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12/11/2017

La gentrification

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la photo de Livreuniverselpourtous.

 S'interroger sur le sens d'une démocratie poussée aux limites de ses dangers et de la spéculation immobilière, évoque la rencontre entre les civilisations et les malentendus, les espoirs et les violences qui en découlent.

gentryfication ?

Le terme français d’embourgeoisement recoupe des processus variés. A Paris, on peut dire que les beaux quartiers s’embourgeoisent, la part des classes supérieures y est de plus en plus forte. Mais ça n’a rien à voir avec la gentrification, une forme d’embourgeoisement qui touche les quartiers populaires anciens, d’où les classes populaires sont progressivement remplacées par une classe intermédiaire que l’on peut appeler la petite bourgeoisie intellectuelle. C’est une mutation sociale qui passe par une transformation urbaine, et c’est sans doute pour cette raison que les géographes se sont saisis de la question.


 

n Qu'est-ce Que la Gentrification ? | 5MC

Les raisons de la colère - YouTube :: extrait :

«  Nous vivons, je pense une période  de clôture de tout un dispositif politique, de représentation qui ne fonctionne plus, cette espace commun s'est effondrée. Il y a toute une série de violence, de colère qui ne peut plus s'exprimer dans 'espace politique et donc s'exprime d'une autre façon : - violence contre la mort d'un jeune ; - violence politique et de l'espace urbain que les émeutes se déclenchentAujourd'hui la ville n'est plus seulement le lieu des affrontements, elle est aussi un enjeu. L'exemple de Copenhague est emblématique. En 2007, l'élément déclencheur de la colère sociale est la destruction par les autorités danoises de la maison des jeunes. Haut lieu de la contre culture urbaine 69 défense de la maison des jeunes au dannemark 2/3 :

 

«Habiter Paris est un signe clair de domination sociale»
 
Pour la géographe Anne Clerval, la gentrification de la capitale s’est faite aux dépens des classes populaires. La municipalité Delanoë n’aurait pas stoppé le mouvement dans une ville où la mixité sociale ne serait qu’illusion.
 
 

 

Noir Désir - L'homme pressé - YouTube :


 n Inventaire avant élections à Marseille : Les villes appartiennent-elles aux riches ? Reconquérir les espaces pauvres des centres villes en les réhabiliter , une politique urbaine appelée « Gentrification » par les géographes et sociologues urbains. La notion est due à Ruth Glass, sociologue britannique, au début des années 60. Ce néologisme découle de son observation de l'installation d'une population aisée, la gentry, dans les quartiers ... Ville, Sociologie, Géographie
Pour que leurs mémoires vivent dans nos luttes...

  C'est pas sorcier - Paris lumière

 


Paradis pour touristes et investisseurs, Berlin est devenue ces dernières années le laboratoire d'une gentrification galopante dont ses habitants payent le prix fort. Après des années de laissez-faire, les pouvoirs publics se mobilisent enfin face à la crise du logement qui frappe aujourd'hui les quartiers touristiques. Trop tard ?
 
Entre 2011 et 2012, le nombre d'expulsions de personnes à faibles revenus est passé de 5 603 a 6 777 à Berlin, selon les chiffres de la ville. Les militants d'extrême gauche tentent de les empêcher, sans succès.
 
Installer un salaire minimum et frener la hausse des loyers , c'était les deux priorités du SPD lors des élections. Le SMIC a 8 euros 50 est passé. Il reste cependant beaucoup a faire pour lutter contre les bailleurs trop gourmand. La CDU a certe accepter un plafonnement des loyers mais maintenant que le projet de loi est sur la table, elle hésite.
  
A lire A Berlin, des loyers pas modérés : - enkolo

C'est évènements sont le résultat d'un processus d'exclusion à l'œuvre dans la majorité des pays quelques soit les régimes politiques. Il y a une tentation de la part des états d'assoir leur légitimité non plus sur la capacité à inclure tout le monde mais sur sa capacité a dire ce qui n'en font pas parti. Cela dit à un certains nombre de gens, vous n'avez pas votre place ici. Vous n'avez pas seulement le droit à la parole, mais le droit de vit. Et si on y regarde bien , c'est la question de la place des gens à un endroit donné, de savoir s'ils sont pris en compte ou pas pris en compte. C'est un éléments principaux des émeutes sociales "

Pour les habitants de la maisons des jeunes de Copenhague, ce processus débute en aout 2010 ». 

Paris, ville d’avenir ? Les autorités ont fermé les berges longeant la Seine aux voitures en 2016 pour rendre de l’espace aux piétons. Des rapports viennent de sortir, signalant l’échec de l’effort pour réduire la pollution. La circulation a gagné en intensité sur le restant des voies. La fermeture des berges, les pistes cyclables, les autolib et les vélib n’ont pas pour l’instant produit de résultats sur la pollution. Les JO donneront sans doute lieu à une panoplie d’erreurs et de gâchis. Mais le marché signale que les investisseurs s’y intéressent. Paris attire des capitaux aujourd’hui… La ville semble à son tour bénéficier de la vague de hausse de l’immobilier de Shanghai à San Francisco, en passant par Vancouver.

 

Le risque est de voir Paris devenir une ville musée pour touriste et inhabitable pour les francilien

  
«Habiter Paris est un signe clair de domination sociale»
 
Pour la géographe Anne Clerval, la gentrification de la capitale s’est faite aux dépens des classes populaires. La municipalité Delanoë n’aurait pas stoppé le mouvement dans une ville où la mixité sociale ne serait qu’illusion.
 

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Paris: vivre dans une cage à poules, un quotidien pour beaucoup

Alors que Bertrand Delanoë vante, une ultime fois dans les médias, son bilan à la tête de la capitale, que sa dauphine, Anne Hidalgo, s’est lancée dans la bataille des municipales, une jeune géographe, Anne Clerval, met les pieds dans le plat. Où est passé le peuple à Paris ? La mixité sociale, sur toutes les bouches, ne serait-elle pas qu’un vain mot ? Paris, dernier refuge de bobos ? Au mot galvaudé, la chercheuse et enseignante à l’université de Marne-la-Vallée, Anne Clerval, préfère le terme plus précis de «gentrifieurs». Dans Paris sans le peuple, qu’elle publie à La Découverte, elle montre comment la gentrification de la capitale s’est faite aux dépens des classes populaires. Un processus d’exclusion que la politique du logement menée par la municipalité de gauche n’a pas enrayé.
 
A quand remontent ce processus ?

A Paris, la gentrification apparaît plus tardive que dans d’autres métropoles comme Londres ou New York. Ce décalage temporel tient au fait qu’il y a eu un contrôle des loyers jusqu’au milieu des années 70- 80, freinant la spéculation immobilière. Ils sont nombreux. Le Marais est l’un des premiers quartiers où l’on peut parler de gentrification. Le processus a débuté dans les années 1970. Même chose pour Bastille ou le quartier Daguerre (14e). Plus récemment, on peut évoquer le quartier Oberkampf, les alentours des Buttes-Chaumont, ou Menilmontant… Ce processus s’inscrit sur le long terme.

 
Dans le cadre du Bas-Montreuil, cela démarre dès la fin des années 80 dans un contexte de désindustrialisation. Le vide laissé par les entreprises et usines qui ferment permet l’arrivée d’habitants de classe moyenne. Ce processus se poursuit dans les années 1990 et accélère même dans les années 2000, en lien l’emballement des prix du marché de l’immobilier a chassé bon nombre de ménages de Paris vers la petite couronne.
 
les prochains quartiers populaires parisiens :

Le quart nord-est de la capitale réunit les ingrédients pour se gentrifier, notamment le 18e arrondissement, au nord de la gare du Nord vers la goutte d’Or. Dans ce secteur, il y a d’ores et déjà une pression sur les prix des logements du parc immobilier privé. Des réaménagements d’espaces publics, des créations d’espaces culturels ou d’infrastructures de transport y sont aussi en cours et contribuent à la gentrification du secteur. 

En prenant appui sur des rapports confidentiels et des enquètes chiffrées, ce documentaire explore la face cachée d' une crise du logement qui ne cesse de s' accroître: sans compter les 4 millions de précarisés sans domicile personnel, 12 millions de français vivent sous un toit inadapté à leurs besoins.....
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 Logements en France - A qui profite la crise ? : France, 10% possèdent 60% des richesses, 10% des HLM sont occupés... LESENRAGES.ANTIFA-NET.FR

 

... Pendant ce temps là, les affaires continuent.

500 millions d’euros dans un pâté de maisons

A la une, Investissement, Richesse Le mètre carré parisien s’envole, les travaux de rénovation se multiplient et Paris rattrape les autres grandes villes en proie à la flambée immobilière A Paris, la ville s’anime le soir avec des gens en terrasse de café… et dans les bars et les restaurants.

Des centaines d’années après, on constate que les architectes de la place des Vosges ont réussi leur coup. Les magasins de la Rue du Rivoli ou de la place Vendôme étalent le haut de gamme des marques françaises aux touristes…

Au lieu de démolir et rebâtir, comme la plupart des villes, Paris choisit de rénover Des travaux et réparations rénovent les immeubles, places et structures…

Ils redonnent à l’immobilier les airs de sa gloire d’antan. L’une des industries de référence à la capitale, la mode et la couture, en bénéficie…

LVMH a repris La Samaritaine en 2000, et l’a fermée en 2005, "faute de pouvoir "dégager des bénéfices". La fermeture a coûté 150 M€, en partie en raison des frais de licenciement de plus de 1 000 employés. Fin 2018, signe d’une renaissance en cours à Paris, le magasin va rouvrir.

LVMH et ses partenaires ont investi 500 M€ dans sa rénovation et comptent dégager des profits à l’instar du Bon Marché. Selon les données de LVMH, le chiffre d’affaires de la distribution sélective, venant en particulier de ses magasins Sephora et le Bon Marché, représentaient 11,9 Mds€ en 2016. LVMH croit pouvoir répliquer son succès avec sa rénovation de La Samaritaine confiée au cabinet d’architectes Sanaa. Basé à Tokyo, Sanaa a travaillé sur nombre de projets similaires à travers l’Europe et les Etats-Unis depuis les années 1990.

Ils ont par exemple conçu le Centre Rolex de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, et les bureaux de Christian Dior à Tokyo.

Bref, LVMH met le paquet pour essayer de remettre au goût du jour La Samaritaine…

LVMH

La Samaritaine - LVMH

Paris attire de nouveau les investissements immobiliers Le Figaro prédit une hausse des prix record pour l’immobilier ancien à Paris :

« … Les prix des logements anciens devraient battre tous les records dans la capitale l’été prochain, en tutoyant les 8 800 euros le m², avec une hausse annuelle de 7%, selon les estimations des notaires. »

Parmi les étrangers, les Italiens et les Britanniques sont les gros acheteurs. Les prix de Paris commencent à rattraper ceux des autres capitales… Londres a déjà vu ses prix grimper à 12 600 euros par m2 en 2016. A Manhattan, le m2 vous coûte 16 500 € cette année.

Selon les chiffres de Numbeo, Paris classe quatorzième en coût par mètre carré dans le monde, juste après San Francisco.

Evolution des prix de vente à Paris

La hausse du prix par mètre carré signale la concentration de la richesse dans les villes comme Paris, et les travaux de rénovation — comme la réouverture de La Samaritaine — en témoignent.

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  Uber, Airbnb, Blablacar, nouvel eldorado ? - Tout Compte Fait

Airbnb s'accapare le coeur de Paris

Paris est la ville au monde où Airbnb propose le plus d’appartements à la location touristique. 20 000 d'entre eux sont non déclarés et donc illégaux.

L’économie du partage, l’économie collaborative, le monde rêvé d’Airbnb : c’était en 2013, au moment où Airbnb commençait à exploser en France. Trois ans plus tard, se profile une autre réalité. Secrets d’Info a enquêté sur le modèle Airbnb et sur ses importantes répercussions dans une ville comme Paris, capitale mondiale du tourisme.

Une plateforme cotée en bourse qui fait des heureux

Pour des millions de personnes, partir aujourd’hui en vacances, signifie utiliser Airbnb, comme Angela, une jeune parisienne de 29 ans :

"C’est une évidence. C’est facile, souvent moins cher qu’un hôtel. Je peux y être comme chez moi, sans être dépendante d’horaires, sans règles de ménage. Et les gens sont souvent très sympas. On crée de bons liens. Dernièrement à Barcelone, on a trouvé un grand appartement, pas cher pour sept personnes."

Une réalité qui explique l’incroyable succès de cette plateforme, et en particulier en France. En 2015, presque quatre millions de voyageurs se sont logés grâce à la plateforme américaine. Aujourd'hui Paris est le premier marché mondial d'Airbnb. Une société valorisée à près de 25 milliards de dollars, soit deux fois la valeur en bourse du groupe hôtelier Accor et ce, sans posséder une seule chambre !

Une manne pour des propriétaires du Vieux Paris

45 000 appartements proposés à Paris 70 000 avec la banlieue, un chiffre énorme, surtout si l’on considère qu’en janvier 2012, il y avait à peine 3000 offres ! Cette réussite s’explique bien sûr par l’attractivité de Paris. De même, pour les propriétaires d’appartements situés dans les quartiers les plus touristiques de Paris, passer par Airbnb peut se transformer en jackpot. Le constat d’une étude, réalisée à la demande de Secrets d’Info par le site MeilleursAgents.com, est édifiant : louer son appartement à des touristes rapporte beaucoup plus que la location classique. Les conclusions de Sébastien de Lafond, PDG du site :

« En louant une petite surface autour de Notre Dame - Iles de la Cité, Saint-Louis, St Germain l’Auxerrois - vous aurez une forte demande touristique. Vous gagnerez trois et demi fois plus en revenus en passant par Airbnb que par une location classique. Il y a des multi-propriétaires avec trois, quatre, cinq biens à louer dans Paris. Leur activité professionnelle génère des revenus supérieurs à 350000€ par an et s’apparente à celle d’une petite entreprise. »

  Saskia Cousin,anthropologue et spécialiste du tourisme, a analysé l’activité de la plateforme et fait un constat très singulier :

"Il y a 5% de propriétaires qui possèdent 20% des logements entiers à louer à Paris. Par ailleurs, il y a 0,5% de propriétaires en possession de plus de cinq appartements à Paris, soit 10% des appartements à louer sur la capitale. Quand on a cinq, cinquante ou cent appartements, on imagine qu'ils ne sont pas loués q'un mois par an. L’esprit initial d’accueillir quelqu’un chez soi a été récupéré par Airbnb qui fait du simple marketing."

Donc de nombreux logement vides alors que la crise du logement touche de plus en plus de monde

De l’économie de partage à l’industrie touristique

Un phénomène énorme comme le laissent à penser d’autres chiffres d'un chercheur australien, Murray Cox, sur Airbnb à Paris : 26 000 appartements affichés comme étant disponibles plus de 120 jours par an, soit des résidences principales. Le problème ? Ces fameux multipropriétaires comme un certain Fabien qui proposait récemment 143 appartements sur Airbnb ! En fait un prête-nom qui dissimule une agence de gestion d’appartements. Elise travaille comme concierge polyvalente dans une de ces agences et décrit son travail :

"Je fais l’accueil, le ménage et guide les voyageurs. Par la suite je reste en contact avec eux le temps de leur location pour les aider en cas de problème. Après leurs départs, je fais le ménage et j’accueille aussi les prochains voyageurs. On est noté sur sur cinq étoiles sur la prestation, la communication, l’efficacité, l’amabilité."

On est donc bien loin de l’économie de partage prôné à ses débuts par Airbnb, et l’expansion de la plateforme suscite de nombreuses difficultés. A l’île Saint-Louis par exemple, ce petit microcosme fermé, image d’Epinal d’un Paris rêvé pour touristes fortunés. 

Aujourd’hui, avec Airbnb et d'autres plateformes similaires, près d’un logement sur six sur l’île Saint-Louis est un meublé touristique. Et à Paris ces meublés touristiques représentent entre 5 et 10% de l’ensemble du parc locatif privé. Un pourcentage qui donne l’ampleur du phénomène.

Des quartiers dépeuplés … de leurs habitants

 Comme dans le Marais, autre quartier star sur Airbnb, où de plus en plus d’immeubles sont transformés tout ou partie en meublés touristiques.

Au pied des immeubles, on voit de plus en plus de pancartes: « location touristique interdite ». Les petits commerçants font grise mine : les touristes n’ont pas du tout les mêmes habitudes de consommation que les habitants traditionnels. Dans le Marais, les commerces de bouche sont progressivement remplacés par des boutiques de luxe.

 

 Airbnb, l'autre visage d'un géant du partage - Tout Compte Fait,

Un phénomène mondial : Barcelone, New-York, San Francisco….

Mais Paris n’est pas la seule grande ville à se révolter contre le système engendré par Airbnb et ses consoeurs. Quasiment toutes les grandes capitales mondiales se rebellent. A Barcelone, des manifestations anti Airbnb ont eu lieu et le sujet a été largement abordé lors de la dernière élection municipale. A Bruxelles, à Melbourne, les autorités ont déclaré la guerre à la location meublée touristique. Idem à San Francisco, le berceau d’Airbnb, où la plateforme est remise en cause. La mégapole de la côte Ouest américaine vient de prendre à la mi-juin 2016 une législation très contraignante pour Airbnb. Mais il a fallu s’y reprendre à deux fois. En novembre 2015, un référendum a été organisé pour imposer de nouvelles règles. Florian Oppillard, un jeune sociologue français s’est rendu sur place pour suivre cette campagne. Il en résume les grandes lignes :

"Airbnb l’a financée à hauteur de 8,5 millions $ pour influencer la décision politique. Au final, la campagne de référendum d’initiative populaire la plus chère de l’histoire de San Francisco. Elle était composée à la fois par des financements directs au superviseur de quartier engagé officiellement pour ou contre la législation ; mais aussi une campagne de communication par des grands affichages, et des financements de groupes locaux dans la ville de San Francisco. Des stratégies de communication qui ont réussi à faire basculer un vote absolument pas gagné au départ "

En effet, Airbnb a remporté le référendum avec 55 % des voix. Une victoire importante pour le site qui n’hésite pas à employer tous les moyens pour tenter de convaincre. Autre exemple : à New-York la plateforme s’est lancée dans une grande opération transparence. De la poudre aux yeux pour le documentariste Murray Cox :

"En décembre 2015 Airbnb a organisé une opération de publication de ses données pour la ville de New-York. Il fallait prendre rendez-vous avant de se retrouver dans une pièce close avec des ordinateurs non connectés au web. Impossible de prendre de notes, ou de faire des captures d’écran. Belle idée de la transparence ! Avec un autre chercheur, on a analysé ces données et comparé avec celles en notre possession. Résultat : ils avaient effacé 1500 logements de leur listing pour les rendre plus présentables ! "

Mais pour Airbnb, le plus gros danger aujourd’hui il ne vient pas d’Outre-Atlantique...

La décision radicale de Berlin

C’est en Allemagne que la mesure la plus spectaculaire a été prise. Depuis le 1er mai 2016, à Berlin, il est interdit de louer son logement en entier sur les plateformes du type Airbnb. Il est juste permis de louer une seule chambre par appartement. Une décision radicale à replacer dans le contexte de la flambée immobilière, unique en Europe, qu’a connu Berlin ces dernières années, même si les prix des loyers y restent nettement inférieurs qu'à Paris ou à Londres. Mais Berlin n’est plus aussi bon marché qu’auparavant et la pénurie de logements devient un vrai problème. Il y avait ces derniers mois plus d’offres Airbnb que de logements vacants dans certains quartiers très courus comme celui de Kreuzberg. Par ailleurs, cette nouvelle législation est très critiquée car elle ne fait pas la distinction entre le loueur professionnel et une famille désireuse de louer son appartement durant les trois semaines de vacances d’été. Les autorités réussiront-elles à faire respecter cette interdiction? Les explications de Cyril Sauvageot, correspondant de Radio France Outre-Rhin :

"Il y a bien sûr l’effet dissuasif avec 100000€ d’amende, mais la Ville de Berlin compte surtout sur le civisme des habitants : un formulaire mis en ligne va permettre de dénoncer les loueurs Airbnb présents dans votre immeuble. De la délation pure et simple. Mais les Berlinois n’ont pas de souci avec ça. Ils en ont marre de voir défiler des touristes tous les week-ends dans leurs cages d’escalier surtout avec les nuisances, et les problèmes de voisinage qui en découlent." l’association Vivre le Marais !

Berlin : un exemple pour la Ville de Paris ?

Mais ces amendes sont-elles vraiment infligées ? Il y a eu seulement une quinzaine de condamnations en 2015. L’hôtelier Jean-Bernard Falco souligne le nombre ridiculement bas de contrôleurs même si on vient d’augmenter le contingent :

_" Comment voulez-vous qu’avec 25-30 contrôleurs, vous puissiez contrôler 50 000 appartements ? Impossible ! Identifier de façon précise le loueur qui ne respecte pas la législation ? Puis aller sur place vérifier soi-même, en faisant le constat de l’illégalité de la situation ? Vraiment très compliqué !"

 

Pour Pascal Terrasse, député et auteur d’un rapport sur le numérique récemment remis à Manuel Valls, le vrai problème est celui de la *fiscalité :
*

"Cette plateforme récupère environ 20% des montants des transactions et ne paie pratiquement aucun impôt sur les sociétés en France. Les pouvoirs publics doivent trouver le moyen de fiscaliser cette entreprise qui fait du business sur notre territoire. Par ailleurs le prestataire, celui qui va louer comme un professionnel son appartement, passe aussi à travers les mailles du filet de la fiscalité. Des deux côtés, il y a fraude fiscale. Tout le monde fraude."

Pour en finir avec cette situation, il faudrait « moraliser le système ». Mais un Airbnb totalement respectueux des législations en vigueur, avec des propriétaires soumis aux impôts et des annonces parfaitement légales, serait-il encore viable ?

Une enquête de Sylvain Tronchet

"LES JO VONT AGGRAVER LA SPECULATION IMMOBILIERE ET CHASSER LES PAUVRES" au JT de France 2 le 14/09

Le déploiement de super métro parisien, qui va permettre de désengorger Paris et fluidifier la circulation inter-cités est planifié depuis plusieurs décennies. Nous vous proposons d'en analyser les contours à travers ce nouveau tutoriel, qui nous a servi pour la formation de nos mandataires. Il va aussi participer a sa manière a la gentrification de paris et sa proche Banlieue.

Les photographes Jae C. Hong et Ted S. Warren ont travaillé dans les rues de Los Angeles et de Seattle à la rencontre des sans-abri aux multiples profils.

PORTFOLIO Etats-Unis : le boom de l’immobilier sur la côte ouest pousse des milliers de personnes à la rue PORTFOLIO

Expulsions, la honte - INFRAROUGE - YouTube


 

69 - Documentaire sur la defense de la maison des jeunes (Ungdomshuset)

Lee Harnden AKA LINZ | 'Catharsis' - Teaser Video #2.
 
 
 

 

 tags:la terre souterraine :
 
 
 


Réalisé par Marc Verdenet
 

322.1 Art sous pression "VIDEO OFFICIEL" par Marc Verdenet :  

 
Airbnb s'accapare le coeur de Paris - France Inter :  l’association Vivre le Marais !

«Habiter Paris est un signe clair de domination sociale» - Libération

La plateforme pour se déclarer hôte Airbnb à Paris vient d'ouvrir

69 - Documentaire sur la defense de la maison des jeunes

 Le Sénat dénonce le nouvel IFI, une "stratégie anti-économique" de la part des propriétaires et veut organiser « conférence de consensus » sur le logement avant la loi annoncée pour le premier trimestre 2018

11/11/2017

En ce 11 novembre.

 

En ce 11 novembre.

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 Nicolas Hernandez Cointot " Notre monde est bourré d'hypocrisie, mais pas d'incohérence dés lors que l'on annalyse les rapports de force, les conflits d'intérêts"
 
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la publication de José Filipe Rouen.

Quel culot ces dirigeants #politiques #assassins !
Ils commémorent l'#armisticetout en vendant leurs #bombes à travers le monde

 

 

Lord of War (VF) - Bande Annonce

Il est impossible de « parler » de la boucherie de 14-18 sans évoquer le dilemme tragique que la guerre a posé au mouvement ouvrier, sur son soutien ou son opposition à l’Union sacrée. Cette Grande Guerre, mobilisant tout le pays, fut une rupture majeure pour le pacifisme.
L’Union sacrée c’était surtout la volonté de tous les Français de servir la patrie. Elle a traduit le patriotisme de tous les...

En mémoire, et pour la réhabilitation de ces soldats perdus dont les noms ne figurent sur aucun des monuments aux morts, ni au Royaume-Uni, ni en France, et qui, pour leur mémoire, n'ont reçu que la part de honte de cette grande boucherie que fut la Grande Guerre.
Plus de 639 soldats français, 307 britanniques. Un grand nombre n’avait pas 20 ans, fusillés pour l’exemple, achevés au pistolet.

Parmi eux, Herbert Morris, engagé volontaire dans le 6e British West Indies, et fusillé à 17 ans pour abandon de poste après un procès en cour martiale d’un petit quart d'heure. Un quart d'heure qui avait permis à ce gosse de bredouiller, hagard : «J'ai mal à la tête. Je ne peux plus supporter le bruit des canons. Je l'ai dit au docteur, mais il n'a rien pu faire...».

Un autre, Herbert Francis Burden a menti sur son âge pour s’enrôler à 16 ans. Il est fusillé quelques mois plus tard pour avoir paniqué et couru après avoir vu ses camarades massacrés sur le champ de bataille de Bellewaarde Ridge en 1915. Burden servira de modèle à la statue commémorative érigée en 2001 en mémoire des « Shot at dawn » (photo).

En France, l'exemple le plus célèbre est celui des 4 caporaux de Souain appartenant à la 21e compagnie du 336e bataillon d'infanterie, dont l'histoire inspira en partie le film de Stanley Kubrick «Les Sentiers de la gloire». Film, d'ailleurs, qu'on se garda bien à l’époque de distribuer en France.

Certes, ils ne sont pas nombreux face aux millions de morts de ce conflit interminable. Mais malgré tout, ils hantent nos cœurs et nos esprits, ces jeunes soldats qui n’ont pas su, pas pu survivre à la peur, au devoir, à la folie qui les a meurtris jusqu’à la mort.
Force est aujourd'hui d’admettre que face à l’horreur de cette guerre, nous ne pouvons que reconnaître ces hommes qui ont, par un sentiment bien humain, tenté de survivre et de s’échapper de cet enfer.

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Pour Ballé Preira : 

Disons-le tout net, ce qu’il est convenu d’appeler terrorisme, extrémisme violent est une réalité tangible avec des ravages incommensurables. L’actualité est souvent ponctuée dans plusieurs pays (Nigéria, Somalie, Mali, Kenya, Libye, Afghanistan, France, Etats-Unis, Irak, Syrie, etc.) des agissements de ces multiples bandes et groupuscules armés écumant et pillant villes et villages avec de nombreuses victimes innocentes.
 
Ce fléau se nourrit de la prolifération et de la distribution des armes de tout calibre, facilitées notamment par le business florissant des complexes militaro-industriels qui tirent grand profit du surarmement, du terrorisme et des conflits (il y a même des guerres dites préventives pour justifier les énormes dépenses militaires). Une véritable économie de la guerre et de la peur qui appelle de tous ses vœux et stratégie la poursuite et le développement d’un monde de tensions et de luttes armées.

De l'économie de la peur - impact.sn

Point n’est besoin de s’attarder sur les crises en Irak, en Syrie, en Libye, en Afghanistan, en Palestine où la stratégie ressemble plus à celle du pyromane-pompier. Le chaos qui s’y installe est notamment le résultat de l’œuvre de ceux qui disent vouloir maintenant l’éteindre. Un remède qui crée plus de mal. Drôle de médecins, drôles de thérapies !
 
Aujourd’hui, sous prétexte de lutter contre le phénomène inquiétant du terrorisme, des Etats se dotent d’équipements militaires impressionnants qui laissent souvent en jachères les véritables priorités en matière d’éducation, de santé, d’agriculture, d’industrie, de services, de lutte contre la délinquance et l’insécurité, le phénomène des enfants de la rue, le désœuvrement des jeunes. Il ne faut pas lâcher la proie pour l’ombre, la réalité pour les supputations. Certes, l’adage dit que « qui veut la paix, prépare la guerre » mais avec des proportions raisonnables.
 
De nos jours, il est admis et démontré que l’outil militaire, aussi important soit-il, n’est qu’un maillon de la chaîne de lutte efficace contre l’extrémisme violent.C’est ce qu’avait soutenu lors du Forum Paix et Sécurité à Dakar en novembre 2015, Elissa Slotkin, ancienne Secrétaire adjointe à la Défense pour les affaires de sécurité internationale américaine :


 
« Nous avons malheureusement beaucoup appris de 2001 à maintenant. Et nous l’avons appris à travers un travail acharné mené par l’armée américaine, mais aussi par tout le gouvernement américain et par les gouvernements de nos partenaires. Nous avons également appris qu’il n’y a pas seulement une solution militaire à ce problème terroriste. Une approche militaire directe peut de temps en temps exacerber le problème terroriste. ».


 
Dans le même ordre d’idées, l’éminent chercheur sénégalais Alioune Sall, directeur exécutif de l’Institut des futurs africains basé à Pretoria, avait ajouté :

« J’étais quand même heureux d’entendre des responsables civils et militaires dire que la lutte contre le terrorisme devait être inscrite dans la durée, qu’il n’y avait pas de solution militaire, purement militaire à la lutte contre le terrorisme. J’ai dit que cela me paraissait être des réflexions qui allaient dans la bonne direction. »


 

Manar Moalin quitte son observatoire pour aller se percher sur une espèce de trône en bois dans le jardin

Amabilités et gros contrats, le bilan de la visite de Trump en Chine 

Pour son premier voyage en Chine, le président américain a reçu un accueil impérial, mercredi 8 novembre, note le Shun Po (Hong Kong Economic Journal). “À la veille de ses entretiens avec le président chinois, Trump a pu prendre le thé à la Cité interdite, admirer une représentation d’opéra de Pékin, et avoir des échanges informels avec Xi Jinping. La Chine a traité Trump de manière impériale, et celui-ci a loué la ‘grande victoire’ enregistrée au XIXe congrès [du Parti communiste chinois en octobre dernier]. Tous deux ont échangé des compliments et fait des amabilités”.

Au cours d’une conférence de presse conjointe, le lendemain, les deux présidents sont tombés d’accord pour placer très haut dans leurs préoccupations la situation en Corée du Nord, relate le South China Morning Post. Mais les divergences de méthode subsistent, souligne le quotidien. Donald Trump s’est fait pressant : “Si vous vous y mettez vraiment, [la dénucléarisation] va venir, cela ne fait aucun doute”, a-t-il dit. “Le temps presse, nous devons agir vite, et espérons que la Chine va accélérer son action”, a-t-il ajouté, selon le quotidien.

 

Xi s’est dit engagé en faveur de la dénucléarisation dans la péninsule coréenne, il a aussi insisté sur le fait que le dialogue est nécessaire pour résoudre la crise.”

 

253 milliards de dollars de contrats en vue

Une série d’accords a finalement été signée en vue de contrats commerciaux d’une valeur totale de 253 milliards de dollars (218 milliards d’euros). Cela recouvre des activités allant de la fourniture de gaz de schiste, à l’échange de pièces détachées automobiles, en passant par l’achat de 300 Boeing pour 37 milliards de dollars (32 milliards d’euros) par la compagnie nationale Air China, annonce le quotidien officiel chinois Huanqiu Shibao.

Au menu également, une participation de 43 milliards de dollars (37 milliards d’euros) de la Chine à l’exploration de réserves de gaz en Alaska, souligne le South China Morning Post. Une manière pour la Chine de démontrer sa volonté de réduire le déficit commercial américain, commente le quotidien hongkongais. Celui-ci était de 26,6 milliards de dollars (22,9 milliards d’euros) pour le seul mois d’octobre.

Mais “dès avant son départ des États-Unis, Trump avait fait un cadeau non négligeable à la Chine”, ajoute par ailleurs le Huanqiu Shibao : la licence d’exploitation (airworthiness) accordée au gros-porteur commercial chinois C919par l’administration fédérale de l’aviation. “Or pour entrer sur le marché international, le C919 a besoin d’agréments internationaux”, commente le journal. Selon lui, l’agrément américain devrait aider à obtenir celui de l’Europe, et ces deux licences sont essentielles pour pénétrer les marchés mondiaux.

 

 

Ainsi donc, nous avons besoin de solutions plus holistiques qui englobent les aspects d’éducation, de formation et de sensibilisation, de lutte contre la pauvreté et l’exclusion pour couper l’herbe sous les pieds de ces entrepreneurs du chaos qui exploitent ces terreaux fertiles avec des manipulations et raccourcis théologiques poussant notre frange juvénile vers des projets chimériques et dangereux.
 
Au demeurant, les Etats puissants doivent aussi, pour la stabilité du monde, faire preuve de plus lucidité en cessant cet hégémonisme guerrier et sanguinolent qui a fini de déstabiliser de nombreuses zones géographiques pour des intérêts de domination et d’influence. Cela développe malheureusement des réactions primaires, incontrôlées et regrettables dans ces pays.
 

Pour assurer une paix durable, il nous faut plus de justice, de solidarité, d’échanges, de développement et moins de business désincarné et dévastateur, de diabolisation et de phobie par rapport aux visions et croyances des autres. L’heure est à la nécessité de substituer l’économie de la paix au business de la peur.
 

"La guerre de l'ombre au Sahara"

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Extrait "La guerre de l'ombre au Sahara" - ARTE - YouTube

 

 

 

 

Dans notre dossier : un documentaire qui décrypte la forte présence militaire américaine sur le continent et l'envers des récentes opérations militaires en Libye et au Mali, des repères géographiques et chronologiques sur cette guerre au Sahara, et une infographie sur l'internationale jihadiste


Le dessous des cartes - L'Afrique dans le maintien de la paix - 8 octobre 2016

 Shadow War in the Sahara: Western Military in N.Africa | Documentary - GorwFilm

Guerre de l'ombre au Sahara | ARTE Info : “Guerre de l'ombre au Sahara” - Mondafrique

Comprendre la situation au Mali en 5 minutes

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 [#jdef] Spécial "Mali, un an après"

L’intérêt sécuritaire porté au continent par les Américains découle d’une menace terroriste en plein accroisement.

La lutte contre le terrorisme pourrait même devenir le prisme dominant de l’approche américaine du continent. Cette évolution découle de l’estimation de la menace à Washington, du poids croissant du Pentagone dans la mise en œuvre de la politique étrangère américaine en général, et en Afrique en particulier. Précisons d’emblée qu’elle est soutenue par le Congrès.

Des « solutions africaines aux problèmes africains »

Cette évolution signale aussi la transformation d’Africom – créé par George W. Bush en 2007 – d’un commandement censé mettre en œuvre une approche globale civilo-militaire à un commandement de plus en plus combattant. Un tournant lié à l’intervention en Libye en 2011 et à l’attaque du consulat américain de Benghazi en 2012, dans laquelle l’ambassadeur de l’époque trouva la mort.

Les militaires américains présents en Afrique – environ 6 000 sur le continent, dont 4 000 sur la principale base de Djibouti – ont avant tout un rôle d’appui, de formation et d’assistance aux forces locales : il s’agit de ne pas apparaîtrecomme un cobelligérant (le traumatisme de Mogadiscio en 1993 sous Clinton reste vif), le mot d’ordre sur le long terme demeurant celui des « solutions africaines aux problèmes africains ».

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Obama a en effet poursuivi la guerre globale des Etats-Unis contre les groupes djihadistes où qu’ils soient, tout en modifiant son approche militaire. Avec l’augmentation des groupes terroristes et de leurs activités en Afrique, le continent a constitué un laboratoire de la transformation opérée par Obama dans les engagements militaires américains. Cette mutation est elle-même guidée par le concept d’« empreinte légère » reposant sur la formation, l’équipement et l’appui aux forces armées des pays directement concernés par ces menaces sur le terrain.

En témoigne la multiplication des références à des régions et pays africains dans plusieurs discours emblématiques d’Obama sur le terrorisme, en particulier le discours de West Point, ou celui de septembre 2014 annonçant la stratégie américaine vis-à-vis de l’organisation Etat islamique, dans lequel Obama citait en référence la stratégie mise en œuvre depuis plusieurs années en Somalie ainsi qu’au Yémen.

La montée en puissance de la présence de l’Afrique dans les intérêts américains découle de l’évaluation en hausse constante de la menace terroriste venue du continent. Ainsi, en 2012, le département d’Etat identifiait quatre organisations terroristes en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, il en identifie quatre fois plus.

La première priorité des Etats-Unis en Afrique demeure la Somalie, les Chabab étant identifiés par Africom chaque année dans sa présentation au Congrès comme la menace principale visant les intérêts américains.

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La deuxième priorité est, aujourd’hui, l’Afrique du Nord et de l’Ouest, en particulier le Sahel où les Etats-Unis agissent en soutien de l’opération française « Barkhane » (ou l’inverse), et la Libye, où Washington intervient également directement depuis l’été 2016.

La troisième priorité sur le continent est la lutte contre Boko Haram, affilié au groupe Etat islamique, aux côtés des autorités nigérianes et camerounaises, en coopération avec la France et la Grande-Bretagne. Le chef de l’US Army déclarait récemment que 80 % des activités prévues en 2018 pour les forces terrestres américaines en Afrique concernaient le bassin du lac Tchad (Tchad, Niger, Nigeria, Cameroun). Le département d’Etat, de son côté, a confirmé l’engagement financier supplémentaire des Etats-Unis pour le Sahel, à hauteur de 60 millions de dollars.

Montée en puissance du dispositif américain

Les Américains ont semblé découvrir avec la mort récente de quatre soldats des forces spéciales l’ampleur de leur présence au Niger, pays qui compte aujourd’hui 800 militaires américains sur son sol, et plusieurs bases, dont une d’« ampleur historique » (pour l’US Air Force) en construction, destinées en priorité aux drones de surveillance – le débat serait en cours aux Etats-Unis sur la question de les armer, le Niger en ayant confirmé la demande.

Funérailles le 21 octobre dans un cimetière d’Hollywood (Floride) de l’un des quatre soldats tués au Niger au début du mois.

Cette présence au sol, la plus importante dans un pays africain hors Djibouti, est liée à l’alourdissement de l’empreinte américaine depuis l’élection de Donald Trump. La même évolution est observable en Somalie, où la présence américaine a quadruplé depuis janvier, pour atteindre 400 soldats.

Enfin, les frappes et raids se sont également intensifiés en Libye et en Somalie : 500 frappes en Libye, plus d’une douzaine de raids en Somalie depuis un an, la tendance étant donc antérieure à Trump, en particulier en Libye.

La priorité reste toutefois la formation et l’entraînement des armées partenaires. Mais les conditions sur le terrain ont changé, et la politique américaine a elle aussi évolué. Au vu des déclarations récentes du secrétaire à la défense, James Mattis, suite à l’affaire du Niger, le focus africain du contre-terrorisme américain pourrait s’accentuer.

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On rappellera tout de même ici que plus des trois-quarts de l’aide américaine à l’Afrique vont à des programmes de santé, en particulier de lutte contre le sida, mis en place par George W. Bush. Ce sont ces programmes, en particulier, qu’un questionnaire envoyé aux diplomates américains par la nouvelle équipe Trump à son arrivée semblait vouloir remettre en question (le processus est en cours). La militarisation de l’approche américaine en serait renforcée, alors même que la diplomatie américaine devrait voir ses moyens diminuer.

Les limites de l’empreinte légère

L’empreinte légère repose, en particulier, sur l’emploi des forces spéciales. Le commandement américain des forces spéciales (Socom, Special Operations Command) a été protégé des coupes du budget défense américain. Son commandement opérationnel (JSOC, Joint Special Operations Command), a pris une importance croissante en tant que planificateur et acteur central de la lutte contre le terrorisme, place entérinée officiellement par Obama dans les dernières semaines de son mandat.

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Soldats ougandais de la force africaine déployée en Somalie (Amisom), en 2012.

Pour mémoire, les effectifs des forces spéciales américaines sont d’environ 70 000 hommes (moins de 5 % forces militaires totales américaines) pour un budget en 2012 de 10,5 milliards de dollars (1,4 % du total budget défense). En 2016, pour la première fois, les forces spéciales ont eu davantage de pertes que les forces régulières, une évolution significative qui découle directement du choix de l’empreinte légère. Or cette orientation devrait se maintenir en raison de la contrainte budgétaire et de la prévalence des guerres et menaces irrégulières ; elle est d’ailleurs est soutenue par le Congrès, en particulier pour l’Afrique.

La Somalie, invoquée comme modèle par Obama, est aussi un cas d’étude des risques liés à l’empreinte légère. La lutte contre les Chabab représente le plus gros budget d’assistance militaire américaine en Afrique, avec un total de 1,4 milliard de dollars sur la dernière décennie (2007-2016), pour l’essentiel sous la forme d’assistance sécuritaire bilatérale aux armées des pays engagés sur le terrain, Kenya et Ethiopie en tête. Ce montant reste très largement inférieur (1 000 fois) au coût des guerres en Irak et Afghanistan.

Lire aussi :   Qui sont les Chabab, soupçonnés d’être à l’origine de l’attentat de Mogadiscio ?

Mais si l’approche indirecte somalienne coûte moins cher, elle illustre également les conséquences contre-productives de cette option. Le cas somalien montre en effet les limites de l’efficacité de la stratégie indirecte, puisque la menace perdure, voire augmente, plus de dix ans après que les Etats-Unis en aient fait leur première priorité sur le continent. Washington a d’ailleurs adopté ces derniers temps une approche de plus en plus directe, qui semble relativiser la réussite du « modèle somalien » vanté en son temps par Obama.

Il faut surtout rappeler ici que les efforts lancés par Washington après les attentats de 2001 pour prévenir puis contenir la menace terroriste en Afrique de l’Est, en finançant les efforts des principaux partenaires africains (Ethiopie, Kenya, Ouganda, Burundi, Djibouti) engagés dans la résolution de la crise politique somalienne, ont contribué à faire du mouvement Al-Chabab une menace au niveau régional qu’il ne constituait pas nécessairement au départ. Demain, le même scénario pourrait se produire au Niger, et ailleurs en Afrique.

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