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12/12/2017

"Les gangsters de la finance"

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Dans les pays démocratiques et développés, l’argent est devenu la seule balise. Après avoir été méprisés ou honnis jusqu’à la fin des années 1970 – une Rolls était alors le sommet de la ringardise –, le « fric » et ses attributs clinquants se sont imposés en force depuis les années 1990. Une caste étroite a vu son patrimoine et ses revenus grimper à des sommets inédits, pendant que se développait simultanément une grande classe pauvre de chômeurs, d’immigrants, d’employés saisonniers ou temporaires.

 

Comme l’avait remarqué Adam Smith, au-delà d’un toit et d’une nourriture suffisante, l’argent n’a plus d’utilité en soi. 

Capitalisme : Le triomphe de l'argent roi - citoyen actif - 20minutes-blogs

 

Oxfam a publié la semaine dernière sa propre liste noire de 35 pays répondant aux critères européens de paradis fiscaux, dont des pays de l’UE. Passage en revue de leurs pratiques fiscales un peu trop avantageuses.

ANALYSE Paradis fiscaux, les Vingt-Huit ferment les yeux sur cinq Etats membres

 

 

HSBC : enquête à charge sur un empire au dessus des lois - Capture d'écrans

 

HSBC : enquête à charge sur un empire au dessus des lois

CAPTURE D'ÉCRANS

mardi 12 décembre 2017

 HSBC : enquête à charge sur un empire au dessus des lois

2 minutes
 

Aucun porte-parole de la banque n'a accepté de répondre à leurs demandes d'interview mais leur enquête sur HSBC est tout de même passionnante. "Les gangsters de la finance", à voir ce soir sur Arte, par Jérôme Fritel et Marc Roche.

Jérôme Fritel et Marc Roche, qui avaient enquêté, il y a cinq ans, sur Goldman Sachs s'attaquent cette fois à HSBC, un empire au dessus des lois © AFP / Gerard Bottino / Citizenside

Nous sommes le 12/12 aujourd’hui, date porte-bonheur. Vous allez donc jouer au Loto, devenir multimilliardaire et chercher un bon plan pour ne pas payer trop d'impôts. Je vous recommande une bonne vieille société écran. Et pour ça, autant faire appel à des spécialistes : HSBC. 

Ce documentaire est signé Jérôme Fritel et Marc Roche, qui avaient enquêté, il y a cinq ans, sur Goldman Sachs. Ils s'attaquent cette fois à un établissement financier britannique, un empire colossal : la banque HSBC, impliquée notamment dans les scandales Swissleaks et Panama Papers. C'est une enquête très approfondie, accessible aux néophytes, qui donne la parole à de nombreux interlocuteurs, mais il manque... HSBC. Aucun porte-parole de la banque n'a accepté de répondre aux demandes d'interview, c’est donc une enquête à charge. Il faut le garder en tête mais c’est passionnant tout de même. 

Au-dessus des lois?

Évasion fiscale, blanchiment de l'argent de la drogue et manipulation du cours des monnaies : cette banque, à en croire le documentaire, a violé toutes les règles possibles. De Genève à Hong-Kong, de New-York à Paris, on comprend comment elle a su tisser un réseau unique pour faire tourner l'argent sale autour de la planète. « C'est la meilleure blanchisseuse au monde », explique l'une des intervenantes. 

En 2012, HSBC est mise en cause aux États-Unis pour blanchiment, mais échappe finalement au procès et s’en sort avec une amende de deux milliards de dollars : l’équivalent d’un mois de profit, précise le documentaire. Les représentants du ministère des finances américain sont ensuite convoqués devant le Sénat. Et là, c’est l’une des séquences les plus fortes du film, une sénatrice démocrate pose la question : 

Combien de milliards de dollars des barons de la drogue faut-il blanchir et combien de sanctions économiques faut-il violer avant que quelqu’un ne décide à fermer une banque comme celle-ci ?

Les représentants du Trésor pâlissent un peu… et bredouillent : « Nous avons imposé à HSBC la plus grosse amende jamais imposée à une institution financière ». Mais ça ne répond pas à la question, alors la sénatrice la pose à nouveau. Pas plus de réponse. Illustration magistrale du principe du « too big to jail » : la banque est trop grosse pour aller en prison. Elle emploie 235.000 salariés sur cinq continents. 

Hong Kong, un Far West financier

L'histoire de la banque est indissociable de celle de Hong Kong. HSBC signifie Hong Kong and Shangaï Banking Corporation. La banque est née en même temps que la ville. En 1997, c’est la rétrocession à la Chine : Hong Kong n'est plus britannique. Et la stratégie d'HSBC fut de ne surtout pas choisir entre partir dans les valises de la couronne ou rester sous autorité chinoise. La banque a déménagé son siège à Londres, mais le cœur de ses affaires est resté à Hong Kong. Elle est devenue la plus chinoise des banques occidentales ou la plus européenne des banques chinoises : une position unique et un très bon calcul. Surtout qu’en matière financière, Hong Kong s’apparente à un Far West : rien de plus facile que d’apporter à la banque des semi-remorques d’argent liquide. Personne n'aura l'idée saugrenue de vous demander d'où viennent ces billets. 

Ce film, illustré avec de magnifiques images de Hong Kong, montre que dix ans après la crise, la stabilité financière mondiale est une illusion.  

► « Les gangsters de la finance ». Ce soir sur Arte à 20h50. 

CAPTURE D'ÉCRANS

mardi 12 décembre 2017

 HSBC : enquête à charge sur un empire au dessus des lois

 
Argent sale.

La Banque Postale est visée par une enquête préliminaire pour des soupçons de manquements dans la lutte contre le blanchiment d'argent, au risque de financer le terrorisme, a indiqué ce lundi une source judiciaire, confirmant une information du site Les Jours.

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À la découverte du Cercle Polaire / Arte Décembre 2015

 
Les affaires de “leaks” - Indigné révolté

17/06/2011

Bouffée d'espoir

Suite à la faillite qui a ébranlé l'Islande et son élite politique, 25 « conseillers » élus parmi la société civile planchent sur une nouvelle constitution collaborative. Flore Vasseur fait le portrait de l'une d'entre eux, Birgitta Jonsdottir, poète et ex porte-parole de WikiLeaks.

 

( Birgitta Jonsdottir - Wikimedia )

Birgitta Jonsdottir.jpg

Le Ministre des affaires étrangères britannique, le patron de Goldman Sachs international, le vice-Ministre des affaires étrangères chinois, le patron de Publicis et une centaine d’autres ont probablement refait le monde la semaine dernière à la réunion du Bilderberg. Mais il y en a une qui n’est pas prête d’être sur le radar de ces illustres « bbs’ » (nom de code des participants au Bilderberg), tant elle est à l’antithèse de leurs valeurs. Et pourtant elle fait bouger son monde. Je veux vous parler aujourd’hui de la députée islandaise Birgitta Jonsdottir.

Son nom ne vous dit peut être rien et c’est normal car la jeune femme n’est visiblement pas là pour la gloire. Birgitta Jonsdottir est poète à ses heures, ex porte-parole de WikiLeaks, organisation avec laquelle elle a d’ailleurs pris ses distances il y a un moment (cela ne l’empêche pas d’être au cœur de l’enquête américaine visant à juger Julian Assange pour espionnage). Agée d’une quarantaine d’année, elle est représentative de cette génération de figures politiques spontanées, issue des mouvements de protestations populaires, la révolution silencieuse islandaise dans le cas présent. Chantre de la liberté d’expression (elle est à l’initiative du projet IMMI qui vise à faire de l’Islande un paradis – au sens de lieu protégé - pour les journalistes et « sonneurs d’alerte ») et du sursaut démocratique, elle est l’une des chevilles ouvrières de l’incroyable travail que l’Islande tente de mener sur elle-même.

Acculé à la faillite en 2008, sa population a fait assez vite le lien entre choix économiques désastreux et responsables politiques. Les banques ont été nationalisées, le gouvernement et le parlement renversés, quelques politiques traduits en justice et le peuple a été sollicité par referendum sur son avenir. Le tout aboutissant assez logiquement à la volonté d’un profond renouveau constitutionnel.

Depuis avril dernier, 25 « conseillers » élus (de manière assez chaotique) sont chargés de diriger l’écriture de la nouvelle constitution du pays. Physicien, directeur de théâtre, pasteur, professeur d’économie, journaliste, avocat, étudiant, ils sont issus de la société civile. Le processus se veut collaboratif. Les projets de clause sont publiés sur le site du gouvernement chaque semaine. Les internautes peuvent directement réagir sur le forum dédié et/ou sur la page Facebook du « conseil » lequel partage ses idées sur Twitter, poste des interviews sur une chaine Youtube ou des photos des séances de travail sur Flickr.

Chacune des réunions est retransmise en directe et ouverte au public. On bataille sur les droits et devoirs du parlement et des parlementaires, la séparation des pouvoirs, la propriété et l’utilisation des ressources naturelles et le transfert de souveraineté à des organisations internationales (le pays a la présence du FMI en travers de la gorge et l’adhésion à l’Europe en question). Les 25 doivent rendre leur copie fin juillet, laquelle sera soumise, sauf contre-ordre à referendum. Ce sera alors, véritablement un document par le peuple, pour le peuple. Il est peu étonnant que ce processus inédit de e-politique émane d’Islande, micro pays assis sur une mine d’or, isolé de tout mais encore bien connecté à ses mythes et fou d’Internet (2/3 de la population est sur Facebook).

Militante et parlementaire, Birgitta est au cœur de cette réappropriation des institutions. Fille de troubadours, elle fréquente tôt les meetings et autre sit-in par sa mère, militante en faveur de la paix. Adolescente, elle rejette en bloc son éducation flower power, vire punk. Rebelle émancipée des illusions libertaires, elle se dit anarchiste réaliste « la plupart des gens ne veulent pas être responsables. Ils veulent que le système les prenne en charge. Ils ont abandonné leur pouvoir de co-création de la société. C’est l’une des raisons de la catastrophe actuelle. (…) Il faut réinvestir dans la démocratie » répète-t-elle. Bouddhiste, s’autoproclamant « aborigène high tech », Birgitta voudrait que tout le monde s’aime et se soulève. Elle n’en est pas moins réaliste : « les gens ne descendront dans la rue que quand ils seront affamés ou victimes d’injustice eux-mêmes ».

Et de fait, ici les filets de sécurité de l’Etat-Providence protègent aujourd’hui la caste politique d’une véritable rébellion, et le système d’une véritable réforme. Mais jusqu’à quand ? Il nous faudrait beaucoup de Birgitta, ce genre de fêlés qui laissent, comme le disait Audiard, passer la lumière."


source Marianne  : Marianne a pas de corones dans ses pages, mais ses blogueurs, si... cf Le pire n'est pas sûr, mais on ne regrette jamais d'y être préparé

 

 

 
 
 
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