26.08.2010
Déchiffrer l'économie par Denis Clerc
Pas assez didactique pour être un manuel, trop soucieux de ne pas délaisser les problématiques actuelles ou les faits d’histoire économique pour être un précis, de même que sans prétention à cette objectivité, à cette neutralité théorique surfaite et hypocrite qui caractérise trop souvent les travaux universitaires, l’ouvrage de Denis Clerc offre une démarche parfaitement adaptée, depuis le début des mouvements altermondialistes, à une demande croissante de vulgarisation scientifique dans le domaine de l’économie. Il est vrai que l’auteur collabore avec le mensuel Alternative économique, dont ces mouvements sont, à bien des égards, fort proches.
L’ouvrage est structuré en deux parties, l’une consacrée au fonctionnement de l’économie (les acteurs, les institutions, la monnaie, le crédit, le travail, la balance commerciale, etc.), l’autre à ce que Denis Clerc appelle «l’envers du décor» (crises, chômage, inégalités, rapports nord/sud, etc.), c’est-à-dire les phénomènes «vécus». La première chose à remarquer est que l’auteur ne manque pas d’une certaine honnêteté intellectuelle puisqu’il refuse de considérer l’économie comme une discipline qu’il serait possible de constituer - et d’utiliser - à part des autres sciences humaines (sciences politiques, sociologie, droit, etc.) et de leurs considérations propres. Il refuse aussi de réduire l’économie à la gestion ou à l’économétrie. D’où, d’ailleurs, le jeu de mot du titre «dé-chiffrer», qui annonce que les mots seront préférés aux chiffres, la syntaxe aux fonctions et les réalités vécues aux mécanismes abstraits. Enfin, il a le mérite de ne pas se contenter des perspectives libérales, monétaristes, keynésiennes ou néo-keynésiennes, en particulier dans sa petite étude des rapports Nord/Sud ; il mentionne, même si c’est pour les ranger au rayon des curiosités, les travaux originaux sur la décroissance de Nicholas Georgescu-Roegen ou la critique lucide du «développementalisme» opérée par François Partant, Ivan Illich ou encore Serge Latouche.
Que l’on ne s’y trompe pas, pourtant. La perspective de Denis Clerc est tout sauf révolutionnaire ou, comme on dit aujourd’hui, «alternative ». Son rejet de la dogmatique économique n’est que superficiel, d’abord parce que, évacuant toutes les économies du don ou les économies domestiques qui sont encore, jusqu’à nouvel ordre, majoritaires sur notre planète, il réduit l’économie à ce qu’elle est en Occident, ou selon la pensée occidentale : un calcul d’accroissement et une relation capital/travail ; ensuite parce que, non content de s’enfermer dans cette dogmatique, il choisit un point de vue critique plus fonctionnel que périlleux. Pour ne prendre qu’un exemple, ménageant la chèvre et le chou, il défend d’une manière assez classique une organisation comme l’OMC tout en lui reconnaissant les quelques défauts que lui concèdent les gens d’ATTAC : l’OMC serait, malgré ses défauts, nécessaires à la régulation des échanges. Il passe ainsi largement à côté de la triple critique fondamentale : (1) de la nécessité absolue de l’échange commercial, qui n’est pourtant pas une évidence, (2) des théories du libre-échange, dont on sait à quels points elles sont pour certaines fausses et pour d’autres réductrices, et (3) d’un organisme comme l’ORD (Organisme de Règlement des Différends) qui est au cœur de l’OMC. Cet organisme, qui, selon une procédure très complexe, à la fois diplomatique et juridique, permet à un pays de prendre des mesures de rétorsions commerciales vis-à-vis d’un partenaire qui l’aurait injustement spolié, n’est que la loi du plus fort légitimée par le droit (ce qui n’est, du reste, pas nouveau) – tout simplement parce que nul n’est égal devant l’échange : un vaste pays comme les Etats-Unis peut se permettre des accrocs à une règle, et donc ses conséquences en terme de rétorsions, alors qu’un petit pays pauvre ne le peut. De même, les rétorsions du Malawi sur l’Union européenne ont peu de chance de faire infléchir cette dernière. Puisque, à juste titre, Monsieur Clerc utilise les analyses institutionnelles, il aurait franchement gagné à s’intéresser à la procédure d’accession à l’OMC, que l’on néglige trop souvent lorsque l’on considère cette organisation.
Cela étant dit, sa bibliographie fouillée et commentée, son absence de liturgie universitaire pontifiante, sa structure claire, son travail de synthèse abouti, ses références historiques, ses graphiques et ses tableaux choisis à propos rendent cet ouvrage à la fois instructif et praticable.
Propos de Frédéric Dufoing
08:48 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : livres, déchiffrer, l'économie, denis clerc, décroissance, omc
15.01.2010
Des solutions alternatives a l'économie de de surconsommation " déchets" : l’économie de fonctionnalité, « éco-industrielles » en activité
Face a notre société de surconsommation génératrice de déchets ( voir en autre la mer plastique), il est tant de changer de société et donc de mode de vie- consommation. De consommateur, il faut devenir éco- consommateur ou éco-citoyen ( voir La crise écologique exige une révolution de l’économie des services )
Des solutions comme la mise en place d'éco industrie ou la mise en place d'une économie de fonctionalité. Pour résumer, un des principes de l'économie de fonctionalité : Louer plutôt qu'acheter ou l'économie de fonctionnalité
Pour sortir de la crise : l’économie de fonctionnalité ( source pro evironnement.com. « La Terre n’est pas un don de nos parents. Ce sont nos enfants qui nous la prêtent » (maxime amérindienne)
Les principales réalisations « éco-industrielles » en activité ( source Nothetic)
L'Amérique du Nord et l'Asie semblent être en pointe en matière de création d'« éco-parcs », de réseaux d'industriels, voire d'« éco-villes ». Voici un tour d'horizon des principales réalisation actives à ce jour dans le monde, en s'appuyant notamment sur une synthèse établie, en 2002, par une étudiante du DESS d'écologie industrielle de l'université de Troyes.
Kalundborg. , une ville modèle qui a permis de limiter drastiquement les gaspillages d'énergie et de matières premières. Une véritable "symbiose industrielle" est ainsi née, qui mime le fonctionnement des écosystèmes naturels.
C'est une voie intéressante - mais pas la plus aisée à mettre en oeuvre - pour tenter de bâtir un modèle de développement soutenable. Une autre piste explorée par quelques entreprises consiste à basculer dans ce qu'on appelle "l'économie de fonctionnalité", c'est-à-dire dans un système qui substitue la vente de services à la vente de biens. Revue de ces deux modèles, et des difficultés qui freinent leur généralisation à l'économie entière. Lire la suite sur Nothelic.
Initiatives éco-industrielles existent Avantage : supprime le coût du recyclage, mais cela procure également une économie directe sur la facture énergétique
L’économie de fonctionnalité est la substitution de la vente d’un service à celle d’un produit.
L’objectif est d’amener les industriels à modifier le centre de gravité de leurs intérêts : en tirant leurs flux financiers des services d’usage et de maintenance, ils seraient naturellement enclins à concevoir des produits pérennes et modulables et à dématérialiser leur activité.
Ils pourraient plus facilement contrôler le cycle de vie de leurs produits et les recycler au terme de leur existence.
Acteurs clés de l’économie de fonctionnalité
RECHERCHE
Laboratoire du CREIDD, Université de Technologie de Troyes, sur le thème de l’économie de fonctionnalité
Product-Life Institute, Genève avec Walter Stahel
PSS : Product Service Systems with Oksana Mont.
L’économie de fonctionnalité dans les médias
Article du 07/03/05 dans Notre Planète sur le développement de l’économie fonctionnelle
Mesure 2 - Promouvoir une économie de fonctionnalité ( dans le pacte écologique - grenelle de l'environnement), 3 minutes pou changer le monde ( vidéo de Patrick Fauconier),
19:41 Publié dans énergie, développement durable, nucléaire, a | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : des solutions, alternatives, l'économie, surconsommation, éco-industrielles », activité










