01.02.2012
Dans la tête de la finance
source Site Contretemps : Comment comprendre la crise économique actuelle ? Quelles sont les alternatives du côté de la gauche anticapitaliste et du mouvement social ? Nous avons organisé une table ronde avec les économistes Frédéric Lordon et Michel Husson, le syndicaliste Pierre Khalfa de Solidaire et François Sabado de la LCR. A lire, visionner ou podcaster
Dernièrement, je suis tombé sur une étude forte intéressante. Je vous la fais suivre afin de comprendre une partie de l’histoire du capitalisme. Phrase de Frédéric Lordon dans Que faire face à la crise ? | Contretemps – « Cette crise est à la fois spécifique, générique, et singulière. Spécifique, elle l'est par les classes d'actifs et les compartiments de marchés qui sont concernés. On a vu débouler tout un tas de produits financiers dont on ignorait l'existence au moment de l'explosion au printemps 2007 »
Et pourtant, la crise est générique. Si on fait abstraction de ses sophistications techniques, on retrouve les mécanismes fondamentaux de fonctionnement des marchés de capitaux déréglementés présents dans toutes les crises indépendamment des compartiments de marché qui sont concernés. Quatre principaux mécanismes sont à l'œuvre : Premièrement, la polarisation mimétique qui résulte du consensus concurrentiel, Deuxièmement, l'aveuglement au désastre qui conduit les opérateurs à abandonner le modèle notionnel de l'optimisation combinée rendement/risque qu'ils distordent vers de la maximisation simple. Troisièmement, la mobilisation intense des effets leviers. Et, quatrièmement, au moment où la crise éclate, la course à la liquidité. Face à la crise 1ere partie (table ronde réalisée le 20/10/2008), Dans la tête de la finance
Troisièmement , les conséquences et les liens que l’on peut en tirer.
Un système mondialisé, ou les place boursières Wall Street à Francfort en passant par la City sont devenus de véritable paradis fiscaux ou passe toutes les masses d’argents y compris de la fraudes, des régimes despotiques. Un système si déconnecté et fous que l’on a du mal a imaginer. La situation ne cesse de se déconnecter entre l’économie dit réelle et irréelle.
Les statistiques américaines ne sont pas au top « En effet, face à une déferlante de statistiques décevantes en Europe (le chômage tutoie les 11%) et surtout aux Etats-Unis! Et vous avez pu découvrir plus haut ce qu’il en est de l’amélioration réelle de la conjoncture aux Etats-Unis dont on nous a rebattu les oreilles tout au long du mois de janvier. L’essentiel de la hausse résulte du rebond très technique de la variable restockage ».
« L’embellie du secteur immobilier dont Wall Street se gargarise depuis deux mois n’a peut-être été qu’un heureux concours de circonstances (taux hypothécaires très bas, météo exceptionnellement clémente), comme le démontre l’indice S&P/Case-Shiller. Indice Case-Shiller - Wikipédia établit par Standard & Poor's mesure la valeur nominale du marché de l'immobilie »
Démentant les discours bien rôdés sur le rebond du secteur de la construction, Wall Street découvrait un troisième repli consécutif de l’indice qui mesure l’évolution du prix des maisons individuelles aux Etats-Unis. Les ventes de logements neufs ont également subi un sévère coup d’arrêt.
▪ Une hausse coûte que coûte pour clôturer janvier
« Mais oubliez ce qui précède, cela n’a pas plus d’influence sur Wall Street que le résultat des primaires républicaines en Floride lundi soir ».
Marché, si il y avait besoin de le dire est déconnecté : « Le message est clair : les indices boursiers devaient monter coûte que coûte jusqu’à 17h35 ou 22h en ce 31 janvier, peu importe la teneur de l’actualité économique et politique ».
Manipulation des cours : « Nous avions compris depuis une bonne dizaine de jours que quelques très gros brasseurs d’argent avaient décidé d’instaurer le marché à sens unique. la haussee de cette fin janvier ».
La question des algorithmes « Plus personne n’ose s’opposer à eux depuis que la Fed leur a offert les clés de Wall Street en déversant dans leurs coffres des centaines de milliards de dollars d’argent à zéro pourcent. Pendant ce temps, les superordinateurs “travaillent” les carnets d’ordres et multiplient les arbitrages sur les ETF de façon à verrouiller la tendance et éliminer toute opposition ».
« Ils décident souverainement du niveau des cours de Bourse en fonction de leurs stratégies sur les marchés dérivés. S’il est plus payant d’écraser la volatilité, les indices montent dans le vide et ne rebaissent jamais… Les faiseurs d’opinion (complices objectifs ou complices tout court) assurent qu’il faut “acheter tous les creux”, même si cela n’a aucune justification économique ».
S’il redevient plus payant d’orchestrer un mouvement directionnel et de doper la volatilité, « alors un titre peut voir indifféremment son cours divisé ou multiplié par deux en quelques semaines, sans qu’il soit besoin d’évolutions concrètes des résultats ou du business model ».
Une action qui sert de support à une multitude d’ETF ETF - Wikipédia (Exchange-Traded Fund (finance), terme anglais désignant le tracker, outil financier de placement ou d'emprunt) finit par ne valoir que ce que quelques opérateurs influents décident souverainement. De nombreuses sociétés cotées (petites et moyennes) qui ont souvent un statut de sous-traitant ou de cocontractants se trouvent à leur tour soumises à un régime de douche écossaise absolument non maîtrisable.Videos ETF
▪ Les petites valeurs veulent claquer la porte des marchés
« Faut-il s’étonner alors que nombre de ces small et mid caps songent à se retirer du marché, dans la mesure où une valorisation durablement absurde leur interdit de trouver en Bourse ce qu’elles sont venues chercher, c’est-à-dire des fonds propres pour se développer » ? « Les seules qui n’auront aucun mal à lever de l’argent, ce sont une fois de plus les banques » !
▪ Vers une nouvelle recapitalisation des banques ?
Car ce qui euphorise les marchés depuis 10 jours, c’est la rumeur de la mise en oeuvre d’un second plan de recapitalisation des banques ( France soir ). Cela serait mis en place via un nouveau LTRO à trois ans (et avec un taux unique de 1%) mais qui serait cette fois-ci d’ampleur illimitée !
Un millier de milliards d’euros (d’après certains économistes de banques) pourraient être déversés d’ici fin février dans le système bancaire européen — après 490 milliards d’euros le 20 décembre. En revanche, il n’y a aucune garantie qu’ils s’investiront dans l’économie réelle puisqu’il reste infiniment plus rentable de l’employer pour spéculer sur des produits dérivés de taux comme les fameux carry trade (Carry trade - Wikipédia : ou l’opération spéculative sur écart de rendement[1] est une technique financière très employée sur le Forex, et qui consiste à profiter des écarts de rendement entre différents types d'actifs.. Le carry Trade ne genere un profit que si le différentiel de rendement ne s'inverse pas... ) En français on utilise l'expression carry trade essentiellement pour les opérations de devises où l’on empruntera à 1% pour se placer sur de la dette à 6%. Les dangers du « carry trade » - LExpansion.com
« Le marché s’ingénie à se raconter en boucle de belles histoires. Parmi les plus contées, il y a le pseudo-accord entre la Grèce et ses créanciers, toujours pas signé mais qui est cité quotidiennement comme une source d’optimisme. Notons tout de même que les négociations pataugent depuis 15 jours et qu’il devient évident que les partenaires européens devront ressortir leur chéquier pour prêter de l’argent qu’ils ne possèdent pas d’ici la date butoir du 13 février prochain ».
Tout allait beaucoup mieux pour les Etats-Unis et beaucoup moins mal pour l’Europe début 2011. Mais Wall Street vient de renouer avec ses sommets de mai dernier alors que la Fed injectait 75 milliards de dollars par mois dans le système financier.
Pour paraphraser une célèbre publicité, nous pouvons résumer la situation boursière en ce début de mois de février 2012 par un “ça va moins bien, mais c’est plus cher”
18:31 Publié dans Finance,Economie, société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dans la tête de la finance, standard & poor's










