée, à la communauté humaine. Dans un retournement de la volonté même, la solitude s’oppose à la servitude en ce qu’elle cherche à se prémunir de ses effets cachés : être seul, c’est d’une certaine manière s’accrocher à l’idée de sa liberté.

Se pourrait-il que la solitude volontaire soit une modalité de la vie en société ?”, se demande l’auteur. “Et que cette modalité de la vie en société soit aussi celle qui nous permette de jouir pleinement de la solitude ?” De bout en bout de sa réflexion, Olivier Remaud tire ce fil a priori paradoxal : nous pouvons à la fois vouloir couper avec l’ordre social et ne pas couper avec la présence insistante de la société. Comment lâcher la société et la rattraper quasiment dans un même élan ? En assumant la solitude comme un moment intense mais éphémère, comme la condition de possibilité d’un réinvestissement dans des pratiques collectives.

 
Olivier Remaud, philosophe

Afin d’étayer sa réflexion, l’auteur analyse l’œuvre célèbre d’Henry David Thoreau, Walden, dont on remarquera au passage qu’elle obsède depuis plusieurs années nos contemporains (les essais sur Thoreau se multiplient, comme un indice de la réactivation de sa légende). Comme si la pensée cosmique, quasi mystique et libertaire de Thoreau résonnait plus que jamais dans une époque travaillée par le motif de la fuite, de la remise en cause des logiques sociales rigides, d’une utopie écologique, d’un désir partagé de rejoindre une cabane dans les bois, loin du tumulte harassant du monde social.

Thoreau et la solitude, “une fiction utile”

Mais, ce qu’Olivier Remaud met parfaitement en lumière, c’est combien la pensée de Thoreau est plus ambivalente qu’on ne le dit souvent : le modèle que le philosophe américain du XIXe siècle défend est autant celui d’une vie déconnectée que celui d’une vie connectée. C’est dans cet entre-deux, plutôt que dans une opposition frontale entre deux modes de vie, que la puissance de sa pensée se déploie. Car s’il quitte en 1845 sa ville, Concord, pour s’installer dans une cabane perdue dans les bois, si l’écrivain est devenu le symbole de l’ascète, une sorte d’ermite légendaire, il ne faut pas oublier que la solitude de Thoreau relevait au fond d’une pure mise en scène.

Il faut prendre au sérieux la feinte de Thoreau”, estime Olivier Remaud. “Sa feinte n’est pas une tromperie ; c’est un dispositif de la volonté, une dramaturgie du pas de côté“ ? En rejoignant une cabane, il s’éloigne certes de la société, mais sans couper avec elle. “Dans sa cabane, il mûrit son esprit et clarifie ses opinions ; il regarde le monde qui l’entoure ; il s’approche des objets, des expériences, des idées ; sa solitude est une fiction utile”, estime Remaud.

Henry David Thoreau, auteur de Walden

Le solitaire ne se coupe jamais vraiment de la société

Thoreau n’accomplit donc aucun tour du monde. Il se contente de faire un pas de côté dans la forêt la plus proche de chez lui. Walden n’est que “le récit d’un sédentaire qui désapprouve l’hystérie du voyage”, un peu comme Claude Lévi-Strauss, anthropologue voyageur qui n’aimait pas les voyages et les explorateurs. “Mais le résultat est le même”, explique Remaud. Rompant avec ses habitudes, se tournant vers ses espaces intérieurs, Thoreau “propose à ses concitoyens de se considérer comme des étrangers dans leur contrée et d’adopter l’esprit d’un voyageur qui ne voyage pas”.

Une hygiène de l’esprit

Sous influence de Thoreau, la grande idée qui traverse Solitude volontaire est donc que le solitaire ne se coupe jamais vraiment de la société. Il revient toujours dans le jeu social à un moment ou un autre. Ce qui pousse au désir de solitude procède d’ailleurs souvent d’une sorte d’hygiène de l’esprit. “La solitude est aussi nécessaire à la société que le silence au langage, l’air aux poumons et la nourriture au corps”, écrit Remaud, rappelant la distinction que Hannah Arendt établissait déjà entre l’isolement, la solitude et la désolation. Alors que l’isolement est une forme de déracinement et que l’homme désolé est un homme abandonné, “la solitude est un rempart contre l’isolement et la désolation“.

Au fond, la vraie question reste de trouver le bon usage, c’est-à-dire le bon dosage, de la solitude. Cet usage oscille entre deux écueils : soit on n’attend rien de la solitude et l’oisiveté finit par être insupportable ; soit on attend trop de la solitude et la désillusion s’avère cruelle. “Personne ne devient parfait en disparaissant“.

La pensée de Montaigne nous éclaire sur ce point. Le philosophe affectionnait la solitude sans pour autant mépriser le genre humain. Pour lui, il importe de se réserver une arrière-boutique, “toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissions notre vraie liberté et principale retraite et solitude”. La plus grande chose du monde, pour Montaigne, c’est de “savoir être à soi”. Où et comment être à soi ? Dans la solitude. Mais celui qui recherche la solitude pour être à lui n’a-t-il pas besoin d’être “déjà à lui pour endurer la solitude“ ? C’est dans l’arrière-boutique de Montaigne que cet “être à soi” peut se déployer.

Afin d’être à soi, il convient de quitter régulièrement la boutique, c’est-à-dire la société, et de s’installer dans l’arrière-boutique. Une porte sépare la boutique de l’arrière-boutique, rien de plus. “Dans l’arrière-boutique, l’âme peut devenir plus intègre ; elle pense à elle-même ; elle n’est plus obligée d’épouser la société“. Mais prendre congé ne signifie par dire adieu. Montaigne propose de dénouer simplement “les liens qui blessent aux points où ils s’attachent, car ils sont souvent trop serrés“. Dénouer, ce n’est  donc pas couper.

L’essai d’Olivier Remaud nous invite donc à comprendre que la solitude est toujours un détour salutaire. Elle ramène vers la société, elle rend plus clairvoyant et plus serein le citoyen, elle procure des forces nouvelles. “Le pas de côté dans la nature se justifie parce que la nature n’est pas la société ; et le retour dans la société s’explique parce que le pas de côté dans la nature le rend possible“, écrit l’auteur. Marque d’une vie réfléchie, plutôt que d’une vie renonçant à ce qui motive ses richesses civiques, la solitude volontaire nous appelle tous : c’est dans nos cabanes,  “lieu où la nature et la société s’accordent“, que se fomentent les rêves collectifs les plus intenses. Seul pour revivre mieux à plusieurs.

 

Solitude volontaire, d’Olivier Remaud, (Albin Michel)


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Vie d'artiste (Court-métrage documentaire)


 

Krishnamurti - La nécessité d'être seul - Livre Audio

 
LA SOLITUDE 28 OCTOBRE 2017

Liban

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 Témoignages rares Les guerres cachées contre Daech , pour mieux décrypter les enjeux et les réalités de ces "guerres cachées".

 
 

Dessous des cartes Liban

L'après Daesch

Le premier ministre du Liban, Saad Hariri, a surpris ses concitoyens autant que la communauté internationale en annonçant brusquement sa démission, le 4 novembre. Huit jours plus tard, son allocution, prononcée depuis Riyad, a alimenté le soupçon : aurait-il été contraint de quitter son poste par le pouvoir saoudien, son parrain ? La crise a brutalement fait monter la tension entre Téhéran et Riyad. Le correspondant du Monde à Beyrouth, Benjamin Barthe, l’a décryptée au cours d’un tchat avec les internautes.

Par 

 

Saad Hariri est un allié et même un client de l’Arabie saoudite. Mais le royaume aujourd’hui n’est pas le même qu’avant 2015, date de l’arrivée au pouvoir du roi Salman et de son fils, Mohamed Ben Salman, promu prince héritier en juin. Ce duo a tordu la diplomatie saoudienne dans un sens anti-iranien inédit. Ce raidissement est allé crescendo, de l’intervention militaire au Yémen en mars 2015 (contre les milices houthistes pro-iraniennes) en passant par la crise avec le Qatar (accusé d’être trop proche de Téhéran) qui a éclaté ce printemps, jusqu’à l’affaire Hariri d’aujourd’hui.

Situation du Moyen Orient et monde arabe

Du coup, l’attitude de Saad Hariri, son insistance à faire fonctionner son gouvernement d’unité, ses accommodements inévitables avec le Hezbollah, représenté dans la coalition, sont devenus inacceptables pour Riyad.

La position du Hezbollah face à cette nouvelle tension  dans la mesure où il occupe une position de force au sein du gouvernement libanais, il pousse pour que Saad Hariri revienne sur sa démission et que le gouvernement reste en place.

» LIRE AUSSI - Saad Hariri accepte l'invitation d'Emmanuel Macron à venir en France

A ses côtés, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a déclaré que Saad Hariri, invité mercredi soir par Emmanuel Macron à se rendre en France, s'y rendrait "quand il le souhaitera et dès qu'il souhaitera". "Il sera accueilli en ami", a-t-il ajouté, à quelques heures d'un entretien avec le premier ministre démissionnaire.

» LIRE AUSSI - Comment le premier ministre libanais Saad Hariri a été piégé chez les Saoud

Liban : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Pour Peter Harling, spécialiste du Proche-Orient, le Liban, en pleine crise gouvernementale, est un pays qui « se désagrège de lui-même, en raison d’une corruption et d’une mauvaise gouvernance endémiques » Par Peter Harling (fondateur et directeur de Synaps)

La démission surprise, depuis la capitale saoudienne Riyad, du premier ministre libanais Saad Hariri a suscité des réactions paradoxales au Liban. D’un côté, la dissolution d’un rare gouvernement d’unité nationale, dans ce pays ou se déchire, traditionnellement, une multitude de factions issues de la guerre civile, ébranle une stabilité fragile. De l’autre, ce coup d’éclat redonne de l’importance au Liban, qui se situait à la marge, depuis des années, des grands enjeux régionaux. Une armée de commentateurs politiques libanais semble revivre, surenchérissant de théories flamboyantes : Hariri a été kidnappé… Israël va attaquer… des explosions secouent Riyad… Le Liban, de retour au centre du jeu, a peur et respire à la fois.

Ce climat psychologique se comprend historiquement. Le Liban est une terre aussi riche humainement que pauvre en ressources, aussi petite que connectée au monde, par son immense diaspora, ainsi que ses factions politiques, qui toutes cherchent des points d’appui étrangers. Le Hezbollah, mouvement shiite lourdement armé, a raison de reprocher à Hariri son abandon de poste depuis l’Arabie Saoudite, si ce n’est qu’il placarde, sur tous les murs, des portraits du Guide suprême iranien… Le Liban a toujours vécu, pour le meilleur et pour le pire, d’une attention extérieure exagérée. C’est ce qui l’a rempli (de populations diverses cherchant refuge), définit dans ses frontières actuelles (à l’époque coloniale), ravagé (durant la guerre civile) et enrichi (de capitaux divers).

Aujourd’hui, cependant, il n’y a rien de bon à attendre de ce coup de projecteur. Les motivations vraisemblables de Hariri peuvent aider à discerner pourquoi. Lorsqu’il a accepté, en novembre 2016, de devenir premier ministre, au prix d’une réconciliation avec le Hezbollah, soupçonné d’avoir assassiné son père Rafic, Saad était acculé. Il était

«Tant que le Liban n'aura pas d'institutions efficaces, les terroristes pourront le frapper» 

dans une interview :  Ziad Majed estime - L'Etat islamique exploite les failles du Liban paralysé par une crise politique pour attaquer des civils chiites et aggraver les tensions sectaires dans toute la région, estime Ziad Majed, professeur des études du Moyen Orient à l'Université américaine de Paris.

Un regain de violence qui risque de se poursuivre, estime Ziad Majed, tant que le Liban n'aura pas d'institutions étatiques efficaces et tant qu'il n'y aura pas de consensus national pour adopter la «neutralité positive» sur le dossier syrien.

L’Iran a réagi à cette mise en cause par son ministère des affaires étrangères. Son porte-parole, Bahram Ghassemi, a parlé « d’accusations sans fondement contre l’Iran » dont « la répétition montre que cette démission est un nouveau scénario pour créer des tensions au Liban et dans la région ».

« La subite démission de M. Hariri et son annonce depuis un pays tiers est non seulement regrettable et surprenante mais montre qu’il joue sur un terrain conçu par ceux qui ne veulent pas le bien de la région (...) Avec la fin proche de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] dans certains pays de la région, le temps est venu de (...) réparer les dégâts causés par les terroristes créés par les Etats-Unis et leurs alliés régionaux ».

LE FIGARO.- L'attentat d'hier a frappé une rue commerçante de Bourj el-Barajné. Qu'est-ce que l'Etat islamique veut démontrer en attaquant ce quartier de la banlieue sud de Beyrouth, tenu par le Hezbollah libanais?

l'EI prouve également qu'il est capable d'opérer au-delà de l'Irak et de la Syrie pour punir ses ennemis et pour faire monter les tensions sectaires dans la région.

Pour autant, vous ne voulez pas parler d'exportation au Liban du conflit syrien. Pourquoi?

L'expression est inexacte, c'est plutôt le Liban qui est impliqué dans le conflit syrien par le biais du Hezbollah, présent sur le terrain depuis 2012, soit un an avant la création de l'Etat Islamique. Donc cela fait trois ans maintenant que la milice chiite libanaise se bat en Syrie pour soutenir le régime d'Assad, avec les risques que cela comporte pour la sécurité intérieure du Liban. D'ailleurs, la crise politique libanaise actuelle est en partie causée par les divisions entre les partisans et les opposants à son intervention en Syrie.

Le Hezbollah est-il toujours en mesure d'assurer la sécurité de ses partisans au Liban?

Je ne pense pas qu'un parti politique soit en mesure de contrôler réellement un territoire au Liban, surtout contre ce type d'attaque où ce sont des individus isolés qui se font exploser en public. Dans un Etat «normal», ce n'est pas à une milice d'assurer la protection des civils. Mais le Liban n'est pas capable de le faire aujourd'hui à cause du blocage politique qui paralyse ses institutions.

Doit-on s'attendre à une nouvelle vague de violences au Liban?

Malheureusement, on peut s'attendre à une poursuite des violences. La dernière vague d'attentats avait commencé en août 2013 et s'était poursuivi jusqu'en janvier 2014. Il y a eu des attaques dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la Bekaa et à Tripoli. Tant que le Liban n'aura pas d'institutions étatiques efficaces, tant qu'il n'y aura pas de consensus national pour adopter la «neutralité positive» sur le dossier syrien, l'Etat islamique et autres entités terroristes pourront le frapper en exploitant ses failles.

 n Crise au Liban : « En l’état, l’opération saoudienne est un fiasco »

Après des années d’introversion, sous Fahd et Abdallah, période durant laquelle le royaume répugnait à user de son pouvoir, la direction saoudienne pêche aujourd’hui par excès de confiance. Elle a tendance à mal lire les dynamiques politiques dans les pays auxquels elle se confronte.

 

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