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11/07/2016

Running Man

 

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photo de Emmanuelle Gaziello. 

Excellent film que l'on peut aussi trouver en anglais et espagnol Brazil version française


ON S'EN FOUT ?

Je viens de lire un très bon livre " Running Man " de Stephen King qui reprends la citation : 

Panem et circenses (littéralement « pain et jeux du cirque », souvent traduite par « Du pain et des jeux ») est une expression latineutilisée dans la Rome antique pour dénoncer l'usage délibéré fait par les empereurs romains de distributions de pain et d'organisation de jeux dans le but de flatter le peuple afin de s'attirer la bienveillance de l'opinion populaire (politique d'évergétisme)1. L'expression est tirée de la Satire X du poète latin Juvénal, qui lui donne un sens satirique et péjoratif2.

Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes. Rosa Luxemburg

"Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes". Rosa Luxemburg 

 

Aujourd'hui, elle est souvent utilisée pour signifier la relation biaisée qui peut s'établir dans ces périodes de relâchement, ou de décadence, entre :

  • une population qui peut se laisser aller, se satisfaire de pain et de jeux, c'est-à-dire de se contenter de se nourrir et de se divertir et ne plus se soucier d'enjeux plus exigeants ou à plus long terme concernant le destin de la vie individuelle ou collective.
  • un pouvoir politique qui peut être tenté d'exploiter ces tendances « à la vie facile et heureuse » par la promotion de discours et deprogrammes d'action populistes ou court-termistes.
 

 

Running Man (titre original : The Running Man) est un roman d'anticipation de Stephen King publié en 1982 sous le pseudonyme de Richard Bachman. Ce roman dystopiqueprésente des États-Unis à l'économie ruinée et parcourus par une violence omniprésente. Dans cette société en pleine décadence, un jeu télévisé, dans lequel les participants sont traqués à travers tout le pays, fait fureur, et un candidat décide de s'y présenter pour sauver sa fille malade. Le roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma, adaptation qui n'est que très vaguement basée sur le livre. Wikipédia 

the Running Man le film complet en francais

nn À la suite des révélations du rapport McLaren, lundi, qui affirme que les autorités russes ont dissimulé près de 600 cas de dopage, le CIO s'est réuni ce mardi.
Le Comité international olympique a décidé de créer une commission pour trancher sur une éventuelle exclusion de la Russie des JO de Rio.

Dopage : comment la Russie trichait pour cacher les contrôles positifs Par (Sport24.com)

Le rapport McLaren a dévoilé les méthodes mises en place par la Russie pour tromper tout son monde. Accablant.

Détruire, falsifier ou escamoter: pour protéger ses athlètes dopés, la Russie avait mis en place différents systèmes, utilisés avant les jeux Olympiques de Londres 2012, aux Championnats du monde d'athlétisme de 2013 et aux jeux Olympiques d'hiver 2014 de Sotchi, explique le rapport McLaren publié lundi.

JO 2012 de Londres: falsifier

«Dans un système classique de dissimulation, des échantillons sont collectés avant les compétitions, pour déterminer si les sportifs risquent d'être contrôlés positifs et donc s'ils doivent rester à la maison. Ces échantillons ne sont alors pas prélevés dans des flacons officiels et les résultats des tests ne sont pas enregistrés dans ADAMS» (NDLR: le système de gestion des contrôles antidopage de l'Agence mondiale antidopage).

«Pour les Jeux de Londres, c'est une variante de ce système qui est utilisée. Avant les Jeux de Londres, les échantillons collectés sont prélevés dans des flacons officiels, mais les résultats des tests sont vérifiés par le laboratoire de Moscou pour déterminer la probabilité qu'un athlète soit testé positif lors des Jeux».

«Cette probabilité est alors qualifiée par Grigori Rodtchenkov (NDLR: le patron du laboratoire antidopage russe) de rouge, jaune ou vert. Rouge quand l'athlète sera contrôlé positif à Londres et doit donc être remplacé ; Jaune quand l'échantillon présente des traces de produits dopants mais que l'athlète devrait être propre à temps pour les Jeux; Vert quand l'athlète est propre et peut aller aux Jeux». «Avant les Jeux de Londres, la plupart de ces échantillons avaient été enregistrés dans ADAMS. Mais la méthode de disparition des contrôles positifs est alors utilisée par le laboratoire de Moscou, qui falsifie en négatif les tests positifs». «Certains des résultats de ces contrôles préalables aux Jeux de Londres ont pu être consultés, et 46 sportifs (NDLR: aucun nom n'est indiqué dans le rapport) sont identifiés, avec les produits dopants trouvés dans leurs échantillons. (...) Le laboratoire de Moscou avait détecté des niveaux extrêmement élevés de substances interdites. Excepté un cas, tous ces contrôles avaient pourtant été rapportés comme négatifs dans ADAMS».

«En juin 2016, le CIO (Comité international olympique) demande la réanalyse des échantillons des Jeux de Londres. Dans ces réanalyses, les échantillons de 8 sportifs russes apparaissent positifs. Deux d'entre eux font partie des 46 athlètes cités ci-dessus. Notre enquête a vérifié combien de ces 46 sportifs avaient décroché des médailles aux Jeux de Londres. 11 ont été médaillés».

Mondiaux d'athlétisme 2013 de Moscou: falsifier et escamoter

«Les leçons des Jeux de Londres font que c'est un retour au système de dopage classique qui est privilégié, car le risque est trop grand que les échantillons prélevés avant la compétition soient ensuite retestés par une tierce partie comme l'Agence mondiale antidopage». «Avant les Mondiaux, les athlètes russes fournissent leur urine au laboratoire de Moscou, pour analyse, dans des flacons non officiels, et sans enregistrement des résultats dans ADAMS».

«Pendant la compétition, les numéros d'échantillons des athlètes protégés sont envoyés par textos ou téléphone au laboratoire de Moscou (qui est chargé des contrôles durant la compétition, ndlr). Il est clair pour le personnel du laboratoire que sous aucun prétexte un de ces échantillons ne doit être rapporté comme positif». «Tous les autres cas de contrôles positifs sont transmis à l'officier de liaison (NDLR: entre le laboratoire et le ministère des Sports) pour qu'une décision soit prise par le ministère: SAUVER ou METTRE EN QUARANTAINE (NDLR: les cas restent alors enregistrés comme positifs). A noter que tous les cas concernant des athlètes étrangers (non Russes) ont été rapportés comme positifs».

«Après les Mondiaux, le laboratoire met alors de côté les échantillons qui doivent être échangés: les bouchons sont enlevés et l'urine sale est remplacée avant que l'échantillon soit envoyé pour analyse dans un autre laboratoire, à la demande de l'IAAF, la fédération internationale».

JO d'hiver de Sotchi 2014: la découverte ... d'une trappe à souris

«Le système d'échange des échantillons d'urine au sein du laboratoire de Sotchi est un cas unique, mis en place face aux circonstances. (...) La méthode de disparition des cas positifs fonctionne bien, sauf pour les événements internationaux où il y a des observateurs indépendants». «Avec l'aide du FSB (les services secrets), une méthode permettant d'escamoter les échantillons contenant les urines sales de sportifs russes dopés et de les ouvrir est mise en place pour Sotchi. Cette méthode est utilisée durant les Jeux de Sotchi, mais elle le sera à nouveau en décembre 2014, pour maquiller des échantillons positifs demandés par l'AMA pour réanalyse».

«Le FSB était intimement impliqué dans ce système visant à permettre à des athlètes russes sales de participer. Le FSB avait développé une méthode pour ouvrir de façon discrète les échantillons afin de permettre un échange d'urine. Il fallait alors une banque d'urine propre dans laquelle puiser pour ces échanges».

«Les échantillons A et B prélevés étaient subtilisés dans la pièce de stockage du laboratoire de Sotchi, via une trappe à souris. Dans la pièce voisine, Evgueny Blokhine, un agent du FSB, était là. L'urine propre prélevée en amont sur les sportifs russes concernés était récupérée dans un frigo au FSB et amenée pour être dégelée. L'agent Blokhine ouvrait alors les échantillons A et B, et l'urine sale était remplacée par de l'urine propre. (...) Puis les deux échantillons étaient remis dans la pièce de départ, à travers la trappe à souris».

«En décembre 2014, Olivier Rabin, le directeur Science de l'AMA, demande au professeur Rodtchenkov de mettre en sécurité tous les échantillons conservés au laboratoire de Moscou. Il y avait alors 10.000 échantillons. Peu après, le laboratoire a détruit 8000 de ces échantillons datant d'avant le 10 septembre 2014 (NDLR: dont ceux conservés depuis les JO de Sotchi)»

the Running Man le film complet en francais , Livre audio - Stephen King - Running man 1 - Running man - Stephen King - Livre audio en Français Ma bibliothèque en livres audios 1 / 6

Ce roman d'anticipation dystopique a un thème similaire à celui d'une nouvelle de 1958 de Robert Sheckley, Le Prix du danger. Constituant l'une des rares « escapades majeures de King dans la stricte science-fiction », le roman est structuré par des chapitres partant de 100 et égrenant de façon « inexorable » un compte à rebours qui sert de fil conducteur. Cette structure rappelle celle d'un jeu télévisé où « le but à atteindre est choisi afin de créer un maximum de suspense, alors que l'horloge se rapproche des ultimes secondes ». La compression de l'action pousse les lecteurs « vers l'avant, les attire, les aspire sans un temps mort ». Le roman présente des points communs avec les autres écrits sous le pseudonyme de Bachman : dans Rage, Charlie Dekker se révolte contre l'oppression parentale et scolaire alors qu'ici Ben Richards « se dresse contre la pression des médias » ; il passe son temps à courir là où Ray Garraty marche dans Marche ou crève mais le contexte et le résultat sont semblables ; enfin il a perdu sa famille, d'abord psychologiquement et ensuite physiquement, comme Barton Dawes dans Chantier3.

  • Certains aspects évoquent 1984 de George Orwell :
    • Le libertel, une télévision que chaque foyer doit posséder, diffuse des jeux en continu (Moulin de la fortune, Grande Traque, etc.). Le libertel, contrairement à ce que son nom semble indiquer est un outil d'aliénation utilisé par « Le réseau » (État autoritaire du livre) pour endoctriner les gens, les détourner de leurs vrais problèmes (dictature, pollution) et leur désigner des boucs émissaires. Le libertel fait évidemment penser au télécran dans 1984 de George Orwell. Le choix même du mot de libertel prouve l'influence d'Orwell. En effet, dans 1984, les mots perdent leur sens (novlangue), cela amène à des contresens acceptés par tous. Le mot libertel désignant un outil d'asservissement rejoint cette volonté totalitaire.
    • La « Grande Traque » désigne des boucs émissaires remarquables aux citoyens de cet état totalitaire et les candidats sont autant haïs qu’Emmanuel Goldstein dans 1984.
    • Dans le roman d'Orwell, l'Angsoc utilise le Novlangue comme outil de domination, dans Running Man, le « Réseau » utilise les jeux télévisés.
    • L'avion que prend Richards dans la dernière partie du roman porte le numéro C1984.
  • Dazzler, des X-Men, dit dans le volume 5 d’Ultimate X-Men à propos d'un show télévisé dans lequel des mutants étaient traqués et exécutés : « Ça pue le remake de Running Man. Si j'étais Stephen King, je ferais un procès. »

 En le lisant, je me suis dit que l'on était pas si loin de se scénario : Maître Liénard, un avocat au service de l'OrdreIl ePARIS-LUTTES.INFO

21/06/2015

Socialisme et journalisme : l'utopie concrete

 

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LA VERITE ET LA POLITIQUE, au bac de philo



" Le Monde sera Détruit non pas tant à Cause de Ceux qui font le Mal, mais à cause de Ceux qui regardent et laissent Faire.." Albert EINSTEIN..

 

Difficultés et dangers du métier de journaliste

Difficultés et dangers du métier de journaliste

 
 
Visuel des assises du journalisme de Metz

 

 

Retrouvons la chronique des médias en partenariat avec l’hebdomadaire Stratégies. Et pour cette édition, revenons sur les difficultés du métier de journaliste à l’occasion des Assises du journalisme, qui se sont tenues cette semaine à Metz. La rencontre s'est ouverte par un hommage aux envoyés spéciaux de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal.

 

Plus de 263 000 signatures en quelques jours et une conférence de presse annoncée pour lundi. Elise Lucet s’élève contre la directive européenne sur le secret des affaires qui menace la liberté de la presse. La présentatrice du JT de 13H et de l’émission Cash Investigation sur France a lancé le 4 juin sur Change.org une pétition, soutenue par le collectif « Informer n’est pas un délit ». Des signatures venant de plusieurs pays de l’Union européenne.

 

Cahiers de doléances : le blasphème en danger ?

 

« Bientôt, les journalistes et leurs sources pourraient être attaqués en justice par les entreprises s’ils révèlent ce que ces mêmes entreprises veulent garder secret (…) Sous couvert de lutte contre l’espionnage industriel, le législateur européen prépare une nouvelle arme de dissuasion massive contre le journalisme, le » secret des affaires «, dont la définition autorise ni plus ni moins une censure inédite en Europe », peut-on lire sur Change.org.

 

« Avec la directive « Secret des Affaires », vous n’auriez jamais entendu parler du scandale financier de Luxleaks, des pesticides de Monsanto, du scandale du vaccin Gardasil… Et j’en passe », poursuit la pétition. « Notre métier consistant à révéler des informations d’intérêt public, il nous sera désormais impossible de vous informer sur des pans entiers de la vie économique, sociale et politique de nos pays », plaide encore Elise Lucet.

 

une photo sur le journal de Nathalie Duval.

sans com'... émoticône smile

 

 

 

Lundi, une présentation de la pétition aura lieu à la presse, à la veille de l'examen de la directive en commission du parlement européen.

 

Edwy Plenel et Fabrice Arfi de Médiapart, ou encore Patrick Cohen de France Inter… Plusieurs journalistes soutiennent la pétition de la présentatrice de France 2. Tout comme la députée européenne Eva Joly et Hervé Falciani, le lanceur d’alerte HSBC."SWISSLEAKS" : ENTRETIEN AVEC HERVÉ FALCIANI mardi 23 juin à 22h25 (10 min) Entretien avec l’ancien collaborateur de l’établissement bancaire HSBC, Hervé Falciani, responsable de la plus grande fuite de données bancaires jamais connue. Ce "Edward Snowden du système bancaire" avait livré plus de 100 000 comptes de particuliers, venant de plus de 200 pays différents, aux autorités françaises en 2008. Il est actuellement en fuite.

 

 


La politique et la vérité, le pouvoir et l'argent, la liberté de la presse...
Si à la guerre "on croit mourir pour la patrie on meurt pour des industriels" (Anatole France)
Pour la presse, on croit combattre pour la liberté on libère le mensonge des puissants.
L'ancien représentant de la Grèce au FMI, Panagiotis Roumeliotis, a révélé lors de son audition au comité de la dette, que des journalistes grecs ont assisté à des séminaires financés par le FMI et étaient
invités à présenter le FMI sous un jour favorable.
 
Roumeliotis a également révélé que "Christine Lagarde et d'autres hauts fonctionnaires du FMI l'ont contacté avant mon témoignage devant le comité pour me rappeler que les membres du FMI bénéficient de l'immunité pour leurs actes". 

Xénophobie Business - Hensozu

 

Signez la pétition et partagez la vidéo.

Socialisme : l'utopie, c'est concret


Je ne vais pas disserter simplement clamer un grand OUI cela VA de pair. Parce que "politique" signifie commun, faire ensemble dans l'intérêt commun. Politique c'est citoyenneté et il ne peut y avoir de citoyens égaux sans vérité.
 
Ce qui foire tout c'est que politique est trahit en politicien, en intérêt individuel. Pour agir pour soi, mieux vaut mentir et manipuler. Et ce "pour soi" devient de classe, de la classe des puissants.
Vive la politique et le vérité, elle seule peut être République.
Serge Grossvak


Saint-Simon, Fourier, Raspail... Le philosophe Vincent Bourdeau ravive la ferveur créative des premiers socialistes. Qui fait cruellement défaut à la réflexion politique actuelle.


On les appelle socialistes « utopiques », « romantiques » ou « prémarxistes ». De doux rêveurs, en quelque sorte, imaginant une société idéale et diffusant d'innovantes théories sociales dans une multitude de journaux et revues comme L'Atelier, Le Globe, Le Tocsin des travailleurs ou La Démocratie pacifique. Dans les premières décennies du XIXe siècle, ils ont convoqué toutes les disciplines — économie, sciences, ­philosophie, sociologie encore balbutiante — pour dessiner une société harmonieuse d'où la violence serait bannie et où le progrès ne se développerait pas aux dépens des travailleurs.


Doux rêveurs sans doute, mais qui notaient ­déjà, lucides, que les institutions politiques, bien souvent, ne comprennent rien à la société réelle. Ce qui ne les empêchait pas de prendre le réel à bras-le-corps et d'ouvrir cent pistes fécondes sans jamais perdre de vue, au loin, l'horizon. Vincent Bourdeau, codirecteur du passionnant ouvrage collectif Quand les socialistes inventaient l'avenir, revient sur ce demi-siècle foisonnant... et cruel, quand on le compare aux débats d'aujourd'hui.
 
Saint-Simon (1760-1825), le fondateur du saint-simonisme, a agrégé autour de lui ou inspiré les « premiers socialistes », comme Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), Pierre Leroux (1797-1871) et bien d'autres. Sur quelles idées ?
Saint-Simon est un aristocrate du XVIIIe siècle qui a participé aux guerres d'indépendance aux Etats-Unis et s'est enrichi sous la Révolution. Il mène ensuite une vie d'étude, assiste en auditeur libre à des cours de physiologie, de médecine ou de physique. Cette fréquentation des savants le conduit à penser qu'il faut réorganiser la société sur un modèle scientifique. Il la voit comme un organisme vivant dont certains organes — des groupes sociaux — sont moribonds, comme l'aristocratie ou le clergé, quand d'autres, les forces vives, vont se développer. Ainsi oppose-t-il les « industriels » aux « oisifs ».
 
Illustration Antoine Corbineau pour Télérama
 
Les « industriels », qui englobent à la fois capitalistes et ouvriers ?
Saint-Simon avait bien vu que, parmi les « industriels », il fallait prêter une attention particulière au sort de la classe la plus nombreuse — artisans et ouvriers —, mais il pensait encore que cette amélioration pouvait découler d'une dynamique productive dont les capitaines d'industrie seraient les animateurs, et auxquels devaient se subordonner les ouvriers. Après la mort du maître, en 1825, certains saint-simoniens affirment qu'il existe des intérêts antagonistes au sein même du « monde industriel ». En avril 1832, Jean Reynaud (1806-1863), polytechnicien et ingénieur des mines, saint-simonien dissident, publie dans la Revue encyclopédique un article intitulé « De la nécessité d'une représentation spéciale pour les prolétaires ». Constatant l'accroissement des inégalités entre ceux qui s'enrichissent et ceux qui s'appauvrissent, il distingue la bourgeoisie du prolétariat, les bourgeois étant décrits comme ceux qui tiennent « l'industrie à leurs gages », ceux qui vivent de l'exploitation non du globe, mais du prolétariat.


Un prolétariat encore hétérogène, comprenant aussi bien ouvriers que petits artisans...
Le modèle dominant reste celui de l'atelier, dans lequel existe une hiérarchie entre maîtres, compagnons, etc. Ce fut d'ailleurs le reproche fait par Karl Marx à ces socialistes — à Proudhon surtout— qu'il accuse d'être nostalgiques d'un monde en voie de disparition. Ces premiers socialistes, chacun à sa manière, retiennent effectivement l'idée d'une maîtrise de l'artisan sur la tâche qu'il effectue, et d'un contrôle des outils de travail, avec lesquels ils entretiennent un rapport intime, personnel. L'ouvrier artisan qui passe d'un emploi à un autre garde ses propres outils. On rencontre ici ce que le sociologue américain Richard Sennett appelle « l'éthique du travail bien fait » : une communauté professionnelle qui possède un savoir-faire, revendique de ­gérer elle-même les processus de production, et même les rapports d'autorité à l'intérieur de ces processus, sans être dépossédée par des injonctions extérieures capitalistiques, financières ou managériales. L'enjeu est autant la défense d'une certaine culture du ­travail, menacée, que la répartition de la richesse. Commence à se dessiner dans les écrits socialistes la source de cette menace : l'exploitation capitaliste.


La grande référence pour ces penseurs reste la Révolution française, mais délestée de sa violence ?
La Révolution française est surtout une référence... parce qu'elle est inachevée à leurs yeux. Et son inachèvement, pour eux, tient à un problème de méthode : elle a manqué d'attention au réel. Les socialistes utopiques traversent une époque de transition, qui exige selon eux une attention soutenue. Ils rejettent la politique pure, qui aborde les questions sociales de façon abstraite. Et les critiques sur les institutions issues de la Révolution française sont assez virulentes. Pierre Leroux a cette formule dans le premier numéro de la Revue sociale, en octobre 1845 : « La politique libérale est morte. » Elle désigne à la fois la Chambre des pairs, établie en 1814 et constituée de membres de la noblesse, et la Chambre des députés. Deux institutions qui poursuivent « la chimère d'une rénovation politique sans rénovation morale, sans idées nouvelles, sans science sociale ». Pour Saint-Simon ou Fourier, la science politique est d'abord une science de la société, une physiologie pour le premier, une physique des passions humaines pour le second.Charles Fourier (1772-1837), à cet égard, est sans doute plus radical encore que Saint-Simon, puisqu'il pense l'organisation de la société, sous la forme de phalanstères, à partir d'un jeu complexe d'harmo­nisation des passions, et redonne toute sa place à une philosophie de la liberté et de l'individu. Même ceux qui prônent un changement de régime politique, les Raspail, Pecqueur, Louis Blanc, etc., veillent toujours à ce que les institutions qu'ils imaginent ne soient pas en complet décalage avec l'épaisseur de la société.
 
Illustration Antoine Corbineau pour Télérama
 
Réflexion toujours d'actualité...
En effet, d'autant que leurs réflexions se prolongent dans deux directions qui agitent encore aujourd'hui le débat politique : comment distribuer le pouvoir à tous les échelons de la société – comment « décentraliser » – en redonnant un poids politique à la commune ou au canton. Mais aussi comment imprimer un mouvement politique d'ensemble à la société. Après la révolution de 1830 débute un grand débat : ne devrait-on pas remplacer la Chambre des pairs par une représentation des professions plus en contact avec la réalité sociale ? Mais comment s'assurer qu'une telle chambre ne dominera pas la discussion politique, dont les orientations ne doivent pas être seulement matérielles, productives, mais aussi spirituelles ?


Le « Progrès », thème central des premiers socialistes, croise philosophie, politique, économie, hygiène, agronomie ou science... Quel foisonnement !
Au-delà des divergences théoriques ou doctrinales, c'est le progrès qui réunit en effet les premiers socialistes. La Révolution, constatent-ils, a engendré une absence de repères – Leroux dit que la société est« en poussière » –, tout doit être reconstruit, certains piliers, comme la religion, n'étant plus en mesure de maintenir l'unité morale. Le projet devient encyclopédique – et, du coup, « utopique » –, liant les différentes disciplines pour embrasser la science du social. Textes anciens, chimie du vivant, histoire des différentes religions sont convoqués dans une formidable effervescence intellectuelle, le progrès technique – chemin de fer, télégraphe ou presse – permettant d'unifier matériellement la société.


Un progrès technique dont les socialistes, dès cette époque puis par la suite, dénonceront le rôle parfois néfaste...
Certains penseurs estiment qu'il n'est pas, par lui-même, porteur d'une dimension morale et spirituelle. Tout au long du XIXe siècle, cette méfiance taraudera les socialistes ou des économistes comme Simonde de Sismondi (1773-1842), qui dénonce les effets délétères du machinisme augmentant la richesse des uns au détriment des autres. Question centrale au moment où la France entre dans la révolution industrielle. Certaines révoltes, comme celle des Canuts à Lyon (en 1831), ont leur importance dans l'émergence des écoles socialistes s'inquiétant du rôle de la machine dans le projet d'émancipation des travailleurs. Mais, là encore, l'écart est grand entre un Fourier, qui propose un modèle phalanstérien ­quasi agrarien – d'où la machine est absente –, et un Pecqueur, qui remporte en 1837 un prix de l'Académie des sciences morales et politiques sur le thème de l'« influence des forces motrices et des moyens de transports » sur « l'économie matérielle, sur la vie civile, sur l'état social et la puissance des nations ». Mais la fascination pour la machine et les prouesses de la production n'est pas tout. Jacques Rancière, dans La Nuit des prolétaires, archives du rêve ouvrier (1981), l'a bien montré : quand on lit les articles d'un journal comme L'Atelier, « organe des intérêts moraux et matériels des ouvriers », rédigé par des ouvriers instruits, les revendications ne portent pas seulement sur le travail, mais aussi sur le temps libre, la possibilité de pouvoir rêver, voire d'être poète.


Les socialistes aujourd'hui manquent-ils d'utopie ?
On répète que la réalité est dure et que les faits sont têtus... La politique devient la gestion de ce qui nous arrive plutôt que la production de phénomènes nouveaux. (  Les premiers socialistes, eux, comprenaient que l'expérimen­tation doit s'appuyer sur une connaissance de l'homme et de la société, et n'ignoraient pas les obstacles. Si l'utopie a un sens, ce n'est pas simplement pour prophétiser que, dans un horizon lointain, se dessine la possibilité d'un monde radieux, mais pour inviter à regarder, dans le monde actuel, ce qui est en cours de réalisation. La multipli­cation des passerelles entre les champs journalistique, universitaire ou politique et celui des mouvements sociaux ou associatifs pourrait nous y aider.


La parole des premiers socialistes, riche et inventive, paraît beaucoup moins verrouillée que celle que nous entendons aujourd'hui...
La forme du parti n'existe pas encore dans le premier XIXe siècle, et ce sont des individualités qui se manifestent : les voix d'un Leroux, d'un Proudhon, d'un Louis Blanc, d'un Ledru-Rollin, d'un Raspail sont immédiatement identifiables. Aujourd'hui, le calcul électoral vise moins à anticiper l'avenir de la société qu'à sonder l'opinion de l'électorat visé. Cela n'implique pas de lui proposer une orientation et de l'élever, mais de lui donner raison. La dimension pédagogique de la politique s'est perdue en route, aujourd'hui démocratie rime plutôt avec flatterie. Et il n'est pas sûr que le peuple aime tant que cela à être flatté..
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Vincent Bourdeau
1995 Ecole normale supérieure de Fontenay - Saint-Cloud
1998 Agrégation de philosophie
2005 Doctorat de philosophie
2006 Les Luddites. Bris de machine, économie politique et histoire (avec F. Jarrige et J. Vincent), éd. Ere.
2015 Codirecteur de Quand les socialistes inventaient l'avenir, 1825-1860, éd. La Découverte.
Les Sentiers de l'Utopie -- le film https://www.youtube.com/watch?v=PW_MakhAnJE
 
 Il existe des structures alternatives, quelques lieux différents peuplés de personnes qui cherchent à vivre autrement


Autrementl  .https://www.youtube.com/watch?v=2uRTRFP7ImI
 

Vivre l'utopie - ils ont réalisé l'anarchisme 

Histoire du syndicalisme français, pdv CGT

 

 
 Entretien
Socialisme : l'utopie, c'est concret

Propos recueillis par Gilles HeuréPublié le 15/06/2015.
Illustration Antoine Corbineau pour Télérama

Difficultés et dangers du métier de journalistePar Amaury de Rochegonde - Diffusion : samedi 9 novembre 2013

04/07/2011

Facebook t’a reconnu

Signe des temps, c’est l’époque qui veut cela. J’ai choisi de reprendre ce bonne article tiré du télérama de cette semaine pour montrer le risque au nom du discours toujours plus protecteurs - sécuritaire de la société : « « Chacun est libre de ses actes. Or, la tendance naturelle des êtres humains est d’abuser de leur liberté, c’est-à-dire d’empiéter sur celle des autres. LA PLUS GRANDE MENACE SUR LA LIBERTÉ, C’EST LA LIBERTÉ ELLE-MEME. Comment défendre la liberté contre elle-même ? En garantissant à tous la sécurité. La sécurité c’est la liberté. La sécurité c’est la protection. La protection c’est la surveillance. LA SURVEILLANCE, C’EST LA LIBERTÉ. » », De limiter toujours plus nos libertés. J’avais abordé ce thème dans GO ON, WATCH et mon post FB !, , Globalia de J.C Ruffin, Les évolutions néfastes de facebook et d'internet en général (  articles dans l groupe FB), Comment Google compte s'imposer enfin dans les réseaux sociaux – l’expansion

« Mark Zuckerberg n’a pas pris les gens en traitre. Il a appelé son site Facebook. Logique, donc qu’il se lance, sept ans plus tard, une application dite «  de reconnaissance faciale ». Ce procédé permet de vous identifier automatiquement par cliché. Quelqu’un vous prend en photo dans une soirée et poste l’image sur le site ? Aussitôt, le logiciel de reconnait votre visage et y associe un nom. Lancé sans avertissement en juin, après avoir été testé aux Etats – Unis, cette trouvaille de Facebook a provoqué un tollé : les Cnil européens (commission national des libertés) s’inquiète de l’usage que les entreprises peuvent en faire de ces informations ( 700 millions de visages « identifiés ») ( cf  ex avec des opérations reliant FB avec le crédit coopératif Crédit coopératif : opération Twitter et Facebook réussie !. Les méthodes un brin opaques du site n’arrange rien. Aucune communication sur la banque de données biométriques nécessaires pour concevoir cette nouvelle applications. Laquelle est imposée d’emblée  aux membres ( qui doivent reconfigurer leurs paramètres pour échapper à cette reconnaissance faciale).

Des défaillances ont été constatées : «  Un ami d’origine africaine s’est vu tagué ( identifié) dans un album dés qu’il avait un noir, alors qu’il n’était sur aucune photo ! » raconte un internaute ( commentaire posté dans le figaro.fr). Pour éviter les confusions – quid des sosies ?-, il est aussi permis de se désinscrire complètement de Facebook. Ce qu’auraient fait des milliers d’Américains le mois dernier, selon l’organisme Inside Facebook. Pour protéger la vie privée ? Ariane Mollingal »

cf vidéosurveillance multiplie les clients... et les profits , Forces et limites de la manifestation, citoyen volontaire, une milice au service de la police ( source blog CAC 69), Pourquoi l’insurrection des consciences ?, Les raisons de la colère, Hervé Kempf - l'oligarchie, ça suffit ! Pour un journalisme citoyen!

 
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