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24/04/2012

L'enjeux du Lithium

 

Cher(e)s lecteurs - lectrices

Le marché renouvelable ou croissance verte, ou développement vert son des termes mis en place par le système néolibérale afin d’élargir leur niche, ne pas remettre en cause leurs intérêts et se dédouaner envers la société civile. Elle créait des bulles et des crises liés aux surcapacités, qui entrainent une série de fermetures, de faillites, et de gels de capacités de production.  Nous subissons  La dictature de l'immédiateté  du  système néolibérale essaye de rendre soluble l’écologie. Le système néolibérale a besoin de l’écologie, l’écologie n’a pas besoin du système néolibérale

Néolibéralisme 1.jpgLe ciel se couvre sur le secteur de l'énergie solaire – AFP et google: De Photowatt en France à First Solar en Allemagne, l'industrie de l'énergie solaire accumule les déboires, surtout en Europe où les fabricants de panneaux subissent des surcapacités criantes, conjuguées à une révision à la baisse des aides gouvernementales. : "Le marché a explosé au cours des trois dernières années d'une manière qui était difficilement soutenable sur le long terme", explique à l'AFP Gaëtan Masson, chef économiste de l'EPIA, l'Association européenne des industriels du photovoltaïque. Ainsi, l'an dernier, près de 28 gigawatts de panneaux solaires ont été installés dans le monde, dont près de 22 gigawatts en Europe (près du double de l'année précédente), l'Italie et l'Allemagne se taillant la part du lion.

Mais les gouvernements européens, qui avaient largement alimenté cette croissance effrénée en accordant des tarifs de rachat très favorables pour l'électricité produite à partir du soleil, dans un but environnemental, sont en train de briser tour à tour cet emballement, débordés par le succès de leurs régimes d'aide. Résultat, "cela conduit un certain nombre d'acteurs à se demander s'ils peuvent continuer à produire", et "on commence à assister à une série de fermetures, de faillites, et de gels de capacités de production", résume M. Masson. "Une phase normale et salutaire ».

bataille pour l'énergie.pngJ'ai décidé aujourd'hui de faire le point sur un marché qui frémit tout juste, le marché du lithium. La devise : « Or l'essence d'une voiture écologique, c'est le lithium ».

Absorbé par la crise de la dette européenne, et la hausse des prix du pétrole, je me suis rendu compte que le débat autour des énergies renouvelables en France reflétait une des niches spéculative qu’utilise le système néolibérale afin de perdurer. Le débat sur le renouvelable reste bien plus vivace dans d'autres pays.

Selon l'étude, "la demande énergétique du secteur des transports, des foyers et des commerces devrait rester forte".

Les intérêts financiers reprennent leurs droits :

Ainsi en Chine, alors que le salon de l'automobile de Pékin s'ouvre la semaine prochaine, le gouvernement espère plus que  jamais faire rouler 5 millions de voitures électriques d'ici 2020. Et les constructeurs étrangers ont bien compris le potentiel de ce marché. Tout affluent dans l'empire du Milieu, de Toyota avec sa Prius, à GM avec son hybride en passant par Volkswagen qui entend construire des véhicules tout électrique en Chine en 2018.

Extrait : « Il ne vous a pas échappé que nous avions très vite renoué avec le pétrole cher. Pour le moment, la consommation de lithium reste encore modeste puisque ce métal est essentiellement utilisé dans les batteries de l'électronique portable (et notamment les batteries des voitures hybrides et électriques). Mais dès que la demande de véhicules électriques va décoller, il en ira tout autrement.

Les Parisiens auront constaté que les Autolibs ont fait leur apparition dans la capitale. Mais le plus frappant été la publicité qui passait en boucle à la télévision pour des grosses voitures hybrides au... Nicaragua !

Durant leurs vacances, les touristes canadiens, américains et même mexicains sont gavés de publireportages sur les bonheurs de la conduite de gros véhicules hybrides de marques américaine, allemande et japonaise.

Avec le pétrole à plus de 120 $ le baril, les hybrides vont séduire. Pour cela, il faudra du lithium... beaucoup de lithium.

Bref tour d'horizon du marché du lithium
Les batteries rechargeables constituent 30% de la demande de lithium, et surtout le marché dont la progression sera la plus forte dans les 10 à quinze ans à venir, date à laquelle il pèsera 50% de la demande. Tout tient dans un rapport très simple : 1 pour 1 000
- Batterie d'un téléphone mobile : 5 g de carbonate de lithium
- Batterie d'un véhicule électrique : 5 à 60 kg de carbonate de lithium

Là où on comptait en grammes pour l'électronique, il faudra compter en kilos pour l'automobile.

20 milliards de dollars de coups de pouce : Chine 15 – Etats-Unis 5
1 milliard de dollars... c'est ce que vient de poser sur la table Obama dans le cadre de la tranche 2 de son programme EV Everywhere sur les énergies vertes. Le gouvernement américain a prévu de débloquer au total 5 milliards de dollars pour les véhicules électriques, dont 2,4 milliards de dollars pour les développements de batteries.

La Chine n'est pas en reste. C'est 15 milliards de dollars que les camarades capitalistes vont poser sur la table, et non plus dans 13 mais 25 villes importantes qui sont priées d'adopter les véhicules électriques.

A ce stade, je vous entends m'objecter cher lecteur sagace et bien éduqué : "Mais nous refusons d'investir dans ces horribles choses subventionnées qui vont connaître le même sort que l'énergie solaire en Allemagne, un effondrement dès que les béquilles budgétaires seront supprimées".

Ce à quoi, je vous réponds : nous n'investissons pas dans les horribles choses subventionnées, nous investissons dans des fournisseurs clés d'un produit indispensable au véhicule électrique.

Les subventions vont simplement accélérer la tendance de la mise sur le marché. Selon l'économiste chilienne Daniela Desormeaux, la demande de lithium devrait croître de 10% cette année, ce qui est le double du rythme de la croissance mondiale.

La capacité à imposer ses prix
Durant ces derniers mois, le prix du lithium a augmenté. Les producteurs ont annoncé des augmentations de prix d'environ 20% du lithium raffiné (carbonate de lithium à 99,5%) en raison de la hausse du prix des matières premières (le lithium brut d'extraction).

Au passage vous noterez le phénomène de l'inflation, et comment il essaime des matières premières vers les producteurs et raffineurs. Cela confirme que le marché est bon et, même avec l'arrivée de la concurrence, la dynamique suffisamment favorable pour que les marges résistent.

 La filière lithium à travers un ETF, comme Global X Lithium ETF. (e tracker contient à la fois des actions de minières, de fabricants de batterie et d'autres utilisateurs du métal) société qui appuie sa croissance sur deux secteurs en expansion : la chimie de spécialité pour l'agrobusiness et le lithium. Cette société est bien implantée dans les pays émergents et profite à la fois de l'engouement asiatique pour les véhicules hybrides et de l'énorme besoin agricole des émergents.. »

 L'Histoire des Choses, Total et néolibéralisme , La dépendance chinoise au... , Documentaire : Prêt a jeter... Entrevista mapuche en... « Le Chili a ratifié la convention 169 de l’Organisation internationale du travail en 2008, mais les territoires des communautés mapuche continuent à être menacés par les mégaprojets qui mettent en danger leurs sources de subsistance, menés à bout sans consulter les communautés: construction des centrales hydroélectriques et thermiques, rejet de résidus dangereux, plantations d’eucalyptus et de pin…"

06/04/2012

La Méditerranée et l’Île-de-France, nouveaux eldorados des pétroliers ?

Un article qui pourra vous intéresser et qui annonce la mobilisation de ce dimanche "pour un Trafalgar des pétroliers" de ce dimanche 8 avril. 

N'hésitez pas à diffuser. 

Bien cordialement

 

La révolution néolibérale, Total et néolibéralisme, tant qu'il y aura des profits, Le rôle des think tanks..., L'Europe des lobbies, Les think tanks européens..., Industriels Contre Verts :...

 

  

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Projet Echo des Alternatives
: http://www.alter-echos.org


Menaces sur l’environnement

La Méditerranée et l’Île-de-France, nouveaux eldorados des pétroliers ?

Par Maxime Combes (5 avril 2012)

Avec l’augmentation du prix du baril, les entreprises pétrolières et gazières prospectent à tout va. La France n’échappe pas à cette ruée vers l’or noir. Des pétroliers texans s’intéressent de près aux côtes marseillaises. Des multinationales s’appuient sur des recherches scientifiques pour sonder les fonds au large de la Camargue. Plusieurs permis d’exploration sont en passe d’être renouvelés à proximité de l’agglomération parisienne. Collectifs citoyens et élus commencent à s’inquiéter. Lire la suite sur Basta!

Si l'hyperlien ne fonctionne pas : http://www.bastamag.net/article2269.html

Des plateformes pétrolières érigées au large de la Camargue ? Les flammes des torchères illuminant l’horizon nocturne de la cité phocéenne ? Des oléoducs traversant le Val-de-Marne… Une crainte sans fondements ? Rien n’est moins sûr. Cela pourrait bien devenir une réalité si l’actuelle ruée pétrolière se confirme. Il y a d’abord ce projet de recherche scientifique lancé par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) et le CNRS. Baptisé « Gold » (pour « Gulf of Lion’s Drilling », forage du golfe du Lion), les chercheurs prévoient de réaliser un forage de plus de 11 km sous la surface de la mer, à environ 200 km au sud de la Camargue. Un bateau spécialisé japonais, le Chikyu, sera chargé de prélever les sédiments qui se sont accumulés dans cette zone depuis vingt-cinq millions d’années. Objectif : « Étudier les variations du climat global et celles du niveau marin, les événements géologiques extrêmes comme le Messinien [1] », la « biosphère souterraine ». Mais aussi identifier d’éventuelles « ressources énergétiques » et le « potentiel en hydrocarbures sous le sel ».

Car les intérêts pétroliers ne sont jamais bien loin ! Depuis la découverte au large du Brésil en 2006 d’énormes réserves de pétrole sous une épaisse couche de sel, les pétroliers spéculent sur le fait qu’il puisse en être de même en Méditerranée. Très coûteux, ce forage pourrait être en partie financé par des compagnies pétrolières qui, sous prétexte de recherches scientifiques, pourraient ainsi poursuivre leurs explorations tous azimuts. Cinq compagnies pétrolières – Total (France), Petrobras (Brésil), Statoil (Norvège), Sonatrach (Algérie), Melrose (Grande-Bretagne) – ont d’ailleurs participé à un groupe de travail autour du projet. Celui-ci doit être soumis à validation auprès du programme international de forage des océans [2]. L’intérêt scientifique du projet risque ainsi d’être entaché par la proximité des pétroliers.

Les pétroliers texans au large de Marseille

D’autant qu’une autre échéance approche : le renouvellement du permis d’exploration « Rhône maritime ». S’étendant sur 9 375 km², plus que la taille de la Corse, cette zone de prospection pétrolière est située à environ 30 km des côtes varoises et à moins de 30 km du périmètre du futur parc national des Calanques. Et cette zone intéresse vivement les pétroliers texans ! Le permis a initialement été délivré en octobre 2002 à la société TGS [3], spécialisée dans l’exploration géologique, siégeant à Houston, au Texas, et dont le conseil d’administration est largement composé de personnalités issues du secteur pétrolier (Shell, Halliburton, Statoil Russia). Le permis a été prolongé en octobre 2006 au profit de la société Melrose Mediterranean Limited, filiale d’une obscure compagnie pétrolière britannique, Melrose Resources (la même qui pourrait être associée au projet Gold). Aujourd’hui, il est détenu par Noble Energy France, créée il y tout juste deux ans, dont la maison-mère se trouve, elle aussi, à Houston. Noble Energy participe notamment à la prospection et à la production de pétrole ou de gaz en Pennsylvanie (gaz de schiste), dans le golfe du Mexique (forage en eaux profondes) ou au large du Cameroun.

 

lobbies pétroliers.jpgLa décision de renouveler le permis Rhône maritime doit être prise au plus tard le 11 avril 2012. Une perspective qui inquiète, après le récent accident survenu sur la plateforme Elgin de Total en mer du Nord (lire notre article). Craignant de voir des forages comme celui du tristement célèbre Deepwater Horizon à quelques encablures des côtes, on ne compte plus les collectivités, les instances publiques, les associations et les collectifs citoyens demandant à ce que ce permis ne soit pas renouvelé. À ce jour, et à notre connaissance, l’entreprise, qui ne dispose pas de site Internet en français, ne s’est toujours pas exprimée publiquement sur le sujet.

Des chercheurs d’or noir en Île-de-France

Les côtes de la Méditerranée ne sont pas les seules concernées. L’instruction des permis en attente a repris de plus belle au sein de l’administration française. Une liste a été mise en ligne par le ministère, à « disposition du public ». Quatorze de ces permis sont « arrivés au terme de leur instruction » et sont « envisagés pour octroi », dont douze en Île-de-France. Dans le lot, on compte les permis de Chevry et d’Ozoir, qui couvrent une zone de 395 km² en Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Essonne, convoitée par la société Poros, domiciliée à Enghien-les-Bains. Largement explorée dans le passé, la région parisienne intéresse les pétroliers pour ses possibles réserves d’huiles de schiste, que seule la fracturation hydraulique permettrait d’exploiter. Une technologie très polluante que Basta ! avait contribué à révéler fin 2010.

Face à cette nouvelle donne, réunions publiques, actions de sensibilisation et interpellations d’élus se multiplient en Île-de-France. Ainsi qu’en Provence. Un « Trafalgar des pétroliers » y est d’ailleurs organisé ce dimanche 8 avril. À l’invitation des collectifs contre les gaz et huiles de schiste et de nombreuses associations, une double manifestation, sur terre et sur mer, se déroule à la Seyne-sur-Mer et à Brégançon, pour demander le non-renouvellement du permis Rhône maritime. C’est plus globalement la course perpétuelle à l’exploitation de nouvelles ressources énergétiques fossiles, toujours plus loin, plus profonde et plus risquée, qui est mise à l’index. Évoquant son forage Elgin en mer du Nord avant qu’il ne soit évacué et menace d’exploser, Total se félicitait de sa « performance inégalée à ce jour » et vantait un « projet pionnier qui a pris valeur de référence mondiale ». Peut-être est-il temps de s’interroger sur les conséquences de cette performance. Des exploits technologiques qui finissent mal, en général.

Maxime Combes

Notes

[1] Lorsque la mer Méditerranée s’est asséchée il y a plus de cinq millions d’années, ndlr.

[2] Integrated Ocean Drilling Program (IODP).

[3] TGS-Nopec Geophysical Company Ltd.

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