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19.05.2012

Essential Killing

Essential Killing

Thriller réalisé  en 2010 par Jerzy Skolimowski

Capturé par les forces américaines en Afghanistan, Mohammed est envoyé dans un centre de détention tenu secret. Lors d'un transfert, il réchappe d'un accident. Il parvient à s'échapper et tente de semer ses kidnappeurs dans la forêt. Traqué sans relâche par une armée sans existence officielle, Mohammed fera tout pour assurer sa survie.

Essential Killing Bande Annonce - Vidéo Dailymotion

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 31/03/2012

 

| Genre : de l'animal à l'humain.

Qui est cet homme qui détale au fond d'un canyon ? On apprendra juste qu'il se nomme Mohammed et qu'il est musulman. Un taliban ? Peut-être. Un terroriste ? Un homme terrorisé, surtout. Aux abois. L'instinct de survie, la peur qui pousse à tuer, tel sera le sujet de cette chasse à l'homme. Fait prisonnier, Mohammed est transféré vers un lieu reculé, quelque part en Europe de l'Est, dans l'un de ces camps qui rappellent le tristement célèbre Guantánamo. Isolement extrême, cagoule sur la tête, torture : Skolimowski fait vivre l'enfermement et la terreur !

L'absurde est aussi en sourdine. Assez proche de cet humour polonais, si grinçant, lié à la perte de sens, à la confusion d'identité, que Jerzy Skolimowski manie depuis ses débuts. Etre radicalement étranger au monde : c'est ce qui arrive au terroriste qui a réussi à s'échapper. Mais pour aller où ? Mohammed est un fugitif perpétuel au fin fond d'une forêt. Guet-apens infernal, prison à ciel ouvert : le calvaire vécu par ce musulman ressemble par moments à un chemin de croix. C'est un homme réduit à l'état d'animal sauvage — à tel point qu'une meute de loups finit par l'adopter. Tantôt proie tantôt prédateur, le condamné en sursis défend sa peau avec rage. A l'unisson, défilent dans ces noces de la neige et du sang d'autres animaux — des fourmis, un daim dans la lumière de l'aube... Hagard avec ses yeux de fou, Vincent Gallo illustre à merveille cette animalité qui se dénoue finalement par l'humanité. — Jacques Morice



Jacques Morice

16.05.2012

Minuit à Paris

Minuit à Paris

Comédie réalisé  en 2011 par Woody Allen

 

Un jeune couple d'Américains dont le mariage est prévu à l'automne se rend pour quelques jours à Paris. Balade sur les quais de Seine, visite "so romantic" à Giverny : la magie de la capitale française ne tarde pas à opérer, tout particulièrement sur le jeune homme amoureux de la Ville lumière et qui aspire à une autre vie que la sienne. Un soir qu'il se promène seul dans les ruelles de la ville, il découvre un tout autre Paris, onirique et festif.

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 12/05/2012

 

| Genre : Ombres chères...

Gil (Owen Wilson) aime Paris sous la pluie. Sa fiancée (Rachel McAdams), non. Ces deux-là n'ont rien en commun : on le devine vite, et ils le savent aussi, même s'ils se le cachent. Lui a du succès comme auteur de séries télé mais rêve d'écrire un roman. Un vrai. Elle est riche, comme ses abominables parents, fans du Tea Party, dont les membres sont, aux yeux de Gil, des « déments pervers »... Elle voudrait vivre à Malibu, lui, dans le Paris des années 1920, où se côtoyaient Hemingway et Picasso, Cole Porter et les Fitzgerald... Et comme Paris est une fête, un miracle, voici qu'au détour d'une rue, aux douze coups de minuit, une voiture d'un autre âge emporte Gil, à travers le temps, vers ses idoles et la femme de sa vie.

Tout est rapide, enjoué, aérien : on songe à la scène où une traductrice (Carla Bruni) lit à Gil des mots d'amour écrits, jadis, par la femme dont il s'apprête à tomber amoureux : marivaudage ambigu et doux, « sérénade à trois » à la Lubitsch... Paris vaut bien une messe : le temps d'une échappée dans ses rues, au son de Sidney Bechet, Woody s'est converti à l'euphorie. Profitons-en : ça ne durera pas... — Pierre Murat



Pierre Murat

15.05.2012

Ce soir Une séparation

 

 

Une séparation

Drame réalisé  en 2011 par Asghar Farhadi

Mardi 15 mai de 20:00 à 22:00 sur Canal+  Voir dans la grille

une séparation,film,drame réalisé,par asghar farhadi,ours d'or au festival de berlin 2011Rien ne va plus entre Nader et sa femme. Lorsque celle-ci le quitte, il engage une aide-soignante pour s'occuper de son père malade. Il ignore alors que la jeune femme est enceinte et a accepté ce travail sans l'accord de son mari, un homme psychologiquement instable. La vie de la famille bascule quand la jeune femme perd son enfant. Le père accuse Nader de l'avoir molestée et d'être la cause de la fausse-cauche. Une bataille rangée s'engage entre les deux hommes. Ours d'or au Festival de Berlin 2011. Une Séparation : Bande-annonce française, Asghar Farhadi et Leila Hatami pour la sortie du film Une séparation, Ours d'or 2011 à Berlin

LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 12/05/2012

 

| Genre : Drame perçant.

C'est le cinquième film de l'Iranien Asghar Farhadi. Pourquoi a-t-il cumulé un si beau succès en France (un million d'entrées, record pour un film en provenance de Téhéran) et autant de récompenses (Ours d'or à Berlin, césar, oscar) ? D'abord parce que c'est un bon film. Sans doute aussi parce que, à la différence des cinéastes persans déjà répertoriés (Kiarostami, Makhmalbaf), le regard qu'il porte sur la société locale ne passe pas par l'allégorie, la fable à décrypter. Son sujet, c'est la nouvelle classe moyenne, dont les problèmes — concrets ou moraux — ne sont pas si éloignés des nôtres... Le film raconte le conflit entre deux couples : le premier, en instance de divorce, raisonnablement aisé, paraît « occidentalisé » ; le second, d'un milieu plus modeste, obéit rigoureusement aux lois religieuses.

Asghar Farhadi, qui vient du théâtre, a bâti un scénario d'une précision incroyable, une mécanique qui empoigne le spectateur, témoin des contradictions des uns, des possibles mensonges des autres, le maintient sans cesse en haleine. Tous ces personnages semblent prisonniers d'un système de pensée qui les pousse front contre front : à l'image d'un pays qui ne saurait pas réconcilier tradition et modernité ? Le plus émouvant dans cette histoire reste sans doute le regard des plus jeunes, spectatrices incrédules des conflits de leurs parents respectifs. Quel monde leur lègue-t-on ? — Aurélien Ferenczi



Aurélien Ferenczi

 

 
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