12.05.2012
Capitalism is Dead?
Pour éviter la surchauffe de son économie, qui croît au rythme de plus de 6 % par an, le Brésil veut réduire ses dépenses publiques afin de freiner l'activité. Avec 0,1 % de croissance au premier trimestre 2010, la France entend elle aussi réduire de façon drastique ses dépenses publiques. Cherchez l'erreur
Un parallèle avec le lanceur d'alerte Karl Marx : Le Capital - travail : L'heure est grave J
Non, la crise n'est pas finie. Mais quelle crise? Une crise économique? Elle existe en Espagne, en Grèce, en Italie, mais pas encore vraiment chez nous ni en Allemagne…. Marxisme économique - Wikipédia(..), Baisse tendancielle du taux de profit . Cf a voir K. Marx - Le Capital Livre I : Sommaire, Le Capital - Wikipédia :Le Capital. Critique de l'économie politique, l, (… ) dans l'ouvrage Les Théories de la plus-value
Ca chauffe
La Grèce et le capitalisme à l'agonie - ZEC plus Ultra, zèbre en cavale
" En cas de nouveau scrutin, l'enquête d'opinion fait apparaître un résultat marquant: l'arrivée en tête du Syriza avec 27% des intentions de vote, suivi par la Nouvelle Démocratie à 20%, la Pasok, toujours troisième à 12,6% puis les Grecs indépendants (droite anti-mémorandum) à 10%. Une telle montée en puissance du Syriza changerait complètement la donne car le parti d'Alexis Tsipras, qui dispose actuellement de 52 sièges, bénéficierait alors de la prime de 50 sièges accordée au parti vainqueur, le mettant en position de force pour nouer des alliances. "
11 mai 2012 AFP
La Grèce dans le contexte d’un effondrement du capitalisme
Paul Jorion - Le temps qu'il fait, le 11 mai 2012 par PaulJorion
>Le blog de Paul Jorion
Il faut dire que l'enjeu est de taille. La Zone euro est à nouveau en pleine tourmente ; la sortie de la Grèce semble une hypothèse de plus en plus probable. Des banques centrales aux banques tout court en passant par les autorités politiques et économiques, tout prend l'eau, tout menace de partir en lambeaux du jour au lendemain... ou presque.
Difficile de vous dire précisément la fin ; tout dépendra de l'évolution de la conjoncture d'ici là.
Un système en dérapages incontrôlés : Une croissance toujours faible dans les pays développés -- pour ne pas dire négative dans plusieurs pays membres de la Zone euro. Des créations d'emplois plus déprimées que jamais : les entreprises licencient afin de serrer les coûts au maximum. Des perspectives macro-économiques d'une rare noirceur -- surtout depuis les élections présidentielles françaises et les législatives grecques. Louche. Incompréhensible.
C'est la preuve d’un effondrement de la doctrine, idéologie néolibérale a laquel le pétrole cher, la bulle immobilière, le retour des CDS, la crise systémiques est en train d'assommer la reprise.
Le secteur des transports, de l’immobilier s’effondrent et va entrainer le reste du système : Economie …
Le secteur du transport est évidemment l'un des plus touchés par une hausse des coûts de l'énergie, et du pétrole en particulier. Vu l'augmentation récente du baril de brut, l'activité devient moins rentable et les investisseurs en tirent les conséquences qui s'imposent sur les marchés : ils vendent les actions des transporteurs.
Mais ce n'est qu'une partie des enseignements à tirer de cet écart grandissant entre l'ensemble du marché et le secteur des transports. « Lorsque ce dernier va mal, c'est la preuve que l'économie dans son ensemble s'apprête à souffrir de la cherté de l'énergie ».
Non seulement il devient plus coûteux de déplacer un bien d'un point à l'autre de la planète, mais les coûts de production explosent dans l'industrie, par exemple. Plus lentement, mais pas moins sûrement.
Mais qu'appartements, maisons et grands ensembles ont à voir avec l'économie ? Eh bien, l'immobilier est aujourd'hui le point faible de l'Espagne... et donc de l'Europe tout entière.
L'immobilier, le talon d'Achille de l'Espagne
Car si l'Espagne vient de se faire dégrader de deux crans par l'agence de notation Standard & Poor's, à BBB+, soit à peine trois rangs au-dessus de la catégorie "junk bonds", c'est à cause (essentiellement) de ses banques. L'urbanisation de la Côte d'Azur, mais surtout de sa concurrente ibérique, sont des exemples parmi d'autres de la folie immobilière qui s'est emparée de l'Espagne depuis plus de 60 ans. " La « croissance économique » ou bulle spéculative espagnole a été tirée par l'immobilier et les BTP. Or ce n'est jamais très bon pour un pays d'être ainsi dépendant d'un seul secteur économique. Surtout quand explose une bulle.
« Le dynamisme du secteur immobilier espagnol » a été encouragé par les crédits accordés par les banques espagnoles. Contrairement à ce qui se pratique en général en France (mais de même qu'en Italie), la très grande partie des crédits accordés ces 20 dernières années sont des crédits à taux variable..
. Pour résumer, pas ou peu de prêts subprime (à haut risque) en Espagne. Ce n'est pas faux. Mais il y a un élément qu'il ne faut pas perdre de vue : le taux de chômage.« Car les prêts à taux variables ne sont que le premier rouage de l'engrenage infernal. A cela il faut ajouter un effondrement du niveau de vie des Espagnols. Peu étonnant quand on sait que le taux de chômage atteint maintenant 25% de la population active – et qu'il dépasse les 52% pour les jeunes de moins de 24 ans. C'est pire qu'aux Etats-Unis. A vrai dire c'est pire qu'un peu partout en Europe ».
En parallèle, la valeur de l'immobilier a chuté dramatiquement. De nouveau un cercle vicieux : le niveau de vie baisse, les taux d'intérêts explosent, donc de plus en plus d'espagnols essaient de vendre leur bien pour ne pas se laisser entraîner vers le fond par l'explosion de la bulle immobilière. Le nombre de biens mis en vente explose alors que celui des acheteurs potentiels se réduit comme peau de chagrin. Qui veut acheter quand le chômage menace et que les taux explosent ? Plus de biens à vendre, moins d'acheteurs : le prix du m2 s'effondre... aggravant ainsi la situation.
Le pourcentage de défaut de paiement des crédits (plus de 8%) flambe, entraînant dans son sillage les banques qui ont accordé ces prêts. Un mécanisme qui nous avons déjà vu à l'oeuvre aux Etats-Unis lors de la crise des subprime et depuis en Europe (en Angleterre, en Irlande, en Italie et en Espagne).Selon les estimations de la Banque d'Espagne, 60% des actifs détenus par les banques ibériques seraient des actifs immobiliers "problématiques". Ce qui représente tout de même 184 milliards d'euros.
L'Etat espagnol à la rescousse de ses banques
Que va-t-il se passer ? Les banques espagnoles vont devoir faire appel à l'Etat pour se sortir d'affaire. C'est d'ailleurs ce qu'elles ont déjà fait plusieurs fois par le passé – et c'est ce qui inquiète les agences de notation. Le gouvernement espagnol est déjà intervenu à trois reprises pour "nettoyer" les bilans des banques espagnoles. 50 milliards d'euros ont ainsi disparu du bilan des banques.
Le gouvernement espagnol a-t-il encore les moyens financiers ? " Non. Certes la dette publique ne représente que 68% du PIB (contre 165% pour la Grèce et 86% pour la France) mais non seulement le volume des créances douteuses détenues par les banques, en particulier régionales, est largement sous-estimé mais surtout l'économie espagnole traverse sa seconde récession depuis 2008". "Or sans croissance, l'Espagne ne risque pas de pouvoir sauver seule ses banques".
Le mauvais pari de la BCE
Ironie de la situation, la dernière action d'ampleur de la BCE a ajouté de l'huile sur le feu. Oui, je parle bien des deux opérations de LTRO d'un milliard d'euros qui ont permis aux banques européennes de se financer à bon compte. Qu'ont-elles fait de cet argent ? Elles ont acheté de la dette souveraine – ce qui était le but de l'opération. Mais quelle dette souveraine ? Celle de l'Allemagne ? Que nenni : celles de l'Espagne et de l'Italie.
Les banques espagnoles ont acheté de la dette espagnole, et les banques italiennes de la dette... italienne. Alors certes, les rendements ont baissé... mais pour repartir à la hausse dès la fin du LTRO. Les rendements espagnols ont ainsi de nouveau franchi la barre des 6% et il y a fort à parier qu'ils passeront de nouveau rapidement au-dessus des 7%.
Mais surtout, les banques se sont tiré une balle dans le pied en achetant ces obligations souveraines à risque. La sanction des agences de notation ne s'est pas fait attendre puisque, dans la foulée de la dégradation de la note souveraine de l'Espagne, Standard & Poor's a baissé la note de 9 banques ibériques. Normal, leur bilan s'est encore alourdi de créances douteuses... faisant peser des risques supplémentaires sur leur survie.
Dans l'attente...
Trois éléments à prendre en compte pour essayer d'anticiper ce qui nous attend :
1. L'Espagne va avoir besoin de l'aide de l'UE et de la BCE. Sous quelle forme ? Aucune idée. Cette aide peut prendre la forme d'achats de créances par la BCE, de prêts aux banques espagnoles (toujours par la BCE) ou encore de plan de renflouement tel que celui qui a été accordé à la Grèce.
2. Les élections. Il ne vous aura pas échappé que les élections présidentielles françaises – et la politique que choisira de suivre le futur président – font peser de quelques doutes sur l'évolution de la crise européenne.
[Elections présidentielles : il y a peu de chances pour que le nouveau Président de la République prennent les distances avec ce système, ce dogme..
3. L'inaction ou absurdité et complaisance avec les lobbies privés. Jusqu'à présent, la zone euro a surtout démontré sa grande capacité à L'inaction ou absurdité et complaisance avec les lobbies privés... La crise grecque a traîné en longueur jusqu'à frôler la catastrophe (le défaut incontrôlé). N'oubliez pas que l'Espagne est la quatrième économie de la zone euro... et surtout que l'Italie n'est pas loin d'être dans une situation aussi précaire que la péninsule ibérique.
J'espère, cher lecteur, ne vous avoir pas trop déprimé, mais que cela vous aura sensibiliser et révolter. Nous allons affronter une nouvelle crise de l'euro et plus largement de le capitalisme à l'agonie.
> Jean Luc Porchet - Prises de Bec - Le Canard enchainé
Ordre monétaire ou chaos social ? : la BCE et la révolution ..., La révolution néolibérale
22:24 Publié dans Economie, poitique, sciété | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grèce, capitalisme, paul jorion, économie, politique
11.05.2012
" Modèle Allemand"
Globalia de Jean Christophe...« Pour résoudre définitivement la question sociale, il(s) propose(nt) de partager l'humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau Dostoievski ( Les possédés p 401) .
Cela ressemble au scénario de Globalia de Jean Christophe Ruffin. Au sortir de la seconde guerre mondiale, et la guerre froide : des dirigeants d'entreprises ont décidé de créer des marchés communs, ou certes un semblant de liberté parfaite ...Mais avec un prix très cher
‘Les Vivants et les Morts’, Le Diplo de Mai ,C’est déjà ça !, ce soir Black Swan, Hollande, vrai changement?, De l’argent il y en a, Marketing vert : le grand..., La bourgeoisie telle qu’en..., Heureux comme en Suisse, Le risque systémique, Le Capital - travail ; On est pas au bout de Le Pen, L'Europe au bord du suicide !, Riches, Pauvres: deux..., Hollande et le patronat

Hollande, les banques françaises et la dette grecque
" S’il y a bien quelque chose que le socialiste français fera pour le continent, c’est légitimer un capitalisme européen instable de par nature et profondément injuste."

Jérôme E. Roos
militant et économiste politique
La seule chose que ces élections pourraient changer, c’est la perception populaire du système. En parlant de croissance, de jobs et d’investissement, Hollande pourrait – tout comme le président Kirchner en Argentine avant lui – aider à nourrir l’illusion que les maladies du système capitaliste peuvent être contenues par un changement de politique. Comme l’économiste néo-keynésien Paul Krugman l’a si simplement dit dans le New York Review of Books :
« La vérité, c’est que la reprise pourrait être atteinte tellement facilement que c’en est ridicule : tout ce que nous avons besoin, c’est le contraire des politiques d’austérité menées ces deux dernières années et temporairement booster les dépenses. »
> " Pourquoi Hollande ne fera pas de grosse différence pour l’Europe - " - Investig'action
Manipulations de marché! DE Manipulation des marché - 8ndigné Révolté
La main invisible : Untel vend en masse... Un autre achète en masse. Voilà ce qui fait les marchés, la doctrine néolibérale. Mais c'est aussi ce qui fait les manipulations de marché, selon les blogueurs du site ZeroHedge.

Dessin issus de l'article : 50 articles pour comprendre les crises financières (26/50) : la
Dans le cas qui nous préoccupe, il s'agit d'un très gros vendeur qui manque de rigueur, peut-être intentionnellement. L'acheteur est lui aussi très gros mais très patient et méthodique. Coincé entre ces deux acteurs puissants et opposés, on trouve un marché de l'or "range-bound", c'est-à-dire cantonné dans une fourchette étroite. Voyons de plus près ces curieux événements...
Lundi 30 avril, dès l'ouverture, un large mouvement de vente sur le marché de l'or a fait dégringoler le prix du métal jaune d'environ 15 $ en quelques secondes."La division COMEX de CME Group Inc. a enregistré une transaction inhabituelle : la vente de 7 500 contrats à terme sur l'or durant une minute de trading à 8h31", rapportait le Wall Street Journal. "L'ordre de vente s'est présenté par paquets d'offres à hauteur de 84 contrats et a fait chuter les prix à 1 648,80 $ l'once [contre 1 663,00 $ précédemment]. La transaction globale a représenté plus de 1,24 milliard de dollars".(…)
Une bêtise tout à fait intentionnelle ?
Résumé de la doctrine néolibérale : Peut-être alors n'y a-t-il pas de conspirateurs, juste beaucoup de vendeurs d'or vraiment stupides et sans méthode aucune.
Aucun doute en ce qui concerne les acheteurs
Entre-temps, le côté acheteur du marché de l'or est beaucoup moins mystérieux.
(….) cf On parle des scandales de Goldman Sach,, En savoir plus : L'euro sur le tapis vert des spéculateurs ( courrier international), réforme de Wall Street essuie un premier revers au Sénat , Naomi Klein - la stratégie du choc , Les maîtres du monde (dailymotion), Le rôle des marchés financiers, Libéralisation financière, spéculation et crises bancaires,
Deux traumatismes majeurs et une création dans la douleur. Et ça marche !
J'entends souvent parler du "modèle économique allemand" assis sur l'offre, la production, l'investissement et les exportations... Des réformes de Schröder et des lois Hartz qui ont mis ce modèle en orbite... Mais très rares sont ceux qui connaissent l'origine de ce modèle de croissance.
Or pour comprendre bien des positions allemandes aujourd'hui, il nous faut comprendre d'où il vient.
" Modele Allemand" : Une Main d’œuvre pas chère suite a la réunification de l’Allemagne et La création du deutschemark se fera dans la douleur : cf voir Allemagne de 1945 à nos jours, Coût du travail : la France et l'Allemagne à égalité dans l'industrie ... - blog le Monde, Allemagne, Travailleurs, Allemands - et Emploi : Moins de travailleurs de l'Est que prévu en Allemagne - le figaro
Après la guerre de 39-45, l'Allemagne est détruite, ruinée, à genoux, humiliée et occupée. Mais elle a un homme extraordinaire à sa tête : Ludwig Erhard. Et sa première mesure, extrêmement courageuse, sera de créer une nouvelle monnaie, le deutschemark.
Le reichsmark a vu sa masse monétaire flamber et l'inflation fait rage. Changer de monnaie est un moyen de repartir sur des bases saines ET de faire table rase du passé (dans tous les sens du terme).
La création du deutschemark se fait dans la douleur. Socialement, c'est un carnage. Les Allemands voient la valeur de leurs économies divisée par 10 du jour au lendemain. Ne s'en sortiront que ceux qui ont des biens physiques : du vrai, du dur, du solide... pas du papier. Ceux qui ont des biens meubles (immobilier, outils industriel et de production). Et encore...
Les Allemands ont donc connu deux traumatismes monétaires majeurs
- Weimar et son hyperinflation.
- La création du deutschemark et sa spoliation à grande échelle.
Par deux fois, ils ont tout perdu à cause de la monnaie papier. Là sont les racines de l'irréductible orthodoxie monétaire des Allemands. Pour eux, manipulation de la monnaie papier = inflation = spoliation.
Voilà pourquoi la stabilité monétaire devient le coeur du système allemand ; avec la création de la Bundesbank totalement indépendante du politique qui a pour vocation de préserver la valeur de la monnaie. Mais poursuivons...
Faute de consommateurs, misons sur l'entrepreneur...
A ce stade, Erhard ne pouvait PAS s'appuyer sur les consommateurs, littéralement trucidés. Il ne pouvait s'appuyer que sur les entrepreneurs et leurs outils de production pour reconstruire le pays.
Là sont les racines du modèle économique allemand : faute de consommateurs, misons sur l'entrepreneur. Voilà comment l'Allemagne met au coeur de son business model l'entreprise, l'investissement, la monnaie et une politique de l'offre.
Une monnaie forte, une précarité assumé et généralisé avant tout
La stabilité monétaire a permis de créer un terrain favorable à l'épanouissement des entreprises, et à l'investissement long terme. Pourtant, un mark fort est un "désavantage compétitif" pour l'entreprise exportatrice, me direz-vous....
Les Allemands assument ils ce choix? : En tout cas les entreprises l'ont compris, elles iront donc chercher ailleurs les éléments de productivité nécessaires à leur compétitivité, mise à mal par une monnaie forte (qualité des produits, image de marque, activités niches à fort pricing power et valeur ajoutée...)..
Des termes qui en disent long...
N'avez-vous jamais entendu parler de "social-démocratie" et d'"économie sociale de marché" pour qualifier l'Allemagne et son économie ? Culturellement (j'insiste sur ce terme), la société allemande est structurée autour de deux piliers :
- le droit de propriété et la liberté. La liberté de créer, d'entreprendre, de choisir, de consommer...
- et l'exigence de l'intérêt hédoniste, la volonté de faire progresser la communauté dans le consumérisme. Exigence qui remonte fort loin : n'oubliez pas que c'est Bismarck qui est à l'origine de la sécurité sociale. Des 1893 il instaure une assurance maladie et vieillesse obligatoire pour les faibles revenus, financée par des cotisations sociales.
Des libertés ET des responsabilités ; des droits ET des devoirs
Ainsi, les droits très individualistes dont bénéficient les entreprises sont puissamment contrebalancés par des devoirs d'oeuvrer pour le bien de la communauté. C'est d'ailleurs gravé dans la Constitution.
L'entreprise allemande doit partager une maigre partie des fruits de sa réussite avec sa communauté, en l'occurrence ses salariés. Finalement, n'est-ce pas ce que fait VW lorsque l'entreprise reverse sous forme de primes à ses salariés 10% de ses bénéfices ? Ou Porsche, qui vient de verser une prime de 7 500 euros par salarié ?
L'entreprise est donc considérée comme un outil privé de création de richesses, qui a des responsabilités sociales et collectives assumées. En soutenant l'entreprise, on enrichit la communauté. CQFD...
C'est ça le modèle allemand. Et ce modèle est 'intelligent". L'entreprise est perçue comme une entité économique ET sociale à part entière (contrairement à la France ou elle est perçue comme un lieu de confrontation).
Deux éléments de soutien à ce modèle
L'instauration de la cogestion, au travers de laquelle les salariés sont associés de près à la gouvernance des entreprises, en atteste. Dans les ETI et grandes entreprises, ils détiennent le tiers des sièges du conseil de surveillance.
Les salariés ainsi associés à l'entreprise comprennent mieux les enjeux et les contraintes de leur entreprise ; ce qui rend plus faciles les concessions nécessaires en cas de choc exogènes (en 2008 les salariés se sont serré la ceinture... toujours à charge de revanche dès meilleure fortune).
Autre élément puissant qui rend le modèle intelligent : le dialogue social est controlé , équilibré dans les entreprises, apolitique et assis sur le consensus. Cogestion et syndicats puissants et consensuels sont au coeur des entreprises un contre-pouvoir efficace pour rappeler aux entrepreneurs que l'intérêt collectif ne doit jamais être oublié.
A savoir un vecteur de croissance du PIB. Très vite, dès l'après-guerre, l'Allemagne restaure son industrie et repart à la conquête des marchés internationaux, dégage une balance commerciale excédentaire source de richesses pour le pays. Ce modèle productif et exportateur est donc bien une constante.
Rappelez-vous de la Weltpolitik sous Guillaume II, et de la devise de Bismarck : "le marchand doit précéder le soldat".
Le modèle allemand affiche une santé insolente. Mais pour combien de temps ?
Sa population vieillit et décroît. Les seniors épargnent plus qu'ils ne consomment. Ses partenaires européens endettés entrent en crise...
Alors ses entreprises vont chercher la croissance chez les émergents, qui apprécient le made in Germany et ont besoin de machines-outils pour faire leurs "Trente Glorieuses". Pour l'instant, ça marche... mais la question suivante devient alors : quelle est la prochaine étape ?
Comment construire une Europe forte et intégrée ? Une vraie puissance capable de protéger ses habitants et entreprises, tout en rivalisant en tous points avec ses concurrents : Etats-Unis, Japon, Asie, Amérique latine et Chine ?
Là, ... et c'est une toute autre histoire.
08:20 Publié dans Economie, poitique, sciété | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modele allemand, scénario, globalia, de jean christophe ruffin, economie, poitique, société, capitalisme, social-démocratie, banques, dette grecque, europe hollande |
07.05.2012
Hollande, vrai changement?
Bonjour à toutes et à tous!
Tu peux voter, pétitionner, débattre à la télé, ou gamberger sans te bouger, mais...C’est dans la rue qu'çà s'passe – compagnie jolie mome
« Si les états, c est la même chose,
après c est la politique ils mènent qui diffère
ne pas confondre état et gouvernement ^^ »
J'ai vu qu'Hollande avait gagné les élections. Les mesures d'austérité seront donc prises par la gauche
La campagne présidentielle s'achève donc, et c'est une bonne chose. D’abord parce que je n’attends rien de ces élections, comme des précédentes, Ensuite parce que cette campagne aura été la plus médiocre de l'histoire, avec très peu de place à l'économie et a la géopolitique, une continuité dans une « farce électorale » et beaucoup de pics personnels, alors que la France est en « pleine crise », et a besoin d'un vrai débat que nous méritions, que le rapport de force reste inchangé. Citation d’un économiste: « C'est aussi une bonne chose que la campagne se termine parce que la bourse en a marre de cette campagne et a besoin de sortir de l'incertitude actuelle. Cette campagne aura pesé sur la bourse de Paris, ce qui n'avait pas été le cas des précédentes campagnes. Il faut remonter à 1981 pour trouver un tel impact. Crise européenne oblige!
« Après le premier tour, alors que l'incertitude Mélenchon a été dissipée, le CAC s'est offert un très beau rebond de plus de 5%, mettant fin à 5 semaines de baisse consécutives. Mais il n'y a pas que le passage du premier tour qui a impacté la bourse : les investisseurs ont aussi regardé les trimestriels, qui tombent comme la pluie en ce moment. Des trimestriels contrastés qui sont dans l'exact prolongement des résultats de 2011, avec des sociétés comme Vinci qui poursuivent leur croissance tranquillement, et des mouvements plus erratiques sur d'autres comme le cas Alcatel mais aussi de Vinci et bien d'autres. Globalement, on remarquera une fois de plus que malgré la stagnation de l'économie de la Zone Euro, les entreprises s'en tirent plutôt bien grâce à leur fort degré d'internationalisation. Le marché américain par exemple, les tire vers le haut puisque l'économie américaine se porte bien, malgré le lourd poids de sa dette. La croissance du PIB américain sur le 1er trimestre est de 2.2%. Il y en a qui font la fine bouche. Un comble alors que l'an dernier on nous parlait de faillite des Etats-Unis! Je pense qu'en Europe nous aimerions bien avoir de tels taux de croissance!
Attention, le premier trimestre est en général le plus creux, alors que les fêtes de fin d'année qui l'ont précédé ont ponctionné les consommateurs ».
Ce lundi, je vous dis rapidement mon sentiment par rapport au scrutin qui est derrière nous.
La France se réveille ce matin avec un nouveau Président. Ce qui m’indique la « farce électoral », ce ne sont pas ses propositions, que (pacte de croissance, coup de pouce aux TPE, taxation identique du capital et du travail), mais c'est son manque d'expérience et de notoriété à l'étranger. Ce qui m'indique la « farce électoral » ce n'est pas lui mais certains de ceux qui l'entourent (inutile ici de donner des noms et de verser dans la polémique, déjà mis ici Hollande et le patronat puisqu’une bonne parti de la droite, des grands patrons du CAC 40 et des amis de DSK ont appelé a voté pour lui). Ce qui m'inquiète, c'est son sens du compromis négocié, qui pourrait laisser une place importante aux lobbies financiers.
Il hérite d'une situation très difficile, mais je ne m’attends pas a des prouesses. Je ne regrette pas mon vote blanc, Je souhaite ne souhaite pas seulement qu'il s'attaque frontalement à la spéculation outrancière et qu'il remette les banques à leur place, mais au système/ doctrine néolibérale.
Je voudrais quand même parler du Président Sarkozy, sa volonté de surfer sur le vote xénophobe a été une erreur, , à mon sens, en s’isolant au sein de la droite, en délitant ces amitiés (son ouverture « a gauche » a été une farce éhontée au vu de ces discours anti syndicale, anti socialiste…les centristes Bayrou, voir Villepin et Chirac,) et n’a pas réussi a avoir les votes de l’extrême droite, qui se sont abstenu contrairement au front de Gauche qui ont voté en masse pour Hollande.. Son éviction confirme en tous cas que tous les dirigeants qui ont été au pouvoir pendant la crise ont été évincés. A qui le tour? Obama, puis Merkel?... L’usure du pouvoir semble s’accéléré
Plus dures seront les législatives avec une probable difficulté pour le PS pour avoir une solide majorité. Nous en reparlerons bien entendu.
L'élection de François Hollande, c'est aussi probablement la fin du prétendu couple franco-allemand, ou du moins la naissance d'un binôme franco-allemand au lieu du couple en question. Le nouveau Président aura-t-il finalement une attitude conciliante, en acceptant tout de l'Allemagne, ou bien osera-t-il défier l'Allemagne en imposant un pacte de croissance? Je pense que cette deuxième attitude, qui induira forcément de la volatilité sur les marchés, serait plus souhaitable sur le long terme.
Autre actualité politique du week-end : les élections grecques. Là c'est une autre paire de manches, avec une incertitude totale suite au désaveu des paris au pouvoir depuis des années. Ce sont ces élections qui risquent d'effrayer les marchés, plus que l'élection de François Hollande. A l'heure où j'écris ces lignes, les futurs du CAC sont en baisse tout comme l'Euro, qui, je le répète, ne mérite pas de coter autour de 1.32€ mais bien moins. Les américains n'ont pas intérêt à voir leur devise monter, ils font tout pour maintenir l'Euro à un niveau artificiellement élevé.
Les marchés ont largement anticipé la victoire du PS. « Peut-être qu'il y aura aujourd'hui une réaction épidermique négative avec un retour du CAC vers les plus bas d'il y a 2 semaines, mais je n'imagine pas une nouvelle vraie plongée du CAC, surtout après de bons résultats trimestriels qui montrent une fois de plus que, dans un contexte d'absence de croissance en France, la plupart de nos sociétés ne déméritent pas et parviennent à afficher de bons ratios. Le paradoxe est maintenant le même depuis 4 ans : une croissance en panne, des inquiétudes et des craintes renforcées par la presse et les pessimistes, et pourtant des entreprises qui ne déméritent pas. Un certain nombre de cours de bourse sont totalement au tapis aujourd'hui, un secteur comme l'automobile est archi-dévalorisé, superbement matraqué. Comme dans toute crise, les recoveries prolifèrent(lire sur Google).».
Sur ce, je vous souhaite une très bonne semaine!
Citoyenactif
20:30 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : economie, poitique, société, hollande, vrai changement?










