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23/12/2016

La fin des Ottomans

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On vous met un p'ti classique, juste pour le plaisir.

Rock

 
3 pour éviter toutes récupérations,pas de drapeaux,pas de leader...on a pas besoin de "représentants" car il n'y a pas à négocier...retrait de cette loi,et c'est tout...et tout ceux qui essaieront d'en tirer une gloire,de la notoriété ou même du fric ne sont pas nos amis...3

La fin des Ottomans (1/2) - bande-annonce - ARTE /mardi 22 mars 2016 de 20:55 à 21:50 sur Arte

La fin des Ottomans - Les nations contre l'Empire - Partie 1/2 - YouTube

 

A partir de 1821, date du soulèvement grec, jusqu'aux guerres balkaniques de 1912-1913, l'Empire ottoman se retire définitivement d'Europe, ce qui met un terme à près de cinq siècles de présence dans les Balkans. Cette histoire commune a été celle d'une coexistence complexe entre peuples chrétiens, musulmans et juifs, organisés par «millets», ou communautés confessionnelles. Les appartenances religieuses n'en cristallisent pas moins des identités nationales rigides et exclusives. Serbes, Grecs et Bulgares notamment, en pâtissent encore aujourd'hui, plus de quinze ans après la fin des guerres de Yougoslavie.

L'Empire ottoman, affaibli, entre en guerre en 1914 aux côtés des Empires allemand et austro-hongrois. C'est dans ce contexte de repli que se déroule l'extermination des Arméniens, premier génocide du XXe siècle. Peu de temps après, les aspirations nationales gagnent les peuples arabes, las du joug ottoman. Britanniques et Français exploitent cette soif d'autonomie pour asseoir leur mainmise sur le Proche-Orient, au mépris des promesses faites durant la Grande Guerre.

La fin des Ottomans - Le Moyen-Orient en éclats - Partie 2/2

 

 Le Moyen-Orient en éclats - samedi 02 avril 2016
Les nations contre l'Empire - samedi 02 avril 2016

L'Empire Ottoman Part 1/6

 

 

Non, répond l'historien Jean-Pierre Filiu. La Syrie, l'Egypte, la Tunisie… ont connu eux aussi leur siècle des Lumières, “la Nahda”, au XIXe siècle, faite d'émancipation politique et intellectuelle. Entretien.

Un nouveau monde arabe est en train de naître sous nos yeux — dans le bruit, la fureur et le sang. Son histoire est liée à la nôtre, une histoire faite, depuis l'expédition d'Egypte de Napoléon (1798), de brutalité, de promesses trahies et de manipulations. Les horreurs d'aujourd'hui ne seraient donc que la continuation logique de celles d'hier ? En partie seulement. Car une autre histoire s'est développée en parallèle, ­depuis le XIXe siècle, celle des « Lumières arabes » — la Nahda — faite d'éman­cipation politique et intellectuelle. Jean-Pierre Filiu, professeur en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po, la raconte dans un livre engagé et passionnant, Les Arabes, leur destin et le nôtre.

Qu'est-ce que le monde arabe en 1800 ?

C'est un territoire privé de souve­raineté, soumis à l'autorité formelle de l'Empire ottoman, excepté les royaumes du Maroc, du Yémen et d'Oman. En termes de population, les quelque quinze millions d'Arabes, dont quatre pour la seule Egypte, sont ­moitié moins nombreux que les Français. La mégalopole du Caire peut se comparer à Constantinople, alors que Tunis, Damas ou Alep comptent chacune quelque cent mille habitants.

Comment l'identité arabe se définit-elle ?

A l'époque, l'affirmation de l'arabité ne va pas de soi, on se reconnaît avant tout comme musulman. Le XIXe siècle voit pourtant le développement d'une Renaissance arabe, la Nahda, selon un processus similaire à celui que l'Europe a connu au cours des Lumières, puis de l'émergence des nationalismes. Une élite éclairée s'affirme arabe contre la domination ottomane, perçue com­me décadente et oppressive, et contre l'intervention occidentale — marquée par l'expédition d'Egypte (1798) et l'occupation de l'Algérie (dès 1830). Des dynasties modernisatrices imposent leur souveraineté, en Tunisie et en Egypte, celle-ci mettant l'accent sur l'Etat (dans ses fonctions régaliennes), celle-là sur la Constitution (fondatrice du pacte social, en Tunisie). Ces deux pays deviendront les piliers de la Nahda.

 

 

 

Quels rôles jouent nationalisme et islamisme dans cette émancipation ?

Au XIXe siècle, ces catégories que l'on nous présente aujourd'hui comme distinctes, voire incompatibles, sont extrêmement fluides. On peut être un arabe nationaliste tout en brandissant le flambeau de l'islam contre les Turcs présentés comme de « mauvais musulmans ». Les Arabes chrétiens, alors dans une phase d'expansion démo­graphique qu'on a du mal à ima­giner de nos jours — ils font plus d'enfants que les musulmans —, revendiquent parfois le prophète Mohamed comme champion de l'arabité !

La Première Guerre mondiale marque un tournant dans cette Renaissance ?

A la faveur du conflit, ces courants islamiste et nationaliste convergent en la personne du gouverneur de la Mecque (choisi par les Ottomans), le chérif Hussein. C'est un descendant du Prophète par la lignée la moins contestable, celle des Hachémites. Et c'est lui qui mène la « Révolte arabe » contre l'Empire ottoman, en s'alliant avec les Français et les Britanniques, qui lui ont promis la création d'un royaume arabe indépendant... et vont piétiner cette alliance. Pour les Arabes, c'est une triple humiliation. Ils sont entrés en guerre comme des alliés, on les traite comme des supplétifs (jusqu'au fameux Lawrence, qui prétend leur apprendre la guérilla !). S'ajoute le mensonge : à peine les puissances européennes ­ont-elles fait leur promesse à Hussein qu'elles s'entendent secrètement pour se partager le Moyen-Orient à ses dépens. Pire : les Britanniques promettent aux sionistes l'établissement d'un foyer juif en Palestine ! Si on avait ­voulu être sûrs de s'aliéner les élites arabes, on ne s'y serait pas pris autrement...

Est-ce un coup d'arrêt pour la Nahda ?

Cette trahison des alliés envers Hussein va déboucher sur l'instauration des mandats en Syrie et au Liban, en Palestine et en Irak, chef-d'œuvre de paternalisme colonial. Nous parlons ici de Damas, d'Alep, de Bagdad — des villes qui ont enfanté la civilisation, en termes d'organisation sociale, d'écriture ou de commerce ! L'idée qu'une puissance européenne prétende leur enseigner ce que doit être un pays civilisé est un nouvel affront pour les Arabes. D'autant que ces derniers se sont pliés aux règles du jeu démocratique, en organisant des élections, en travaillant à une Constitution, bref en se réclamant de l'autodétermination promue par l'Europe elle-même. Comment réagit cette dernière ? En leur envoyant la troupe, pour s'assurer de leur soumission. C'est à ce moment-là que nous avons perdu les Arabes — en tout cas ceux qui, fidèles à la Nahda, espéraient se libérer.

 

 

 

La trahison envers Hussein ouvre aussi la route de la Mecque à la famille Saoud...

C'est-à-dire à la seule force arabe de l'époque réfractaire à la Nahda — les wah­habites. Les puissances européennes offrent ainsi une légitimité inespérée aux tenants d'un islam rigoriste... alors même qu'on ne trouve aucune trace des Saoud dans la geste du Prophète. Or, ce pacte « wahhabite » établi en 1744 entre le prêcheur Mohamed Abdelwahhab et les Saoud est l'alliance du sabre et du goupillon, une alliance inédite dans le monde arabe, où jamais une tribu et un clerc ne s'étaient associés pour créer un Etat. C'est chose faite avec la fondation, en 1932, de l'Arabie saoudite, le seul pays du monde dont les ressortissants sont désignés par le nom de la dynastie régnante...

Ces échecs ne mettent pas fin à la Nahda...

En effet, l'imprimerie, les échanges, l'éducation continuent de s'étendre, et la diaspora arabe d'essaimer en Europe et en Amérique du Nord... Quant à l'effervescence politique, certains partis de l'entre-deux-guerres, comme le Destour en Tunisie, le Wafd en Egypte, les partis nationalistes en Syrie et, dans une moindre mesure, en Irak et au Liban prolongent l'esprit de la Nahda. Malheureusement, ces élites nationalistes, empêchées par les puissances européennes de faire accéder leurs pays à une souveraineté pleine et entière, vont bientôt être dénoncées par de nouveaux partis plus modernes et radicaux, qui les accusent de pactiser avec l'occupant. Et cette surenchère nationaliste prend souvent la forme de l'islamisme. Pour les Frères musulmans, apparus en 1928, il faut ainsi remobi­liser la nation arabe et islamique contre l'élite « corrompue » du Wafd. On retrouve la même dénonciation des élites chez le Néo-Destour de Bour­guiba, le parti Baas en Syrie, et les partis communistes qui surgissent alors. Tous ces partis sont autoritaires, adoptent des structures de type léniniste et se nourrissent de la fin des mandats européens et de la Nakba — la « catastrophe », comme on appelle la création de l'Etat juif et l'exode des Palestiniens en 1948. L'indépendance chèrement acquise de la Syrie, en 1946, est ainsi détournée trois ans plus tard par un putsch du chef d'état-major, prélude à un détournement généralisé des indépendances arabes par des dictatures militarisées.

Quel rôle a joué la création d'Israël dans les développements qui ont suivi ?

Selon moi, la Nakba a toute sa place, mais rien que sa place dans les malheurs du monde arabe. A la trahison des aspirations légitimes des Arabes à la fin de la Première Guerre mondiale s'est effectivement ajouté l'abandon de la population arabe de Palestine — une des plus éduquées, voire occidentalisées de la région —, transformée en non-peuple, en conglomérat de réfugiés. Cette négation du droit du peuple palestinien à l'autodétermination est aussi le fait des cliques militaires arabes qui utilisent la « cause palestinienne » à leur profit exclusif. L'important, pour elles, est de rester « branchées » sur un système international qui leur garantit rente financière et livraisons d'armes, qu'elles soient pro-Washington et en paix avec Israël, comme l'Egypte depuis 1979, ou pro-Moscou et « hostiles » à Israël, comme la Syrie des Assad. Pendant des décennies, la Palestine sera ainsi niée par Israël et manipulée par ses « alliés » arabes.

Le terrorisme islamiste ne conteste-t-il pas la sujétion de ces cliques militaires aux intérêts occidentaux ?

Nulle part les djihadistes ne sont une alternative digne de ce nom. La ligne de partage dans le monde arabe passe entre ceux qui reconnaissent le peuple comme source de la souveraineté et ceux qui le refusent. Il y a des islamistes, des nationalistes et des laïques des deux côtés. Le président Sissi en Egypte et le chef de Daech, Baghdadi, n'ont pas plus de respect l'un que l'autre pour la souveraineté populaire — d'ailleurs, ils ont tous deux déclenché d'effroyables attaques contre la moindre forme de contestation. La vraie question, pour les pays occidentaux, n'est pas de choisir entre un dictateur et des terroristes, mais de soutenir l'établissement de la démocratie dans le monde arabe. Si nous disons « tout sauf Daech », au risque de soutenir des tyrans, nous aurons Daech puissance 10.

Qu'en est-il des tensions entre chiites et sunnites, qui déchirent aujourd'hui le monde arabe ?

L'historien se doit d'introduire la distinction entre la réalité des tensions confessionnelles et leur caractère supposé « éternel ». Ces tensions existent, mais affirmer qu'il y aurait une guerre entre chiites et sunnites depuis l'aube de l'islam, et faire de cette rivalité religieuse la clé du Moyen-Orient contemporain obscurcit le débat au lieu de l'éclairer. Il y a eu des phases de concorde, des moments où les sunnites se massacraient entre eux... Bref, il faut revenir à l'Histoire, et réexaminer à sa lumière la question du pouvoir dans ces pays. Djihadistes comme dictateurs ont en effet un intérêt partagé à ce que nous ne comprenions plus rien à ce qu'il se passe dans le monde arabe. Or, il y a deux enjeux cruciaux, aujourd'hui, pour les pays européens, à mieux appréhender cette région : les migrations et le terrorisme. Bachar al-Assad et consorts sont des machines à produire du djihadisme et des réfugiés : ils ont cyniquement nourri le djihad pour mieux se poser, aux yeux de l'Occident, en rempart contre l'islam radical. Il faut donc anticiper la refondation d'un ordre juste et démocratique là-bas, sous peine de payer ici même le prix de telles impasses. Ce n'est pas une utopie : le mouvement de libération des Arabes est une vague de fond. Chercher à l'entraver ne peut qu'alimenter le cauchemar. Pour eux depuis des années, et demain, sans doute, pour nous.

piqué à Laure Gheron-Lichan

Que se passe-t-il aux Nations-Unies quand une mouche tombe dans une tasse de café ?
- L’ Italien jette la tasse et s’en va.
- Le Français jette la mouche et boit le café.
- Le Chinois mange la mouche et jette le café.
- Le Russe boit le café avec la mouche; c’est un extra sans frais supplémentaire …
- L’ Israélien vend le café au français, la mouche à la Chine et achète pour lui-même une nouvelle tasse de café.
Avec le bénéfice des ventes, il met au point un dispositif qui empêche les mouches de tomber dans le café.
- Le Palestinien accuse Israël d’avoir mis une mouche dans son café, dénonce l’agression à l’ONU, fait une demande de prêt aux Nations-Unies pour financer l’achat d’une nouvelle tasse de café, utilise l’argent pour acheter des explosifs … Et puis il fait sauter la cafétéria où … l’Italien, le Français, le Chinois et le Russe sont tous en train d’expliquer à l’Israélien qu’il doit donner sa tasse de café au Palestinien …

Aucun texte alternatif disponible.

05/10/2016

«Le scénario de l’effondrement l’emporte»

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Les temps changent.... Le système reste !!

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C'est pas sorcier -HISTOIRE DU CLIMAT - YouTube : L'effet de serre est un phénomène naturel provoquant une élévation de la température à la surface de notre planète. Indispensable à notre survie, ce fragile équilibre est menacé. Les activités humaines affectent la composition chimique de l'atmosphère et entraînent l'apparition d'un effet de serre additionnel, responsable en grande partie du changement climatique actuel.

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu'au niveau micro-économique. Elle s'explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. Nous allons nous intéresser aux catastrophe liée aux réchauffement climatique, -- la pollution atmosphérique t sur les conséquences de cette pollution sur notre organisme, notre santé et s'interroge sur les raisons pour lesquelles cette question de santé publique n'est pas mieux prise en compte. Vous devez être conscient de ses conséquences globables.

Le mystère de la disparition des abeilles

La « restructuration écologique » ne peut qu'aggraver la crise du système. Il est impossible d'éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur trois ou quatre d'ici à l'an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l'ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85 % jusqu'à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°C,

la terre en 2075


 

Dossier > Menaces sur la biodiversité :Protéger la biodiversité. Soit. Mais pourquoi ? « La biodiversité, c'est la vie même de la planète ».

Et bien plus encore, c'est « la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques, et des complexes écologiques dont ils font partie ».

La biodiversité ne se résume donc pas à l'inventaire des espèces. Pour la déchiffrer, il faut avoir une approche globale du vivant – des micro-organismes aux animaux en passant par les végétaux –, qui intègre les trois niveaux que sont les gènes, les espèces et les écosystèmes.

Et l'homme dans tout ça ? Il est au cœur de la biodiversité et ne cesse d'interagir avec elle.

S'il est besoin de trouver une cause utilitaire à la protection de la biodiversité, il suffit de mentionner que l'homme y puise ses ressources alimentaires, mais aussi les matières premières nécessaires à sa vie

La biodiversité menacée

Nature par Bernard Guerrini, Mathias Schmitt

La Biodiversité menacée : quelles solutions pour demain ? La biodiversité menacée | Comprendre le monde | fr - ARTE : Sale Temps Pour La Planete 1/2 - Vidéo Dailymotion : Sale temps pour la planèteTEASER TANZANIE LES DAMNES DE LA TERRE : http://www.dailymotion.com/video/xsorr4_teaser-tanzanie-les-damnes-de-la-terre_travel?search_algo=1

 
La  Victoire pour les espèces en dangers et le plan climat voulu par Barack Obama Climat: Obama salue une "journée historique", montre un début de prise de conscience mais insuffisant. La situation est sombre.
 
La Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées (Cites) a clos ses travaux aujourd'hui à Johannesburg après avoir adopté une série de décisions importantes pour agir contre le trafic des espèces animales et des plantes menacées.

Mais un vote sur le renforcement de l'interdiction de la vente de l'ivoire a mis en lumière des divisions parmi les Etats africains et les experts. Le trafic illégal en matière de vie sauvage est évalué à 20 milliards de dollars (18 milliards d'euros) par an.
 
 

  Climat: les insectes font 69 mds d'euros de dégâts chaque année Les insectes envahissants, en pleine expansion sous l'effet des échanges mondiaux et du réchauffement planétaire, font chaque année au moins 69 milliards d'euros de dégâts dans le monde, un chiffre largement sous-estimé, selon une étude parue aujourd'hui.


Dommages aux biens et services, coûts en matière de santé, pertes agricoles, les impacts des insectes envahissants (proliférant hors de leur milieu naturel) sont nombreux. Et le résultat chiffré de cette évaluation est a minima, soulignent les auteurs de cette synthèse inédite publiée dans Nature Communications.

La situation devrait encore se dégrader avec le réchauffement planétaire: les aires favorables à leur expansion devraient croître de 18% d'ici 2050, si rien n'était fait pour freiner le déréglement climatique, pointe l'étude. Aujourd'hui environ 10% des insectes introduits dans une nouvelle région s'y implantent, et 10% d'entre eux finissent par y proliférer.
 
 
 
Le président américain Barack Obama a salué ce mercredi "une journée historique" dans la lutte contre le réchauffement climatique après l'annonce de l'entrée en vigueur prochaine de l'accord international conclu à Paris fin 2015. "Aujourd'hui est une journée historique dans la lutte pour protéger notre planète pour les générations futures", a déclaré M. Obama, estimant qu'elle pourrait rester dans l'histoire "comme un tournant".

Il ouvre la voie, à "une échelle sans précédent", aux investissements et à l'innovation dans une économie bas carbone, a-t-il ajouté. Cet accord "nous donne la meilleure chance possible sauver notre planète", a encore dit le président américain qui avait fait de la lutte contre le changement climatique l'une de ses priorités en arrivant au pouvoir en 2009. "Aucun pays, même un pays aussi puissant que le nôtre, ne peut relever ce défi seul. Nous devons nous y attaquer ensemble", a-t-il encore dit. Reconnaissant que la diplomatie était souvent un exercice long et frustrant, il a mis en exergue les négociations internationales sur le climat qui démontrent qu'avec "des efforts persistants, un fort leadership américain, de l'optimisme, de la confiance et de l'espoir", un résultat est possible. 
 
 
Ottawa aura beaucoup de mal à atteindre ses objectifs alors que les émissions de gaz à effet de serre progressent à un rythme effréné, du fait de la production pétrolière.Les émissions progressent à un rythme effréné

« Le monde entier se mobilise pour lutter contre les changements climatiques et on le fera sans les conservateurs », a indiqué le ministre des affaires étrangères Stéphane Dion, les accusant d’avoir bloqué le dossier pendant dix ans sous le règne de Stephen Harper (2006-2015). Le premier ministre Justin Trudeau est  davantage d’actions sur le front climatique et un objectif de réduction d’émissions plus ambitieux que celui fixé par son prédécesseur : une baisse de 30 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005.C’est là où le bât blesse, car le Canada aura déjà beaucoup de mal à atteindre cet objectif alors que les émissions progressent à un rythme effréné. Ottawa a d’ores et déjà renoncé à sa promesse de ne dépasser pas la cible initiale. Concernant la taxe carbone Certaines provinces sont déjà plus vertueuses que d’autres : les plus prospères, représentant 80 % de la population canadienne, font leur part.
La Saskatchewan, grande productrice d’énergies fossiles, dans l’ouest du pays, y est par contre farouchement opposée. « Toutes les provinces doivent faire leur part », a précisé M. Trudeau lundi à Ottawa.

Autorisation d’oléoducs polluants

Dans le camp des critiques, on craint surtout que M. Trudeau ne souffle encore longtemps le chaud et le froid, oscillant entre sa volonté de réduire les émissions et celle de ne pas nuire à une croissance économique déjà anémique. En Alberta et en Saskatchewan, les gouvernements comme le lobby pétrolier réclament aussi que l’Etat fédéral autorise d’autres grands projets de pipelines, afin de faciliterl ’exportation du pétrole des sables bitumineux et la hausse de sa production.

Chez Greenpeace Canada, on relève que mettre un prix sur le carbone est « une bonne nouvelle » mais qui ne comblera pas plus du « tiers de l’écart entre la trajectoire actuelle des émissions et les objectifs de Paris ». Même son de cloche du côté de l’ONG québécoise Equiterre, où l’on estime qu’« à dix dollars la tonne, la taxe n’aura pas beaucoup d’impact sur une réduction des émissions »

Pétrole - Le Début De La Fin - Documentaire Complet En Francais

 

LIRE AUSSI :
» Ratification partielle de l'accord de Paris sur le climat
 
Déjà en proie à un déficit chronique de précipitations, le sud-ouest des Etats-Unis est menacé d'une "méga-sécheresse" d'ici la fin du siècle à cause du réchauffement climatique, selon une étude publiée dans la revue américaine Science Advances
Les "méga-sécheresses" sont des périodes sévères d'aridité qui durent plus de trente ans, précisent les chercheurs dont les travaux ont été publiés hier. 
 
Situation la plus grave depuis 25 ans"

Aux Etats-Unis, il s'agit "sans doute de la situation la plus grave depuis 25 ans", avait affirmé le 18 juillet le secrétaire américain à l'Agriculture Tom Vilsack, après avoir rencontré le président Barack Obama pour évoquer cette catastrophe qui touche près de 61% des Etats-Unis, premier producteur mondial de soja et de maïs. En 1988, la sécheresse avait coûté des dizaines de milliards de dollars à l'économie américaine
 
Une telle méga-sécheresse créerait "une pression sans précédent sur les ressources en eau déjà limitées" en Californie, dans le Nevada, au Nouveau-Mexique, dans l'Utah et le Colorado, écrivent ces chercheurs, dont Toby Ault de l'université américaine Cornell qui a mené ces travaux. Le bassin du Colorado, qui s'étend entre l'Arizona, la Californie, le Nouveau-Mexique, le Nevada, l'Utah et le Wyoming, connaît une sécheresse depuis seize ans. En Californie, qui entre dans la sixième année d'une sécheresse exceptionnelle, les autorités ont imposé des limites strictes sur la consommation d'eau en 2015.
 
 
Some 80% of homes in Haiti's southern province destroyed as Hurricane Matthew marches through the Caribbean http://aje.io/j67x
 
  
 «Le scénario de l’effondrement l’emporte»
 
Wall-E - Bande-Annonce Française

WALL-E est le dernier être sur Terre et s'avère être un... petit robot ! 700 ans plus tôt, l'humanité a déserté notre planète laissant à cette incroyable petite machine le soin de nettoyer la Terre WALL·E 2008 Full Movie - YouTube

 

Dès le premier sommet de la Terre de 1972, le chercheur américain Dennis Meadows partait en guerre contre la croissance. A la veille de la conférence «Rio + 20», il dénonce les visions à court terme et dresse un bilan alarmiste.

En 1972, quatre jeunes scientifiques du Massachusetts Institute of Technologie (MIT) rédigent à la demande du Club de Rome un rapport intitulé The Limits to Growth (les Limites à la croissance). Celui-ci va choquer le monde. Leur analyse établit clairement les conséquences dramatiques d’une croissance économique et démographique exponentielle dans un monde fini. En simulant les interactions entre population, croissance industrielle, production alimentaire et limites des écosystèmes terrestres, ces chercheurs élaborent treize scénarios, treize trajectoires possibles pour notre civilisation.

Nous sommes avant la première crise pétrolière de 1973, et pour tout le monde, la croissance économique ne se discute pas. Aujourd’hui encore, elle reste l’alpha et l’oméga des politiques publiques. En 2004, quand les auteurs enrichissent leur recherche de données accumulées durant trois décennies d’expansion sans limites, l’impact destructeur des activités humaines sur les processus naturels les conforte définitivement dans leur raisonnement. Et ils sont convaincus que le pire scénario, celui de l’effondrement, se joue actuellement devant nous. Rencontre avec l’un de ces scientifiques, Dennis Meadows, à la veille de la conférence de Rio + 20.

Le sommet de la Terre démarre mercredi à Rio. Vous qui avez connu la première conférence, celle de Stockholm, en 1972, que vous inspire cette rencontre, quarante ans plus tard ?

Comme environnementaliste, je trouve stupide l’idée même que des dizaines de milliers de personnes sautent dans un avion pour rejoindre la capitale brésilienne, histoire de discuter de soutenabilité. C’est complètement fou. Dépenser l’argent que ça coûte à financer des politiques publiques en faveur de la biodiversité, de l’environnement, du climat serait plus efficace. Il faut que les gens comprennent que Rio + 20 ne produira aucun changement significatif dans les politiques gouvernementales, c’est même l’inverse.

Regardez les grandes conférences onusiennes sur le climat, chaque délégation s’évertue à éviter un accord qui leur poserait plus de problèmes que rien du tout. La Chine veille à ce que personne n’impose de limites d’émissions de CO2, les Etats-Unis viennent discréditer l’idée même qu’il y a un changement climatique. Avant, les populations exerçaient une espèce de pression pour que des mesures significatives sortent de ces réunions. Depuis Copenhague, et l’échec cuisant de ce sommet, tout le monde a compris qu’il n’y a plus de pression. Chaque pays est d’accord pour signer en faveur de la paix, de la fraternité entre les peuples, du développement durable, mais ça ne veut rien dire. Les pays riches promettent toujours beaucoup d’argent et n’en versent jamais.

Vous n’y croyez plus ?

Tant qu’on ne cherche pas à résoudre l’inéquation entre la recherche perpétuelle de croissance économique et la limitation des ressources naturelles, je ne vois pas à quoi ça sert. A la première conférence, en 1972, mon livre les Limites à la croissance (dont une nouvelle version enrichie a été publiée en mai) avait eu une grande influence sur les discussions. J’étais jeune, naïf, je me disais que si nos dirigeants se réunissaient pour dire qu’ils allaient résoudre les problèmes, ils allaient le faire. Aujourd’hui, je n’y crois plus !

L’un des thèmes centraux de la conférence concerne l’économie verte. Croyez-vous que ce soit une voie à suivre ?

Il ne faut pas se leurrer : quand quelqu’un se préoccupe d’économie verte, il est plutôt intéressé par l’économie et moins par le vert. Tout comme les termes soutenabilité et développement durable, le terme d’économie verte n’a pas vraiment de sens. Je suis sûr que la plupart de ceux qui utilisent cette expression sont très peu concernés par les problèmes globaux. La plupart du temps, l’expression est utilisée pour justifier une action qui aurait de toute façon été mise en place, quelles que soient les raisons.

Vous semblez penser que l’humanité n’a plus de chance de s’en sortir ?

Avons-nous un moyen de maintenir le mode de vie des pays riches ? Non. Dans à peine trente ans, la plupart de nos actes quotidiens feront partie de la mémoire collective, on se dira : «Je me souviens, avant, il suffisait de sauter dans une voiture pour se rendre où on voulait», ou «je me souviens, avant, on prenait l’avion comme ça». Pour les plus riches, cela durera un peu plus longtemps, mais pour l’ensemble des populations, c’est terminé. On me parle souvent de l’image d’une voiture folle qui foncerait dans un mur. Du coup, les gens se demandent si nous allons appuyer sur la pédale de frein à temps. Pour moi, nous sommes à bord d’une voiture qui s’est déjà jetée de la falaise et je pense que, dans une telle situation, les freins sont inutiles. Le déclin est inévitable.

En 1972, à la limite, nous aurions pu changer de trajectoire. A cette époque, l’empreinte écologique de l’humanité était encore soutenable. Ce concept mesure la quantité de biosphère nécessaire à la production des ressources naturelles renouvelables et à l’absorption des pollutions correspondant aux activités humaines. En 1972, donc, nous utilisions 85% des capacités de la biosphère. Aujourd’hui, nous en utilisons 150% et ce rythme accélère. Je ne sais pas exactement ce que signifie le développement durable, mais quand on en est là, il est certain qu’il faut ralentir. C’est la loi fondamentale de la physique qui l’exige : plus on utilise de ressources, moins il y en a. Donc, il faut en vouloir moins.

La démographie ne sera pas abordée à Rio + 20. Or, pour vous, c’est un sujet majeur…

La première chose à dire, c’est que les problèmes écologiques ne proviennent pas des humains en tant que tels, mais de leurs modes de vie. On me demande souvent : ne pensez-vous pas que les choses ont changé depuis quarante ans, que l’on comprend mieux les problèmes ? Je réponds que le jour où l’on discutera sérieusement de la démographie, alors là, il y aura eu du changement.

Jusqu’ici, je ne vois rien, je dirais même que c’est pire qu’avant. Dans les années 70, les Nations unies organisaient des conférences sur ce thème, aujourd’hui, il n’y a plus rien.

Pourquoi ?
 

Je ne comprends pas vraiment pourquoi. Aux Etats-Unis, on ne discute plus de l’avortement comme d’une question médicale ou sociale, c’est exclusivement politique et religieux. Personne ne gagnera politiquement à ouvrir le chantier de la démographie. Du coup, personne n’en parle. Or, c’est un sujet de très long terme, qui mérite d’être anticipé. Au Japon, après Fukushima, ils ont fermé toutes les centrales nucléaires. Ils ne l’avaient pas planifié, cela a donc causé toutes sortes de problèmes. Ils ont les plus grandes difficultés à payer leurs importations de pétrole et de gaz. C’est possible de se passer de nucléaire, mais il faut le planifier sur vingt ans.

C’est la même chose avec la population. Si soudainement vous réduisez les taux de natalité, vous avez des problèmes : la main-d’œuvre diminue, il devient très coûteux de gérer les personnes âgées, etc. A Singapour, on discute en ce moment même de l’optimum démographique. Aujourd’hui, leur ratio de dépendance est de 1,7, ce qui signifie que pour chaque actif, il y a 1,7 inactif (enfants et personnes âgées compris). S’ils stoppent la croissance de la population, après la transition démographique, il y aura un actif pour sept inactifs. Vous comprenez bien qu’il est impossible de faire fonctionner correctement un système social dans ces conditions. Vous courez à la faillite. Cela signifie qu’il faut transformer ce système, planifier autrement en prenant en compte tous ces éléments.

La planification existe déjà, mais elle ne fonctionne pas. Nous avons besoin de politiques qui coûteraient sur des décennies mais qui rapporteraient sur des siècles. Le problème de la crise actuelle, qui touche tous les domaines, c’est que les gouvernements changent les choses petit bout par petit bout. Par exemple, sur la crise de l’euro, les rustines inventées par les Etats tiennent un ou deux mois au plus. Chaque fois, on ne résout pas le problème, on fait redescendre la pression, momentanément, on retarde seulement l’effondrement.

Depuis quarante ans, qu’avez-vous raté ?

Nous avons sous-estimé l’impact de la technologie sur les rendements agricoles, par exemple. Nous avons aussi sous-estimé la croissance de la population. Nous n’avions pas imaginé l’ampleur des bouleversements climatiques, la dépendance énergétique. En 1972, nous avions élaboré treize scénarios, j’en retiendrais deux : celui de l’effondrement et celui de l’équilibre. Quarante ans plus tard, c’est indéniablement le scénario de l’effondrement qui l’emporte ! Les données nous le montrent, ce n’est pas une vue de l’esprit.

Le point-clé est de savoir ce qui va se passer après les pics. Je pensais aussi honnêtement que nous avions réussi à alerter les dirigeants et les gens, en général, et que nous pouvions éviter l’effondrement. J’ai compris que les changements ne devaient pas être simplement technologiques mais aussi sociaux et culturels. Or, le cerveau humain n’est pas programmé pour appréhender les problèmes de long terme. C’est normal : Homo Sapiens a appris à fuir devant le danger, pas à imaginer les dangers à venir. Notre vision à court terme est en train de se fracasser contre la réalité physique des limites de la planète.

N’avez-vous pas l’impression de vous répéter ?

Les idées principales sont effectivement les mêmes depuis 1972. Mais je vais vous expliquer ma philosophie : je n’ai pas d’enfants, j’ai 70 ans, j’ai eu une super vie, j’espère en profiter encore dix ans. Les civilisations naissent, puis elles s’effondrent, c’est ainsi. Cette civilisation matérielle va disparaître, mais notre espèce survivra, dans d’autres conditions. Moi, je transmets ce que je sais, si les gens veulent changer c’est bien, s’ils ne veulent pas, je m’en fiche. J’analyse des systèmes, donc je pense le long terme. Il y a deux façons d’être heureux : avoir plus ou vouloir moins. Comme je trouve qu’il est indécent d’avoir plus, je choisis de vouloir moins.

Partout dans les pays riches, les dirigeants promettent un retour de la croissance, y croyez-vous ?

C’est fini, la croissance économique va fatalement s’arrêter, elle s’est déjà arrêtée d’ailleurs. Tant que nous poursuivons un objectif de croissance économique «perpétuelle», nous pouvons être aussi optimistes que nous le voulons sur le stock initial de ressources et la vitesse du progrès technique, le système finira par s’effondrer sur lui-même au cours du XXIe siècle. Par effondrement, il faut entendre une chute combinée et rapide de la population, des ressources, et de la production alimentaire et industrielle par tête. Nous sommes dans une période de stagnation et nous ne reviendrons jamais aux heures de gloire de la croissance. En Grèce, lors des dernières élections, je ne crois pas que les gens croyaient aux promesses de l’opposition, ils voulaient plutôt signifier leur désir de changement. Idem chez vous pour la présidentielle. Aux Etats-Unis, après Bush, les démocrates ont gagné puis perdu deux ans plus tard. Le système ne fonctionne plus, les gens sont malheureux, ils votent contre, ils ne savent pas quoi faire d’autre. Ou alors, ils occupent Wall Street, ils sortent dans la rue, mais c’est encore insuffisant pour changer fondamentalement les choses.

Quel système économique fonctionnerait d’après vous ?

Le système reste un outil, il n’est pas un objectif en soi. Nous avons bâti un système économique qui correspond à des idées. La vraie question est de savoir comment nous allons changer d’idées. Pour des pans entiers de notre vie sociale, on s’en remet au système économique. Vous voulez être heureuse ? Achetez quelque chose ! Vous êtes trop grosse ? Achetez quelque chose pour mincir ! Vos parents sont trop vieux pour s’occuper d’eux ? Achetez-leur les services de quelqu’un qui se chargera d’eux ! Nous devons comprendre que beaucoup de choses importantes de la vie ne s’achètent pas. De même, l’environnement a de la valeur en tant que tel, pas seulement pour ce qu’il a à nous offrir.

Laure Noualhat
 
 
 
fin de petrole
 


 
Un monde sans humains - YouTube

 Faut-il Avoir Peur de la fin du Pétrole

 

Les limites à la croissance  de Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers Rue de l’Echiquier, 432 pp., 25 €.

INTERVIEW
«Le scénario de l’effondrement l’emporte»
Par Laure Noualhat
 
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 "La République peut accorder l'asile à qui elle veut ! C'est une pure question politique", Anicet Le Pors Entretien | L'actuelle crise des migrants met crûment en évidence les failles dans l'application du droit d'asile en Europe. L'analyse d'Anicet Le Pors, juge à la Cour nationale du droit d'asil.

 
A Ásotthalom (Hongrie ), le 31 août 2015, des barbelés sont installés sur la frontière avec la Serbie.

 

Dans Les Marchands de la ,peur Altman ( Alain Bauer)  : Je regrette de vous dire que non. Les riches sont bien pauvres en la matière. La peur est rare, voyez vous. La vraie peur, celle que l'on peu s'identifier, celle qui vous frôle au point de vous cure la peau, celle qui entre dans la mémoire et y tourne en boucle toute la nuit. Et pourtant cette idée là est vitale. Dans nos société de liberté, c'est la seule chose qui fait tenir les gens ensemble. Sans menace, sans ennemi, sans peur, pourquoi voudriez vous obéir, pourquoi travailler, pourquoi accepter des ordres ? Croyez moi un bonne ennemi est la clé de voute d'une société équilibré. Cette ennemi là, nous n'en avons plus » .Dans l'express intitulé : « Comment les Etats-Unis ont tué Ben Laden - L'Express  . Les attentats, vous savez sans ennemi. L'essentiel n'est pas là. Il ne suffit pas que se perpétuent des formes de la tragédie, il nous faut des héros pour les interpréter.
 
Dans l'émission du lundi 20 juillet 2015, selon 
Bernard Cazeneuve : "Il faut des contrôles systématiques aux frontières" 

 
L'actuelle crise des migrants met crûment en évidence les failles dans l'application du droit d'asile en Europe. L'analyse d'Anicet Le Pors, ancien ministre, président fondateur de l'Association française des juges de l'asile, qui plaide pour une redéfinition de ce principe au niveau international.

Devant l'afflux de réfugiés aux portes de l'Europe, la notion de droit d'asile est violemment questionnée. D'où vient-elle ? Comment s'applique-t-elle ? Pourquoi l'Allemagne est-elle la seule à tenir un discours d'ouverture ? Quel avenir pour ce droit d'asile ? Les réponses d'Anicet Le Pors, juge à la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) de 2001 à 2014, et président fondateur de l’Association française des juges de l’asile (AFJA).

Rappelez-nous les grands principes et fondements du droit d'asile ?

L'asile est accordé sur la base de l'article 1 de la Convention de Genève du 25 juillet 1951 : « Le terme “réfugié” s'appliquera à toute personne (…) craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques. » Cette protection comporte un élément subjectif (« craignant ») et un élément objectif (« avec raison »), et donne droit à un titre de séjour de dix ans.

Nous avons aussi un texte purement français : notre Constitution, dans son article 53-1, stipule que « La République peut conclure avec les Etats européens qui sont liés par des engagements identiques aux siens en matière d'asile (...), des accords déterminant leurs compétences respectives pour l'examen des demandes d'asile qui leur sont présentées. (…) Les autorités de la République ont toujours le droit de donner asile à tout étranger persécuté en raison de son action en faveur de la liberté ou qui sollicite la protection de la France pour un autre motif. » C'est donc très clair : la République peut accorder l’asile à qui elle veut ! Il s'agit d'une pure question politique. Quand les autorités françaises ont accueilli Khomeiny ou Jean-Claude Duvalier (ancien président d'Haïti), elles ne s'en sont pas justifiées ...

Certains (comme Alain Juppé mardi sur France Inter), soutiennent que de nombreux demandeurs d'asile sont en réalité des migrants économiques déguisés…

Cette assertion n’a pas lieu d’être. Qui peut penser qu’un demandeur politique n’est pas, en même temps, privé de ressources et d’une vie normale ? Et dans un pays soumis à un despote, la privation de droits économiques et la violence de l’exploitation peuvent bien aussi s’apparenter à une persécution. Il existe encore des situations d’esclavage dans le monde. Il est donc tout à fait hasardeux de faire à ce sujet une distinction radicale.

 

Le 31 août 2015, plus de 2 500 réfugiés en provenance de Syrie arrivent au port du Pirée, à Athènes, depuis l'île grecque de Mytilène par le ferry Eleftherios Venizellos.

 

 

 

Estimez-vous que le droit d'asile devrait faire l'objet d'une mise en œuvre massive pour les migrants qui se pressent aux portes de l'Europe ?

Oui, et le droit positif existant ne s’oppose en rien à un tel accueil puisque celui-ci relève avant tout d'une question de volonté politique. La globalisation, la mondialisation impliquent l’interdépendance, la coopération, la solidarité. La politique d’asile correspondante doit être celle d’un large accueil. Les pays développés en ont la possibilité : répétons que ces flux, malgré leur importance, ne représentent qu’une très faible proportion des populations des pays d’accueil [moins de 0,1% des 500 millions d'habitants que compte l'Union, NDLR]. N'oublions pas non plus que plus des trois quarts des réfugiés dans le monde se trouvent en Afrique ou en Asie. Jusqu’à présent, l’Europe n’en accueille que 15%...

Comment expliquer les disparités de l'application du droit d'asile dans les différents pays de l'UE  ?

D’abord, les pays européens se sont révélés incapables de mettre en place un régime d’asile européen commun, comme ils l’avaient pourtant prévu et annoncé en 2004. Par exemple, ils ne parviennent même pas à se mettre d’accord sur une liste de « pays d’origine sûrs », où l'on peut renvoyer les personnes dont la demande est rejetée. Ce concept est au demeurant très discutable dans un monde aussi instable. Ensuite, l’Union européenne est en crise comme en attestent de nombreux dossiers d’actualité (Grèce, Ukraine …). Enfin, les différents pays de l’Union n’ont ni les mêmes intérêts, ni les mêmes histoires, ni les mêmes cultures. Cela conduit à des attitudes d’opportunisme, à des réactions nationalistes, à des comportements lâches face à des drames humains de masse.

La Hongrie, en érigeant un mur de barbelés, se met-elle en contradiction avec le droit international ?

Comme je l’ai souligné, la question est avant tout politique et humaine, plus que purement juridique. Cela dit, l’attitude du gouvernement hongrois est en contradiction avec le principe de non-refoulement du demandeur d’asile à la frontière, principe posé par l’article 33 de la Convention de Genève de 1951. Elle contrevient aussi aux différentes déclarations des droits de l’homme existantes et à la Charte des droits fondamentaux de l’UE

 

Que vous inspire le discours volontariste d'Angela Merkel ?

La chancelière allemande est dans une position économique dominante, qu’elle semble aujourd’hui en mesure de traduire sur le terrain politique – on a pu le constater à l’occasion de la crise grecque. L'Allemagne a longtemps fait prévaloir le droit du sang sur le droit du sol, les immigrés accueillis n'ayant pas réellement vocation à « s'intégrer » dans la population native, en particulier par des mariages « mixtes ». On le voit avec l'importante population turque... Le discours d'Angela Merkel est probablement empreint de compassion, mais aussi d'intérêt puisque l’Allemagne dispose d’une population nombreuse mais d’une démographie déclinante...

Et la France ?

A l'inverse, l'immigration y a toujours été vue comme devant mener à l'intégration, voire à l'assimilation, c'est-à-dire la fusion complète des populations présentes sur le territoire, quelles que soient leurs origines. Un tel langage d'ouverture est donc sans doute plus difficile à tenir politiquement. Pourtant, c'était à la France de le faire. C'est une véritable occasion manquée. François Hollande et Manuel Valls auraient pu et dû être à l'avant-garde d'un discours compassionnel sous-tendu par un puissant contenu politique, dicté par la tradition française de l'asile, depuis la Déclaration des droits de l'homme de 1789 et la Constitution de 1793 qui stipulait que « le peuple français est l'ami et l'allié naturel des peuples libres (…). Il donne asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté. Il le refuse aux tyrans. » Oui, l'opinion est réticente, mais c'est cela la politique : être capable au besoin d'agir contre l'opinion. Avec courage.

Diriez-vous comme Bernard Cazeneuve, dans Libération du 2 septembre, que « la France n'a pas failli » ?

En 2012, la France était la première destination des demandeurs d’asile en Europe, seulement derrière les Etats-Unis dans l’ensemble des pays développés. En 2014, elle n’était plus qu’en sixième position, loin derrière l’Allemagne, les Etats-Unis, la Turquie, la Suède et l’Italie. Le nombre des demandeurs a baissé en France, à l’inverse du mouvement général de croissance des demandes. Il conviendrait que le ministre de l’Intérieur d’un gouvernement se réclamant de la gauche s’explique sur l’évolution observée au cours de ce quinquennat ! En tant que juge de l'asile, j’ai constaté à quel point la France garde néanmoins aux yeux de nombre de demandeurs d’asile une réputation de « terre d’asile » et de « pays des droits de l’homme ». Il est dramatique de voir cette tradition se brouiller. Cela devrait interdire en tout cas toute expression de bonne conscience satisfaite.

 

Le 20 mai 2015, à Paris, une centaine de refugiés d'Afrique et du Proche-Orient sont installés sous le métro parisien, boulevard de la Chapelle.

 

 

 

La réforme en cours du droit d'asile en France est elle de nature à apporter des améliorations ?

Elle comporte des aspects positifs (présence d’une personne pouvant conseiller le demandeur lors de son entretien à l’Ofpra, attente réduite de la décision finale, augmentation annoncée du nombre de places d’accueil, etc.). Mais il y a aussi des côtés inquiétants : la réduction des délais paraît impossible dans le respect d’une enquête scrupuleuse ; cette réduction pousse à l’augmentation des décisions prises par un juge unique, ce qui prive le demandeur d'une audition devant une formation collégiale. Il est question de pouvoir répartitir arbitrairement des demandeurs sur le territoire sous menace de supprimer la protection sociale à ceux qui refuseraient, etc. Au total, cette réforme n’est ni suffisante ni satisfaisante.

Le droit d'asile doit-il être redéfini ? Comment voyez-vous son avenir ?
Son expérience est pluriséculaire, et résulte d'évolutions. On est ainsi passé de l’identification d’un lieu d’asile à la protection d’une personne, d’un acte discrétionnaire à une protection juridique internationale. Sans doute faut-il aujourd'hui envisager de nouvelles dispositions juridiques, mais elles n’auront d’effet que si elles sont le fruit de changements de politiques et d’évolution des mentalités. Il faudrait passer, par exemple, d’une politique de sécurisation et de contrôle des flux au droit à l’hospitalité et à la protection de la personne. Revivifier la tradition humaniste de la France.

Changer aussi la mentalité des décisionnaires, fonctionnaires et juges, en rappelant des idées simples : en matière d’asile, la preuve de la persécution n’est exigée par aucun texte, seule compte l’intime conviction du juge ; la décision finalement prise « au nom du peuple français » doit être une décision de justice, sérieuse et humaine, et pas seulement une application sèche et conformiste du droit. Enfin, des contradictions dans le récit des demandeurs ne doivent pas invalider automatiquement leur demande vu le parcours du combattant qui est le leur. C'est la crédibilité du récit dans son ensemble qu’il faut considérer et le doute devrait, au final, bénéficier au demandeur.

Cette crise signifie-t-elle la fin de l'espace Schengen? La fin de l'Europe?

L’espace Schengen n’est pas porteur de vertus par lui même vu l’hétérogénéité de sa composition et certaines règles qui y sont appliquées, comme celle qui oblige à déposer la demande d'asile dans le premier pays d’entrée. C'est sans aucune signification au regard du parcours aléatoire de l’intéressé ! Au cours des vingt dernières années, l’Union européenne a pris les mesures les plus coercitives en matière de droit d’asile (cette obligation de demande dans le premier pays d'entrée, la notion de pays d’origine sûrs, la longue durée de rétention...). Cette crise a le mérite de poser clairement la responsabilité de chaque pays devant cet aspect de la mondialisation. L’Union européenne, qui a démontré son incapacité à mettre en place une politique commune et ne semble pas près d’y parvenir, ne me paraît pas le bon niveau d’analyse et de décision. Il y a aujourd’hui bien plus de raisons qu’en 1951 avec la Convention de Genève de poser le problème au niveau mondial. C’est là sans doute l’un des grands défis du XXIe siècle.

 
 
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