Avertir le modérateur

22/09/2012

Roms : la commune humanité bafouée

 

Roms : la commune humanité bafouée
 
 
roms,la commune humanité bafouée,pétition,la borne passante, Ces anciens fachos qui nous... gouvernent.surveillance, société privé, privatisation de la sécurité, alain bauer, le consortium de la peur, la bande à bauer, l’idéologie sécuritaire ,

Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.

Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale : Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

 

 

Les premiers signataires :

Karim Abboub, psychanalyste
 Benjamin Abtan, Président du Mouvement Antiraciste Européen EGAM 
Michel Agier, directeur d'études EHESS
 Eric Alliez, Philosophe, Université Paris 8 / Kingston University 
Jean-Loup Amselle, anthropologue Etienne Balibar, philosophe 
Fethi Benslama, Professeur de Psychopathologie
 Anne Emmanuelle Berger, professeure de littérature et d'études de genre, Paris 8 
Jacques Bidet, professeur émérite à l'Université de PARIS OUEST 
Bertrand Binoche, professeur à Paris-I 
Luc Boltanski, directeur d'études à l'EHESS 
Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la magistrature
 Frank Burbage, Professeur de philosophie 
Alain Brossat, Professeur de philosophie (émérite), Université Paris 8 
Cécile Canut, linguiste, Paris Descartes 
Alice Cherki, psychiatre, psychanalyste, essayiste
 Ariane Chottin, psychologue Nathalie Chouchan, Professeur de philosophie 
Hélène Cixous, Ecrivain Olivier Clochard, président de Migreurop 
Michèle Cohen-Halimi, maître de conférences en philosophie à l'Université de Paris Ouest Nanterre
 Patrice Cohen-Séat, Président d'Espaces-Marx Catherine Coquio, professeure de littérature à Paris-Diderot (Paris 7)
 Philippe Corcuff, maître de conférences à l'IEP de Lyon et membre du conseil scientifique d'Attac 
Claude Corman, cardiologue Marie Cuillerai, département de philosophie de Paris 8 
Jean-Pierre Dacheux, docteur en philosophie 
Françoise Dastur, Professeur honoraire des universités, Archives Husserl de Paris 
Marianne Denicourt, comédienne Ivaylo Ditchev, Professor of cultural anthropology
 Suzanne Doppelt, auteur Stéphane Douailler, Professeur de philosophie, Université Paris 8
 Espaces Marx Eric Fassin, sociologue, Paris 8 
Michel Feher, philosophe, président de l'association cette France-là 
Goran Fejic, analyste politique, ancien fonctionnaire international Franck Fischbach, Philosophe, Univ. Nice 
Sophia-Antipolis Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherches CNRS 
Frédéric François, linguiste Marie Gaille, philosophe, chargée de recherche au CNRS
 Patrick Gonin, Enseignant chercheur Université de Poitiers 
Elisabeth Gauthier François Gèze, éditeur Lisa Ginzburg, journaliste
 Alfredo Gomez-Muller, Professeur Université de Tours
 Robert Guédiguian, cinéaste 
Serge Guichard, Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms 
Hugo Haas, architecte, La Cigüe 
Jean-Frédéric de Hasque, réalisateur – anthropologue 
Chantal Jaquet, Philosophe, professeur à l'université Paris1-Panthéon-Sorbonne
 Alain Joxe, ancien directeur d'études à l'EHESS, directeur du CIRPES
 Alain Keler, Photographe 
Françoise Kerleroux, linguiste, professeur à la retraite, Paris 10 Nanterre 
Cécile Kovacshazy, maître de conférences en littérature comparée 
Denis Lachaud, écrivain 
Thomas Lacoste, cinéaste et éditeur, La Bande Passante
 Catherine Larrère, Université Paris 1 Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
 Jean-Pierre Lefebvre, Ecole Normale Supérieure 
Olivier Legros, MCF Université de Tours et membre Urba-Rom 
Catherine Lévy, sociologue 
Jean-Marc Lévy-Leblond, Professeur émérite de l'université de Nice 
Jean-Pierre Liégeois, sociologue 
Daniele Lochak, universitaire, présidente honoraire du Gisti
 Isabelle Lorand, chirurgienne, responsable Droits et liberté PCF 
Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS, Paris 
Seloua Luste Boulbina, Directrice de programme, Collège International de Philosophie 
Charles Malamoud, Indianiste, directeur d'études honoraire, Ecole pratique des hautes Études 
Philippe Mangeot, enseignant 
Nicolas Martin-Granel, chercheur associé à l'ITEM (CNRS/ENS) 
Stéphane Maugendre, président du Gisti Jacques Message, 
Chaire supérieure de philosophie (Amiens) 
Renée Le Mignot co-présidente du MRAP 
Christophe Mileschi, écrivain, italianiste 
Ariane Mnouchkine, metteuse en scène 
Richard Moyon, Réseau Education sans frontières, RESF 
Laurent Mucchielli, sociologue Jean-Luc Nancy, philosophe 
Pap Ndiaye, historien EHESS 
Catherine Neveu, Directrice de recherche au CNRS
 Gérard Noiriel, EHESS, Paris 
Bertrand Ogilvie, professeur de philosophie, psychanalyste, université Paris 8-Saint
 Denis Salvatore Palidda, DISFOR-UNIGE, Universita' degli Studi di Genova 
Claude Pennetier, Directeur du Maitron, chercheur CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle Germinal Pinalie, Revue Classes Mathieu Potte-Bonneville, Collège International de Philosophie / ENS de Lyon Jean-Luc Poueyto, anthropologue, Université de Pau et des Pays de l'Adour Vincent Rafis Isabelle Rèbre, cinéaste Marie-Joëlle Redor, Enseignant chercheur à l'Université de Caen Basse-Normandie Judith Revel, philosophe, maître de conférences, univ. paris 1 panthéon-sorbonne Revue Vacarme Claire Rodier, vice-présidente de Migreurop Diogo Sardinha, Directeur de programme au Collège international de philosophie Pierre Sauvêtre, Doctorant en science politique, chargé de cours à Sciences-Po Paris Guillaume Sibertin-Blanc, Philosophe James T. Siegel, anthropologue émérite, Cornell University Andrée Tabouret-Keller, linguiste Sébastien Thiéry, politologue Louis-Georges Tin, président du CRAN Michel Tort, psychanalyste Transform! Eleni Varikas, Professeur émérite, Université Paris 8 Patrick Vauday, Professeur à l'Université Paris 8 Patrice Vermeren, Directeur du département de philosophie, Paris 8 Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS 

 

 

N'hésitez pas à diffuser largement cet appel.

 

 

roms,la commune humanité bafouée,pétition,la borne passante,ces anciens fachos qui nous... gouvernent.surveillance,société privé,privatisation de la sécurité,alain bauer,le consortium de la peur,la bande à bauer,l’idéologie sécuritaire


 

 

 

roms,la commune humanité bafouée,pétition,la borne passante, Ces anciens fachos qui nous... gouvernent.surveillance, société privé, privatisation de la sécurité, alain bauer, le consortium de la peur, la bande à bauer, l’idéologie sécuritaire ,La Bande Passante

Le Passant Ordinaire

Editions du Passant

L'Autre Campagne

L'Autre Association

 

Acquérir ou diffuser les films LBP
Soutenir LBP

 

  

 roms,la commune humanité bafouée,pétition,la borne passante,ces anciens fachos qui nous... gouvernent.surveillance,société privé,privatisation de la sécurité,alain bauer,le consortium de la peur,la bande à bauer,l’idéologie sécuritaire

Sans consigne de vote, notez que La voix des Rroms ne signe, ni ne relaie, cette pétition. Explication ici: Le déni d’identité ne rétablit pas la commune humanité! | La voix des Rroms

18/09/2012

surveillance : rapport sur les rassemblements de personnes

 

 

Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire

marchands de la peur.jpg

Du haut de la chaire qui lui a été créée sur mesure au Conservatoire national des arts et métiers par M. Nicolas Sarkozy, M. Alain Bauer entend promouvoir la « criminologie » en France. La conquête d’une position académique apparaît comme la dernière victoire de cet ancien consultant en sécurité urbaine, conseiller écouté d’élites politiques de droite comme de gauche et chéri des médias. L’ouvrage de Mathieu Rigouste permet de comprendre cette ascension apparemment irrésistible. Elle repose sur un système d’échanges, de dons et de contre-dons avec une série d’autres personnages que l’auteur regroupe sous le label de « bande à Bauer ». Si l’on peut émettre quelques réserves sur le cadre général d’explication, ce livre n’en reste pas moins un passionnant voyage dans l’univers des « marchands de peur », pour qui la « sécurité globale » sert de substitut à l’anticommunisme de naguère. extrait monde diplomatique, un scénario Globalien, le scénario, entretien de JC Ruffin, autre sujets similaires  Xavier Niel, Les patrons orphelins de DSK, 10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire

 

Alain Bauer et le consortium de la peur, 8 août ( extrait du livre : " Alain Bauer, comme Yves Roucaute et de nombreux néoconservateurs, vient de la gauche libérale et anticommuniste ...") .

Avec un rapport de 150 pages à télécharger ma foi fort intéressant"

Diffusion intégrale du rapport sur les rassemblements de personnes.

 

Entre 2007 et Août 2009, la Direction générale de la gendarmerie nationale et le sociologue Normand Fillon ont collaboré dans la réalisation d'un rapport, regroupant des informations sur tous les types de rassemblements existant en France, qu'ils soient festifs, politiques ou apolitiques. Ainsi l'état cherche a étudier non plus uniquement la manière de gérer ces rassemblements, mais également le profilage des personnes présentent au sein de ces événements. Des millions d'individus sont ainsi passés au crible.

Chaque année depuis 2009, le Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale fait évoluer ce rapport qui sert de véritable base à l'évolution militaro-sécuritaire des forces de sécurité françaises, en publiant des comptes-rendus des réunions.

http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/crgn/Recherche/A...


Ce rapport, sortant de leur contexte des points qui nous ont semblé marquants, vise surtout à pointer du doigt le fait que des études très sérieuses sont menées par des chercheurs civils pour servir de base de travail aux acteurs de la Défense, qui a leur tour se feront un plaisir de rédiger des prospectives alarmistes permettant de légitimer une future militarisation - jugée inéluctable - des forces de maintien de l'ordre.

Grâce au travail abouti d'universitaires, le maintien de l'ordre enrichit ses connaissances relatives à nos mouvements et peut ainsi étudier les moyens de nous anéantir tranquillement. Et tout cela au regard de la nécessaire paix sociale.

Ce document est toujours resté interne au ministère de l'intérieur. Il n'est jamais sorti. Aujourd'hui, nous avons pris la décision de diffuser les 150 pages de cet effrayant profilage.

Obtenir ce type de document est toujours un succès pour nous.

Pour consulter le document et le télécharger, cliquer ici - A diffuser le plus largement

Le collectif Copwatch Nord IDF

et un petit article au sujet du rapport en question, intéressant à lire aussi

 

Dans une étude pour la gendarmerie, un sociologue, Norman Fillion, a établi une sorte d’encyclopédie des groupes actuels d’activistes. Le passage le plus inquiétant est celui, à la fin du document ("Essai de prospective croisée"), où il décrit la militarisation accrue des "forces de l’ordre".

L’interstice - 1er janvier 2011

02/09/2012

Ces anciens fachos qui nous gouvernent

 

racisme 2.jpg

 

 

A la droite, à l'extrême droite comme au centre du cercle du Capital, l'on reproche au concept de lutte de classes de diviser la société en deux camps ennemis et de prôner la haine des classes et la violence....) 

 

Ces anciens fachos qui nous gouvernent

Publié le 7 décembre 2006, mise à jour le 4 janvier 2007  Article facebook

la vidéo de Alterjt.tv. 
 

Alterjt.tv #AlterJT du 14 Avril : Qu'est ce que le #GUD ? Après les révélations du mois dernier, d'où vient ce groupuscule d'extrême droite qui tient la bourse du FN ? Une vieille bande de néo- fascistes, Bourgeois Fachos (#BoFach) qui risquent d'accéder au pouvoir dans les prochaines jours...

PS. Une petite erreur s'est glissée dans le montage au moment où je parle d'Alain Robert c'est François Duprat qui apparaît à l'image. Celui-ci était en effet lié au GUD comme au FN ensuite, mais il n'en était pas si central qu'Alain Robert, le futur conseiller de Charles Pasqua.« 

Comme l’extrême gauche (trotskiste ou maoïste...) a pu fournir au Parti socialiste de nombreux députés et membres de l’appareil, l’extrême droite a servi pendant longtemps de réservoir de cadres pour la droite. Qui sont-ils ?

Publié en juin 1993

Pour les militants activistes, les partis établis étaient le seul débouché jusqu’à l’installation du FN dans la vie politique. La droite a recyclé trois générations de militants d’extrême droite qui se retrouvent aujourd’hui aux postes de commande des partis ou de l’État. La première génération sera celle des partisans de l’Algérie française (Hubert Bassot, Alain Griotteray, Jean Taoussan...), la deuxième (Patrick Devedjan, Gérard Longuet, Alain Madelin...) vient d’Occident. Ce n’est qu’après l’échec du Parti des forces nouvelles, ou celui du GUD que certains activistes rallieront la droite classique (Gérard Ecorcheville, Alain Robert, Philippe Guignache, José Bruneau de la Salle, Hervé Novelli, Serge Didier, Guy Teissier...). Le passage vers l’extrême droite ne s’est pas fait directement, la plupart de ces anciens fascistes a été retraitée par « la machine Albertini ». Sous ce terme, on désigne les instituts (Institut d’histoire sociale (IHS), Institut supérieur du travail (IST), la revue Est-Ouest) fondés par Georges Albertini, un ancien collaborateur cadre du Rassemblement national populaire ; l’obsession de ces boîtes à penser est l’anticommunisme ; ce qui est une passerelle idéale entre la droite, l’extrême droite voire même une partie de la gauche anticommuniste [1]. Roland Gaucher écrira à propos de ces instituts « Tout ce que je puis dire à ce sujet, c’est qu’un certain nombre de ces récupérés (Madelin, Ecorcheville, Van Ghele., Nicolas Tandler...) sont passés par la machine à laver ultra-silencieuse de feu Albertini et de l’IST » [2]. L’autre centre de retraitement des activistes d’extrême droite est le Centre national des indépendants (et paysans) ; créé en 1949, ce parti permit à d’anciens pétainistes de se refaire une virginité politique ; constitué de notables, il végéta jusqu’au milieu des années 1970 où après avoir été violemment gaulliste, il se rapprocha du RPR. À la fin des années 1970 et pendant les années 1980, il accueillit de nombreux activistes, en particulier du Parti des forces nouvelles. Alain Robert, Hervé Novelli, Philippe Guignache, Yves Van Ghele, entre autres, sont passés par le CNIP avant de rejoindre la droite classique. Le CNIP était le carrefour idéal et nombre de personnalités d’extrême droite en ont été membres : Pierre Sergent (avant le FN), Yvon Briant (après le FN), Michel de Rostolan (avant le FN)...

Deux partis vont largement accueillir les anciens fascistes, au RPR on trouvera le plus d’activistes d’extrême droite auprès de Charles Pasqua (Patrick Devedjan, Bruno Tellenne, Jean Taoussan, Jean-Jacques Guillet...) ainsi qu’à l’UDF ; c’est au Parti républicain que l’on retrouve Alain Griotteray, Hubert Bassot, Alain Madelin, Gérard Longuet, Guy Tessier, Serge Didier, Hervé Novelli. Une fois ralliés à la droite, leurs ascensions seront diverses mais certains atteindront des postes-clefs.

Les sinistres ministres

 Alain Madelin, né le 26 mars 1946 à Paris. En 1963, il est à la Fédération des étudiants nationalistes où il est responsable de l’action militante. Il sera blessé à l’entrée du lycée Turgot dans une bagarre entre lycéens communistes et membres de la FEN. De 1964 à 1968, il fonde et anime le mouvement activiste Occident, il sera membre du commando d’Occident qui attaqua le 12 janvier 1967 des étudiants de gauche à Mont Saint-Aignan : cette attaque fera un blessé grave. Il quitte Occident juste avant mai 1968, pour rallier deux ans plus tard Albertini à Est-Ouest. Il est directeur de publication du journal antisocialiste Spécial banlieue lors de la campagne présidentielle de 1974. Ce journal financé par le patronat est créé par la société SERVICE dirigée par cinq anciens d’Ordre nouveau dont Gérard Penciolelli [3]. Il rallie les Républicains indépendants, devient l’adjoint de Hubert Bassot, puis secrétaire national, avant d’être élu député en 1978, 1981, 1986, 1988 et 1993. Ministre en 1986, il l’est à nouveau en 1993. Il est membre, comme Margaret Thatcher, du Mont-Pèlerin, association néolibérale adepte des théories de Milton Frydman.

 Gérard Longuet, fondateur d’Occident comme son compère Madelin. Il y est chargé de la doctrine, il fonde le GUD, puis quitte Occident avant 1968. Il est actionnaire de la société SERVICE spécialisée dans les coups politiques anticommunistes et antisocialistes. Lui aussi membre du Parti républicain, sera ministre en 1986 et en 1993. C’est un proche d’Alain Madelin.

Les députés

 Charles Millon président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, militait pour l’Algérie française. À vingt ans en 1965, il est membre du club contre-révolutionnaire l’Astrolabe de Michel Delsol. Il fonde en 1966 le club Charles Péguy puis dirige en 1968 le mouvement autonome des étudiants lyonnais. C’est un catholique pratiquant, favorable à la peine de mort et opposé à l’avortement.

 Alain Griotteray est né en 1922 et sera résistant pendant le Seconde Guerre mondiale. Favorable à l’Algérie française, il sera en 1963 actionnaire et cofondateur de Minute. Depuis 1978, il est éditorialiste au Figaro-magazine.
 Serge Didier, élu député de la 3e circonscription de la Haute-Garonne, est né le 24 octobre 1951 ; c’est un ancien du groupe solidariste Mouvement jeune révolution et du Groupe action jeunesse ; par ailleurs, il était l’organisateur toulousain des réunions de Nouvelle École. Il est membre du Parti républicain, adjoint du maire de Toulouse depuis 1983 et conseiller régional depuis 1986.

 Philippe de Villiers, député de Vendée, principal animateur du mouvement de droite extrême « Combat pour les valeurs » était en 1968 royaliste tendance Restauration nationale.

 Guy Tessier, député de la 6e circonscription des Bouches-du-Rhône, est un ancien officier parachutiste et membre du Parti des forces nouvelles, avant de rentrer en 1978 au Parti républicain. Il est conseiller général depuis 1982, maire du sixième secteur de Marseille de 1983 à 1989 et conseiller municipal. Il est élu député en 1988, mais à la suite de l’annulation, il est battu par Bernard Tapie en janvier 1989.

 Hervé Novelli, né le 6 mars 1949 à Paris, serait un des fondateurs d’Ordre nouveau, il quitte le PFN pour le CNIP avant de rejoindre le Parti républicain dont il sera désigné secrétaire en 1992. Il fut chef de cabinet d’Alain Madelin.

 Yann Piat. Cette ancienne du Front national auquel elle avait adhéré en 1972 fut la seule élue du FN en 1988, ce qui lui vaudra une place au Bureau politique. Exclue peu après, elle est réélue dans la 3e circonscription du Var avec 53,7% des voix en 1992.

 Hubert Bassot est un ancien militant d’extrême droite. Partisan de l’Algérie française, il sera directeur du journal l’Esprit public (créé en 1960 pour servir de relais politique à l’OAS-Métro). Il participa en 1963 à la création du Rassemblement pour l’esprit public qui se voulait le prolongement légal des partisans de l’Algérie française. En 1965, il soutient la candidature de Tixier-Vignancourt puis celle de Jean Lecanuet avant de rejoindre deux ans plus tard les Républicains indépendants. Conseiller de Giscard, il est l’intermédiaire entre les activistes de l’ex-Ordre nouveau et les Républicains indépendants pour les services d’ordre. Député depuis 1978.

• Les Conseillers

Charles Pasqua semble avoir une prédilection pour recruter ses conseillers dans l’extrême droite. En effet en 1988 on trouve dans son cabinet :

 Bruno Tellenne, son nègre pour ses discours les plus musclés, animateur du groupe Jalons ; il est aujourd’hui resté au Sénat.

 Jean Taousson était chargé des relations avec les Français musulmans. Ancien de l’OAS, c’est un des amis de Pierre Lagaillarde, il est aussi un lobbyste efficace pour l’Afrique du Sud.

 Patrick Devedjan, chargé des relations entre l’état-major du RPR et les fédérations. C’est un ancien d’Occident. En 1992 il va recruter :

Jean-Jacques Guillet, proche d’Occident, c’est un ami de Pierre Pasqua (le fils de Charles) ;

Alain Robert, animateur d’Occident (créé en 1964), il a fait partie du commando qui avait attaqué le 2 juin 1964 le cinéma « le Savoie ». Il participe à la tendance européaniste et nationaliste ; en 1966, il est responsable du service d’ordre et membre du comité central, il dirige le GUD en 1968. Il est condamné à un an de prison avec sursis pour avoir attaqué un groupe d’étudiants de gauche à Mont-St-Aignan près de Rouen. Responsable d’Ordre nouveau, il participe à la création du Front national, il en sera secrétaire général le 5 octobre 1972. Après la dissolution d’Ordre nouveau, il crée Faire Front puis le PFN, avant de rejoindre le CNIP. Animateur du Mouvement national des élus locaux, il s’occupe au cabinet de Pasqua des relations avec les collectivités territoriales ; William Abitbol, lui aussi est un ancien d’Occident. Ami de Guillet et de Pasqua fils, il est président de l’agence Marianne conseil en stratégie et études d’opinion.

Les seconds couteaux

On peut citer dans cette liste :

 Philippe Guignache, CNI, ami d’Alain Robert ; c’est un ancien du GUD.

 José Bruneau de la Salle : ancien d’Ordre nouveau (il a été membre du Bureau politique), il rejoint le PFN (membre du Comité central) et a été conseiller d’arrondissement à Paris sur une liste RPR.

 Yves Van Ghele : basé à Aulnay-sous-Bois, cet ancien phalangiste libanais est membre du CNI et ami d’Alain Robert.

Tous ces anciens activistes assurent que leurs engagements à l’extrême droite étaient des erreurs de jeunesse. Mais ils n’ont rejoint la droite que parce que l’extrême droite ne leur fournissait pas de débouchés politiques. C’est maintenant, pour une grande part, le FN qui attire les transfuges de la droite extrême. Qui peut nous assurer que ces anciens fascistes ne rallieront pas à nouveau l’extrême droite si celle-ci est capable de leurs fournir des postes satisfaisant leurs ambitions politiques ? Le cas de Gérard Ecorcheville est éclairant. Cet ancien d’Occident, fondateur du GUD, participa à l’aventure d’Ordre nouveau (il sera même membre du Conseil national d’ON en 1970). Retraité par la machine Albertini, il se rapproche du RPR via Alain Robert (dont il est le beau-frère) ; élu RPR à Gennevilliers, il annonce lors d’une campagne municipale qu’il ne verrait aucun inconvénient à voter pour le candidat du FN si celui-ci le devançait au premier tour. Il rallia ensuite le Front National.

Mis en ligne le 7 décembre 2006

 

[1] Ainsi André Bergeron a présidé l’Institut Supérieur du Travail. cf René Monzat Enquêtes sur la droite extrême p. 279.

[2] RLP Hebdo n°139 janvier 1984 cité par René Monzat op. cit. p.281.

[3] Aujourd’hui patron de presse proche du FN (Minute, Le Choc du mois, Enquête sur l’histoire...).

 

Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire

ces anciens fachos qui nous gouvernent,livres,alain bauer,les marchands de peur,miterrand et les cagoulard,criminalité,Éducation,idéologie,immigrés,sécurité,jeunes,personnalités,police,répression,banlieue,franceDu haut de la chaire qui lui a été créée sur mesure au Conservatoire national des arts et métiers par M. Nicolas Sarkozy, M. Alain Bauer entend promouvoir la « criminologie » en France. La conquête d’une position académique apparaît comme la dernière victoire de cet ancien consultant en sécurité urbaine, conseiller écouté d’élites politiques de droite comme de gauche et chéri des médias. L’ouvrage de Mathieu Rigouste permet de comprendre cette ascension apparemment irrésistible. Elle repose sur un système d’échanges, de dons et de contre-dons avec une série d’autres personnages que l’auteur regroupe sous le label de « bande à Bauer ». Si l’on peut émettre quelques réserves sur le cadre général d’explication, ce livre n’en reste pas moins un passionnant voyage dans l’univers des « marchands de peur », pour qui la « sécurité globale » sert de substitut à l’anticommunisme de naguère. extrait monde diplomatique, un scénario Globalien, le scénario, entretien de JC Ruffin, autre sujets similaires  Xavier Niel, Les patrons orphelins de DSK, 10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire

 

ces anciens fachos qui nous gouvernent,livres,alain bauer,les marchands de peur,le consortium de la peur,miterrand et les cagoulard,criminalité,Éducation,idéologie,immigrés,sécurité,jeunes,personnalités,police,répression,banlieue,franceAlain Bauer et le consortium de la peur, 8 août ( extrait du livre : " Alain Bauer, comme Yves Roucaute et de nombreux néoconservateurs, vient de la gauche libérale et anticommuniste ...") .Les marchands de peur. La bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire ...

 

Notes, en savoir plus (...)

François Mitterrand et l'extrême droite - Wikipédia

 

 ces anciens fachos qui nous gouvernent,livres,alain bauer,les marchands de peur,le consortium de la peur,miterrand et les cagoulard,criminalité,Éducation,idéologie,immigrés,sécurité,jeunes,personnalités,police,répression,banlieue,france

miterrand et les cagoulards ( google) 

L’extrême droite en france ( google)

 L’histoire de l’extrême droite en France ( 58 min)

Ces anciens fachos qui nous gouvernent ( google) : DEMOCRATIE, un projet inachevé… - indigné, Indigné révolté : Mitterrand le cagoulard – l’indigné révolté, saltabank, Hollande, les banques françaises et la dette grecque - ZEC plus ultra, Citizen Khane , sur fédération anarchistes, anarkia

 " S’il y a bien quelque chose que le socialiste français fera pour le continent, c’est légitimer un capitalisme européen instable de par nature et profondément injuste."

 Jérôme E. Roos
militant et économiste politique

Hollande
ces anciens fachos qui nous gouvernent,livres,alain bauer,les marchands de peur,le consortium de la peur,miterrand et les cagoulard,criminalité,Éducation,idéologie,immigrés,sécurité,jeunes,personnalités,police,répression,banlieue,france

Valls estime pouvoir "faire mieux que la droite pour assurer la sécurité" :   FTVi

"Libération" publie lundi un entretien avec le ministre de l'Intérieur.

SECURITE - La gauche au pouvoir doit faire mieux que la droite sur la sécurité, assure le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. En pleinepolémique sur l'expulsion des Roms et après une flambée de violences à Amiens, le ministre à accordé un entretien à Libération (article payant), lundi 20 août 2012.

Les chantiers de la rentrée :

- La mise en place de quinze Zones de sécurité prioritaires (ZSP)

- La création de 500 postes de policiers et de gendarmes par an

- La révision du Code de déontologie des policiers

Les points de tension :

- La doctrine en matière de sécurité. 

- La question des Roms.

Roms : la valse-hésitation de Martine Aubry

La maire de Lille semble tergiverser sur la position à tenir au sujet des camps de Roms.

 Quelle est la position exacte de Martine Aubry sur l'épineuse question des camps de Roms ? Par peur d'être accusée d'être frop ferme ou trop laxiste, la maire de Lille semble souffler le chaud et le froid. Alors qu'elle demande désormais à l'Etat de mettre des terrains à disposition des Roms, FTVi revient sur les atermoiements de la première secrétaire du Parti socialiste sur cette question.

Acte 1 : en 2010, elle refuse les démantèlements

Acte 2 : deux ans plus tard, ses collaborateurs sont associés au démantèlement de deux camps près de Lille

Acte 3 : elle déplore le démantèlement des deux camps

Acte 4 : elle justifie le fond, mais regrette la forme

 

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu