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13.06.2011

La potasse assurera la survie de l'humanité ?

La nouvelle opportunité trouvée par le système pour continuer et persévéré dans ces erreurs malgré les preuves qui s’amoncèlent. Après l’agrocarburant, le capitalisme vert, le charity business. L’alimentation, l’eau sont devenus des armes plus puissantes pour contrôler les états – peuples que les guerres. Cf voir Agriculture high-tech sur le site plusconcient.net et L'Histoire des Choses ( a story of stuff :  Texte

L'humanité a déjà vécu sans pétrole ni téléphone portable, mais jamais sans nourriture. Or cette année, les hommes ont eu du mal à répondre à leurs besoins. Une météo particulièrement lunatique est venue perturber un secteur déjà structurellement sous pression. Résultat : les valeurs de l'industrie de l'agroalimentaire sont parties en flèche. Et en particulier, les valeurs liées aux engrais. Un déficit abyssal de l'offre alimentaire,  nouvelle opportunité pour les multinationales, mais une nouvelle pression pour les peuples déjà sous tension.
Pour répondre aux besoins alimentaires, le monde a besoin d'une croissance de 5% de la production de céréales. Or historiquement, la production augmente de 2% par an en moyenne. La question de la croissance ( besoin) a l’infinie se pose dans un fini – limité.

Et la situation n'est pas prête de s'améliorer. Pour la saison 2010/2011, la production mondiale de céréales devrait même reculer de 4%. La raison est simple, 2010 aura été une année exceptionnelle... en terme de catastrophes :

1.      La météo a fait baisser les rendements agricoles en Chine et aux Etats-Unis.

2.      Le phénomène La Niña a asséché d'importantes zones de production en Argentine, ce qui a pénalisé les rendements de maïs et de soja.

3.      Les semis américains sont en retard, ce qui pourrait affecter la production du pays.

4.      Enfin, l'embargo russe sur les exportations de blé va continuer de peser sur l'offre de céréales en 2011.

+83% pour la consommation des émergents
Cette situation serait gérable s'il n'y avait pas en parallèle la montée en puissance des pays émergents. Historiquement, la consommation en Chine, en Inde et en Amérique du Sud a progressé de 83% au cours des 20 dernières années. La raison est simple, ces pays changent leur alimentation. Le riz et les céréales sont servis de plus ne plus avec de la viande. Ainsi, la demande de bœuf, de porc et de volaille devrait augmenter de 2,4% en 2011, entraînant l'augmentation des besoins en céréales. Les engrais vont donc devenir de plus en plus essentiels. La Chine est déjà le premier consommateur de potasse au monde, avec 29% de la consommation mondiale. Voir Nous avons des besoins illimités (crée) et des ressources limitées?     Energies : il est temps de changer ! - on Dailymotion 

Bientôt 10 milliards d'êtres humains. Combien de tonnes de potasse ?
Si les besoins alimentaires augmentent en qualité, ils vont augmenter également en quantité.Notre planète accueille actuellement près de sept milliards de bouches à nourrir. D'ici 2050, la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d'individus. En parallèle, les surfaces de terres arables reculent et les fermes ferment.Nous serons donc obligés mécaniquement d'améliorer le rendement de nos terres.

Les engrais, la seul solution proposait par les multinationales. La vraie solution : le composte
Les engrais vont être essentiels pour résoudre la quadrature du cercle : stagnation des rendements et hausse de la demande. Plus particulièrement, la solution pour augmenter la productivité agricole se résume à trois éléments : azote, phosphore et potassium. Le mélange de ces trois éléments permet d'augmenter les rendements agricoles de 60%, pour l'ensemble des produits cultivés, mais baisse très rapidement les années suivantes avec l'aridification des sols. La consommation de potasse proche du pic de production La production de potasse est déjà partie en flèche. En 2010, les volumes de potasse transportés autour de la planète ont progressé de près de 80%, à 52 millions de tonnes.

L'année 2011 devrait continuer sur la même voie. Les besoins de potasse devraient atteindre 55 à 60 millions de tonnes cette année.Or la capacité de production totale de potasse est estimée à 61 millions de tonnes. Il faut donc se préparer à la conséquence habituelle de ce genre de configuration : une augmentation des prix.Des prix soutenus par la demande... et par les producteurs Les prix de la potasse ont progressé de près de 50 dollars en 2010. Ils ont dépassé les 360 dollars la tonne. Mais la robustesse des prix a aussi été assurée par le contrôle qu'exercent les principaux producteurs.Les cinq plus grands producteurs représentent plus de 65% de la production mondiale. Cette domination leur permet d'adapter l'offre à la demande, et de maintenir ainsi les prix et les marges de la potasse.

La bataille des géants fait déjà rage
Cette configuration particulièrement attractive du marché a poussé les géants miniers à rentrer dans la bataille de la postasse.On retrouve ainsi les géants miniers bien connus. BHP Billiton est impliqué sur ce secteur grâce à sa joint venture avec Anglo Potash Ltd. Il a également acquis Athabasca Potash début 2010.Le brésilien Vale a de son côté racheté les gisements de Rio Tinto (au Canada dans la région de Regina) en 2009.

Première capitalisation canadienne : un producteur de potasse
Il faut bien reconnaître que produire de la potasse est particulièrement lucratif. La demande est virtuellement illimitée, et il n'existe aucun substitut viable. Ce schéma est tellement positif que les pure player de la potasse sont désormais en tête des capitalisations mondiales. C'est le cas de Potash Corporation of Saskatchewan. La société est la plus grande entreprise cotée à la Bourse de Toronto, le Toronto Stock Exchange (TSE), avec une capitalisation boursière à 67 milliards de dollars.

La chasse à la potasse a commencé
L'attractivité de la potasse donne actuellement des opportunités très intéressantes. Surtout, si la potasse n'est pas rare, ses gisements sont très localisés. Seulement une douzaine de pays en produisent. Mieux, seulement quatre grandes zones de dépôts existent :

1.       Le Saskatchewan, au Canadan

2.       Le bassin du fleuve Kana, en Russie

3.       Danakil, dans le nord-est de l'Ethiopie

Le producteur qui réussira à bien se positionner sur une de ces quatre zones touchera le gros lot. Des personnes comme Marc Mayor se sont penchés  plus en avant sur ce secteur, afin de conseiller les spéculateurs et de participait ainsi a la spéculation globale.  Vidéo : Croissance or not croissance, is that the question ? ,  Pour une éthique de l'existence post-capitaliste : crise existentielle du capitalisme,  Face a la dérive du capitalisme, une solution : La sobriété heureuse , Pourquoi l’insurrection des consciences ?, Les raisons de la colère, Hervé Kempf - l'oligarchie, ça suffit !,

15.02.2010

Engrais : l’absurdité d’une agriculture mondiale basée sur les pesticides

Entre 1906 et 1910, deux chimistes allemands, Haber et Bosch, vont révolutionner le secteur en mettant au point le procédé de synthèse de l'ammoniac (NH3) à partir du diazote (N2) contenu dans l'air que nous respirons. Le procédé est assez complexe − il y a des conditions de pression et de température à respecter −, mais peu coûteux. Or à partir de là, on peut produire tous les nitrates de synthèse et tout l'acide nitrique que l'on souhaite − bref, des engrais et des bombes à foison : le XXe siècle est en marche...

180 millions de tonnes d'engrais consommés dans le monde en 2007 : Les plantes ont besoin, pour se développer en abondance, de puiser dans le sol trois types de macroéléments : l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). D'ailleurs, la proportion "NPK" est le critère de base qui définit la plupart des fertilisants.

Le phosphore et ses composés minéraux − les phosphates −  ici parler de l'azote et des nitrates (NO3-), qui sont de loin le plus important composant en volume : 60% des quelque 180 millions de tonnes d'engrais consommés dans le monde en 2007.

Les nitrates ont changé le visage de l'agriculture : Les nitrates sont produits pour l'essentiel par synthèse grâce au procédé Haber. Ils ont poursuivi leur ascension − et formé le socle de la révolution verte qui, dans l'après-guerre, a changé le visage de l'agriculture mondiale. Sans eux, pas d'agriculture intensive possible.( voir Une agriculture intensive écologique pour répondre a la faim dans le monde : Une solution? et Lien entre pollution environnementale et stérilise 

Selon certains auteurs, l'homme fixerait chaque année un volume d'azote égal à 50% de l'azote fixé par l'ensemble des bactéries de la planète, à la seule fin de doper son agriculture !

Nous connaissons la puissance du système, mais aussi ses limites : le lessivage des sols par les eaux de pluie, la pollution des nappes phréatiques, la prolifération des algues vertes − par exemple sur les côtes de ma Bretagne natale.

Pendant ce temps, à Amman en Jordanie...

De telles questions ne sont pas, bien sûr, au centre des préoccupations de l'IFA, l'Association Internationale des Industries des Fertilisants − principal lobby du secteur.

Voici quelques semaines, l'IFA tenait son 35e congrès à Amman, en Jordanie : il s'agissait, entre autres, de réfléchir aux perspectives du secteur mondial à court/moyen terme. Ses conclusions ne manquent pas d'intérêt.

Si vous avez suivi avec moi le cours des céréales ces derniers mois, vous ne serez pas surpris d'apprendre que le secteur des engrais a durement souffert de la crise.

Effondrement de la consommation d'engrais
La consommation globale − tous engrais confondus − en 2008/2009 s'est contractée de 6,7%.

La demande en potasse a dévissé de près de 20% et celle en phosphore, de plus de 10%. Il faut dire que les cours − notamment, de la potasse − avaient largement suivi la flambée spéculative sur les céréales.

Les fermiers ont donc jeté l'éponge et significativement réduit leurs taux de fertilisation. La demande en potasse s'est effondrée dans le monde − en premier lieu, en Chine. La région canadienne de Saskatchewan, grande productrice de potasse, estimait en novembre dernier son manque à gagner à 1,8 milliard de dollars !

Et pourtant, Aux yeux de l'industrie, si les récoltes sont abondantes c’est parce que les exploitants ont tout bonnement puisé dans les réserves accumulées dans leurs sols : tôt ou tard, il faudra bien qu'ils les reconstituent. Combien de temps faudra-t-il ? "Plus d'une saison sans doute", répond l'IFA...


Le marché est excédentaire
Pour la deuxième année de suite, la production d'engrais a excédé la demande, et le déstockage demandera du temps. D’où deuxième effet pervers, en plus de la destruction de l’écosystème et de la biodiversité : La spéculation..

Selon les projections − certes spéculatives − de l'association, les compartiments les plus malmenés aujourd'hui seraient à l'honneur : la demande pourrait rebondir de 13,5% pour la potasse dès l'année prochaine.

Les fonds spécialisés n'en demandaient pas davantage !

Il semble qu'ils soient déjà en train de revenir sur le secteur.

Du coup, et sur la foi d'un pronostic positif pour la potasse, le Canadien POTASH CORP fait partie des valeurs très travaillées – avec 25% de hausse en l'espace d'un mois...[:

 

 
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