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16/11/2017

Liban

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 Témoignages rares Les guerres cachées contre Daech , pour mieux décrypter les enjeux et les réalités de ces "guerres cachées".

 
 

Dessous des cartes Liban

L'après Daesch

Le premier ministre du Liban, Saad Hariri, a surpris ses concitoyens autant que la communauté internationale en annonçant brusquement sa démission, le 4 novembre. Huit jours plus tard, son allocution, prononcée depuis Riyad, a alimenté le soupçon : aurait-il été contraint de quitter son poste par le pouvoir saoudien, son parrain ? La crise a brutalement fait monter la tension entre Téhéran et Riyad. Le correspondant du Monde à Beyrouth, Benjamin Barthe, l’a décryptée au cours d’un tchat avec les internautes.

Saad Hariri est un allié et même un client de l’Arabie saoudite. Mais le royaume aujourd’hui n’est pas le même qu’avant 2015, date de l’arrivée au pouvoir du roi Salman et de son fils, Mohamed Ben Salman, promu prince héritier en juin. Ce duo a tordu la diplomatie saoudienne dans un sens anti-iranien inédit. Ce raidissement est allé crescendo, de l’intervention militaire au Yémen en mars 2015 (contre les milices houthistes pro-iraniennes) en passant par la crise avec le Qatar (accusé d’être trop proche de Téhéran) qui a éclaté ce printemps, jusqu’à l’affaire Hariri d’aujourd’hui.

Situation du Moyen Orient et monde arabe

Du coup, l’attitude de Saad Hariri, son insistance à faire fonctionner son gouvernement d’unité, ses accommodements inévitables avec le Hezbollah, représenté dans la coalition, sont devenus inacceptables pour Riyad.

La position du Hezbollah face à cette nouvelle tension  dans la mesure où il occupe une position de force au sein du gouvernement libanais, il pousse pour que Saad Hariri revienne sur sa démission et que le gouvernement reste en place.

» LIRE AUSSI - Saad Hariri accepte l'invitation d'Emmanuel Macron à venir en France

A ses côtés, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a déclaré que Saad Hariri, invité mercredi soir par Emmanuel Macron à se rendre en France, s'y rendrait "quand il le souhaitera et dès qu'il souhaitera". "Il sera accueilli en ami", a-t-il ajouté, à quelques heures d'un entretien avec le premier ministre démissionnaire.

» LIRE AUSSI - Comment le premier ministre libanais Saad Hariri a été piégé chez les Saoud

Liban : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Pour Peter Harling, spécialiste du Proche-Orient, le Liban, en pleine crise gouvernementale, est un pays qui « se désagrège de lui-même, en raison d’une corruption et d’une mauvaise gouvernance endémiques » Par Peter Harling (fondateur et directeur de Synaps)

La démission surprise, depuis la capitale saoudienne Riyad, du premier ministre libanais Saad Hariri a suscité des réactions paradoxales au Liban. D’un côté, la dissolution d’un rare gouvernement d’unité nationale, dans ce pays ou se déchire, traditionnellement, une multitude de factions issues de la guerre civile, ébranle une stabilité fragile. De l’autre, ce coup d’éclat redonne de l’importance au Liban, qui se situait à la marge, depuis des années, des grands enjeux régionaux. Une armée de commentateurs politiques libanais semble revivre, surenchérissant de théories flamboyantes : Hariri a été kidnappé… Israël va attaquer… des explosions secouent Riyad… Le Liban, de retour au centre du jeu, a peur et respire à la fois.

Ce climat psychologique se comprend historiquement. Le Liban est une terre aussi riche humainement que pauvre en ressources, aussi petite que connectée au monde, par son immense diaspora, ainsi que ses factions politiques, qui toutes cherchent des points d’appui étrangers. Le Hezbollah, mouvement shiite lourdement armé, a raison de reprocher à Hariri son abandon de poste depuis l’Arabie Saoudite, si ce n’est qu’il placarde, sur tous les murs, des portraits du Guide suprême iranien… Le Liban a toujours vécu, pour le meilleur et pour le pire, d’une attention extérieure exagérée. C’est ce qui l’a rempli (de populations diverses cherchant refuge), définit dans ses frontières actuelles (à l’époque coloniale), ravagé (durant la guerre civile) et enrichi (de capitaux divers).

Aujourd’hui, cependant, il n’y a rien de bon à attendre de ce coup de projecteur. Les motivations vraisemblables de Hariri peuvent aider à discerner pourquoi. Lorsqu’il a accepté, en novembre 2016, de devenir premier ministre, au prix d’une réconciliation avec le Hezbollah, soupçonné d’avoir assassiné son père Rafic, Saad était acculé. Il était

«Tant que le Liban n'aura pas d'institutions efficaces, les terroristes pourront le frapper» 

dans une interview :  Ziad Majed estime - L'Etat islamique exploite les failles du Liban paralysé par une crise politique pour attaquer des civils chiites et aggraver les tensions sectaires dans toute la région, estime Ziad Majed, professeur des études du Moyen Orient à l'Université américaine de Paris.

Un regain de violence qui risque de se poursuivre, estime Ziad Majed, tant que le Liban n'aura pas d'institutions étatiques efficaces et tant qu'il n'y aura pas de consensus national pour adopter la «neutralité positive» sur le dossier syrien.

L’Iran a réagi à cette mise en cause par son ministère des affaires étrangères. Son porte-parole, Bahram Ghassemi, a parlé « d’accusations sans fondement contre l’Iran » dont « la répétition montre que cette démission est un nouveau scénario pour créer des tensions au Liban et dans la région ».

« La subite démission de M. Hariri et son annonce depuis un pays tiers est non seulement regrettable et surprenante mais montre qu’il joue sur un terrain conçu par ceux qui ne veulent pas le bien de la région (...) Avec la fin proche de Daech [acronyme arabe de l’organisation Etat islamique] dans certains pays de la région, le temps est venu de (...) réparer les dégâts causés par les terroristes créés par les Etats-Unis et leurs alliés régionaux ».

LE FIGARO.- L'attentat d'hier a frappé une rue commerçante de Bourj el-Barajné. Qu'est-ce que l'Etat islamique veut démontrer en attaquant ce quartier de la banlieue sud de Beyrouth, tenu par le Hezbollah libanais?

l'EI prouve également qu'il est capable d'opérer au-delà de l'Irak et de la Syrie pour punir ses ennemis et pour faire monter les tensions sectaires dans la région.

Pour autant, vous ne voulez pas parler d'exportation au Liban du conflit syrien. Pourquoi?

L'expression est inexacte, c'est plutôt le Liban qui est impliqué dans le conflit syrien par le biais du Hezbollah, présent sur le terrain depuis 2012, soit un an avant la création de l'Etat Islamique. Donc cela fait trois ans maintenant que la milice chiite libanaise se bat en Syrie pour soutenir le régime d'Assad, avec les risques que cela comporte pour la sécurité intérieure du Liban. D'ailleurs, la crise politique libanaise actuelle est en partie causée par les divisions entre les partisans et les opposants à son intervention en Syrie.

Le Hezbollah est-il toujours en mesure d'assurer la sécurité de ses partisans au Liban?

Je ne pense pas qu'un parti politique soit en mesure de contrôler réellement un territoire au Liban, surtout contre ce type d'attaque où ce sont des individus isolés qui se font exploser en public. Dans un Etat «normal», ce n'est pas à une milice d'assurer la protection des civils. Mais le Liban n'est pas capable de le faire aujourd'hui à cause du blocage politique qui paralyse ses institutions.

Doit-on s'attendre à une nouvelle vague de violences au Liban?

Malheureusement, on peut s'attendre à une poursuite des violences. La dernière vague d'attentats avait commencé en août 2013 et s'était poursuivi jusqu'en janvier 2014. Il y a eu des attaques dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la Bekaa et à Tripoli. Tant que le Liban n'aura pas d'institutions étatiques efficaces, tant qu'il n'y aura pas de consensus national pour adopter la «neutralité positive» sur le dossier syrien, l'Etat islamique et autres entités terroristes pourront le frapper en exploitant ses failles.

 n Crise au Liban : « En l’état, l’opération saoudienne est un fiasco »

Après des années d’introversion, sous Fahd et Abdallah, période durant laquelle le royaume répugnait à user de son pouvoir, la direction saoudienne pêche aujourd’hui par excès de confiance. Elle a tendance à mal lire les dynamiques politiques dans les pays auxquels elle se confronte.

 

 

02/10/2017

La stratégie du « piéton imprudent » des Russes

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sur les guerres qui s'annoncent 

 la publication de Flores Magon.
L’image contient peut-être : ciel
 

  

 
« Quand nous serons sûrs que le cessez-le-feu sera effectif, alors nous pourrons passer à une autre étape », a déclaré Mohamed Allouche, le chef de la délégation rebelle forte d'une cinquantaine de membres en tout, très irrité par « l'arrogance » du représentant du régime syrien, Bachar Jaafari, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, qui venait de désigner ses interlocuteurs comme des « bandes terroristes »
 
« Les Russes ont toujours du mal à comprendre qu'il faut gagner les cœurs, mais les opposants, même s'ils ont reçu un grand coup sur la tête avec la perte d'Alep, restent déterminés, et la guerre peut continuer », observe le diplomate européen. « Le risque, poursuit-il, c'est que l'on cherche à imposer aux groupes armés un accord bancal qui serait ensuite avalisé par le Conseil de sécurité, comme Moscou aime le faire », ajoute-t-il.

  

R] L'Art de la Guerre [Audiobook]

 

Les pourparlers d’Astana sur le conflit syrien ravivent les combats entre groupes rebelles

Si le cessez-le-feu « officiel » est censé être consolidé, les affrontements se sont intensifiés entre rebelles modérés et djihadistes.LE MONDE | . Le second, d’ordre militaire, est la reprise des affrontements entre rebelles modérés et djihadistes, dans les provinces d’Idlib et d’Alep, au nord-ouest, et leur brusque intensification, à un niveau jamais vu depuis trois ans. C’est l’une des règles tacites de la crise syrienne : à chaque fois que les combats entre insurgés et loyalistes baissent d’intensité, les hostilités à l’intérieur du camp anti-Assad repartent à la hausse.

 
Syrie la révolution confisquée Syrie : la révolution confisquée ? | ARTE Info

 
Après le choc d’Alep, les rebelles modérés obligés de jouer le jeu de Moscou

« Le jeu de l’allégeance a fonctionné à plein. Chacun des patrons de la rébellion a fait pression sur ses protégés », affirme un diplomate occidental. « Le cessez-le-feu est violé entre dix et vingt fois tous les jours, mais ces violations sont minimisées politiquement car il y a une volonté très forte qu’Astana se fasse », reconnaît un autre diplomate

  Mistura a par ailleurs convié le gouvernement syrien et les groupes d’opposition à un cinquième cycle de négociations sous l’égide de l’ONU à Genève, le 23 mars.
 
 FOCUS « Pourquoi l’intervention militaire russe en Syrie est un succès » 63 Dans son blog, l’historien Michel Goya explique comment l’intervention militaire russe en Syrie, commencée en 2015, a atteint son objectif premier : sauver le régime de Bachar Al-Assad. 

« Au regard des résultats obtenus, il est incontestable que les Russes ont une productivité opérationnelle (le rapport entre les moyens engagés et leurs effets stratégique) très supérieure à celle des Américains ou des Français.

The regime forces are now 1.5km from Al Bab city," the SOHR said.

Inside Story - What are President Putin's plans for Syria?

 

La stratégie du « piéton imprudent » des Russes

« Le dispositif russe, engagé massivement et par surprise, a d’emblée été complet. Il n’a pas été précédé d’une phase déclaratoire, ni graduellement diversifié et renforcé comme celui de la coalition américaine (chasseurs bombardiers, puis avions d’attaque, puis hélicoptères d’attaque, puis pièces d’artillerie, etc.).

« La guerre en Syrie est une guerre « mosaïque », c’est-à-dire qu’elle n’engage pas deux camps mais plusieurs, à l’instar de la guerre civile au Liban de 1975 à 1990. Ces camps et leurs sponsors ont des objectifs différents qui les amènent à converger ou diverger selon les situations, ce qui rend le conflit à la fois complexe et stable. Un paramètre essentiel est qu’en général, les sponsors rivaux, en particulier les Etats-Unis et la Russie, n’ont aucune intention de s’affronter directement et évitent donc, pour en limiter le risque, de se rencontrer. Par voie de conséquence, l’occupation éclair du terrain par l’un empêche mécaniquement l’autre, placé devant le fait accompli, d’y pénétrer. C’est la stratégie du « piéton imprudent » qui traverse une route et oblige les conducteurs de voitures à s’arrêter, que l’URSS et la Russie ont pratiqué régulièrement.

« L’élément-clé de la doctrine russe reste les opérations combinées. Elles visent à s’emparer de points-clés, à disloquer des dispositifs ennemis, et, pour certaines factions avec qui il est possible de négocier, à exercer une pression suffisante sur elles et les populations environnantes pour les amener à céder, quitte à accepter – c’est une particularité du conflit – des transferts de combattants.

« Les opérations de 2016 et surtout de 2017 sont la preuve de l’excellence maîtrise désormais acquise dans l’organisation des opérations combinées. On est très loin des cafouillages survenus lors de la guerre de 2008 contre la Géorgie.

 
Tests par les Russes de matériels et méthodes nouveaux

« L’intervention est évidemment l’occasion pour les forces armées russes d’expérimenter des concepts originaux. Le premier est le SVP-24 (pour Special Computing Subsystem), un système utilisant la navigation satellitaire russe, pour déterminerl’enveloppe optimale de largage d’une munition « lisse » [non guidée]. Il permet de disposer avec une flotte rustique d’une capacité de frappes proche d’une force plus sophistiquée et bien plus coûteuse.

Le deuxième est l’idée de renouer avec l’« infanterie motorisée ultra-légère », autrement dit une infanterie dotée de véhicules tous terrains légers et rapides. Le dernier est le « véhicule d’escorte », aperçu depuis cet été. C’est un véhicule intermédiaire disposant d’une très grande puissance de feu de saturation, complémentaire d’un char de bataille. Il constitue une remarquable arme « anti-antichars » (mais aussi antiaérienne et peut-être antidrone) et favorise l’emploi des chars de bataille, notamment en milieu urbain. Avec seulement un véhicule et trois hommes d’équipage, il est peut-être aussi efficace qu’un peloton d’appui direct complet des régiments Leclerc, avec ses trois VAB canons de 20 mm. Il constitue également un excellent moyen d’appui direct de l’infanterie. »

  

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OPINION /SYRIA'S CIVIL WAR  How Assad 'won the war' -  BACHAR, MOI OU LE CHAOS

 

10/02/2017
Les guerres cachées contre DaechLe bourbier: l'impossible coalition contre Daech 2016 FRENCH HD

ARTE+7 | Les guerres cachées contre Daech -  Turkish official rebuffs call for Idlib troop pullout -

 La stratégie de la mouche ? , Afghanistan, le prix de la vengeance , Nocturama , Emni, la branche secrète de L'EI - "La guerre de l'ombre au Sahara" - Qu'est-ce qu'un terroriste ?  - Charlottesville: Race and Terror" - Is it over for ISIL?  - LES DERNIERS HOMMES D'ALEP  - Terrorisme, raison d'Etat - Bachar moi ou le chaos

Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer !  - Les guerres cachées contre Daech 

Birmanie : La malédiction des Rohingyas 

 

24/07/2017

la crise de l’esplanade des Mosquées

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Editorial. En installant des portiques de détection de métaux à l’entrée de l’esplanade des Mosquées, la police israélienne a déclenché une nouvelle crise qui a déjà fait plusieurs morts. Dans le sang, Jérusalem vient de rappeler, une fois de plus, une vérité première : cette ville n’est pas comme les autres. Elle occupe une place particulière dans la vie des trois grands monothéismes – judaïsme, christianisme, islam. A l’intérieur, en son point focal, elle abrite, sur quelques mètres carrés, un concentré explosif d’histoire, de religion et de politique : l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam, est soutenue, sur un côté, par le mur des Lamentations, l’un des lieux les plus sacrés du judaïsme.

LES FAITS

  • Après l'assassinat de deux policiers israéliens par trois Palestiniens, le 14 juillet, Israël a décidé d'installer des portiques de sécurité aux abords de l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem.
  • La mesure a scandalisé les fidèles musulmans, et les troubles violents ont fait huit morts et plus de 800 blessés depuis le 21 juillet.

A lire En image Tensions en Israël autour de l’esplanade des Mosquées

 Quels sont les enjeux de la crise de l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem ?  

En un moment de l’affrontement israélo-palestinien où chacune des parties prenantes habille de plus en plus aux couleurs du religieux sa revendication nationale, Jérusalem est devenue le symbole du conflit – l’esplanade des Mosquées en étant l’épicentre. Ici, tout peut dégénérer

ECLAIRAGE Jérusalem : un demi-siècle de conflit expliqué en cartes VIDÉO

 

Une modification du statu quo « aurait des conséquences imprévisibles dans le monde et dans l’ordre régional », a-t-il dit. Ce n’est pourtant pas l’avis des représentants du Waqf – la fondation pieuse jordanienne administrant le site – dépossédés de leurs attributions pendant le week-end, qui dénoncent les initiatives unilatérales d’Israël.

Piotr Smolar, correspondant du « Monde » à Jérusalem, répondra à vos questions à partir de 15 heures. SUIVEZ LE LIVE DE L'ÉVÉNEMENT

Policiers, émeutiers, « martyrs » tueurs de colons : ces acteurs classiques des violences dans le conflit israélo-palestinien ont joué leur triste partition, vendredi. Mais un mouvement de résistance civique, non violent, mobilise aussi l’opinion publique palestinienne, chauffée par les médias et les responsables religieux.

Benyamin Nétanyahou était sous la pression de la droite nationale religieuse, incarnée par le ministre de l’éducation Naftali Bennett. Celui-ci a affirmé que « se soumettre à la pression palestinienne porterait atteinte à la dissuasion israélienne ». Si le premier ministre avait retiré les portiques, son camp l’aurait accusé de faiblesse en matière de sécurité.
 

La suite des événements demeure imprévisible. M. Nétanyahou s’en est remis à la police, se ménageant ainsi une marge de manœuvre au sujet des portiques. Les concertations avec la Jordanie se poursuivent. Mais pour l’heure, le premier ministre a choisi d’assumer le prix des affrontements, qui le placent dans une situation classique de gestion de crise.

La mosquée Al-Aqsa est la maison commune à défendre, par la prière de rue. Pour les croyants, il en va non seulement de leur foi, mais de leur identité et de leur fierté comme Palestiniens. Les habitants de Jérusalem-Est sont particulièrement mobilisés. L’esplanade des Mosquées fait partie de leur géographie intime. En y mettant les pieds, fin septembre 2000, Ariel Sharon, alors chef du Likoud, avait déclenché la seconde Intifada.

Alors que la tension reste vive à Jérusalem-Est, secouée depuis une semaine par la crise de l’esplanade des Mosquées, Amman, la capitale jordanienne est à son tour visée. Un Jordanien a été tué et un Israélien grièvement blessé lors d’un « incident » survenu dimanche 23 juillet à l’intérieur de l’ambassade d’Israël à Amman, la capitale jordanienne, selon une source des services de sécurité jordaniens.

À LIRE AUSSI Israël - Palestine. Jérusalem-Est sur le point de s’embraser ?

Lors de son voyage en Europe, M. Nétanyahou a fait une autre comparaison, devant les journalistes israéliens. « Lorsque j’ai visité la tour Eiffel, j’ai noté que quelque chose avait changé. Vous savez quoi ? Ils ont installé des détecteurs de métaux. »

Mais cette pédagogie sécuritaire méprise l’importance religieuse et psychologique de la mosquée Al-Aqsa pour les Palestiniens. Privés de toute perspective politique et de l’émergence d’un véritable Etat, soumis depuis cinquante ans au régime d’occupation, ils voient le lieu saint comme le cœur battant de leur identité, un rare havre de paix et un lopin de souveraineté menacé, dans une ville annexée par Israël depuis 1967. Ainsi À Bethléem, la «barrière de séparation» d'Israël asphyxie les Palestiniens de Cisjordanie : LES MURS DANS LE MONDE (2/6) - Le mur, qui englobe des colonies, protège des attentats mais prive les agriculteurs de leurs terres et empêche une majorité de Palestiniens de se rendre sur leurs lieux saints.

C’est particulièrement vrai à Jérusalem-Est, où la population palestinienne vit dans une sorte de trou noir, délaissée par tous. Elle ne relève pas de l’Autorité palestinienne, tandis que la mairie de Jérusalem la néglige. Aucun autre lieu ou sujet ne mobilise autant la martyrologie palestinienne qu’Al-Aqsa. Le gouvernement israélien prend le risque de l’activer.

 

Watch Inside Story: Is Israel changing the status quo around Al Aqsa?

 Source: News agencies

L’esplanade est une cause sacrée dans le monde arabe. Le rapprochement entre Israël et le front arabe sunnite anti-iranien peut être remis en cause par les événements de Jérusalem. Parce qu’il est à la tête d’un gouvernement qui défend d’abord l’extension de la colonisation, M. Nétanyahou ne veut pas céder sur les portiques après la tuerie d’Halamish. Le piège se referme. La Ville sainte entre, une fois de plus, dans la zone des tempêtes. Ce n’était pas inévitable.

Israël-Palestine. À Jérusalem, trouver le bon compromis Pour arrêter l’escalade de la violenceISRAËL devrait retirer les portiques de sécurité compliquant l’accès à l’esplanade des Mosquées. La sécurité du site devrait être assurée en concertation avec les parties concernées, estime le chroniqueur YEDIOT AHARONOT - du quotidien populaire de TEL-AVIV

Le correspondant du Monde à Jérusalem, Piotr Smolar, a fait le point vec les internautes du Monde.fr.

Les critiques émises par la ligue arabe ou par le président turc peuvent-elles infléchir la position israélienne ? Si ces derniers étaient démontés, cela suffirait-il à faire revenir le calme ?

Le contexte régional au MOYEN-ORIENT ( PALESTINE )  importe, bien sûr, mais il n’est pas déterminant. Tout d’abord, les critiques de la Ligue arabe ont été tardives et modérées. Les pays sunnites sont franchement accaparés par l’affaire du Qatar, ainsi que par leur confrontation avec l’axe chiite, conduit par l’Iran. Ils n’ont aucune envie qu’un nouveau front religieux s’ouvre à Jérusalem.

 "Le cycle de violences, ouvert par l’attaque du 14 juillet sur l’esplanade des Mosquées, risque fort d’échapper au contrôle des dirigeants israéliens et arabes"

 Propos de Jean-Pierre Filiu est professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris)

Plus le temps passe et plus le pourrissement s’installe. Plus la crise dure, et plus le risque d’actions palestiniennes violentes, en Israël et en Cisjordanie, s’accroît. Ceux qui doivent trouver le compromis ne sont pas non plus dans de bonnes dispositions, sous pression de leur opinion publique. M. Nétanyahou ne veut pas être accusé par la droite nationale religieuse de capitulation. Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, très impopulaire, doit épouser la colère de la rue et annonce la fin des contacts avec Israël, y compris la précieuse coordination sécuritaire.

kadosh d'Amos Gitai

19/07/2014
Au nom du Temple - citoyenactif

Au nom du TempleCréé le lundi 15 août 2016

Pierre Bourdieu sur l'EtatCréé le mercredi 21 août 2013

Les débats

 

 
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