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10/06/2014

Comment s'attaquer au FN

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Valérie Igounet, historienne : “Il faut attaquer politiquement le FN en déconstruisant calmement son discours”

Idées | Municipales, européennes... élection après élection, le Front national se rapproche du pouvoir. Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême-droite, décortique pour nous la façon dont la “marque” Le Pen a su soigner son image et prospérer sur la crise des partis de gouvernement et la peur de l'immigration.

Télérama : Le 03/06/2014 à 18h00- Propos recueillis par Michel Abescat

Marine Le Pen, le 1er Mai 2014 à Paris. 

Marine Le Pen, le 1er Mai 2014 à Paris. - LCHAM/SIPA

Avec 25 % des voix aux élections européennes, le Front national est, pour la première fois, arrivé en tête d'un scrutin national, après des élections municipales qui lui ont été très favorables. Ce parti est aujourd'hui un acteur majeur de la vie politique française, susceptible un jour d'arriver au pouvoir. Pourquoi un nombre croissant de Français lui font-ils confiance ? A-t-il changé depuis que Marine Le Pen a succédé à son père ou reste-t-il fondamentalement le même ? Et comment lutter contre lui et ses idées ? L'historienne Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême-droite et du négationnisme, publie ces jours-ci, aux éditions du Seuil, une passionnante histoire du FN depuis sa création en 1972. Nous lui avons posé toutes ces questions.

Comment réagissez-vous aux résultats des élections européennes qui ont vu le FN arriver en tête ?
Pour tous ceux qui travaillent sur l'extrême-droite en France, ce résultat était prévisible, mais, en tant que citoyenne, je suis étonnée qu'autant d'électeurs votent pour ce parti, sans savoir précisément à qui ils donnent leurs voix. Ils votent pour un nom, devenu une marque, Le Pen, ils votent pour quelques thématiques phares, « l'immigration source de tous nos maux », ils choisissent le Front national par lassitude ou par rejet des partis de gouvernement qui ont une très grande responsabilité dans ce qui vient de se passer. Mais la plupart des électeurs du Front national mesurent-ils vraiment ce qu'il représente ?

Beaucoup pensent qu'il a changé, que le parti de Marine n'est plus celui de Jean-Marie. C'est toute la question évidemment. Commençons par les hommes, ce ne sont plus les mêmes...

Jean-Marie Le Pen pendant un meeting du Front National, le 7  

Jean-Marie Le Pen pendant un meeting du Front National, le 7 Novembre 1972 a la Maison de la Mutualite, Paris. - COTTE/SIPA


Il y a eu, depuis 1972, date de création du Front national, un profond renouvellement générationnel. Les plus anciens sont morts. François Brigneau par exemple, un des fondateurs du parti, ancien collaborateur et milicien, qui signait dans National Hebdo des chroniques remarquées pour leur antisémitisme et leur négationnisme, est décédé en 2012. D'autres ont quitté le Front national à la faveur de scissions, comme Bruno Mégret. Carl Lang a créé un nouveau parti en 2009. D'une manière générale, la stratégie de Marine Le Pen de « normaliser » le Front national, d'en faire un parti « respectable », a poussé dehors de nombreux « historiques » du parti qui ne s'y reconnaissaient plus. Et c'est vrai que le Front national a changé pour s'adapter au nouveau contexte politique et social. Mais ses thématiques fondamentales sont restées les mêmes.

Quel changement Marine Le Pen incarne-t-elle ?
Une mue affichée, un discours édulcoré. Je pense par exemple à cette phrase que m'a dite Louis Aliot, vice-président du parti et compagnon de Marine Le Pen, à propos de l'antisémitisme, jusque-là consubstantiel au Front national : « C'est l'antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. Il n'y a que cela. A partir du moment où vous faites sauter le verrou de l'antisémitisme, vous libérez le reste. » Quelques jours après le congrès de Tours, au cours duquel elle fut élue présidente du Front national, en janvier 2011, Marine Le Pen s'est ainsi officiellement affranchie de l'antisémitisme et du négationnisme, dans une interview au magazine Le Point : « Tout le monde sait ce qui s'est passé dans les camps et dans quelles conditions. Ce qui s'y est passé est le summum de la barbarie. » Ce qui ne l'empêchera pas, un an plus tard, à l'invitation de Martin Graf, député du FPÖ, le parti d'extrême-droite autrichien, de participer à un bal viennois où, chaque année, sont ovationnés des négationnistes.

“L'ennemi affiché n'est plus le juif,
mais le Français musulman.”

L'ennemi aujourd'hui, c'est l'islam...
L'islamophobie supplante l'antisémitisme. La haine est recontextualisée. L'ennemi affiché n'est plus le juif, mais le Français musulman. Le message est simple : le danger islamiste s'oppose aux valeurs laïques véhiculées par la démocratie, fondements de la République française. C'est le nouveau combat qui permet de contourner la législation antiraciste : parler de l'islam est une manière de parler de l'immigration sans contrevenir à la loi.

En ce qui concerne le programme politique, vous montrez dans votre livre qu'il n'a guère changé, sauf dans le domaine économique...
Le tournant se situe en 1995. A la présidentielle, Jean-Marie Le Pen arrive pour la première fois en tête chez les ouvriers et les chômeurs. Jusque là, le discours du Front national était très libéral, mais fort de ce constat, le parti va lui en substituer un autre, anticapitaliste et social, qu'il va amplifier au fur et à mesure de l'aggravation de la crise et de la montée du chômage, fustigeant la mondialisation et les inégalités qu'elle engendre. Et ça marche : les élections européennes ont confirmé le succès du Front national dans l'électorat ouvrier. Il ne faut pourtant pas être dupe, il s'agit à l'évidence d'un opportunisme politique. Il suffit d'observer les thèmes des campagnes électorales. A chaque région son discours ! Dans le Nord-Pas-de-Calais, on insiste sur le social et les injustices économiques, on est très critique vis-à-vis du néo-libéralisme, pendant que dans le Sud-Est on se focalise sur l'immigration et l'insécurité. C'est pourquoi on peut avoir des doutes sur leur sincérité. Le Front national surfe sur le contexte de crise et la faiblesse des partis de gouvernement. Marine Le Pen et son équipe savent ce qu'ils font et ne craignent pas la démagogie. Une partie des électeurs pensent que les outrances du père sont derrière nous, que ce parti a changé. Ils y mettent leurs espoirs.

Le logo du M.S.I. (Movimento sociale italiano - Destra nazio  

Le logo du M.S.I. (Movimento sociale italiano - Destra nazionale) et l'ancien logo du Front National.


Marine Le Pen refuse l'étiquette d'extrême-droite pour le Front national. Qu'en pensez-vous ?

D'où vient la flamme du Front national ? Le logo du FN est directement inspiré de celui du MSI, le mouvement fasciste italien. Même s'il a évolué graphiquement au fil des années, ce logo a pour origine celui d'un parti fasciste. Le MSI a d'ailleurs soutenu financièrement les débuts du Front national, en particulier la campagne pour les élections législatives de 1973. Donc, à l'origine, il n'y a pas de doute, le Front national est un parti d'extrême-droite. Et il continue de l'être, quoi qu'en dise Marine Le Pen qui cherche à dédiaboliser son parti et sait bien ce que le terme d'extrême-droite peut avoir d'infamant. Mais il n'empêche que le FN est bien un parti d'extrême-droite qui continue d'en prôner les valeurs nationales identitaires, poursuit son discours xénophobe et sécuritaire, et place toujours au centre de ses propositions la « préférence nationale » rebaptisée « priorité nationale ». Le Front national de 2014 n'est pas un nouveau parti, il est le prolongement de son prédécesseur.

“D'ici 2017,
il ne sera pas si facile
d'éviter les dérapages.”

Marine Le Pen veut dédiaboliser son parti. L'objectif aujourd'hui est clair : il s'agit de prendre le pouvoir...
Jean-Marie Le Pen a entretenu un rapport fluctuant avec le pouvoir. Le voulait-il vraiment ? Le tournant, c'est évidemment ses propos du 13 septembre 1987, quand il a déclaré à l'émission Le Grand Jury, sur RTL, que les chambres à gaz étaient un « point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale ». Il sait très bien qu'avec de tels mots, il devient l'homme politique infréquentable, le « diable de la République » et qu'il ne parviendra jamais au pouvoir. Jean-Marie Le Pen était une sorte de dilettante de la politique. Mais pas ceux qui l'entouraient. Bruno Mégret, par exemple, visait clairement le pouvoir.

Marine Le Pen a la même stratégie, son ambition de faire du Front national un parti de gouvernement et de devenir présidente de la République ne fait aucun doute. C'est tout l'objet des changements qu'elle a opérés : le choix des personnes dont elle s'entoure et qu'elle met en avant, Florian Philippot par exemple, diplômé d'HEC et de l'ENA, l'effort pour présenter un programme crédible, en phase avec les préoccupations des Français ou encore, nous l'avons dit, la mise sous le boisseau de l'antisémitisme. Elle veut donner du FN une image respectable. Toute la difficulté est d'éviter les dérapages. Le FN aujourd'hui n'hésite pas à exclure ses éléments les plus sulfureux, par exemple Alexandre Gabriac, conseiller régional Rhône-Alpes, en 2011, à la suite de la publication dans la presse de photos le montrant effectuant le salut nazi.

Il sera intéressant, à ce propos, de suivre les décisions des nouveaux maires FN. Une des premières mesures de Steeve Briois, à Hénin-Beaumont a été de supprimer la subvention de la Ligue des droits de l'homme. Franck Briffaut, le maire de Villers-Cotterêts, a refusé, le 10 mai, de célébrer l'abolition de l'esclavage. David Rachline, à Fréjus, s'oppose à la construction d'une mosquée. A Béziers, Robert Ménard, soutenu par le FN, recrute des policiers municipaux, interdit d'étendre le linge aux fenêtres et aux balcons dans le centre ville historique où vivent de nombreuses familles gitanes et maghrébines, impose un couvre-feu pour les enfants de moins de treize ans. D'ici les élections présidentielles de 2017, il ne sera pas si facile d'éviter les dérapages et de garder l'image de respectabilité souhaitée. D'autant plus que les nouveaux élus sont pour la plupart très jeunes, inexpérimentés et totalement néophytes en politique.

Qui sont les électeurs du Front national ?
A l'origine, l'électorat du FN était plutôt bourgeois. Depuis 1995, les ouvriers en constituent une composante importante. En 1973, moins de 3 % d'ouvriers ont déposé un bulletin FN dans l'urne. Aujourd'hui, ils sont près d'un tiers à le faire. Aux européennes, ils étaient même 43 %. Le Front national séduit également de plus en plus les jeunes. 30 % des moins de 35 ans qui ont voté aux européennes ont choisi le FN. Le parti soigne d'ailleurs son organisation jeunesse, le Front national de la jeunesse (FNJ), qui a été refondu après l'élection présidentielle de 2012. Son nouveau directeur national, Julien Rochedy, est à l'image de la mue opérée par Marine Le Pen, physique avenant, apparence lisse, propos policés.

Enfin, le vote FN ne suscite plus la même réticence chez les femmes qu'à ses débuts. Depuis 2012, les femmes votent pour le FN autant que les hommes. Le fait qu'une femme soit à la tête du parti a évidemment beaucoup joué. Marine Le Pen a travaillé son image, elle est « moderne », mère de famille au parler franc mais sans outrance, elle a maigri, changé de coiffure et de façon de s'habiller. Elle est allée voter en veste rose. Rien à voir avec son père qui n'attirait guère l'électorat féminin.

“Aujourd'hui, le FN est un parti
d'extrême-droite,
mais il n'est pas fasciste.”

L'électorat du Front national est-il en train de passer du vote protestataire au vote d'adhésion ?
Pas encore, mais la question se pose avec de plus en plus d'acuité. C'est tout l'enjeu des présidentielles de 2017. Il me semble que les motivations des électeurs FN évoluent, que cette adhésion est en train de monter. Elle concerne essentiellement la thématique raciste, anti-immigrés. Les électeurs ont peur. C'est sur cette peur que la « marque » Le Pen n'a cessé de se développer, qu'elle a installé sa crédibilité. C'est facile pour elle aujourd'hui de prospérer sur la peur dans le contexte économique et social que nous connaissons.

Marine Le Pen stigmatise ce qu'elle nomme « l'UMPS ». Le rapprochement des politiques des deux partis de gouvernement, le choix du néolibéralisme par le PS, ne jouent-ils pas également en sa faveur ?
Evidemment, et les deux partis de gouvernement affichent la même impuissance face à la crise. Marine Le Pen les met dans le même sac, ses électeurs aussi. Ils n'ont plus confiance dans la classe politique qui est aujourd'hui dans un rare état de déliquescence. La droite risque l'implosion, la gauche est à terre. Les scandales politico-financiers, les affaires, Cahuzac, aujourd'hui Copé, sont dévastatrices. Un des slogans du FN est ainsi formulé : « Tête haute, mains propres ». Ce n'est pas par hasard. Ils exploitent, comme toujours, la situation, du pain bénit pour eux.

Comment contrer le FN ? Dans votre livre, vous dites qu'en l'assimilant au fascisme, la gauche « se trompe manifestement de terrain et d'époque »...
Oui, c'est trop facile et cela ne sert pas à grand-chose car le qualificatif est outrancier. C'est vrai que le Front national a des origines fascistes, mais le terme renvoie à une définition politique précise, à un moment précis de l'histoire. On n'agira pas efficacement contre le FN en se limitant à des injures. Aujourd'hui, le FN est un parti d'extrême-droite, mais il n'est pas fasciste. Il faut faire l'effort de le connaître, de décortiquer son programme. Et c'est là dessus qu'il faut l'attaquer politiquement, en analysant et en déconstruisant calmement son discours. Aujourd'hui, un grand nombre d'électeurs votent pour lui, en croyant qu'il peut apporter de bonnes solutions à la situation de crise que nous vivons. Il faut discuter, argumenter, leur montrer qu'ils se trompent. Il faut se mettre au travail.

A lire

Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées, de Valérie Igounet. Ed. du Seuil, 496 p., 24 €.

Racisme - Le Monde diplomatique : Nouveaux visages des extrêmes droites « Manière de voir » n° 134 — Avril - mai 2014

Trente ans de manifestations antiracistes, de pétitions indignées, de pamphlets assassins, de mobilisations morales n’auront rien empêché. Les droites extrêmes ont toujours pignon sur rue, notamment en Europe. Trente ans d’échec qui mériteraient, à tout le moins, que l’on s’interrogeât sur le diagnostic et, pourquoi pas, sur les éventuels remèdes.

 

Lire le compte rendu de ce numéro, paru dans Le Monde diplomatique d’avril 2014, par Jean-Yves Camus.

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Un fascisme made in France ?

La pensée complotiste 

25/02/2014

Poutine pour toujours ?

 

Photo

 Le goût de la vérité n’empêche pas de prendre parti” A.Camus

Le cauchemar climatisé...   Ce qui est étonnant, avec ces romans antitotalitaires inspirés non seulement par la sauvagerie du fascisme et du stalinisme, mais également par la folie du contrôle total dans les démocraties commerciales, c'est qu'ils continuent d'être remisés au second rayon. En 1953, lorsque Fahrenheit 451 a paru en feuilleton aux Etats-Unis, il faisait pourtant figure de roman très sérieux. Pourquoi cette relégation dans les banlieues de la littérature, dont le seul George Orwell a fini par être extrait ?

 

Jean-Christophe Rufin, Globalia. Gallimard, Paris 2004 ; réédition, Paris: Gallimard, 2005, 499 p. La description de l’économie de Globalia n’est guère précise. On apprend simplement qu’elle est dominée par les monopoles et de ce fait étroitement contrôlée par une poignée de chefs d’entreprises mondiales. L’influence qu’ils exercent collectivement est pratiquement sans limites, au point de déposséder les institutions démocratiques de la réalité du pouvoir. L’abstention lors des consultations électorales est généralisée. Comme l’avoue un député : « Les gens ne se dérangent que pour les élections qui ont un sens » 

 

L'obsession sécuritaire

On a souvent évoqué le contexte du maccarthysme pour éclairer la genèse de Fahrenheit 451. Bradbury n'a jamais confirmé ou infirmé cette hypothèse. En revanche, certaines scènes du film de François Truffaut évoquent de toute évidence les autodafés nazis. Mais, autant que les folies du XXe siècle, ce sont les mutations présentes de la techno-science économique que le roman de Bradbury donne à mieux penser. Le bonheur obligatoire, avec abrutissement télévisé en flux continu, calmants et antidépresseurs, ça ne vous dit rien ? 
 

 

Jean-Christophe Rufin, Globalia. Gallimard, Paris 2004 ; réédition, Paris: Gallimard, 2005, 499 p 

Poutine pour toujours ?

Réalisé en 2014 par Jean-Michel Carré  
 
Date de sortie : 26 février 2014  

 

Les chefs


 

En 2007, «Le Système Poutine», diffusé dans plus de quarante pays, démontait l'inexorable montée au pouvoir de Vladimir Poutine, un obscur sous-lieutenant du KGB. Ce documentaire reprend l'histoire en 2011. Après des élections truquées, Vladimir Poutine est réélu président, pour douze ans peut-être. La répression à l'encontre de ses opposants est immédiate, accompagnée du vote systématique de lois liberticides : la Russie est désormais un Etat totalement asservi aux «services de forces». Poutine est le maître absolu et incontesté de la police, de l'armée et des renseignements. Jean-Michel Carré dresse un état des lieux de la Russie actuelle

Quatorze ans, bon sang ! Quatorze ans qu'il dirige la Russie d'une main de fer, et Poutine tel un tsar sur son trône impérial, semble déterminé à présider son pays pour toujours. Cette perspective révolte une partie de la population qui hurle désormais sa colère et sa soif de changement dans la rue, au risque de prendre des coups. Car Poutine réprime comme jamais - la libération des Poussy Riot et de l'oligarque Khodorkoski n'étant bien entendu que des concessions faite à l'occident pour échapper au boycott des Jeux de Sotchi.

Fort de ses victoires sur la scène internationale, le chef du Kremlin ne joue plus les apprenti démocrate. Il pose aujourd'hui clairement en chef absolu d'une Russie regorgeant de gaz et de pétrole, en gardien de valeurs morales (hautement conservatrices cela va de soi....) qui auraient déserté l'occident dépravé....

 

Photo : L'affaire Jérôme Cahuzac révèle juste la face émergée de l'iceberg. On nous fait croire que le peuple est souverain, parce qu’il choisit son maître parmi quelques dirigeants possibles, tous plus assoiffés de pouvoir les uns que les autres 

> Cahuzac blanchi ? Après L'Obs, le JDD - Arrêt sur images

Bienfait des opérations du saint Esprit et de la télétransportation. Le blanchiment de Cahuzac qui allait bon train a déraillé

A droite, sur la photo, les reliefs de la ci-devant Lagarde encore sur la sellette dans l'affaire Tapie

État libéral dégénéré : « […] il n’y a pas plus de raisons d’assimiler le libéralisme à tout ce que des libéraux, ou des hommes supposés tels, ont à quelque moment proclamé comme un évangile. Ils peuvent très bien s’être trompés, et dans la mesure où ce qu’ils considéraient comme du libéralisme a eu des conséquences antilibérales, ils se sont certainement trompés. » L'argent sans foi ni loi 2 


10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire

" Il n'y a pas d'alternative " 21/07/2011

" Les réformistes acceptent l'économie de marché non seulement parce que l'on n'a pas le choix, mais aussi parce qu'elle est garante de libertés."

Rocard

" Il n'y a pas d'alternative "

Très bon article de Serge Halimi, surtout après le désarroi de la gauche ( PS) après le scandale de DSK. 10 mai 1981, triste anniversaire ( source monde diplomatique)


Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer !

dimanche 11 mars 2012, par AnarSonore

 L’effervescence médiatique prend de l’ampleur, et les parieurs pérorent devant le comptoir sur les chances de tel ou tel candidat. Pourtant, peu de surprise dans le scénario, car il y aura un vainqueur, quel qu’il soit, et la victoire du champion déchaînera la liesse de ses électeurs. Ceux-ci auront l’ivresse de l’après match, tandis que les adversaires battus iront au lit penauds. Ressourcé par l’alternance -ou pas-, le pays sera stable, entrant dans un état de grâce…, ou d’apathie pour les perdants.

Mais il subsiste une information qu’aucun journal ne délivrera, un fait majeur masqué par les feux de Bengale de la victoire ou de la consternation. L’État républicain restera debout, plus fort que jamais en ce lendemain de suffrage ! Réjouissez-vous, hommes d’ordre, policiers, juges, soldats et magistrats, car votre pouvoir sera assuré ; dormez sur vos deux oreilles, exploiteurs de tout poil, car la paix civile sera garantie par la nuée de petits bulletins comme autant de faire-part d’une défaite : celle des travailleurs et laissés-pour compte, toujours victimes de ce jeu de dupes.

Jadis, le roi était sacré, doté de pouvoirs magiques et oint d’une huile miraculeuse. Entrant dans les bonnes villes de France, honoré de bustes et de médailles, il régnait "sur ordre de Dieu". Mais Dieu est mort entre-temps, et une Révolution plus loin, il fallait trouver un moyen pour que l’Etat absolu que les rois avaient créé survive. Ce moyen, ce fut la souveraineté du peuple, vous savez : celui qu’on réduit en bouillie pendant les guerres, celui que l’on hypnotise au moyen de la télévision, celui à qui l’on vole le fruit de son travail en lui disant qu’il est moins intelligent que le patron qui le dirige !

Depuis, on nous fait croire que le peuple est souverain, parce qu’il choisit son maître parmi quelques dirigeants possibles, tous plus assoiffés de pouvoir les uns que les autres. Alors on organise une cérémonie pour l’occasion : on pavoise les villes un dimanche…, on convoque les gens avec solennité à passer dans des cabines où ils seront face-à-face avec leur destin, comme dans un photomaton. Puis, devant des témoins impassibles et sourcilleux, parce qu’on leur a dit depuis l’école qu’il n’y avait pas d’autre solution, ils votent Tartempion plutôt que Tartuffe.

Et Tartempion de faire sa sale besogne, sans vergogne aucune, car il considère qu’il est au-dessus de nous tous, que nous allons nous taire et qu’il a absolument tous les droits, car nous les lui aurions donnés par ce suffrage. Droit de faire la guerre, droit de mater les grèves, droit de protéger les riches et leur vol en bande organisée, droit d’empêcher les pauvres de manger la même chose que les autres, droit de la propriété qui laisse des logements vides en plein hiver. Il va le faire, parce qu’il est élu ! Ce jour-là, nombre de personnes honnêtes auront signé un chèque en blanc pour retourner ensuite à leur quotidien bien précaire. En réalité, elles n’avaient d’autre choix que de voter pour ce régime de représentation, quand elles avaient l’illusion d’un vote souverain.  ( cf voir posts sur  mario monti,  mario draghi : Mario Draghi ou le pompier pyromane,  françois hollande, La finance imaginaire : L'information judiciaire qui a fait tomber Cahuzac Mis à jour le 19/03/2013 ). 

Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie : Thème de cet article : Crise de la zone euro : sortir de l’ambiguïté 
Texte complet de la lettre « secrète » de Trichet à l’Italie : privatisez et réduisez vos salaires pour sauver l’euro ( Facebook) : " 29 septembre 2011  – Le quotidien italien Corriere della Sera dévoile aujourd’hui le texte complet de la fameuse « lettre secrète » envoyée à Berlusconi le 5 août par le président sortant de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et son successeur Mario Draghi, ancien cadre de la banque Goldman Sachs

doc PDF intéressant a lire : ]  Mario Monti au Figaro :  «  Mon gouvernement peut tomber demain, nous ne sommes pas ici pour survivre, mais pour accomplir un un bon travail » propos recueilli par Richard Heuzé du 05/01/2012. 

Golman Sachs , Les Etats-Unis le terrorisme institutionnalisé - hensozu, Pourquoi je quitte Goldman Sachs", Tant qu'il y aura de l'argent...
Nous avons tous pourtant une autre possibilité, et nous ne parlons pas ici de la passivité futile ou de l’abandon de la souveraineté à un tyran. Nous parlons de dire ce que nous pensons, avec la conscience claire que nous avons autant de bon sens que ceux qui veulent nous diriger. Nous parlons aussi de refuser à quiconque le droit de parler en notre nom, de décider à notre place ou de prendre un mandat sans honorer ses engagements.

Nous avons en commun la décence d’oeuvrer chaque jour à la survie de la société, à l’avenir de nos enfants, à la solidarité nécessaire entre les hommes, quand les hommes de pouvoir n’oeuvrent qu’à leur indécence particulière. Ne servons pas leur intérêt bien compris par nos suffrages : il n’y a pas plus de saints que d’hommes providentiels ! Nous seuls pouvons et devons décider de nos propres vies, et ce faisant destituer les maîtres au lieu de les choisir.

Edito d’Anarchosyndicalisme ! n°128 - Mars-Avril 2012

Il importe de construire dès aujourd'hui les résistances à cette attaque et de se poser dès maintenant la question d'aller plus loin que la simple résistance à l'austérité...



Documents joints
Les maîtres ne sont pas à choisir, mais à destituer ! (MP3 – 3.2 Mo) 
Anarchosyndicalisme ! n°128 - Mars-Avril 2012 (PDF – 41.4 Mo) 
 La bourgeoisie telle qu'en elle-même – ZEC plus Ultra, Zebre en cavale 
L'Europe va-t-elle couper les vivres à ses pauvres ? Manifestation à Paris « Annulons la dette », Lois et lobby financiers, DE LA SERVITUDE MODERNE - YouTube, La BCE : polique monétaire
Chypre, symbole de l’Europe en difficulté ?- Antalya

a lire : http://zec.blogs.letelegramme.com/archive/2013/02/23/cahuzac-blanchiment.html , http://citoyenactif.20minutes-blogs.fr/archive/2013/03/20/les-maitres-ne-sont-pas-a-choisir-mais-a-destituer.html

Jean- Michel Carré reprend donc Poutine là ou il l'avait laissé, en 2007, dans son passionnant Système Poutine. Quelques mois plus tard, en 2008, contraint de raccrocher son costume de président ( la constitution ne tolère que deux mandats consécutifs) Poutine forment un coup diabolique : il fait élire une marionnette Dimitri Medvedev, qui le nomme Premier Ministre. Entremélant témoignages - d'historiens, d'opposants et de soutiens à Poutine - et d'archives de qualité, puisées jusque dans les émissions de variétés, Poutine pour toujours? révèle la vraie nature du Kremlin. Et esquive son grand dessein, la constitution d'une Union soviétique

 

«  

Photo : Avant tout, je dois dire que les gouvernements me répugnent. je suis fermement convaincu qu'il n'y a pas, qu'il n'y aura jamais de bon gouvernement. 

Tous sont mauvais, qu'ils s'appellent monarchies absolues ou républiques constitutionnelles. Le gouvernement c'est la tyrannie parce qu'il limite la libre initiative des individus et sert seulement à soutenir un état social impropre au développement intégral de l'être humain. Les gouvernements sont les gardiens des intérêts des classes riches et éduquées.
ricardo flores magon

« La menace du syndrome ukrainien »

Les réunions du G20 sont aussi instructives par les silences ou les blancs concernant les grands sujets du moment et là, il est difficile de ne pas remarquer l'absence de toute référence à l'Ukraine. Un sujet particulièrement embarrassant puisque comme l'expliquait ce dimanche Olexandre Tourtchinov, le nouveau chef du Parlement ukrainien et chef de l'Etat par interim, l'Ukraine "est en train de glisser vers le précipice d'un défaut de paiement".

Les premiers chiffres des besoins en capitaux du pays par la nouvelle équipe au pouvoir avoisinent 35 milliards de dollars sur les deux prochaines (tiens, c'est précisément le montant de la facture des Jeux Olympiques de Sotchi pour la Russie) ; à part le FMI, personne n'est capable de mettre sur la table une telle somme.

L'Ukraine, enjeu géostratégique pour la Russie

Quelle serait la réaction du Kremlin s'il se trouvait confronté à une sorte d'OPA amicale de puissances occidentales sur l'un de ses alliés historiques les plus stratégiques ?

Mais surtout, en imaginant que l'Europe décide de mobiliser tous ses moyens et que la BCE ouvre les vannes monétaires (façon QE-infinity comme la Banque centrale du Japon)... quelle serait la réaction du Kremlin s'il se trouvait confronté à une sorte d'OPA amicale – ou pire, une "odieuse mise sous tutelle financière" – de puissances occidentales sur l'un de ses alliés historiques les plus stratégiques ? Car l'Ukraine procure à la Russie des ports et des bases militaires ouvrant sur la mer Noire et le flanc est de l'Europe, des approvisionnements vitaux en céréales... et c'est l'un des principaux clients pour l'industrie de l'armement russe, quel que soit l'état des finances du pays. Vous voyez l'idée.

Chacun comprendra dans ces conditions la prudence de l'Europe qui doit en plus traiter avec Poutine de l'épineuse question Syrienne – un autre cas de régime allié infréquentable mais qui constitue pour Moscou une pièce essentielle sur l'échiquier géostratégique global.

En contraignant Poutine, qui s'efforce de ne jamais s'impliquer dans une cause perdue, à confier à ses principaux lieutenants (dont le Premier Ministre D. Medvedev) la tâche ingrate de soutenir jusqu'au bout Victor Ianoukovitch, l'Europe est peut-être parvenue pour une fois à s'imposer comme une entité diplomatique crédible. Et c'est maintenant le maître du Kremlin qui se retrouve en situation délicate. Non pas qu'il doive redouter de voir l'Ukraine faire sécession et "passer à l'ouest" (ce qui déclencherait une guerre civile dont même l'administration Obama ne voudrait pas endosser la responsabilité), mais l'exemple d'un régime corrompu et violent renversé par la rue risque d'inspirer d'autres mouvements de révoltes dans d'ex-républiques soviétiques d'Asie centrale, au demeurant beaucoup plus prospères que l'Ukraine qui, finalement, constitue un boulet financier pour Moscou depuis 10 ans.

Il s'agit le plus souvent de simili-pétromonarchies inféodées à Moscou et soumises à des dictatures autocratiques ubuesques (avec Président à vie élu avec 98% des suffrages).

Alors faute de promettre de sauver l'Ukraine, le G20 a opté pour une annonce spectaculaire : le décret d'une croissance additionnelle de +2% d'ici 2020. De quoi occuper un peu le microcosme journalistique et financier.

La "menace" du syndrome ukrainien

Car chacun sait qu'avec quelques mesures adéquates – et ne parlons même pas de quelques malheureux milliers de milliards de billets de Monopoly imprimés par les banques centrales –, il n'y a qu'à claquer des doigts pour que la croissance s'aligne sur les objectifs des puissants de ce monde...

Or quelqu'un semble s'être aperçu que ça ne marche pas à tous les coups.

Heureusement, en même temps qu'il identifiait le problème, il découvrait la solution – c'est à cela que l'on reconnait un cerveau supérieur et c'est pourquoi l'élite mondiale manipule légitimement les leviers de l'économie et pas nous. Ce pur génie n'est autre que Joe Hockey, un ministre australien étiqueté "conservateur", qui déclarait en préambule du sommet du G20 à Sidney (il jouait à domicile, cela autorise toutes les audaces intellectuelles) "qu'il fallait assouplir toutes les régulations car elles font obstacle à une allocation efficiente des ressources".

Si nous persistons à vouloir réguler contre toute logique économique le capitalisme sauvage (euh pardon, libre et parfait), imparablement, c'est le syndrome ukrainien qui nous attend au bout du chemin.

Du pur Adam Smith au premier degré, une apologie de l'utopie ultralibérale la plus naïve (ou la plus cynique) qui consiste à laisser la "main invisible" continuer de nous conduire dans la joie et la bonne humeur vers un monde de prospérité, de richesse partagée et de démocratie ! Sous-entendu : si nous persistons à vouloir réguler contre toute logique économique le capitalisme sauvage (euh pardon, libre et parfait), nous nous dirigerons vers l'instauration d'un étatisme planificateur à la soviétique et, imparablement, c'est le syndrome ukrainien qui nous attend au bout du chemin.

Car il ne fait aucun doute que le modèle de développement européen (austérité, chômage de masse, croissance nulle, dumping salarial et fiscal intra-UE) est exactement ce à quoi le peuple ukrainien

UKRAINE Le cauchemar des "casques noirs"

02.12.2013 | Courrier international

La violente répression des manifestants qui dénonçaient le refus du président Ianoukovitch de signer l'accord d'association avec l'Union européenne a marqué le mouvement de contestation qui, désormais, réclame la chute du gouvernement.

 

VU DE POLOGNE Ukraine : entre solidarité et déception l ne faut pas laisser tomber l'Ukraine, affirment les médias polonais. Mais, pour ce faire, il faut peut-être revoir la politique européenne envers ce pays

 

RUSSIE - ARMÉNIE

Moscou renforce sa coopération militaire avec Erevan

03.12.2013 | Courrier international

Au lendemain du sommet de Vilnius qui s'est conclu par un échec européen, l'Ukraine ayant refusé de signer l'accord d'association, Moscou progresse sur la voie de l'intégration des pays ex-soviétiques.

 

 

UKRAINE

"Ianoukovitch choisit la force"

10.12.2013 | Courrier international

L'écrivain ukrainien Iouri Androukhovytch lance un appel désespéré : les forces de l'ordre ont commencé à faire le ménage sur la place de l'Indépendance et à s'en prendre aux sièges de l'opposition.

 

UKRAINE

Visite de John McCain à Kiev : une vengeance contre la Russie ?

16.12.2013 | Courrier international

Le sénateur américain partisan d'une politique de fermeté à l'égard de Moscou a rendu visite le 15 décembre aux manifestants de Kiev. Pour le quotidien prorusse Kievski Telegraf, il s'agit d'une "vengeance" contre la Russie pour son rôle dans le conflit syrien.

 

UKRAINE

L'empire russe attendra

16.12.2013 | Oukraïnsky Tyjden

Kiev a besoin de l'UE : en ne signant pas l’accord d’association, Viktor Ianoukovitch n'a fait que retarder un rapprochement inévitable.

 

UKRAINE

La Révolution de l'expérience

18.12.2013 | Oukraïnsky Tyjden

Les événements de Maïdan prouvent-ils effectivement que les "révolutions sont faites par la jeunesse" ? Analyse sociologique du mouvement ukrainien.

 

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vendredi, 21 février 2014

L'extrême droite en Ukraine

Des groupes néo-nazis ukrainiens sont regroupés dans la formation nationaliste d’extrême droite Pravy Sektor (Secteur de droite) qui est à l'intiative des violences lors des manifestations pro-UE "EuroMaïden". Pour Jean-Marie Chauvier, ceux qu'on appelle  par euphémisme les jeunes " volontaires de l’autodéfense" sont en fait de véritables commandos levés par l’extrême droite dans son bastion de Galicie.

 

svoboda

On retrouve dans Pravy Sektor : Svoboda, Trizouba, l'UNA-Unso (Assemblée Nationale Ukrainienne – Autodéfense Nationale Ukrainienne), Trident ou encore Patriotes qui ont tous en commun d'être xénophobes, antisémites, homophobes et russophobes.

Svoboda, liberté ?!

En 2004, le Parti national-socialiste d’Ukraine, fondé en 1995, change de dénomination pour celle moins effrayante de Svoboda (Liberté). Depuis il continue de se réclamer de ses racines historiques et tout particulièrement de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) dont la branche armée collabora activement avec les nazis et participa au génocide. Le président ukrainien sortant, Victor Iouchtchenko, avait d'ailleurs accordé à titre posthume le titre de "héros national de l'Ukraine " à Stepan Bandera le chef de cette organisation.

"Le 30 juin 1941, l’OUN-b proclame un État ukrainien, dont le gouvernement est dirigé par Iaroslav Stetsko. « Gloire à l’armée allemande et au Führer Adolf Hitler ! », dit une de ses proclamations . Berlin refuse ce nouvel Etat, Bandera et Stetsko sont internés. La politique de l’occupant contredit les rêves des indépendantistes ukrainiens, considérés par les nazis comme des Untermenschen (sous-hommes), à l’instar de tous les Slaves." (J.-M Chauvier)

Le parti Svoboda est principalement implanté dans l'ouest de l'ukraine où il a remporté 30 à 40 % des suffrages au élections du 28 octobre 2012. C'est la 5ème force politique du pays.

 

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"Svoboda s'est également illustré en protestant contre l'organisation d'une gay pride à Kiev et s'est indigné qu'une artiste au teint mat représente l'Ukraine au concours de l'Eurovision. L'an passé [2011], le parti avait organisé une manifestation contre le pèlerinage dans la petite ville d'Ouman de Juifs hassidiques sur la tombe de Nahman de Bratslav, charismatique rabbin décédé en 1810. À plusieurs reprises, Oleh Tyahnybok, le chef de Svoboda, a qualifié le régime du président Ianoukovitch de «mafia judéo-moscovite». Plus récemment, un militant de Svoboda s'est offusqué que l'on fasse état des origines ukrainiennes de l'actrice américaine Mila Kunis, soulignant qu'elle était en réalité «juive». " (Figaro 2012)

 

Le 1 janvier 2014, à l'appel de Svoboda,  une manifestation de 25.000  manifestants à Kiev pour célébrer le chef de guerre fasciste Stepan Bandera dont on reconnait le portrait ici et là. L' emblème de ce parti est omniprésent : trois doigts de la main couleur or - version du trident ukrainien -  sur une bannière azur. On voit aussi le drapeau rouge et noir de l’OUN-b.

Comme chaque année, Svoboda commémorera le 28 avril la création en 1943 de la division Waffen SS "Galitchina" (Galicie) dont elle soutient la réhabilitation. Cette division SS était en partie composée de volontaires ukrainiens sous l’occupation nazie.

 

Tradition : le portrait de Stepan Bandera et un militant qui porte le symbole de la rune wolfsangel, celui de Svoboda quand il était le parti national-socialiste d'ukraine. C'est aussi le symbole de la 2° division SS Das Reich : ayant perpétrés en France les massacres de Tulle, de Combeauvert, d'Argenton-sur-Creuse, d'Oradour-sur-Glane...*

Quelques informations sur les élections d'octobre 2012 par  Annie Lacroix-Riz

Le élections qui ont eu lieu le 28 octobre 2012 étaient les élections parlementaires. 450 députés ont été élus en un seul tour, la moitié par scrutin uninominal majoritaire, l'autre moitié par scrutin proportionnel.

Un minimum de 5% des voix est nécessaire pour être représenté au Parlement ukrainien (Rada suprême). Cinq partis ont franchi ce seuil en 2012 :

1.      Le Parti des Régions : 30%, 187 sièges. Formation de l'actuel président Viktor Ianoukovitch, réputé pro-russe en Occident. Sa base électorale se trouve essentiellement dans les régions de l’Est et du Sud, largement russophones.

2.      Batkivchtchina : 25,54%, 105 sièges. Coalition de l’opposition dont la figure majeure est Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, actuellement en prison. Batkivchtchina a sa base électorale dans les régions de l’Ouest et du Nord de l'Ukraine, plus tournées vers l'Occident et berceau du nationalisme ukrainien.

3.      UDAR : 13,96%, 39 sièges. Parti d’opposition de droite récemment créé par le boxeurVitali Klitchko.

4.      Le Parti communiste : 13,18%, 32 sièges. Partidirigé par Piotr Simonenko, réputé de tradition soviétique, dont la remontée s’observe surtout dans les fiefs ouvriers traditionnels de l’Est, du Sud et de Crimée. Une analyse de son succès électoral a été faite sur le blog Solidarité Internationale du PCF.

5.      Svoboda : 10,44%, 37 sièges. Cette formation d'extrême droite n'est autre que l’ancien Parti social-national réputé néonazi, antisémite et russophobe. Elle est dirigée par Oleh Tiahnibok, autre figure marquante de la Révolution orange.

 

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>Les ultranationalistes forcent le passage de Maïdan, par Sergueï Sidorenko, Elena Tchernenko  - Courrier International,

 > L'extrême droite ukrainienne infiltre le mouvement pro-européen à Kiev,  p

Le poids de l'extrême-droite en Ukraine, Par Pierre Magnan - Geopolis

 > Les puissances occidentales fomentent un coup d’intestat néo-nazi en Ukraine; Sur le site Solidarité et progrès ; Un document élaboré par une équipe de journalistes d’enquête de l’Executive Intelligence Review (EIR).

 >Ukraine et la renaissance du fascisme en Europe, par Eric Draitser - Counterpunch, traduit sur le site investig'action

 > Ukraine: quand les nazis mènent le bal par Geoffroy Gérard legros

 >

 

Manifestation de Svoboda.

« Bandera, Choukhevitch, nos héros, ils se sont battus pour nous. »

 

La schizophrénie européenne
Les années d'austérité forcenée imposées à nombre de pays de la zone euro ont abouti à l'inverse de l'effet recherché et mis l'économie française en difficulté.

 

DÉBAT

L'Europe décalée - L’UE face à sa seconde refondation

04.12.2013 | presseurop.eu

La crise économique et financière de ces 5 dernières années a laissé une trace profonde dans l’UE, aggravant la méfiance entre Etats membres et affaiblissant le sentiment de destin commun. Il est temps de rénover le leadership de l’Union et d’agir concrètement, estime El País.

 

La Une du moment

Ceux qui voient l’Ukraine avec les lunettes de la guerre froide

Jean-Louis Borloo: «le choc s(c)eptique»

Cornillac brillant en médiocre

Edward Bernays, le père de…,, Les Yes Men refont le monde , Les raisons de la colère , Qui sont les milliardairesderrière les tea party, Enquête sur un scénario…, Les vrais maîtres du monde ??? (Durée : 30 min )

 

Les chefs

21/01/2013

Zeitgeist: un film proche de l'extreme droite!

 

La pensée complotiste : pensée complotiste d'A. Soral

La pompe à phynance - Les blogs du Diplo : - de Frédéric Lordon ( cf  source : Conspirationnisme : la paille et la poutre - Les blogs du Diplo )

Mis sur facebook : : Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, l’élite ne s’en sent que mieux fondée à penser et gouverner à sa place.
Pour une pensée non complotiste des complots (quand ils existent) :

Photo : Les Illuminati - syti.net : cf : voir : théorie du complot, conspirationisme, théorie, complot 

Zeitgeist: un film proche de l'extreme droite!

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A l'heure ou le conspirationnisme comme explication de la crise fait des ravages y compris chez certains anarchistes, voici un article qui démonte le film phare des conspis zeitgeist...

 

Sur les références de ZeitGeist The Movie (film qui a été mis à l’écart par le “mouvement” ZG pour préférer la diffusion de films plus léchés), voir également cet article :
http://coirault-neuburger.blog.lemonde.fr/2009/03/25/le-f...

L’article ci-dessous a été publié en anglais britannique pour la première fois sur le site de l’organisation britannique The Third Estate (le Tiers-État), le 20 mars 2010. Son auteur a préféré garder l’anonymat. Il y montre les ressorts du discours du film Zeitgeist: The Movie, très populaire sur l’internet et aujourd’hui bien connu parmi les militants qui ont participé au mouvement des indignés en France. Ainsi, il établit les rapports tout à fait remarquables entre la logique du discours de Zeitgeist et les Protocoles des Sages de Sion, un faux document censé démontrer que les Juifs conspirent pour dominer le monde.

En effet, suite à la diffusion (et à la réception) massive de ce film – qui a connu depuis de nouvelles moutures – des réseaux militants de Zeitgeist se sont montés et constituent actuellement une organisation de plus en plus influente dans les mouvements sociaux. A l’insu de la plupart de ceux qui en ont entendu parler, et même de personnes qui y participent, le film et le mouvement Zeitgeist (TZM) participent de la fachosphère actuellement en plein développement, recrutant massivement dans les milieux paranoïdes de l’association ReOpen 11/9.

Le contexte politique strasbourgeois a été déterminant pour nous pousser à traduire cette analyse en français. En effet, la polémique autour du site fascistoïde Activeast (lire à ce sujet la brochure écrite par “Des anarchistes” relayée sur L’Alsace Libertaire et sur la Feuille de Chou ; Activeast a depuis continué ses publications antisémites[1] tout en zonant, de plus ou moins loin, chez les indignés), relai et soutien inconditionnel du mouvement ZeitGeist, nous a conduit à nous intéresser de plus près à ce “mouvement”.

Si l’analyse de The Third Estate date un peu, les traits essentiels de son analyse demeurent donc tout à fait d’actualité. Nous avons souhaité en offrir la traduction en français aux militants progressistes. Car au-delà d’une simple critique du mouvement Zeitgeist, il montre la nébuleuse idéologique dans laquelle ce mouvement se déploie, et notamment un passage très intéressant sur le mouvement américain larouchiste (qui a sa branche française sous le nom de Solidarité et Progrès, l’organisation politique de Jacques Cheminade). L’auteur cherche à aborder les enjeux philosophiques des lectures conspirationnistes pour le mouvement socialiste.

Zeitgeist exposed – Traduit du site the Third Estate.

Dans le roman policier classique d’Agatha Christie Les Meurtres ABC, le détective Hercule Poirot en vient à la formulation suivante: “Quand remarque-t-on au moins une épingle? Quand elle est dans une pelote d’épingles. Quand remarque-t-on au moins un meurtre? Quand c’est un meurtre parmi une série de meurtres reliés les uns aux autres.” Je souhaiterais donner une extension à la pensée de Poirot: “Quand remarque-t-on au moins une théorie du complot extrêmement pernicieuse et dangereuse? Quand elle se situe dans un film de deux heures parmi d’autres théories du complot.”

Ces dernières années, de nombreuses personnes m’ont dit que je devrais regarder le film Zeitgeist: The Movie. Toutes ces personnes étaient de gauche ou des progressistes, et chacun d’entre eux m’a dit que le film offrait un bon exposé du pouvoir dans le monde moderne. Ces gens venaient de milieux et d’âges très divers, certains étaient syndicalistes, d’autres socialistes, certains étaient Britanniques, d’autres Américains. Le film est parvenu à des chiffres d’audience massifs, à une échelle mondiale, avec plus de 3.000.000, de vues sur Youtube, et encore plus sur DVD ou Google Video. Et parmi tous ces gens qui m’ont recommandé ce film, aucun n’a remarqué ses rapports étroits avec le vieux mythe de la “conspiration juive mondiale”.

Dans cet article, je tente d’exposer la relation de ce film avec des textes et des mythes antisémites plus anciens, et démontre plus précisément comment ces théories sont fabriquées pour avoir l’air de gauche ou progressiste (liberal). Je souhaite expliquer pourquoi ce film est devenu si attirant pour des personnes qui sont par ailleurs engagées dans des luttes authentiques contre le capitalisme, contre la guerre, ou pour préserver l’environnement. Je m’intéresse particulièrement à la relation entre le film et le livre intitulé Les Protocoles des Sages de Sion, ainsi que l’utilisation qu’il fait d’autres tropes antisémites qui ont existé à travers la modernité.

Zeitgeist: The Movie est divisé en trois parties: la première se concentre sur la relation entre la symbologie astrologique et l’histoire de Jésus; la deuxième sur “la vérité à propos du 11 septembre”; et la troisième est à propos de la finance internationale. L’argument est que le christianisme n’est pas original dans sa forme particulière de mythologie, mais qu’au lieu de cela, il n’est qu’une rapiéçage de mythes plus anciens, en se focalisant sur les divinités solaires. Que l’on tienne cet argument pour vrai ou pour faux, cela n’a que très peu de conséquences sur la manière de comprendre la société moderne. La deuxième section du film expose la théorie selon laquelle le 11 septembre [2001] fut un complot gouvernemental (inside job) commis par l’État Américain. Beaucoup de gens pensent cela, et la plupart des informations sont inaccessibles; mais l’argument que je souhaite exprimer, c’est que ces deux théories complotistes sont, à bien des égards, sans conséquences sur la signification générale du film. Elles sont un écran de fumée pour justifier la dissémination de matériel antisémite dans la section finale du film.

Que sont les Protocoles des Sages de Sion?

Les Protocoles sont un livre publié pour la première fois en Russie, aux alentours du tournant du dernier siècle. C’est un document frauduleux, un faux et une fiction, conçu pour être lu comme s’il s’agissait d’un texte écrit par les Juifs ayant l’intention de diriger le monde. Il suggère que le peuple Juif vise à exercer une domination mondiale par un processus de prise de contrôle des gouvernements, de contrôle des médias, de contrôle des banques, en escroquant la populace au sens large. L’assertion est que les Juifs souhaitent réduire le monde en esclavage en créant un gouvernement mondiale. Bien sûr, le texte est profondément antisémite, et il a été montré à de nombreuses reprises qu’il s’agit bien d’une contrefaçon, mais a été fréquemment employé au cours du XXe et du XXIe siècles pour justifier les atrocités commises à l’encontre des Juifs. De plus, il demeure populaire dans certaines contrées du monde, et au sein de certaines organisations de droite ou fascistes.

La relation entre les deux textes

Il est assez aisé de dire que les contenus de Zeitgeist et des Protocoles des Sages de Sion se recouvrent largement, en prenant quelques extraits choisis. Par exemple, Zeitgeist dit: “Les banquiers internationaux disposent d’une machine bien huilée pour étendre leurs ambitions personnelles”, là où les Protocoles disent: “les rouages de la machine de tous les États sont mus par le force de l’appareil, qui est entre nos mains, et l’appareil de la machinerie de nos États, c’est l’or.” Mais je suggérerais que ce genre de critique ne va pas assez loin. Je montrerais plus volontiers que l’intégralité de l’argument de la troisième section du film a été directement tirée des Protocoles. C’est la même argumentation, dans une langue subtilement modifiée, qui est, en tant que telle, simplement antisémite. Je m’attache à cinq aspects particuliers: le gouvernement mondial; l’usage de la guerre; la manipulation de la populace; l’attrait pour l’or et l’argent (money); et l’idée d’une cabale secrète toute-puissante.

Le gouvernement mondial

L’une des grandes craintes des théoriciens complotistes est celle d’un gouvernement mondial. Ce point est tout à fait explicite à la fin de Zeitgeist dans une discussion sur l’Union Nord-Américaine, l’Union Asiatique, l’Union européenne et l’Union africaine. Ils disent finalement: “quand le temps sera venu, ils fusionneront ensemble pour former la dernière étape du plan sur lequel ces hommes ont planché pendant plus de 60 ans: un gouvernement mondial… Une seule banque, une seule armée, un seul centre du pouvoir.” Cet argument est à mettre en rapport avec l’introduction du Protocol 3 dans lequel nous lisons: “Aujourd’hui, je puis vous assurer que nous ne sommes plus qu’à quelques pas de notre but. Encore une courte distance à franchir, et le cercle du Serpent symbolique – le signe de notre peuple – sera complet. Quand ce cercle sera fermé, il entourera tous les États de l’Europe comme de chaînes indestructibles.” Les Protocoles poursuivent dans le Protocole 5: “Par tous ces moyens nous opprimerons tant les Chrétiens qu’ils seront contraints de nous demander de les gouverner internationalement. Dès que nous aurons atteint une telle position, nous pourrons aussitôt absorber toutes les puissances gouvernementales du monde entier et former un supergouvernement universel.”

L’usage de la guerre

Il y a une section du film qui affirme que les justifications de l’Amérique pour entrer dans un grand nombre de guerres mondiales seraient orchestré par “les hommes derrière le gouvernement.” Nous apprenons que le naufrage du Lusitania était planifié, que l’incident du Golfe du Tonkin ne s’est jamais produit, qu’on avait connaissance de Pearl Harbor bien avant que cela ne se produise, et bien sûr que le 11 septembre était un complot interne (inside job). Et nous apprenons que les deux parties aux conflits ont été financées par les mêmes “banquiers internationaux”. Cette section du film est directement tirée du Protocol 7, qui dit: “Dans toute l’Europe, et avec l’aide de l’Europe, sur les autres continents, nous devons exciter la sédition, les dissensions et l’hostilité mutuelle. Il y a à cela double avantage : d’abord nous commandons par ces moyens le respect de tous les pays qui savent bien que nous avons le pouvoir de créer les soulèvements à volonté ou de restaurer l’ordre. [...] Nous devons être à même de répondre à toute opposition par une déclaration de guerre du pays voisin de l’État qui ose se mettre en travers de notre route ; mais si ces voisins, à leur tour, devaient se décider à s’unir contre nous, il faudrait leur répondre en déchaînant une guerre mondiale.”

Je ne vais pas dire que les guerre n’ont pas été déclenchées par cynisme, parce que bien sûr elles l’ont été, et je ne dis pas non plus qu’il ne fallait pas s’opposer à la plupart des guerre, parce que – là encore – il le fallait. Mais force est de constater que la structure de cet argument particulier de la guerre est fondé sur l’idée que les Juifs dominent le monde, et doit donc être rejetée.

Manipuler la populace

Il y a deux branches de la théorie classique de la conspiration juive expliquant comment les gens sont abêtis et dupés. La première, et en fait celle-ci est plus significative dans l’histoire des théories sur la conspiration juive, est cette idée selon laquelle les Juifs sont en charge des médias. La seconde, qui a été moins largement employée mais apparaît bien dans Zeitgeist: the Movie, est l’idée que les Juifs contrôlent le système éducatif pour le rendre inefficace. La question du contrôle juif sur les médias est traitée par le Protocole 12 dans lequel il est écrit: “Aucune information n’atteindra la société sans passer par notre contrôle. Ceci est déjà pour nous un point acquis par le fait que toutes les nouvelles sont reçues de toutes les parties du monde par un petit nombre d’agences qui les centralisent. Lorsque nous serons arrivés au pouvoir, ces agences nous appartiendront entièrement et ne publieront que les nouvelles qu’il nous plaira de laisser paraître.” Et dans le Protocole 13: “Pour les empêcher de se découvrir une nouvelle ligne de conduite en politique, nous les distrairons également par toutes sortes de divertissements : jeux, passe-temps, passions, maisons publiques. / Nous allons bientôt lancer des annonces dans les journaux, invitant le peuple à prendre part à des concours de tout genre : artistiques, sportifs, etc. Ces nouveaux divertissements distrairont définitivement l’esprit public des questions qui pourraient nous mettre en conflit avec la populace.” Dans Zeitgeist, des questions semblables sont traitées, mais on y discute en particulier d’une “culture entièrement saturée par des loisirs des médias de masse.” Nous apprenons que les mêmes personnes derrière la prise de contrôle programmée de la société sont “derrière les médias dominants.”

A la fois dans Zeitgeist et dans les Protocoles, nous voyons certaines discussions sur le système éducatif. Dans Zeitgeist, on nous parle de la “pente déclinante du système éducatif des États-Unis d’Amérique” et il est dit que “[le gouvernement] ne souhaite pas que nos enfants soient éduqués.” Sans surprise, le même argument est utilisé dans le Protocole 16: “Lorsque nous serons au pouvoir, nous supprimerons des programmes d’éducation tous les sujets qui pourraient troubler le cerveau de la jeunesse ; nous en ferons des enfants désobéissants, aimant leur maître et reconnaissant dans sa personne le pilier principal de la paix et du bien public.” Le narrateur de Zeitgeist dit: “La dernière chose que veulent les hommes derrière le voile, c’est un public conscient et informé”, faisant écho au sentiment du Protocole 5 qu’”il n’est rien de plus dangereux que l’initiative personnelle”.

La focalisation sur l’or et l’argent: la réserve fédérale et l’usurier Juif

Les Protocoles (en particulier les Protocoles 21 et 22) et Zeitgeist se concentrent largement sur les questions concernant l’or et l’argent (money). Les deux offrent une théorie selon laquelle les problèmes de la société sont causés par l’argent et les systèmes monétaires contrôlés par un petit groupe de personnes aux principes moraux discutables. Ce qui est important ici, c’est la focalisation sur l’argent plutôt que sur le capital et la production. Au lieu d’offrir des perspectives critiques sur les structures à l’intérieur de la société qui conduisent à l’oppression et à la pauvreté, la vision générale est que la société est conçue comme essentiellement bénévole et que ce bénévolat est subverti par des problèmes dans la sphère des échanges (circulation).

Pendant des siècles, remontant aussi loin que l’expulsion des Juifs de Bretagne en 1290, l’accusation d’usure a été portée à l’encontre des Juifs pour des motifs antisémites. Zeitgeist déclare à propos de l’impôt fédéral sur le revenu: “approximativement 25% du revenu moyen du travailleur est prélevé par cet impôt et devinez où cet argent va? Il sert à payer l’intérêt sur les devises produites par la réserve fédérale. L’argent que vous vous faites en travaillant trois mois dans l’année va littéralement dans les poches des banquiers internationaux.” Là encore, pour ne pas apparaître aussi racistes qu’ils le sont vraiment, le terme “Juifs” est remplacé par “banquiers internationaux”. C’est une fois encore une reprise d’un mythe antisémite. Comment dans tous ces exemples, les arguments sont tirés d’anciennes théories antisémites. Ils n’offrent pas une explication de systèmes économiques et politiques nationaux ou mondiaux, ils ne sont là que pour favoriser une attitude de haine à l’encontre d’une fraction prédéfinie de la société.

Une cabale secrète?

En fin de compte, l’argumentaire qui est déployé tout le long de Zeitgeist est que le monde est contrôlé par une petite société secrète d’individus, et dans le contexte de l’histoire des théories conspirationnistes, ils parlent des Juifs. Quand le film évoque les réunions de ces “banquiers internationaux” qui sont “maintenues secrètes et cachées du public”, les discussions sur “un ordre du jour mis en oeuvre par une élite sans foi ni loi” (ruthless elite), ou “les personnes qui se cachent derrière le gouvernement”, ses auteurs ne font que redonner vie à un vieux mythe raciste que nous devons faire disparaître.

Il y a une insistance dans les théories conspirationnistes sur le fait que quelqu’un ou un groupe quelconque de gens est personnellement responsable de tous les maux de la terre, ce qui a toujours été clairement en lien avec l’antisémitisme tout au long de la modernité. Pendant des centaines d’années, les Juifs ont été sanctionnés comme boucs émissaires officiels du capitalisme. Quand les systèmes de production appauvrissent les gens, les Juifs sont toujours accusés; là où les gens avaient l’impression que les impôts étaient injustes, les Juifs ont toujours été accusés; quand les gens se sentaient aliénés par les structures de la société, on leur a dit qu’ils étaient en fait aliénés parce qu’ils n’étaient pas invités aux réunions secrètes des Juifs. En fin de compte, ces théories nous écartent d’une critique du capitalisme. Le philosophe Slovène Slavoj Zizek souligne ce point en référence à l’antisémitisme de Wagner quand il écrit: “Il a besoin d’un Juif: ainsi, d’abord, la modernité – ce processus impersonnel abstrait – trouve un visage humaine, est identifié à un caractère concret, palpable; puis, dans un second mouvement, en rejetant le Juif qui donne pleinement corps à ce qui est désintégré dans la modernité, on peut conserver ses avantages. Pour être concis, l’antisémitisme n’apparaît pas comme un antimodernisme à proprement parler, mais une tentative de combiner la modernité avec le corporatisme social, ce qui est caractéristique des révolutions conservatrices.”

Qui était le Sénateur Louis McFadden?

Louis McFadden, qui est abondement cité dans Zeitgeist, fut un sénateur des États-Unis d’Amérique dans la première moitié du XXe siècle. Il fut aussi un antisémite notoire, et a prononcé les propos suivant: “aux États-Unis aujourd’hui, les Gentils ont des bouts de papier alors que les Juifs ont l’argent ayant cours légal.” Il est cité par deux fois dans le film: “Un système bancaire mondial a été installé ici… un super-État contrôlé par des banquiers internationaux agissant ensemble pour asservir le monde pour leur propre plaisir…” et “cet événement a été soigneusement préparé. Les banquiers internationaux ont cherché à créer les conditions du désespoir pour apparaître comme nos maîtres à tous.” Dans le contexte de la vision du monde de McFadden, il utilise le terme “banquiers internationaux” comme un épithète pour les Juifs. Ce qui est notable, c’est que les réalisateurs de Zeitgeist semblent omettre ce contexte, pour suggérer que McFadden est simplement en train d’offrir une critique du capitalisme. Le fait est qu’à l’intérieur des théories conspirationnistes, l’étiquetage des Juifs comme “banquiers internationaux” et le “capital financier international” est un trope commun. Ces citations auraient été entendues à cette époque, et sont encore comprises dans ce sens par beaucoup de gens aujourd’hui, comme étant des postures antisémites.

L’Affaire Jeremiah Duggan et la vérité à propos de Lyndon LaRouche

Un autre personnage plus louche encore qui apparaît dans Zeitgeist est l’activiste politique américain Lyndon LaRouche [la branche française de son mouvement "larouchiste" n'est autre que Solidarité et Progrès, dirigée par J. Cheminade, candidat "martien" aux élections françaises de 2012]. Je sentais que je devais inclure l’histoire suivante comme une preuve anecdotique pour montrer à quel point ces gens peuvent être dangereux:

Jeremiah Duggan était un étudiant britannique à la Sorbonne qui mourut en 2003 dans des circonstances suspectes. Dans les mois qui précédèrent sa mort, Duggan s’est impliqué dans ce qu’il croyait être une organisation pacifiste (anti-war organisation). En fait, il s’était engagé dans l’une des organisations politiques dirigées par le militant politique Américain Lyndon Larouche. En mars de cette année, Duggan a assisté à une conférence d’une de ces organisations à l’Institut Schiller (appartenant au mouvement larouchiste) à Wiesbaden, en Allemagne. Au cours des réunions, Duggan s’est révélé être Juif, et pourtant, au cours de ces réunions, les Juifs étaient accusés d’avoir déclenché la guerre, réanimant les vieux mythes conspirationnistes à propos des juifs encourageant les guerres parce qu’elles facilitent leur contrôle social. Il dit dans ses discours à la conférence: “ce complot pour lancer une nouvelle guerre a été intellectuellement préparée par des gens qui, comme Hitler, admirent Nietzsche, mais “étant Juifs, ils ne pouvaient pas intégrer le Parti Nazi, en dépit du fait que leur fascisme était absolument pure”! Aussi extrémistes que Hitler! Ils les ont envoyés aux États-Unis. [...] Qui est derrière cela? [...] L’équipe du système-de-banque-centrale indépendant, les cloportes*. Les intérêts financiers.”

A environ 5heures du matin, après que Duggan a révélé son identité juive à la conférence, il appela sa mère. Il dit: “Maman… Je suis dans… j’ai de gros problèmes… Tu sais cette “Nouvelle Solidarité?..” Ils disent, “Je peux pas faire ça” … Je veux m’en aller.” Et à ce moment-là, le téléphone a coupé. Et il sonna une nouvelle fois presque immédiatement…. et la première chose qu’il dit à ce moment était: “Maman, je suis menacé.” Elle réalisa qu’il était dans une telle situation de danger qu’elle lui dit: “Je t’aime”. Et il lui dit alors: “Je veux te voir maintenant!”. Elle lui dit: “Oui, où es-tu Jerry?” Et il lui répondit: “Wiesbaden” _ “Comment tu l’épelles?” _ “W I E S” et le téléphone coupa.

Le jour suivant, Jeremiah était retrouvé mort, et des membres du mouvement Larouchiste déclarèrent qu’il s’était suicidé. Les enquêtes sont encore en cours pour déterminer ce qui s’est passé cette nuit. Dans les dernières semaines, une deuxième enquête sur sa mort a été annoncée.

LaRouche est connu comme un théoricien de la conspiration juive depuis plus de 30 ans maintenant. Cette organisation est sectaire et dangereuse (l’une des raisons pour lesquelles je choisis d’écrire anonymement), et le contenu de bien des choses qu’il dit peuvent être retrouvées dans les sortes d’allégations sur les Protocoles des Sages de Sion. Que fait donc un homme comme cela dans un film dont la portée est d’être une critique progressiste et de gauche de la société?

Zeitgeist et la Gauche

Ce qui, à bien des égards, est troublant dans ce film est qu’il semble porté vers la gauche ou le progressisme. A la fin du film, on voit des images du Mahatma Gandhi, de Martin Luther King et John Lennon. Tout le long du film, nous avons des citations du comédien de gauche Bill Hicks et une section est consacrée à Michael Meacher, politicien au New Labour. Il est affirmé une fois encore que l’objectif du film est d’affirmer l’unité de l’humanité, de dépasser les différences, que ce soit de classes, de races ou de sexes. On est tenté de penser que le film offre une critique de gauche radicale. A la place de cela, il se livre à des théories qui seraient plus en accord avec les libertariens de droite. Je ne sais pas pourquoi le groupe Zeitgeist cible particulièrement la gauche. C’est peut-être une mesure de division, mais aussi une arène dans laquelle ils peuvent convertir des gens à leur manière de penser. Ce qui est clair toutefois, c’est que l’insinuation selon laquelle les idées qui y sont exprimées sont de gauche ou progressistes, et le déploiement de citations de progressistes notoires, est totalement cynique.

Le problème positiviste

Il y a une raison en particulier pour laquelle ces conspirations peuvent sembler compatibles avec des modes de pensées de gauche, et cela a à voir avec le problème philosophique du positivisme. Exprimée dans sa forme la plus élémentaire, c’est que les idées concernant la transformation sociale ne peuvent pas être directement exprimées dans le langage ou des modes de pensées acceptées par la société qu’elles visent à transformer. Et ce problème est commun à toutes les théories de transformation sociale. La branche la plus influente de ce type de pensée remonte probablement de Hegel à Marx, et puis aux Marxistes du XXe et XXIe siècles. La solution pour eux a été de parler dans les termes d’une dialectique, c’est-à-dire, en comparant la conscience sociale avec la réalité matérielle. La conclusion significative sur ce type de pensée est que la conscience de la société, jusqu’à un certain point, est toujours fausse.

Les théories conspirationnistes considèrent la question d’une autre manière. Ils disent que si notre conscience de la société est toujours fausse, elle est rendue fausse par un petit nombre de puissants qui les rendent fausses. Ils pensent que nous sommes toujours dupés par une cabale omnisciente qui contrôle chaque aspect de nos vies. Et la solution diffère également. Pour les Marxistes et les Socialistes, le problème est que la société produit un certain niveau de conscience (consciousness) qui ne nous permet pas de comprendre pleinement notre paupérisation dans le travail, dans le chômage, ou dans l’impuissance, et la solution est la transformation radicale de la société vers un monde plus juste et moins fondé sur l’exploitation. Pour les théoriciens du complot, la réponse est l’élimination de cette soi-disant petite élite toute-puissante. Ils ne pensent pas que la société a besoin de la moindre transformation supplémentaire que celle-là.

C’est une terrain philosophique difficile à fouler. Nous prenons un risque immense à critiquer les théoriciens du complot de ne pas être positivistes, de ne pas travailler dans des modes de pensée acceptés. Au lieu de cela, ce que nous devons dire est que leur mode de pensée critique particulier ne propose pas une solution correcte pour résoudre les problèmes de la société, et plus encore repose davantage sur la division que sur l’unité. Nous devons montrer que l’inégalité dans la société est structurelles plus que basées sur les souhaits d’un petit groupe de Juifs.

Que faire ?

Zeitgeist: The Movie croît sans cesse en popularité, et plus encore ils sont en train de se constituer un mouvement. De plus en plus de gens sont influencés par ce que le film a à dire, sans pour autant réaliser d’où il vient. Il est important qu’aussi largement que possible, nous puissions présenter le sous-titrage antisémite du film. Nous devons montrer que ce film est cyniquement positionné pour influencer les progressistes et les gens de gauche. En ciblant les idées présentées par Zeitgeist, il est important de ne pas chicaner sur des détails, mais plutôt d’essayer de comprendre la politique que ce film dans son ensemble essayer de décrire? Nous devons lire à travers les nombreuses couches de théories conspirationnistes qui y sont présentes, et de comprendre qu’il y en a une à laquelle ils souhaitent que nous croyions et celle-là est, bien sûr, la plus dangereuse et la plus pernicieuse.

Il est important de comprendre que le type de critique sociale qu’offre le mouvement Zeitgeist ne peut pas être séparé de la théorie de la conspiration juive. On ne peut pas prendre des textes antisémites classiques, remplacer le mot “Juif” par “banquier international” ou “capital financier international” et ensuite croire que sa théorie n’est plus antisémite. Bien sûr, il y a de très bons arguments selon lesquels le capitalisme et l’impérialisme sont en effet très dangereux. Il y a de très bons arguments dans une perspective de gauche ou progressiste pour dire que les guerres en Afghanistan ou en Irak n’auraient jamais dues être engagées. C’est à ce moment-là qu’il faut reconnaître que la fin ne justifie pas les moyens. Nous n’avons pas les moyens de soutenir toute cause simplement parce qu’elle est anticapitaliste, ou toute cause parce qu’elle est anti-guerre, ou alors nous prenons le risque de coucher avec des fascistes. Plutôt, nos positions sur le capitalisme et sur la guerre doivent émerger d’une critique en profondeur plutôt qu’à ressasser ou à rebaptiser de vieux récits antisémites.

Pour répandre ce message aussi largement que possible, je vous encourage à republier ce texte sur votre propre site internet, de l’envoyer à des amis ou à des camarades, à le montrer à toute personne qui vous parle de “ce nouveau film fabuleux qu’il faut absolument que tu voies.” L’une des meilleure manière de le faire, si vous êtes sur Twitter, c’est [de le parteger sur twitter]. Si possible, faites le lien vers The Third Estate pour qu’ils puissent surveiller l’ampleur de la dissémination de ce matériau. Dans les semaines qui vienne, je vais recréer cet article comme une vidéo avec une voix-off, un peu dans le style de Zeitgeist: The Movie pour répandre ces vues à toujours plus de monde qui pourraient être influencé par ce film odieux.

* Dans le texte, slime-mold, qui signifie amibes collectives. Le terme en français étant difficile à comprendre en soi, j’ai préféré le traduire par “cloporte”.

[1] Dernièrement on trouvera sur le site d’Activeast, entre autres, une défense de Faurrisson (https : //activeast.wordpress.com/2012/09/15/spectaculaire-reponse-de-faurisson-au-journal-le-monde-qui-lui-a-consacre-deux-pages-dinsultes/), une explication selon laquelle les “1%” sont juifs (https : //activeast.wordpress.com/2012/01/07/1-pour-les-gouverner-tous-qui-sont-les-99-dindignes/)…

 
 
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