05.11.2009
Copenhague : un ou plusieurs accords ?
Pour réussir Copenhague, les Etats ne doivent pas s'arrêter à de simples accords bilatéraux. Ils doivent parvenir à la signature d'un accord politique global, et se doter d'outils juridiques et économiques adéquats.
Arnaud Gossement est avocat, docteur en droit et Maître de conférences en droit de l’environnement à Sciences Po Paris.
Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de l’UNFCC, l’organisation des Nations Unies dans le cadre de laquelle se déroulent les négociations climatiques l’a récemment admis : « Il sera physiquement impossible de finaliser tous les détails d'un traité à Copenhague, quel que soit le scénario envisagé. Mais Copenhague doit permettre d'aboutir à un accord sur l'essentiel ». Il a ajouté : « A Copenhague il nous faut la substance. Ensuite les parties (à la Convention) s'occuperont de la forme juridique ».
Il faut effectivement se demander si la recherche à tout prix d’un texte unique et à valeur contraignante est nécessairement la meilleure solution. Contrôler le respect d’engagements plus ou moins précis dans des domaines très complexes par des Etats souverains et, éventuellement, leur infliger des sanctions, sont autant de difficultés non réglées à ce jour. A ce titre, le bilan d’application du protocole de Kyoto n’est pas motivant. En clair : analysons-nous les négociations en cours avec les bonnes lunettes ?
Au travers des actions et déclarations des parties à la conférence de Copenhague, se profile de plus en plus nettement un scénario : l'hypothèse d'un grand accord juridiquement contraignant à court terme perd du terrain, tandis que celle d'une pluralité d'accords bilatéraux en gagne. Certes, le Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen, a appelé ce lundi, lors d’une visite à Moscou, à "un accord ambitieux" lors du sommet de Copenhague et a proposé à la Russie une coopération économique accrue dans le domaine de « l'efficacité énergétique ». Mais M. Rasmussen - qui ne semble pas croire à un accord à Copenhague - a surtout proposé à la Russie un accord de coopération bilatéral : « La Russie a des objectifs très élevés pour ce qui est de son efficacité énergétique. Cela pourrait être la base de notre coopération commerciale. Il y a beaucoup de compétences au Danemark ».
Dans le même sens, la Chine et les Etats-Unis ont signé le 28 juillet dernier un mémorandum destiné à renforcer leur coopération dans la lutte contre le changement climatique. Le 21 octobre, la Chine et l'Inde ont également signé un accord de coopération pour mieux lutter contre le réchauffement climatique. A l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy au Brésil – les 6 et 7 septembre - les deux Chefs d’Etat, dans leur déclaration conjointe ont rappelé l’existence d’un « groupe de travail bilatéral sur le changement climatique (…) afin de rapprocher encore plus les positions des deux Etats, et de renforcer leur capacité à faciliter la conclusion d’un accord ambitieux lors du prochain sommet de Copenhague ». La déclaration précise en outre que « La France soutient pleinement le souhait du Brésil d’organiser en 2012 un nouveau sommet de la Terre, 20 ans après le premier Sommet ».
Enfin, le plan « justice-climat » dont Jean-Louis Borloo s’est fait l’avocat à l’occasion d’un déplacement à Dacca (Bangladesh), peut être interprété dans le même sens. Il aurait vocation à construire une solidarité écologique entre pays riches et pays pauvres, plus particulièrement entre l’Europe et environ 80 pays d’Afrique et d’Asie du Sud est. Outre cet axe Europe-Afrique qui pourrait se prolonger jusqu’au Brésil, le plan pourrait avoir pour objectif d’inscrire la France dans un mouvement où plusieurs Etats concluent des accords bilatéraux sans attendre la conclusion hypothétique du « grand » accord de Copenhague.
L’articulation de négociations bilatérales et multilatérales n’est pas une nouveauté et l’existence des unes ne nuit pas nécessairement aux autres, les deux processus pouvant se nourrir à l’inverse l’un de l’autre. Les accords bilatéraux qui viennent d’être cités font en effet référence à la conférence de Copenhague, non pour l’annuler mais pour en optimiser les chances de succès. La dramatisation de l’enjeu de la conférence de décembre est donc nécessaire tant il est certain que la signature d’un nouveau protocole à court terme est indispensable. Notre analyse des négociations climatiques en cours doit cependant intégrer ce bilatéralisme et aller au delà. Il faut en effet se souvenir que l’application du protocole de Kyoto n’a pas permis à elle seule de réduire significativement le niveau mondial des émissions de gaz à effet de serre. Seule la mobilisation d’un grand nombre d’instruments juridiques, économiques permettra de répondre aux alertes exprimées par le GIEC. La mobilisation citoyenne aussi. Celle-ci est encore trop faible, notamment aux Etats-Unis où selon une étude récente de HSBC, seulement 45% des personnes interrogées espèrent un accord à Copenhague.
Une réflexion approfondie sur la gouvernance des négociations, la place des corps intermédiaires comme les syndicats ou les ONG et la prédominance des exécutifs nationaux sera elle aussi à mener. En résumé : un nouveau protocole est un impératif, pas une baguette magique.
Source la chaine énergie de l’expansion.
01.11.2009
La Chaîne Energie lancé par Lexpansion.com
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10:30 Publié dans sur la route de Copenhague | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : chaîne energie, expansion
31.10.2009
Sur la route de Copenhague : Une histoire de gros sous ?
Deux mois de la conférence, le spectre de l'aide financière mondiale plane sur le bon déroulement des négociations. Et s'il ne fallait qu'une main tendue des pays développés aux pays en développement pour parvenir à un accord ?
Copenhague est dans 54 jours, voir le décompte sur le site officiel.
A Copenhague, y aura-t-il "Assez d'argent pour tout le monde?". C'est la question que pose Volodia OPRITCHNIK, rédacteur en chef de L'Usine à Ges, dans l'édito de sa lettre mensuelle (à télécharger gratuitement sur le site).
Et si tout ça n’était qu’une histoire de pognon ? Non que le changement climatique soit directement imputable à la crise financière. Mais une grande partie des différents climatiques opposants le Nord au Sud peut être apla- nis à coups de billet vert. Car, à bien regarder, de quoi parle-t-on dans les négociations en cours? De baisse des émissions des nations industrialisées ? Normal, elles sont responsables de la situation actuelle.
Et les unes après les autres (Canada, Norvège, Suisse, UE, Japon, France) annoncent qu’une baisse de 20 à 30% de leur empreinte carbone est envisageable pour 2020. La Chine leur demande un effort plus important encore (-40%). Elle joue son rôle d’aiguillon. De même, les sénateurs américains font savoir qu’ils ne ratifieront aucun texte ne prévoyant pas de contraintes carbone pour les pays en développement. L’Inde et la Chine ont répliqué en présentant des plans ambitieux de développement des énergies renouvelables et d’amélioration de l’efficacité énergétique. La Corée du Sud s’est fixé un objectif unilatéral à 2020. Le Mexique veut réduire de moitié son empreinte carbone d’ici à 2050. Dont acte. Mais rien ne verra pas le jour sans argent. Or, crise ou pas crise, la manne est toujours aux mains du Nord. Et les (énormes) besoins sont au Sud.
Pour le financement de l’adaptation, le devis fluctue entre 9 et 67 milliards de dollars par an à l’horizon 2020. En incluant les efforts d’atténuation, le montant annuel de la facture pourrait s’élever à 340 milliards de dollars par an ! Qui va payer ? L’Europe ?
Selon certaines sources, elle pourrait consacrer entre 2 et 15 milliards d’euros par an à l’aide climatique aux pays pauvres. Insuffisant. Pour fluidifier le débat, la Norvège propose de mettre aux enchères 2% des permis nationaux. La Suisse croit aux chances de sa taxe carbone universelle (0,5 dollar par litre d’essence). Les Philippines et la Colombie préconisent de taxer les transactions relatives à la MOC. Des propositions qui ont peu de chance de voir le jour. Tel n’est pas le cas, en revanche, des crédits forestiers (REDD). En vitesse de croisière, ce système de compensation de la protection de la forêt pourrait rapporter une douzaine de milliards de dollars par an aux pays tropicaux. Les Etats-Unis prévoient aussi d’acheter, chaque année, entre 1,5 et 2 milliards de crédits carbone internationaux. De quoi assurer des recettes au moins égales à celles des REDD. Sans oublier les entreprises. À partir de 2012, le marché carbone européen les incitera massivement à investir dans la MOC et le MDP.
À quelques milliards près, le succès de Copenhague n’est, peut-être, pas si loin…
Changer d'Hommes politiques pour sauver le climat?
Depuis dimanche soir, une vingtaine de militants de Greenpeace UK ont pris d'assault le toit du Palais de Westminster (parlement anglais), pour mettre la pression sur des députés fraîchement revenus de leur trêve estivale. Malgré de nombreuses arrestations (ils étaient une cinquantaine pendant la nuit), l'ONG, qui n'a pas froid aux yeux, revient sur le devant de la scène avec un manifeste en 12 points, points qui, selon elle, doivent être impérativement ratifiés à Copenhague pour atteindre les objectifs de réductions d'émissions de C02 pour 2030. Car les militants sont aujourd'hui très inquiets de l'issue de la conférence mondiale sur le climat du mois de décembre : si les pays riches n'aident pas financièrement les pays pauvres, il y aurait, selon eux, très peu de chance pour que des accords mondiaux (concrets) sur les réductions de GES voient le jour. “Il ne reste que quelques semaines avant le sommet sur le climat à Copenhague, et les négociations sont au point mort parce que les pays riches, comme la Grande-Bretagne, ne sont simplement pas allés assez loin pour montrer aux pays pauvres à quel point ils sont sérieux sur le sujet. Il faut changer les hommes politiques si nous voulons sauver le climat. Nous avons besoin de politiciens qui pensent aux générations futures et qui ne sont pas seulement obsédés par la prochaine élection” a déclaré à Euronews l'un des porte-parole de Greenpeace.
15:39 Publié dans sur la route de Copenhague | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sommet, copenhague, la chaîne verte, l’expansion, suivicopenhague 2009
04.08.2009
sur la route de Copenhague
La conférence est dans tous les esprits : les jeunes du monde entier interpellent les grande puissances et s'engagent, de récents sondages montrent que le réchauffement climatique est devenu la principale préoccupation des citoyens du monde, et, en attendant décembre, les danois préparent l'arrivée des participants...
Un sommet pour réfléchir…
270 étudiants et jeunes professionnels asiatiques se sont rencontrés, fin juillet, lors du Sommet International des Jeunes sur l’Energie et le Climat, pour lancer « un appel au réveil » aux gouvernements des principaux pays pollueurs du monde. « En tant que premier pays émetteur de dioxyde de carbone, la Chine doit se responsabiliser » rappelle Yupu Zhao, diplômé des sciences de l’environnement au Franklin & Marshall College de Pennsylvanie, et délégué des jeunes lors de la conférence. « Dans le futur, il aura beaucoup d’opportunités de travail dans une économie de lutte contre les émissions de carbone, et les jeunes devraient le prendre de manière positive, surtout les jeunes chinois. »
En savoir plus consulter le site du Cop 15
…un camp « vert » pour s’entraîner !
Du 8 au 11 août 2009, 500 jeunes (de 14 à 18 ans) talentueux et engagés, issus de 40 pays différents ont choisi de rejoindre le Bright Green Youth « camp », à Sonderborg, au Danemark. Partie intégrante de la conférence, cette « colo verte » est née à l’initiative des fondations Project Zero et Danfoss Universe, et de l'ONG Action Aid, afin que « ces adultes de demain, nés pour devenir des citoyens du monde, aient en main les cartes nécessaires pour comprendre les enjeux liés au climat, et apportent un regard différent sur ce problème ». Pendant leur séjour, les colons devront s’interroger, débattre et émettre des propositions pour lutter contre le réchauffement climatique. Leurs idées seront ensuite transmises au gouvernement danois, afin qu’elles soient présentées lors de la conférence, en décembre, à Copenhague.
Pour plus d'infos sur le camp
Assister à la Conférence en goûtant à la vie Danoise
Combien de personnes vont-elles débarquer, cet hiver, à Copenhague? Si les organisateurs savent déjà que près de 15 000 délégués des Nations-unis sont attendus dans la capitale danoise, ils ne peuvent chiffrer exactement le nombre de journalistes, de membres d'ONG, et d'anonymes qui s'y rendront, eux aussi, pour assister à la conférence. Pour palier à la demande croissante de logements à pourvoir dans la ville, l'équipe logistique du Cop 15 a mis en place, sur son site internet, une plateforme permettant de trouver un logement ou un chambre à louer chez l'habitant, pendant la conférence.
En parallèle, Sixten Kai Nielsen propose, par le biais du projet artistique "New life in Copenhagen", de loger gratuitement 10 000 visiteurs. L'artiste compte bien profiter de l'occasion que constitue la conférence pour montrer que le Danemark "est un pays hospitalier," et permettre aux participants et aux locaux "de penser collectivement" le problème du réchauffement climatique. Pour trouver votre hôte, il suffit de vous connecter au site, d'entrer vos noms, coordonnées, sexe, et pays d'origine et les dates auxquelles vous comptez vous rendre à Copenhague. L'équipe du site prendra ensuite contact avec vous pour vous informer de la marche à suivre. En plus, vous pouvez voir le nombre de personnes qui ont déjà trouvé leur chambre. Elles sont, à cette heure, 2304, 2305...
Pour trouver une chambre, cliquez ici
Qui se soucie le plus du réchauffement climatique?
Les populations de 19 pays ont été sondées par l’institut World Public Opinion, afin de connaître leur degré d’inquiétude relatif au réchauffement climatique. Bilan : 73% des sondés demandent à leurs gouvernants d’agir vite, ce qui, à quelques mois de la conférence, semble plutôt de bonne augure. 77% des Anglais, qui arrivent en tête, voudraient plus d’actions politiques dans cette direction, tandis que les Américains, et malgré les efforts du président Obama, ne sont que 44% à penser que les problèmes liés aux changements climatiques devraient être leur principale préoccupation.
Source : chaine verte de l'expansion. Suivi régulier de Copenhague
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23:58 Publié dans sur la route de Copenhague | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










