09.02.2012
Témoignage d'un soralien
J’ai une discussion vive avec Jonathan Moadab ( 39 ami(e)s en commun) , ami de Charles Assani ( a l’origine du torpillage des manifs anti CPE et qui actuellement fait de même avec notre mouvement ( indigné pour une démocratie réelle).
Il m’indique ainsi qu’il a soutenu Charles Assani lors du CPE, cherche a diviser actuellement en envoilant de nombreux mails sur notre liste mail. ReOpen911, une porte ouverte sur l’extrême droite ( voir en fin de page)
Rassembler en deux citations ( rien enlevé ou ajouter )
« Bonjour à tous,
Je suis content que des personnes aient des points de vues pondérés. L'idée est bien sûr d'avoir un débat démocratique et personne ne veut imposer sa pensée ou devenir un leader. Je rejoins l'analyse de Charles, et j'ai de bonnes raisons de le faire, ayant moi même été traité de "militant front national" par François Soltic (qui décidément n'en est pas à son premier assaut). Le fait est que le mouvement est noyauté par des personnes qui ont un passé de militantisme politique, et que ce sont ces personnes qui font le plus de polémiques...
Julien Kien ( 195 ami(e)s en commun ) a dit "qu'il commençait à s'inquiéter pour moi" (car j'ai prononcé le mot "souveraineté") il est au Front de Gauche
Julien Lucy ( Assistant de direction, Maison des Initiatives Etudiantes, Indignés du Nord Parisien, Amis1 344 ) a dit je faisais partie des "personnes à combattre : il est ami de Julien Kien et membre du collectif Pas de Noms
Fahima a pris Charles en grippe pour le calomnier : c'est une militante ex trotskiste
Pour Daniel, je fais partie de "la nouvelle oligarchie", qui "viole la souveraineté de l'AG". Lui est militant au NPA et a a plusieurs reprises fait circuler des informations diffamatoires sur Charles Aissani et moi-même, en plus du maître Plaza (lui faisant une réputation d'alcoolique).
etc etc. je garde les meilleurs dossiers pour l'AG.
Qu'une chose soit claire : ce mouvement n'appartient à personne, et quiconque tenterait de le confisquer ou de le cantonner à certaines factions politiques violerait les principes mêmes de la démocratie. Le mouvement n'est rien d'autre que ceux qui le constituent, et tout décision ou orientation doit être concertée et transparente.
On voit très bien que la fréquentation des AGs est en chute libre et que le mode d'organisation du mouvement nécessite un bon coup de dépoussiérage pour permettre son expansion et sa réussite.
Ne perdons pas de vue que notre objectif principal est plus de démocratie. C'est l'essence même du nom 'Démocratie Réelle", et c'est le sens que l'Histoire a pris. Nous sommes à l'aboutissement d'une longue période historique entamée en 1789, à nous de la faire aboutir.
Merci donc de faire cesser les polémiques inutiles qui visent simplement à nuire au mouvement et à sa diversité culturelle et intellectuelle. Toutes les initiatives qui vont dans le sens d'une Démocratie Réelle sont légitimes. Personne n'a le monopole de l'indignation.
On en reparle très vite en AG extraordinaire. A définir.
Mon message se veut avant tout un message de paix et d'espoir. La seule chose que je veux, c'est qu'on arrive à unifier les citoyens, sans quoi nous n'arriverons à rien
Bien à vous,
Jonathan Moadab »
Ils jouent sur les divisions en nommant la majorité du mouvement comme responsable de la mise a l’écart en citant nom
La deuxième citation
« De plus, l'histoire des AG étudiantes est à mourir de rire. Charles avait 100 fois raison. Ces AG n'avaient rien de démocratique. J'étais trop jeune pour m'en rendre compte à l'époque, mais j'ai été manipulé par les militants d'extrême gauche. J'aurai aimé qu'il y ait un Charles dans mon bahut pour nous faire entendre raison. Il y a d'autres moyens de protester que de bloquer son établissement !
Non ? Car tous les étudiants ne soutenaient pas le blocage, même s'ils étaient contre le CPE. Et Charles était contre le CPE.
Donc soit tu peux me prouver qu'il ait fauté en quoi que ce soit, soit tu acceptes simplement que Charles a une approche différente de la tienne. Si elle te dérange, il faut que tu prennes le temps de la comprendre. C'est dommage de rejeter en bloc sans même considérer l'opinion de l'autre, tu vois ce que je veux dire ? Je suis comme toi passé par une phase utopiste internationaliste plus de frontières tout le monde est beau blabla, et puis lorsque j'ai commencé à m'intéresser à l'Histoire, à l'économie, à la géopolitique, à l'histoire "cachée", à la propagande médiatique, au fait national français, au mondialisme et aux projets de gouvernance mondiale... et bien j'ai changé d'opinion. Nous ne sommes en rien hostiles aux peuples du monde, bien au contraire. Mais nous pensons que les peuples doivent exercer une souveraineté populaire. C'est pour cela que des instances externalisées comme celles qui se trouvent à Bruxelles sont des bourreaux de la démocratie. J'ai le sentiment que certains ici veulent perpétuer ce système... Il est évident que des réponses concertées devront être prises, mais cela se fera au niveau mondial, et non au niveau de l'Europe. Et cela peut bien sûr avoir lieu entre Etat-Nations souverains. Si une meilleure solution se profile, nous accourerons. C'est juste celle qui nous semble la plus sécurisante aujourd'hui
Ah oui, et j'ai rencontré Vincent Vauclin ( Employeur : La Dissidence, Amis4 400) aussi.
C'est un type très intelligent. Il est un peu sulfureux parfois, mais il va à 90% dans notre sens.
».
A vous de juger, faire votre opinion
23:11 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : témoignage, d'un soralien, blocage, manf anti cpe, nationalisme
25.01.2012
témoignage en écho à " Romain LECOUSTRE "
Début du message réexpédié :témoignage en écho à " Romain LECOUSTRE " voir 2012, paupérisation Europe,..., rd'hui, PETITE...
> J'ai travaillé au Ministère du Travail une douzaine d'années. Ayant eu un accident de la vie avec 6 ans de grave maladie, je suis partie sous la gauche et revenue sous la droite, chez Woerth.
L'horreur : on était en pleine réforme des retraites. J'ai refusé de m'en occuper. J'ai assisté avec la RGPP à la suppression de la délégation du droit des F, du Secrétariat d'Etat au handicap, de la
Délégation à l'économie sociale et solidaire, du Haut Commissariat chargé du RSA, de la Délégation à la famille, de la HALDE...
De la fusion UNedic/ ANPE...
De la réduction de la médecine du travail...
Et bien sûr de la division par 2 de l'inspection du Travail. Quand
on parle de la souffrance au travail, il faut parler de la souffrance de ceux qui ont en charge cette souffrance au Travail.
J'ai profité de mon statut de handicapée pour dire ce que je pensais car je faisais faire des économies à mon Ministère qui n'avait que 3% de handicapés au lieu de 6%, pour entraîner des collègues à faire grève. ma cheffe ENArque a fait grève. Quelques semaines plus tard, elle a été rétrogradée comme chargée de mission.
J'ai été formatrice à l'ANPE pendant 15 ans. Il y avait autrefois des "CRE" = chargés de relations entreprises qui faisait la liaison entre les chômeurs et les entreprises. Ils ont été supprimés.
Aujourd'hui, on fait de la gestion de flux et si possible de la radiation. On embauche des intérimaires pour cela. J'avais formé 800 cadres à l'ANPE, je n'en connais plus aucun. Ils sont tous partis dans les collectivités territoriales, dans les DRH: on se les arrache !
On peut dire la même chose de tous ces hommes et femmes qui sont "au front" de l'emploi : des infirmières, des assistantes sociales, des CAF qui gèrent le RSA et croulent sous les dossiers... de tous ces gens qui gèrent de l'administratif et qui ne sortent plus dehors, au contact des travailleurs et des entreprises. J'ai vu en quelques années nos métiers se rétrécir. On peut aussi parler de ceux qui "comptent" le chômage, la pauvreté...
Et l'INSEE qu'on veut mettre à Metz pour les punir d'avoir sorti des stats sur la pauvreté qui contredisent les rapports officiels, sur les riches (!) pour la première fois...
J'ai été contente de prendre ma retraite et en même temps j'ai le coeur serré. La Lolf a été créé par Jospin... Elle a fait des ravages. Nous sommes remplacés par des jeunes très performants qui ne se posent pas de questions métaphysiques comme nous et qui sont
de parfaits "soldats"... Il ne suffira pas - si la gauche revient - de remettre des "quantités" d'enseignants, des AS, des conseillers à pôle Emploi... pour redonner cette conscience professionnelle, ce sens du "service public" que j'ai découvert et qui m'a tellement porté dans ma vie professionnelle. Qui m'a guidé aussi dans ma vie tout court.
Merci à ces collègues engagés, merci à leurs familles... Merci d'avoir existé.
Et pardon pour cette société qui n'a pas su reconnaître la dignité d'un métier centré sur les droits, sur l'égalité, sur la relation entre le travailleur et l'employeur.
J'ai l'habitude de dire : quand on s'occupe d'emplois, soit on est aveugle, soit on est militant.
Romain Lecoustre était visiblement un militant. Evidemment, il y a plus de blessés et de tués pour ceux qui sont au premier rang de la bataille.
La bataille pour l'emploi, ça commence aussi pour ceux qui s'en occupent.
Alors respect.
Xxxx Xxxxx
18:27 Publié dans emplois, Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview, témoignage, " romain lecoustre, emplois, pole emploi
22.01.2012
Interviews de la sorti de l’Allemagne de la zone euro
Cher lecteurs/lectrice,
Je tiens a communiquer sur les derniers informations a propos de la crise institutionnalisée : la sorti de l’Allemagne de la zone euro si les casses budgétaires ne sont pas mis suffisamment vite en place. Le patronat allemand est-il en train de lâcher l'euro ? | Atlantico ( google) la tribune : Pour les patrons allemands, "la France est devenue un facteur de risque à prendre très au sérieux. : « Jusqu'ici le lien entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy a tenu mais une fois Sarkozy réélu cela va se rompre et dès l'été prochain nous aurons une situation encore plus grave qu'aujourd'hui, la France étant le prochain domino alors que nous n'aurons pas même résolu le cas italien ». Les créanciers de la dette, Zone euro : nous sommes à un tournant!
CHANGER D'ECONOMIE - Indigné : « Apparemment ils n'ont toujours aucune idée d'où ils se trouvent... ou d'où ils vont. Le capitalisme continue toujours ses ravages dans le monde en essayant de récupérer des opportunités vers l'Asie, tout en réduisant et imposant faisant des économies d'échelles, des OPA, en mettant des plans de rigueurs qui ne règlent rien. : Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien | Eco89 », Source :Le fabuleux destin des 489 milliards d'euros prêtés à du 1%, Notre dépendance absolue...,Texte complet de la lettre... . La pression des industriels allemands font pression pour plus de rigueurs.
Un pavé dans la mare...
« C'est comme cela que je qualifierais les propos tenus par le très influent Anton Börner, à la tête de la puissante association des exportateurs allemands : 120 000 entreprises au cœur de la réussite du modèle allemand. Autant dire que son avis compte.
Selon lui, les pays en difficulté de la zone euro doivent impérativement réaliser des réformes profondes pour restaurer leur compétitivité. Si tel n'était pas le cas, ou en cas d'échec, "une désagrégation de la zone euro serait la solution" affirme-t-il sans détour dans le plus Handelsblatt (équivalent des Echos).
« Wolfgang Reitzle, PDG du conglomérat Linde AG (13 milliards d'euros de chiffre d'affaires) lui emboîte le pas dans le Spiegel : "Je ne pense pas que l'euro doit être sauvé à tout prix". Si les pays en difficulté ne se disciplinent pas, "l'Allemagne doit quitter l'Euro". Voilà qui a le mérite d'être clair...
Certes, l'appréciation du Deutschemark qui en résulterait ferait fortement fléchir les exportations, augmenterait le chômage. Ce serait un choc pour l'économie... mais pas pour longtemps. Car selon lui "l'Allemagne mettrait cinq ans à s'en remettre avant de redevenir aussi forte que ses compétiteurs asiatiques".
Parenthèse au passage, caractéristiques des Allemands : depuis de nombreuses années, ont leurs a vendu la précarité ( flexibilité, des salaires bas afin de souvent "encaisser" tout de suite un choc violent et faire des efforts très importants pour sauvegarder la compétitivité du secteurs industriels allemands; plutôt que soutenir la consommation intérieur, le bien être des citoyens. Un des principe de la manipulation afin qu'ils ne réagissent pas, avec en plus à la clé un risque potentiel non précisément cerné ; ce qui est totalement inconcevable pour tout Allemand qui se respecte ( voir L'envers du « miracle allemand »: précarité généralisée et intensification de l'exploitation : intensification de la précarisation). Mais revenons à notre sujet...
Sortir de la zone euro ? Voilà le sujet qui agite le paysage industriel allemand
La question clé n'est plus de savoir si la Grèce doit ou non sortir de la zone, mais bel et bien si l'Allemagne doit y rester et à quel prix ?
"En effet, il y a des alternatives. Toujours selon Börner, une mini-zone euro pourrait être la solution. Elle inclurait outre l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Danemark. Une zone hyper-intégrée (fédéralisme), avec des lois communes, un marché unique libre et sans barrière et une monnaie unique forte. Et pour éviter qu'elle ne s'apprécie excessivement jusqu'à nuire à la compétitivité des pays de la zone, Börner propose une gestion volontaire et ambitieuse de cette monnaie, à l'image de ce que fait la Banque centrale suisse avec le franc suisse : un bon coup de poing sur la table, il n'y a que ça de vrai. Force est de constater que ça marche.
Angela Merkel a donc bien du souci à se faire
« Sa coalition est déjà bien fragile ; si en plus le soutien jusqu'ici indéfectible du patronat allemand au sauvetage de l'euro se fissure...Car le moins qu'on puisse dire, c'est que les affirmations intempestives de ce type se croisent et s'entrechoquent, et contredisent en tout point les positions politiques officielles allemandes."
Qu'en est-il réellement ?
« Soyons lucides : l'euro a beaucoup apporté aux exportateurs allemands et le patronat le sait mieux que quiconque. Si je suis intimement convaincue qu'ils préparent chacun "un plan B" (au cas où !), ce dont je suis encore plus convaincue, c'est qu'ils se battront jusqu'au bout pour sauver l'euro.
C'est l'avis du PDG de BMW, Friedrich Eichner pour qui "un retour au Mark serait catastrophique". Ou encore de celui de Franck Appel, PDG de la Deutsch Post-DHL : "Quel que soit le coût du sauvetage de l'euro, cela coûtera moins que ce que nous a apporté, et continuera d'apporter, l'euro".
Même Börner le reconnaît. Une implosion de l'euro aurait "un coût économique massif et des conséquences politiques inéluctables"... avec en bout de course "une résurgence du protectionnisme, balkanisation et marginalisation de l'Europe"... Et de finalement reconnaître que "l'euro est la meilleure chose que nous ayons pour notre économie et nous nous battrons ardemment pour garder l'euro, mais pas à n'importe quel prix"...
Alors pourquoi toutes ces petites phrases cinglantes et tranchantes ?
« Probablement pour "faire pression" sur Angela afin de l'empêcher d'être trop laxiste dans ses positions politiques quant à la participation de l'Allemagne au sauvetage de l'euro.
« Et surtout pour rappeler que l'Allemagne ne peut pas, à elle seule, sauver tout le monde ; et qu'il est impératif que les autres "fassent le boulot" de leur côté. Car leur donner de l'argent sans contrepartie, c'est prendre le risque de les conforter dans leurs modèles sociaux dispendieux et de reporter d'autant la mise en oeuvre de réformes structurelles aussi nécessaires qu'inévitables.
Rappelez-vous en 2003. L'Allemagne était alors le grand malade de l'Europe, jusqu'à ce que Gerhard Schröder impose des réformes profondes et douloureuses à son pays. Réformes qui conduisirent à la puissance de l'Allemagne aujourd'hui. C'est exactement ce que le patronat attend de l'Italie, de la France et des autres pays en difficulté. S'ils se lancent dans l'aventure, les milieux d'affaires allemands sont prêts à sortir le carnet de chèques.
Dit autrement : "Aide-toi et le ciel t'aidera".
Et si Jean de la Fontaine avait été allemand, il aurait sans doute ajouté : "Et prévois toujours le scénario du pire avec un bon plan B en poche".
En attendant, n'oubliez pas de rester à de continuer a décrypter l’information.
15:48 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interviews, sorti de l'allemagne, zone euro, crise institutionnalisée
16.01.2012
Interview : Les dessous finance politique"
Des extraits d’un économiste, contrôlant un think thank financier (intitulé La France ne peut plus faire "AAA ») a l’annonce de la dégradation de la France et des autres pays. Très intéressant pour comprendre leur psychologie et les dessous des cartes. Un cynique certain et assez juste, arrogant sur leur rapport de force face aux états et surtout aux peuples , mais comme j’ai pu le voir dans l’exercice d’Etat : « les peuples être mécontent, ils n’ont pas le pouvoir ». Cela complete Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie et Ce que les agences de notation disent de la France "La France, privée de son AAA par Standard and Poor's, conserve en revanche la meilleure note possible auprès de Moody's et Fitch Ratings, mais ce décalage ne traduit pas de divergences fondamentales dans l'analyse des agences d'évaluation financière sur la situation du pays" cf voir aussi une claque attendue et plutôt méritée à la France - le monde
Les financiers au courant depuis longtemps .Citation : « Vendredi après-midi, j'étais à l'antenne sur BFM Business lorsqu'une source officielle proche de l'Elysée a informé à 16h15 une agence de presse tricolore que la France venait d'être avisée de la décision de Standard & Poor's de priver la France de son Triple A ». «
Nous avions tous eu connaissance, naturellement, de la fuite publiée par une agence de presse concurrente en début d'après-midi ».
Mais quel scoop ! Quel choc psychologique ! Quels moments terribles ! « Autour du studio, la plupart des journalistes couraient dans tous les sens en poussant des cris et en s'arrachant les cheveux ; d'autres au contraire se jetaient à plat ventre sur le sol, les mains sur la tête en signe de prostration. J'ai assisté en direct à des scènes de détresse collective comparables à l'annonce de la disparition d'un dictateur nord-coréen
« Pardonnez-moi cette pantalonnade. Mais si on ne peut plus plaisanter avec ce genre de non-événement -- rappelez-vous du vrai faux communiqué de Standard & Poor's du 10 novembre dernier ( voir les échos : , France Info ) qui annonçait déjà la perte du AAA -- on ne peut plus rire de rien » ! Et si on peut en rire, même si c'est jaune : Les guignols - Les présidents sans leur triple A
La perte du Triple A : un non-événement à relativiser selon eux
Compare la France aux avec le naufrage du Costa Concordia et du Titanic : « Il faut relativiser... parce que de la panique et du drame, du vrai de vrai, il s'en produisait le soir même au large de la Toscane avec le naufrage du Costa Concordia, un navire de croisière hébergeant à son bord deux fois plus de passagers et de membres d'équipage que le Titanic (qui sombra il y a très exactement 99 ans et trois mois). , ensuite il ajoute « Alors les commentaires publiés quelques heures auparavant présentant la perte du Triple A de la France comme une "épreuve, une catastrophe" me font sourire, si l'on peut dire... », « Comme j'étais en direct et que le journaliste n'avait que moi sous la main pour recueillir une réaction à chaud, je me suis empressé de rejeter toute forme de sensationnalisme. Ton qui a en revanche été choisi par CNN ou encore CNBC, qui affichaient des breaking news en caractères géants, comme si une météorite géante venait de surgir de derrière la Lune. » » On comprends mieux des lors la réaction des marchés SP : les marchés restent de marbre, la France réussit un emprunt
La France : un bouc émissaire ?
« Je m'étonne au passage que les dépêches ne fassent pas état de perspectives de dégradation pour d'autres pays de la Zone euro. En effet, certains ont une situation budgétaire qui n'est certainement pas plus brillante que celle de la France -- dont les médias anglo-saxons ont semblé pendant quelques minutes faire le centre du monde ».
« Standard & Poor's a rapidement remis tout le monde d'accord et la France à sa place puisque pas moins de neuf pays ont vu leur note lourdement dégradée, et pas d'un seul cran comme s'est empressé de le souligner notre ministre de l'Economie ».
« Vouloir nous faire avaler que ce n'est pas la France qui est visée mais qu'elle est au contraire "une victime collatérale du manque de gouvernance de la Zone euro" est en revanche un peu gros. La notation de l'Allemagne est maintenue et la perspective reste à "stable", contre "négative" pour la France (même après dégradation).
. « Mais ce constat ne fait qu'enfoncer des portes ouvertes à double-battant par les spécialistes des marchés de taux depuis le milieu de l'automne ».
"Je n'aurais pas manqué de manifester beaucoup plus d'inquiétude (mais ce sont les aléas du direct) si les dépêches circulant de Paris à Wall Street ne s'étaient pas focalisées que sur la sanction touchant la France. Tous les pays situés au sud des Alpes ou des Pyrénées (ce qui inclut Chypre) voient leur note abaissée de deux crans".
Le FESF va mal
« Voilà qui risque de porter un coup fatal au FESF dont trois (mais en pratique un seul compte vraiment) contributeurs conservent leur AAA, tandis que les pays demandeurs de prêt voient leur signature sévèrement affaiblie. C'est cet effet ciseau qui pose un sérieux problème -- non les blessures d'orgueil de la France qui savait depuis longtemps à quoi s'en tenir, sinon pourquoi lui fallait-il payer plus de 3% pour se refinancer à 10 ans ? »
« Les prochaines émissions de l'Espagne et de l'Italie risquent de se compliquer sérieusement, et ne parlons pas de la Grèce ! », « Difficile de ne pas se demander pourquoi le capitaine du paquebot Europe -- qui a clairement fait savoir qu'il est allemand -- fonce depuis des mois vers récif de la dette, sans ralentir sa course ni dévier sa route »., « Espérons que l'avertissement de S&P (qui vient de tirer le signal d'alarme) relancera le débat sur un renforcement des moyens financiers du FESF et de son successeur désigné, le MES, malgré l'opposition germanique ».
« Un haut dirigeant européen qui a souhaité garder l'anonymat considère que la seule avancée concrète de la fin de l'année 2011, c'est le traité instituant l'adoption de la Règle d'Or et l'automaticité des sanctions contre les pays qui ne la respecteraient pas ».
« Cette histoire de traité est insensée, ajoute-t-il : la chancelière allemande Angela Merkel l'exige non pas pour sauver l'Europe, mais pour donner des gages à son opinion et à sa majorité parlementaire qui, sans cela, s'opposerait à l'élan de solidarité souhaité par la France et Bruxelles en faveur des pays les plus fragiles. :Olli Rehn lui-même, ainsi que de nombreux membres de la Commission européenne, jugent les exigences allemandes superflues puisqu'il suffirait simplement de mettre en oeuvre les dispositions déjà existantes ». « La priorité du moment devrait être le renforcement du FESF ou du MES, alors que les créanciers ne se bousculent pas pour lui avancer des fonds depuis le mois d'août 2011 ».
La France sanctionnée à cause de l'immobilisme européen
C'est très précisément le manque chronique de mesures visant à muscler les fonds de secours qui inquiète Standard and Poor's, dans l'hypothèse d'une poursuite de la crise de la dette.
Instaurer plus de discipline budgétaire n'aura aucun effet mécanique en ce qui concerne les déséquilibres macroéconomiques et les écarts de compétitivité. L'Espagne ne sera jamais l'Allemagne, la Catalogne ne sera jamais la Ruhr ou la Bavière, même si les populations de ces régions respectives affichent la même rigueur et le même amour du travail bien fait.
M. Mélenchon aura beau de faire le siège de Standard & Poor's, certains députés UMP auront beau traiter les agences de notation d'ayatollahs, les problèmes structurels qu'ils invoquent n'en sont pas moins pertinents.
Pour eux, le rève suprême une détérioration généralisé de tout les pays occidentaux : « Les agences ne deviendront cependant crédibles que le jour où elles manifesteront la même sévérité et la même intransigeance avec l'Angleterre et les Etats-Unis. Rappelons que ces derniers sont l'un et l'autre en faillite potentielle -- et ce depuis l'éclatement de la bulle immobilière début 2007 ».
Problème grec : un alibi pour les mouvements du CAC 40 (une vision des spéculateurs de l’Europe sur la dégradation des notes des pays Européen)
"Le problème le plus immédiat auquel seront confrontées les places européennes en ce début de semaine ne se situe peut-être pas au niveau de la consolidation symbolique de Wall Street (après six séances de hausse consécutives), ni au niveau du downgrade très médiatisé de 9 pays européens sur 17, mais bien du côté de la Grèce. Elle a essuyé vendredi un échec des négociations avec les créanciers privés".
Ces derniers viennent de claquer la porte des négociations. Ils refusent de rouler leurs positions si les emprunts longs émis par la Grèce ne sont pas rémunérés au minimum à 5%.Or « Athènes ne leur propose que 4%... c'est-à-dire le même niveau que celui obtenu par la France début janvier lors de l'émission des OAT 2042 ». et termine enfin par « Les vendeurs pourraient donc disposer d'une excellente excuse pour ramener le CAC 40 au contact des 3 100 points, même si le sursaut de l'indice phare vendredi au cours de la dernière heure de cotation semblait caractériser une volonté de jouer les prolongations à la hausse. Les suiveurs systématiques (qui pratiquent la réplication indicielle) ont d'ailleurs accompagné sans état d'âme, après avoir jeté les bancaires par-dessus bord avec la même opiniâtreté entre 16h et 16h30 ».
Mais pas encore la crise pour tout le monde a voir : Quand les "hedge funds" jouent contre le sauvetage de la Grèce , : « Disneyland et le Futuroscope ne connaissent pas la crise : Les Français partent moins loin et moins longtemps. Une aubaine pour les deux parcs à thème. »
18:34 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview, les dessous finance politique, agence de notation, think thank financier, spéculation, perte de triple a, hedges funds
09.01.2012
Conférence "La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui" ( video)
Conférence d'Annie Lacroix-Riz :
"La stratégie du choc en France, de la crise des années 1930 à celle d'aujourd'hui"
Annie Lacroix-Riz (née en 1947) est une historienne française, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université Paris VII - Denis Diderot, ancienne élève de l'école normale supérieure (Sèvres), agrégée d'histoire, docteur-ès-Lettres, spécialiste des relations internationales dans la première moitié du XXe siècle et de la collaboration. Ses travaux portent sur l'histoire politique, économique et sociale de la Troisième République et de Vichy, les relations entre le Vatican et le Reich ainsi que la stratégie des élites politiques et économiques françaises avant et post Seconde Guerre mondiale.
Conférence d'Annie Lacroix-Riz (27/09/2011) ( videos)
Voir et lire aussi : Le cercle vicieux, Sur le toboggan de la crise..., L'euro survivra il ?, "L'Italie gouvernée par..., Frédéric Lordon : le..., Le retour de l'Histoire, Octobre 1961 à Paris, Le problème des CDS et ce..., une simple dérive de la..., Reporterre.net - Voici..., Après la crise financière,...
00:29 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview, conférence, "la stratégie du choc en france, de la crise des années 1930, celle d'aujourd'hui
25.12.2011
Interview par Jean-Loup Izambert sur le fonctionnment des Oligarchies
Différents interviews dont le plus intéressant, car le plus récent 1- La fin de la démocratie et une guerre majeure sont nécessaires à la survie du capitalisme - Cri d. C’est lui que j’ai décidé en prenant des extraits pour expliquer la situation, mais d’autres sont tout aussi intéressant et viennent appuyer, exemples, explications, lieu et dates ainsi que des conséquences sur la démocracie et sur notre vie au quotidien ( Bastamag, Courrier Internationale, Le monde diplomatique, …. A lire afin de mieux comprendre ces systèmes institutionnalisée et globaliser e !!!Entretiens avec Jean-Christophe Rufin pour Globalia, Gallimard (comprendre l’anticipation faite dans son livre ),
Ces milliardaires qui spéculent sur l'avenir de la planète - Oligarchies - Basta ! Par Ivan du Roy, Sophie Chapelle (13 décembre 2011) : « Ils possèdent des compagnies pétrolières, des gazoducs, des mines, des aciéries et même des médias. Ils influencent gouvernements et institutions pour empêcher toute réglementation trop contraignante. Et figurent parmi les plus grandes fortunes mondiales. Un rapport d'un centre de recherche aux États-Unis les considèrent, du fait de leur puissance et des pollutions que leurs activités génèrent, comme la plus grande menace qui pèse sur l'environnement et le climat. Qui sont ces multimilliardaires qui bâtissent leur fortune en hypothéquant l'avenir de la planète «
Co
1- La fin de la démocratie et une guerre majeure sont nécessaires à la survie du capitalisme - Cri d
"
La crise du capitalisme est devenue totale affirme Jean loup Izambert Il n'y aura pas de sortie de crise. Le système capitaliste ne peut survivre que par la guerre ....
Cet entretien de Géostratégie avec JL Izambert est riche et varié ....
Le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire
Geostrategie : Vous démontrez dans votre livre Pourquoi la crise ? que le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire avec laquelle il s'est développé. Sommes-nous à un point de rupture avec ce système et les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité ?
Jean-Loup Izambert : C'est évident. Pourquoi et quelles données changent par rapport aux dernières décennies ? Dans ce système les grands propriétaires privés de l'économie contrôlent l'économie et tentent de l'imposer par tous les moyens comme régime aux peuples de la planète, y compris par la guerre. Mais parvenu au stade de l'impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d'un pouvoir politique qui leur soit totalement dévouépour pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu'ils cumulent.
Il faut bien comprendre qu’il s’agit pour eux d’une question de survie, de rester maîtres du pouvoir et bien sûr de leur privilèges. L’une des contradictions qu’ils doivent gérer vient justement du fait que l’accumulation du Capital et la concentration des richesses qu’ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd’hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l’entreprise comme dans la société. Or, cette tendance à la centralisation va à l’inverse de mouvement des sociétés qui pousse vers plus d’ouverture, de démocratie, de participation, de culture notamment avec le développement des sciences et des techniques.
Mais parvenu au stade de l'impérialisme, période actuelle du développement du capitalisme, les grands possédants ont besoin d'un pouvoir politique qui leur soit totalement dévoué pour pour protéger et accroître encore la concentration des richesses qu'ils cumulent. L'une des contradictions qu'ils doivent gérer vient justement du fait que l'accumulation du Capital et la concentration des richesses qu'ils sont contraints de perpétuer sous peine de perdre pouvoir et privilèges implique aujourd'hui des centres de décisions de plus en plus fermés, dans l'entreprise comme dans la société......
eostrategie : Quels faits caractérisent aujourd’hui cette concentration des richesse
Aujourd’hui 200 sociétés transnationales contrôlent plus de 23% du commerce mondial et 1% des plus riches détient plus de 57% des richesses produites. …. Mais, si l’on se réfère aux statistiques de l’Organisation des Nations Unies, plus de 80 pays ont aujourd’hui un revenu par habitant plus bas qu’il y a dix ans. D’une part les peuples prennent de plus en plus conscience qu’ils ne profitent pas de l’augmentation des richesses produites, ….. Bien que dissimulée par les médias qui appartiennent aux milliardaires,. Dans ce contexte, les grands possédants de l’économie ont besoin de faire courber la tête aux peuples pour maintenir leur système d’exploitation Le capitalisme ne peut plus supporter la démocratie parlementaire. ( Hervé Kempf : « Il est vital pour l'oligarchie de maintenir la fiction d'une démocratie »)
Geostrategie : Comment le pouvoir politique favorise-t-il ces grands propriétaires privés de l’économie ?
J-L.I. : De différentes manières. Cela va du vote de lois en faveur de la grande bourgeoisie, à une complicité évidente avec le système d’évitement fiscal qui appauvrit la collectivité jusqu’au vote de crédit pour des guerres régionales dans lesquelles vous voyez apparaître et se développer des Sociétés Militaires Privées (SMP) liées aux armées et services occidentaux et financées par les Etats et leurs transnationales. … L’actuelle présidence française, son Premier ministre et son gouvernement sont au diapason de ce qui se passe dans tous les pays capitalistes sans exception : atteintes répétées aux libertés, vote de lois en faveur des grands possédants, réduction du rôle des assemblées éluesSans parti révolutionnaire pas de changement.
Geostrategie : La dégradation de la situation économique ne dépend donc pas seulement de la crise comme les médias de masse tentent d’en accréditer l’idée ?
-L.I. : Bien avant que celle-ci ne se manifeste brutalement, le gouvernement français UMP, à peine installé, procédait déjà à la suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la fonction publique sur plusieurs années tandis que les dirigeants de grandes sociétés privées en programmaient la liquidation de centaines de milliers d’autres dans tous les secteurs d’activité. Cette politique au service de la concentration du Capital n’est que la continuité des précédentes politiques menées par les gouvernements de droite comme de gauche. En fait le rôle de l’Etat bourgeois se borne à protéger les intérêts des grands possédants contre l’intérêt général avec pour conséquence l’aggravation du déficit budgétaire, l’endettement de l’Etat et une misère grandissante pour le plus grand nombre ( ex les sociétés transnationales, l’Etat et les dirigeants des grandes sociétés privées doivent des milliards d’euros à la Sécurité Sociale) Voilà comment le gouvernement organise les déficits
Geostratégie : La violence est donc liée à la fin du système
? J-L.I. : Oui, un peu comme les derniers sursauts d’une bête blessée à mort. Et cela continue. Au moment où nous parlons, selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies, une personne meurt de faim – « seulement » de faim, épidémies et guerres non comprises – toutes les quatre secondes. Dans le même temps les dirigeants occidentaux en sont à faire payer les paysans par les contribuables à coups de primes pour mettre leurs terres en friches, à détruire des pêches entières par des règlements imbéciles décidés par les bureaucrates de Bruxelles. Et au moment où nous parlons ce sont plus de 350 millions d’enfants de 6 à 17 ans qui sont surexploités par les transnationales capitalistes sur tous les continents dans presque tous les types d’industrie, de l’Asie aux Etats-Unis. Si ce n’est de la violence et de l’égoïsme, qu’est-ce donc le capitalisme ?! Outing The Oligarchy, billionaires who benefit from today's climate crisis, International Forum on Globalization .
Geostrategie : Dans votre livre vous rapportez le témoignage de plusieurs intervenants de différents milieux et pays dont certains évoquent une crise totale contrairement aux précédentes. Quels changements avec les crises précédentes ?
J-L.I. : Effectivement la crise est presque mondiale par le fait qu’elle touche tout le système capitaliste). Certains pays …( voir liste ) sont moins touchés car ils sont, pour des raisons diverses - – historiques, politiques, culturelles, économiques - moins imbriqués dans le système capitaliste, ses réseaux commerciaux, bancaires et financiers
. Jusqu’à présent nous devions faire face à des crises conjoncturelles du capitalisme, des périodes où la concentration du Capital s’accélérait brusquement en mettant en difficulté momentanée des monnaies, des économies, des pays. Face à cette situation inédite il était important que je donne la parole à des intervenants de différents milieux tous concernés par la banque, la finance, l’organisation d’entreprise et de la société (La plupart ont joué le jeu et apportent, comme vous avez pu le lire, une contribution importante à mon travail par leur vécu mais également par leur propre réflexion et leurs travaux ( ex président français : président Etienne Pflimlin - Crédit Mutuel-CIC, Pierre-Henry Leroy, fondateur et dirigeant de Proxinvest, du président Alban d’Amours du Mouvement des Caisses Desjardins, d’Hervé Sérieyx, haut fonctionnaire, dirigeant de société, chercheur et conseil en organisation d’entreprise, de Mark Schacter) ( Canada : …
La rencontre de tous ces acteurs de l’entreprise, de la finance, de la banque, du droit au sein d’un même lieu – un livre -,…. De même cette démarche permet de mon point de vue de tenter d’esquisser les possibles d’un nouveau mode d’organisation et de gestion économique et social
Ainsi que l’explique Sherron Watkins, l’ancienne vice-présidente de la société étasunienne Enron, transnationale de l’énergie faillie en décembre 2001, la crise du capitalisme est désormais totale. Elle touche tout le système : économie, finance, groupes de surveillance du monde des affaires et institutions internationales, politique, morale et idéologie. La continuité de ce système s’accompagne aujourd’hui d’une exigence de destruction de tout ce qui entrave la concentration des richesses par les grands possédants. Ils appellent cela « déréglementation », « privatisation », « libéralisation » ou « mondialisation » et couvrent la répression, l’esclavage, le colonialisme et la dépendance des mots de « sécurité », « liberté », « droits de l’Homme » n’ayant plus que le mensonge, la tromperie et la falsification pour camoufler la fin de leur système.
.Geostrategie : Mais ces pouvoirs sont l’émanation du suffrage universel, du vote des peuples. Si l’on pousse le raisonnement à son terme doit-on en conclure que les peuples occidentaux souhaitent le capitalisme ?
J-L.I. : Effectivement, les peuples occidentaux se sont prononcés jusqu’à aujourd’hui en faveur de représentants du capitalisme, pratiquement sans rien connaître du reste de la nature de celui-ci ni même envisager où ce système les conduit à l’heure actuelle. Prenons 1981 : Dynamisme des militants communisme a sensibiliser.. du propre programme du PCF à des millions d’exemplaires sous le titre de « Changer de cap », programme pour un gouvernement démocratique d’union populaire. ..
Au moment du vote, lors des élections présidentielles et des législatives qui ont suivi, une majorité de votants a cédé aux campagnes médiatiques anticommunistes et s’est réfugiée dans le giron du Parti Socialiste. Une fois au pouvoir, celui-ci s’est empressé d’abandonner ses engagements sous la pression de la bourgeoisie et du gouvernement étasunien qui s’opposait à la présence de ministres communistes dans le gouvernement français. Toutes les transformations radicales contenues dans le programme commun de gouvernement, tout particulièrement les nationalisations des secteurs clés de l’économie, le développement de la démocratie et toute mesure qui permettait de rompre avec le système ont ainsi été abandonnées par la « génération Mitterrand » cf la dénonciation de Serge Halimi dans le monde diplomatique
Démonstration a été faite une nouvelle fois que sans parti révolutionnaire, sans mobilisation et soutien à des propositions de rupture avec le système, il ne peut y avoir de réel changement. Si les mesures préconisées par le PCF avaient reçu à l’époque un large soutien populaire, le cours des choses aurait été bien différent, y compris la question européenne.
Du reste, si vous relisez aujourd’hui « Changer de cap », le programme du PCF, ou même le Programme commun de gouvernement de 1972, vous constaterez avec le recul du temps et en regard de la situation actuelle le bien fondé des propositions de l’époque dont certaines ne demandent qu’à être actualisées. Chacun doit donc assumer ses responsabilités face à l’Histoire. Le passage à la construction d’une société socialiste ne peut se faire que sur la base d’un rapport des forces sociales et politiques favorables au peuple et ne peut être que le résultat de sa volonté et de sa lutte.
Une trentaine d’années plus tard le peuple français, sans tirer les leçons de ses expériences, continue de voter tantôt à gauche, tantôt à droite sans avoir encore conscience qu’il confie en réalité son pouvoir aux mêmes maîtres de la finance et de l’économie. La politique qu’il vit au quotidien reste par conséquent la même et rien ne change dans l’entreprise, dans la vie économique à laquelle il consacre l’essentiel de son existence.
Bien entendu, la situation s’est aggravée au fil des trois décennies qui se sont écoulées depuis 1981 et il commence à payer chèrement sa marche « droite-gauche-droite-gauche » à coups de chômage, d’impôts, de taxes, d’exclusions, de restrictions, de lois liberticides et de guerres. Mais il ne peut s’en prendre qu’à lui-même car c’est en dernier ressort lui qui décide, par ses luttes et ses votes.
Souvenons-nous toutefois que l’Histoire a montré que les révolutions ne sont pas prévues dans les calendriers électoraux de la bourgeoisie
source Géostratégie , Lire le rapport de l'IFG (en anglais)
Notes
Diplômé de l’Ecole des Hautes Sociales, de l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et de l’ESJ, Jean-Loup Izambert est un journaliste indépendant qui a également exercé comme conseil en communication politique et communication de crise. Spécialisé depuis les années quatre-vingt cinq dans l’investigation économique, politique et financière, il est notamment l’auteur de plusieurs ouvrages : Le krach des 40 banques (Ed. du Félin, 1998), Le Crédit Agricole hors la loi ? (Ed. Carnot, 2001), Crédit Lyonnais, la mascarade (Ed. Carnot, 2003), ONU, violations humaines (Ed. Carnot, 2003), Faut-il brûler l’ONU ? (Ed. du Rocher, 2004), Les Démons du Crédit Agricole (Ed. L’Arganier, 2005), Pourquoi la crise ? (Ed. Amalthée, 2009)dans son dernier livre : Pourquoi la crise ? aux éditions Amalthée.
A lire aussi : Une mine d'information - réflexion - mobilisation
12:52 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview, jean-loup izambert est un journaliste indépendant qui a égalemen, communication de crise
17.11.2011
Un Cœur de pirate à prendre
source télérama : En tant que québécoise, donc bilingue français-anglais, quel rapport avez-vous à la langue dans la chanson ? Ces deux langues sont-elles égales dans l'écriture pour vous ? cf clip, live en direct
Oui et non. En français, c'est vrai que le texte va devoir venir me chercher. Sinon ça sert à rien d'écouter. Si j'écoute une chanson en français dont les paroles sont ridicules, ça me fait chier. En anglais, c'est autre chose.
Vous avez écrit en anglais pour Armistice. En quoi était-ce différent ?
A ce moment-là, j'avais quelque chose à dire à quelqu'un en anglais. A travers ces chansons, on se disait des choses que l'on ne parvenait pas à exprimer en vrai. C'était un exercice un peu particulier. Sinon, écrire en anglais m'intéresse, oui. Je sais que je suis capable de le faire même si j'ai encore des progrès à faire sur ce plan. On verra... Ce que je sais, c'est que quand je chante en anglais, je fais des choses sur le plan vocal que ne fais pas en français.
Pourquoi avoir choisi de confectionner ce deuxième album autour de la relation amoureuse ?
Je n'ai jamais eu de relation amoureuse qui stagnait. Il y a des phases, de haut en bas, de la rencontre à la rupture, et aussi tout ce qui se passe après, la phase de deuil que l'on vit. Dans mon cas, elles ont été assez éprouvantes. Je ne sais pas pourquoi, et de faire cet album m'aide à comprendre certaines choses. Maintenant, j'ai une vision différente des choses. Quand ton monde se fait chavirer par quelqu'un, il n'y a rien à faire.
«Blonde» s'articule-t-il autour d'une seule histoire ou de plusieurs ?
Deux. Quand j'ai commencé à faire Cœur de pirate, je sortais avec quelqu'un. Cette personne m'a vue dans mon ascension. La personne d'après m'a vue à mon plus haut avec la réussite de mon premier album, jusqu'au vide que j'ai pu ressentir après la tournée qui a suivi. Quand je me suis retrouvé à ne plus quoi savoir faire de mon corps et de mon esprit. Comme un sentiment post-partum. De vide.
D'autant que vous n'étiez pas préparée au succès qui vous a cueillie...
Non. Je ne m'attendais à rien. Je me suis juste dit: si ça fonctionne en France, c'est cool. Pour une artiste québécoise, faire des concerts chez vous est super important et valorisant. Se faire une place ici, alors que vous avez tellement d'artistes, c'est énorme. Tout d'un coup, je suis devenu un modèle pour pas mal de gens alors que je ne l'avais pas demandé. Il y avait des gens qui se confiaient à moi de façon assez personnelle, qui me disaient que ma musique les avait changés. C'était beaucoup à supporter, je me suis retrouvée relativement seule à porter toutes ces choses. Et je n'avais pas réellement eu de copain avant, je ne savais pas trop comment aimer non plus.
Une tournée qui s'achève et un amour qui en prend un coup...
Oui, d'autant que de son côté, c'était le contraire: il était en tournée, c'était assez intense, et on ne se voyait pas. Du coup, ça s'est assez mal terminé.
Sur le plan musical aussi, vous avez souhaité explorer de nouveaux territoires.
Oui, et ça déclenche des dates aux Etats-Unis. Je vais jouer sur la côte est, à New York, Boston, Philadelphie, dans des plutôt «grosses salles». Je ne m'y attendais pas. Je viens de jouer à Toronto, une ville essentiellement anglophone. J'ai été émue de voir que ces gens qui ne comprennent pas mes paroles s'intéressent à ma musique et chantent !
«Blonde» est très différent musicalement de votre premier album et sonne très années 60. Pourquoi ce son vintage ?
Dans ce disque, j'ai voulu réunir tous les genres qui avaient cours dans les années 60: country façon Dolly Parton (Loin d'ici), slow à la Platters (Ava), surf rock (Verseau).
Et pourquoi les années 60 ?
Parce que pour moi, c'est intemporel, classique. C'est une période qui marquait le changement, que ce soit au niveau culturel ou politique. Au Québec, ça a été assez important, avec la Révolution tranquille. La province sortait d'années assez noires, et cette période m'a fascinée. Au Québec, il y avait des chanteurs qui reprenaient les grands hits français ou reprenaient les succès des Beatles en les traduisant!
C'est interdit, ça, non ?!?!?!
Disons que c'est un exercice de style fascinant!
Actuellement, qu'est-ce qui a vos faveurs sur le plan musical?
J'attends avec impatience les nouveaux Drake, Orelsan, Revolver.
Et du côté du Québec, qu'est-ce que vous conseilleriez d'écouter ?
Mon groupe préféré de tous les temps, c'est Malajube. J'adore aussi Pierre Lapointe et Ariane Moffatt. Peter Peter est aussi vraiment bien. Il chante en français et c'est très beau. J'ai chanté sur une de ses chansons. Il n'est pas du tout connu en France, donc ce serait bien que vous le découvriez.
A VOIR aussiErin Lang en tournée en Europe, Anna Calvi au Trianon de...

21:39 Publié dans Interviews, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview, un cœur de pirate
16.09.2011
Interview : Quels risques pèsent réellement sur nos banques françaises ?
Alors que la finance est le domaine bancaire sont très gravement touchée (La série noire continue pour la Société générale, Flambée record des prix de l'immobilier parisien, Jérôme Cahuzac critique le plan de rigueur du gouvernement, La Société générale annonce un plan d'économie, Bourse : la descente aux enfersdes banques françaises) par les dérives inhérentes du système capitalisme ( cf : Plan pour la Grèce : un gros sparadrap qui ne changera rien | Eco89, Jacques Attali: tous ruinés dans 10 ans ?écouter Serge Halimi - plusconcient.net, « Près de 46 millions d'Américains vivent grâce à des bons alimentaires », j’ai décidé de mettre en ligne l’interview de Par Mory Doré sur Qu’est-ce qu’un risque en finance ? »
« En tant que professionnel des marchés exerçant mes activités dans une banque, je suis naturellement très souvent sollicité sur la question de la santé des banques avec la question qui tue : une banque universelle peut-elle faire faillite ? La réponse est de mon point de vue "non". Mais encore faut-il expliquer avec objectivité, rigueur et professionnalisme pourquoi. Et ne pas se laisser impressionner par les sur-réactions des marchés qui ne comprennent pas toujours comment fonctionne réellement un établissement bancaire.
Il faut savoir que la solidité d'une banque et donc sa faible probabilité de faillite suppose une situation confortable en termes de liquidité et de solvabilité.
Est-ce le cas aujourd'hui ? Difficile d'y voir clair tant les déclarations sont confuses, contradictoires et surtout grevées par la langue de bois imposée.
Je vais donc travailler, à partir d'aujourd'hui, sur un ensemble d'articles qui vous aidera à comprendre quels sont les risques véritables qui pèsent sur nos banques. Comment comprendre leurs bilans, chiffres et déclarations ? Nous verrons, concrètement et banque par banque les risques qui pèsent sur chacune d'elle et... au final, sur vous : que vous soyez actionnaire ou client d'une banque, risquez-vous de perdre votre argent ?
Commençons donc aujourd'hui avec une approche un peu générale des risques bancaires. La suite, dans les prochaines semaines.
◊ Le risque de liquidité
Une banque pourrait faire faillite si elle était confrontée à un risque de liquidité.
Qu'est ce que cela signifie ?
On sait que l'horizon des agents qui ont des besoins de financement est de plusieurs années (financements à long terme de projets industriels), tandis que l'épargne des ménages doit être liquide et de court terme.
Cette différence dans l'horizon de temps ne rend pas l'échange toujours possible. C'est là que le financement intermédié apparaît et que les banques interviennent. Ce sont les seuls agents qui peuvent transformer des ressources court terme (dépôts à vue et comptes courants des clients) en crédits à moyen et long terme à l'économie.
Les banques établissent le pont nécessaire entre les ménages et les entreprises et accumulent des positions dites de transformation.
Ces positions génèrent ce que l'on appelle "des risques ALM" -- pour Asset and Liability Management (ALM) --, qui correspondent à la gestion des risques actifs/passifs, ou, pour le dire autrement, aux risques structurels d'une banque. Ce sont les risques de taux liés à l'instabilité de l'écart entre taux longs et taux courts ou les risques de liquidité matérialisés par la capacité de la banque à assurer le refinancement de ses activités courantes.
Et pour s'assurer qu'une banque maîtrise correctement son risque de liquidité et est donc éloignée du risque de faillite, il faut pouvoir évaluer les éléments suivants :
- le niveau de la réserve en titres liquides, sécurisés et très bien notés de l'établissement et la capacité de ces titres à être facilement négociables, y compris dans des situations perturbées de marché. Il faut donc regarder dans le bilan des banques les encours de ces titres mobilisables et sécurisés. A l'heure actuelle, on peut dire que ces niveaux de réserve sont confortables dans les banques françaises ;
- la capacité de refinancement de l'établissement sur les marchés ou auprès de la Banque centrale. Cela suppose de pouvoir évaluer la richesse du collatéral mobilisable (titres et créances privées éligibles aux appels d'offres BCE ; créances hypothécaires et créances aux collectivités pouvant être adossées à l'émission d'obligations sécurisées). Là aussi, on peut considérer que les établissements disposent de créances privées de qualité et donc de capacités d'émissions sur les marchés à des conditions de prix intéressantes ;
- la stabilité des ressources à vue et de l'épargne de bilan longue collectée auprès de la clientèle ;
- les besoins de liquidité maîtrisés et pouvant supporter un choc violent à la hausse des coûts de liquidité. Sur ce point, il faut sans doute renforcer les stress tests jusque-là pratiqués. Je prépare d'ailleurs mon propre stress test du système bancaire français... travail de longue haleine, il devrait être prêt fin novembre.
◊ De nouvelles normes vont sécuriser le système mais impacter la rentabilité des banques
Les nouveaux ratios prévus LCR (Liquidity Coverage Ratio) et NSFR (Net Stable Funding Ratio) ont pour objectif de faire en sorte que l'adéquation entre la maturité des emplois accordés et celles de leur refinancement soit la plus forte possible. Mais du coup, on va gagner en sécurisation du système bancaire et perdre en rentabilité.
Le LCR, qui devrait remplacer le coefficient mensuel de liquidité, va mesurer la capacité d'un établissement à survivre à une période de stress intense d'une durée d'un mois. Il se calcule comme le rapport entre les disponibilités à 30 jours (constituées d'actifs hyper liquides) et les exigibilités à 30 jours.
Le NSFR est le rapport entre le montant des financements stables et disponibles (fonds propres et ressources de maturité réelle supérieure à un an) et le montant estimé des besoins en financement de maturité supérieure à un an. La nécessité de maintenir un ratio emplois/ressources de financement à un an supérieur à 100% réduit considérablement les capacités de transformation des établissements et remet en cause le métier de base de la banque, à savoir la transformation des échéances et l'emploi à long terme de ressources empruntées à court terme.
La remise en cause de ce métier fort lucratif en période de courbe des taux pentue (ce qui est historiquement la plupart du temps le cas) va réduire la marge de transformation des banques (l'écart entre le rendement des crédits à long terme et le coût de la ressource à court terme) et donc fortement peser sur leur rentabilité. Tout cela pour dire que ce ne sont pas la viabilité des banques et leur solvabilité qui sont menacées mais leur rentabilité qui sera, à n'en pas douter, moins forte.
◊ Le risque de solvabilité
Les banques ont-elles suffisamment de fonds propres pour continuer à développer leurs activités de prêts et pour faire face à de brutales dépréciations d'actifs ?
C'est un vrai dilemme.
Si l'on stresse violemment les risques dits systémiques, alors on crée des phénomènes d'auto-réalisation et cela peut être contre-productif.
En effet, si les marchés avaient la conviction que le système bancaire dans sa globalité était insuffisamment capitalisé (affichant des ratios de solvabilité en deçà des seuils réglementaires) et s'ils avaient surtout la conviction que les Etats les plus solides, le FMI, l'UE et les fonds de garantie créés récemment n'étaient pas en mesure de le re-solvabiliser suffisamment, alors on se serait installé dans le cercle vicieux suivant :
- banques dans l'incapacité de continuer à prêter à l'économie et d'investir sur les marchés financiers pour cause d'insuffisance de fonds propres ; donc effondrement de l'économie réelle et chute de presque tous les actifs financiers ; donc hausse des provisions sur le compte de résultat des banques et nouvelles destructions de fonds propres, donc nouvelles menaces sur la solvabilité des banques.
Cependant, si on ne le fait pas, on perd totalement en crédibilité, et la confiance que l'on aura cherché à tout prix à sauvegarder ne sera pas restaurée pour autant.
◊ Comment les risques de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie sont-ils évalués dans les bancaires ?
En réalité, il faut pouvoir distinguer au niveau des normes comptables IFRS ce qui relève pour les positions sensibles du banking book (moins-values latentes qui n'impactent pas le compte de résultat) et ce qui relève du trading book (moins-values latentes qui impactent directement le compte de résultat).
A ce niveau, on peut considérer que le compte de résultat -- et donc la solvabilité des banques -- n'est pas menacé puisque la plupart des positions sont logées dans le banking book.
Enfin, il faut pouvoir également distinguer les positions sensibles de Souverains Zone euro ayant une probabilité forte de défaut et les positions sensibles de Souverains Zone euro sujettes à de fortes dépréciations de leurs mark to market mais encore éloignées du défaut.
Dans le premier cas, les Commissaires aux comptes exigeront un passage de provisions qui impactera le coût du risque des banques et donc le résultat net courant à la baisse -- et partant les fonds propres et donc la solvabilité des établissements retenus.
On sait que lors du récent plan de sauvetage grec, ces dépréciations ont été forfaitairement fixées à 21% du nominal pour les titres d'état grecs échéancés avant 2020 (21%, c'est ridiculement faible et se limiter à des positions arrivant à maturité avant 2020, c'est trop réducteur). Donc le risque de défaut grec est clairement sous-évalué dans les comptes.
Par contre, il est peut-être exagéré de parier sur des défauts espagnols et italiens qui, pour le coup, menaceraient sérieusement la solvabilité du système bancaire européen.
Tout au plus peut-on anticiper des dévalorisations fortes de ces papiers soumis à une prime de risque structurelle durable avec des impacts comptables négatifs sur la réserve de réevaluation et non sur les comptes de résultat.
On le voit, tant sur le plan de la solvabilité que sur le plan de la liquidité, il est quand même difficile d'imaginer une cascade de faillites bancaires.
Mais j'aurai l'occasion de préciser tout ceci de manière quantifiée par l'établissement de stress tests bancaires précis et rigoureux.
A très bientôt
16:59 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : crises, interview, quels risques, pèsent réellement, nos banques françaises ?
20.08.2011
Eric Toussaint parle de Thomas Sankara
Ecouter la vidéo ICI Les 26 et 27 octobre 2009, à Cotonou au Bénin, a eu lieu le séminaire international sur le thème « Dette et droits humains » organisé par le CADTM International (Comité pour l’Annulation de la dette du Tiers Monde) et le CADD Bénin (Cercle d’Auto-promotion pour un Développement durable). Ce fut l’occasion de présenter les luttes passées et présentes. Dans ce contexte il était impossible de faire l’impasse sur un des hommes les plus engagés pour la souveraineté et l’autonomie de son pays, le Burkina Faso. Référence faite, bien sur, à Thomas Sankara. Une équipe de vidéastes a saisi cette occasion pour interviewer l’historien Eric Toussaint (par ailleurs président du CADTM Belgique) sur le Capitaine Sankara et son combat contre la dette.
Retrouvez le discours sur la dette de Thomas Sankara: cliquez ICI
Les images du Burkina sont extraites du film "Let's make money" d'Erwin Wagenhofer:
Plus d'infos sur la dette: www.cadtm.org
Documentairesur la FrançAfrique:La Raison d'Etat - YouTube Suite et fin demain à 14h30 : L'argent roi. Documentaire sur la FrançAfrique : L'Argent Roi - ( durée 1heure 29), Franc-afrique Ép 1 - La Raison d'État,
L'assasinat de Thomas Sankara ( durée 24 min 30),documentaire :Thomas Sankara L'homme Intègre,Lumumba - Part 1/9 (2000 Film by Raoul Peck)( durée 14 min) ,
documentaireThe History of Patrice Lumumba, the Congo, and Colonization ( 49 min) , documentaire : L'assassinat de Patrice Lumumba ( 47 min 36) , Voir le documentaire,Keny Arkana > Autre Monde Possible
01:03 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : interview, eric toussaint, parle, thomas sankara
12.08.2011
INTERVIEW / CRISE "Il faut laisser les Etats et les banques faire faillite"
Le gourou de la finance zurichoise Marc Faber estime qu'une faillite des banques et des Etats ne signifierait pas la fin du monde mais permettrait au contraire de repartir sur de bonnes bases.
11.08.2011 | Propos recueillis par Daniel Eskenazi | Le Temps - courrier international
Dossiers
Docteur Catastrophe
Marc Faber est un analyste et entrepreneur suisse connu pour ses prédictions catastrophistes – il est surnommé Dr. Doom. Il tient un blog et publie une lettre financière mensuelle : "Gloom, Boom & Doom".
Le Temps : Les marchés ont dégringolé. Comment analysez-vous la situation ?
Marc Faber : Ils sont très survendus à court terme. Je m'attends à un rebond, puis à un nouveau ralentissement dès octobre ou novembre. Le S&P atteindra environ 1 100 points. Le troisième volet du programme d'assouplissement monétaire devrait ensuite être lancé [dit "QE3"].
Le dollar ne cesse de dégringoler. Anticipez-vous sa fin ?
Oui, j'ai toujours pensé que la valeur terminale du dollar était zéro, car le gouvernement, le Trésor et la Réserve fédérale n'ont aucun intérêt à maintenir un dollar fort. Depuis 1913, année de création de la Fed, le billet vert a perdu 97 % de son pouvoir d'achat. Sur le long terme, il a été faible par rapport à la grande majorité des autres devises, tout comme la livre sterling. La fin du dollar ne se produira pas du jour au lendemain, elle sera graduelle.
Croyez-vous aussi à la fin de l'euro ?
Je n'en ai aucune idée, car il s'agit d'une décision politique. Aussi longtemps que l'Allemagne a la volonté de soutenir la Banque centrale européenne et de financer le fonds de stabilité, l'euro survivra.
Aux côtés de la Grèce figurent le Portugal, l'Irlande, l'Espagne et l'Italie. Devrait-on aussi laisser ces pays faire faillite comme vous le préconisiez avec la Grèce ?
Oui, même si cette solution est douloureuse. Cela ne me gêne pas que des assurances, des gouvernements et des banques ayant acheté des obligations de la Grèce perdent de l'argent. Si certains pays font faillite, ils entraîneront les banques avec eux. Mais laissons ces établissements faire défaut tout en protégeant les épargnants. Ce choix est nettement meilleur que de sauver les banques avec l'argent du contribuable et de se rendre compte deux années plus tard que les banquiers reçoivent des bonus record. Il faut punir les banquiers ! Le secteur financier est devenu bien trop gros par rapport à l'économie réelle. A mon avis, le secteur financier doit s'occuper de garder l'épargne des gens et de la prêter à d'autres. Les banques ne devraient pas s'occuper de trading. Est-ce que le sauvetage des banques aux Etats-Unis a apporté quelque chose à l'économie ? Non.
Les nouvelles règles de Bâle III [qui préconisent de tripler la part des fonds propres bloqués par les établissements bancaires des pays du G20 d'ici à 2013] suffiront-elles à stabiliser le système bancaire international ?
Ces nouvelles règles sont bonnes, mais le timing est mauvais. Il aurait fallu les introduire il y a dix-quinze ans et les assouplir maintenant. Or les gouvernements n'ont rien fait durant ces dernières années, et maintenant que les banques devraient être encouragées à prêter de l'argent, ces réglementations les en empêchent. Au lieu d'être proactifs, les Etats sont réactifs. En fait, le problème n'est pas tant le manque de réglementations que les politiques monétaires beaucoup trop laxistes qui encouragent la spéculation. Il serait mieux d'avoir des politiques plus restrictives avec des taux d'intérêt plus élevés que des gouvernements qui ne cessent d'augmenter leurs dépenses et de baisser les taux.
Beaucoup d'analystes s'inquiètent encore d'un éclatement de la bulle immobilière en Chine. Vous n'y croyiez pas l'an dernier. Est-ce toujours le cas ?
Les gens ne réalisent pas que la Chine a une population presque équivalente à celles des Etats-Unis et de l'Europe combinées. Il peut donc y avoir une bulle immobilière dans une ville, voire dans une province, tandis que dans celle d'à côté la situation est normale. Une bulle se définit par des taux d'intérêt bas, des liquidités excessives qui sont investies dans l'un ou l'autre secteur. Selon cette définition, il existe une bulle en Chine, mais son ampleur n'est pas facile à estimer. Car, contrairement à ce que l'on observe dans les économies occidentales, les Chinois n'empruntent pas beaucoup d'argent quand ils achètent des appartements. Ils paient l'essentiel en cash. Pour mémoire, lorsque la bulle immobilière a éclaté à Hong Kong et que les prix ont chuté de 70 %, personne n'a fait faillite. L'endettement des gens était très faible, tout comme celui des agences immobilières.
Investissez-vous en Chine ?
Non, cela ne m'intéresse pas, même si je reste optimiste sur la Chine. J'estime que la moitié des entreprises cotées sont frauduleuses. Je préfère être exposé à la Chine via Hong Kong, où des entreprises paient des dividendes de 5 à 6 %. Le risque de perdre de l'argent est faible. De plus, en cas de problèmes, le dollar de Hong Kong peut toujours être réévalué par rapport au dollar [américain].
Certains tablent sur la fin du monde et l'éclatement du système financier international. Ne va-t-on pas plutôt vivre une décennie morose comme dans les années 1970 ?
Peut-être. Nous aurons une croissance très faible dans les économies matures, avec une perte de confiance des investisseurs, des crises à répétition. Les gens ne trouvent plus d'intérêt à investir dans des actions. Ils ont vu les excès du système bancaire, des managers et ont perdu beaucoup d'argent. Un jour ou l'autre, je suis persuadé que nous devrons reconstruire notre système sur de nouvelles bases.
Docteur Catastrophe
Marc Faber est un analyste et entrepreneur suisse connu pour ses prédictions catastrophistes – il est surnommé Dr. Doom. Il tient un blog et publie une lettre financière mensuelle : "Gloom, Boom & Doom".
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09:07 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : le gourou, finance, marc faber, faillite, banques, etats, fin du monde, bonnes bases










