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24/05/2014

fabrique des pauvres

 De La Servitude Moderne  par ClaVieFrere2011
 
" Mon optimisme est basé sur la certitude que cette civilisation va s'effondrer. Mo pessimisme sur tout ce qu'elle fait pour nous entrainer dans sa chute"

 Le Monde Diplomatique - L'art D'ignorer les Pauvres ,
 
 


 Bref, une vidéo a je sais pas si vous ne l'avez pas vu  vu. Le mouvement des indignés, doit être une des solutions de créer des mobilisations rassemblements avec les syndicalismes ( mais hors corporation), les anarchistes, féministes....  Il faut rassembler les luttes dispersées, sortir de l'égoisme et des luttes individuelles pour élargir les champs de combat

Europe, le mépris des peuples
Le mercredi 21 mai 2014

(dessin : Rainer Hachfeld)

« Quelle est la différence entre une machine folle et l’Union européenne ? Quand une machine dérape, elle s’arrête, pas l’Union européenne. » Ainsi s’exprime Herman Van Rompuy, pourtant président du Conseil européen !

 

Des salaires qui ont baissé dans 18 États sur 27, alors que dans la seule zone euro on compte 18,9 millions de chômeurs dont 3,5 millions sont directement imputables à la doctrine de Bruxelles. Faillite sociale, aveuglement économique, voilà « l’Europe dont plus personne ne veut : un monstre incontrôlable », selon l’UMP Henri Guaino. Ce mépris des peuples fait le miel de l’extrême droite en Europe et le succès de Marine Le Pen qui s’est contentée de voler les analyses et les prises de position que la gauche critique s’efforce de faire entendre depuis des années.

 

Comment en est-on arrivé là ? Entretien avec Coralie Delaume (Europe, les États désunis, aux éditions Michalon) et Aurélien Bernier (Désobéissons à l’Union européenne). Entretien : Daniel Mermet Programmation musicale :
  
Sag warum, par Camillo Felgen

 

 es Sales Majestés - Sois pauvre et tais-toi ! - YouTube :Les Sales Majestés - Sois pauvre et tais-toi ! - YouTube :



 
 

 

 

Documentaire poignant vu sur Arte, ou "la folie du système capitaliste global et les intérêts des puissantes multinationales".

On voit bien que pour que quelques individus s’enrichissent , ceci ne peut se faire systématiquement qu’au détriment d’un autre. C’est une règle impitoyable qui se vérifie chaque jour et qui est en train de créer une véritable bombe à retardement dans notre société.

Cela montre clairement que la pauvreté n’est pas une fatalité, mais bien une conséquence de la politique menée par nos gouvernements, inféodés au grand capital, tous partis confondus…

 

Comment faire pour plus de solidarité dans  ce contexte, pour avoir une action concrète et ne pas culpabiliser, et ne pas penser qu’il n’y a rien à faire?

 

 

Et là encore les avis divergent. D'un côté, certains signaux ont de quoi inquiéter, et tout particulièrement celui du coût salarial.

 

Le graphique ci-dessous représente l'évolution du coût salarial dans la Zone euro. Vous n'avez pas besoin de moi pour le commenter car il est fort clair : les salaires s'effondrent dans les pays du Sud. cf De la servitude moderne 

 

La guerre des salaires en Zone euro

Alors oui, certes, cela fait gagner en compétivité, mais à quel coût  :

 

"Les gérants continuent de se succéder devant les micros et les caméras pour nous vendre des lendemains qui chantent et faire l'apologie des pays du Sud qui redémarrent grâce à une compétitivité retrouvée.

 

Ils oublient de souligner que cette merveilleuse compétitivité a été obtenue grâce à l'effondrement des salaires (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) qui constitue justement l'origine du cycle déflationniste que la BCE se fait fort de combattre y compris, nous fait-elle comprendre, par le biais d'expédients non conventionnels. ' (comprenez : des embauches à des salaires de misère et un écrémage impitoyable des effectifs chez les 50/60 ans qui coûtent trop cher aux entreprises)."

Austérité à tous les étages

Sur ce dernier point, le paragraphe 11( c’est le point 11 de la déclaration finale du sommet) évoque explicitement la nécessité de généraliser de tels efforts. Ce qui conduit le Nobel d’économie Paul Krugman à s’étrangler sur son blog :  

 « Pendant que les Espagnols réduiront leurs coûts du travail par rapport aux Allemands, les Allemands réduiront leurs coûts du travail par rapport aux Espagnols. Le progrès est en marche ! »

 

Un petit sparadrap d’un côté, une forte dose d’austérité budgétaire et salariale de l’autre : ce n’est pas ainsi que l’Europe sera remise à flot  source Austérité à tous les étages : L'indigné, Le "modèle" allemand ( google , citoyenactif), Le gouvernement annonce un geste sur les cotisations retraites des fonctionnaires, Chômage en avril: «Pas d'amélioration», ni «d'aggravation significative», annonce François Rebsamen

 


 

Zone euro en déflation

Ce tableau reprend les indices de prix à la consommation harmonisés (IPCH) de la Zone euro. A noter, que ces indices ne prennent en compte ni l'énergie, ni les produits alimentaires saisonniers."La déflation frappe surtout les pays qui ont pratiqué l'austérité, à savoir réduit leurs déficits budgétaires, diminué leurs nombres de fonctionnaires et réduit leurs prestations sociales.

 
Merci pour vos commentaires…generation precaire - YouTube
 
 

 n A lire : Documentaire Génération-Précaire, Génération Précaire | Facebook

 

Les déportés du libre échange - videos.arte.tv :Piñata mexicaine pour les enfants. Restauration légère traditionnelle mexicaine en continue.Los deportados de libre comercio - YouTube :

« Les déportés du libre échange »

Dans son film, Marie-Monique ROBIN dénonce les effets de l'ALENA, accord de libre-échange entre le Canada, les USA et le Mexique, entré en vigueur le 1er janvier 1994.

Au nom du «libre-échange», le Mexique a progressivement démantelé le système qui avait pourtant permis son autosuffisance alimentaire pendant des décennies. Ce traité inique a laminé l'agriculture mexicaine et contraint 3 millions de petits paysans à rejoindre les bidonvilles ou tenter leur chance comme travailleurs clandestins aux Etats-Unis, tandis que progressent les taux de malnutrition (mais aussi d'obésité) et de pauvreté dans tout le pays.

Actuellement, TAFTA, l'accord transatlantique en négociation, dans le plus grand secret, entre les USA et l'Union Européenne, obligera les États, au nom du libre-échange, à démanteler leur lois et règlements au profit des multinationales. C'est un véritable hold-up sur la démocratie qui se prépare...« Les déportés du libre échange »  Film de Marie Monique Robin

Lien : http://paris.demosphere.eu/rv/33181
Source : http://casa-poblano.fr/

Un cinquième cycle de négociations entre l'Union européenne et les États-Unis a débuté ce lundi 19 mai à Arlington (Virginie) et se poursuivra jusqu'au 23 mai.

 

Selon un document de négociation secret rendu public ce lundi par le Huffington Post, l'Union européenne propose aux États-Unis de libéraliser complètement le marché transatlantique de l'énergie et des matières premières.

Pour mieux comprendre :

Le document de négociation en anglais : http://france.attac.org/IMG/pdf/ttipenergyrm_nonpaper.pdf

Comment faire pour plus de solidarité dans  ce contexte, pour avoir une action concrète et ne pas culpabiliser, et ne pas penser qu’il n’y a rien à faire? 

Yourope  Une Europe sans frontières ? samedi 24 mai à 14h00 (26 min) , Rediffusion mardi 27.05 à 7h15, Rediffusion mercredi 28.05 à 3h45Les élections européennes de ce week-end sont l'occasion pour "Yourope" de poser la question des frontières internes de l'Union. Ont-elles vraiment disparu ? Sont-elles encore présentes dans le quotidien des jeunes Européens ?Dossier En savoir plus

Les élections européennes de ce week-end sont l'occasion pour « Yourope » de poser la question des frontières internes de l'Union. Ont-elles vraiment disparu ? Sont-elles encore présentes dans le quotidien des jeunes Européens ? Depuis l'entrée de la Lituanie dans l'UE un village est coupé en deux. Moitié en Europe, moitié en Biélorussie. Autrefois purement formelle, la frontière qui le traverse est devenue très difficile à franchir. Une difficulté pour les jeunes dans une région qui n'offre aucune perspective d'avenir. A l'inverse, d'autres territoires ont connu un essor économique notable après le grand élargissement de 2004. Un exemple parmi d'autres : la zone frontalière entre l'Allemagne et la Pologne est l'une des plus dynamiques de l'UE.

YOUROPE ARTE - démocratie participative - mobilisation ... - YouTube :

ESF - Européens sans frontières :

Yourope | ARTE :

Fabrique des pauvres – L’indigné Révolté

 

Bruxelles Business

Looking for Europe

Argent, sang et démocratie

Austérité à tous les étages : L'indigné

Foire aux questions abstentionnistes - citoyenactif

Lobby Planet - Saltabank 

Vidéo Le lobby des armes s'invite dans la campagne - Replay TV :  

Lobbycratie, lobby, influence, lobbying, analyse et commentaires ... : 

fabrique des pauvres - citizen khane

 

Assommons les pauvres !NOS VIES DISCOUNTCréé le mercredi 20 mars 2013

20/07/2013

" Vers un Karck obligataire

 

n 

C'est pas nous, c'est eux... Ne nous en prenons pas aux effets, attaquons toujours les causes !
Bakounine

 

Une fois de plus, il n'y a rien à attendre.
On a eu (et pour ma part j'ai toujours quand je vois les tronches de Copé, Fillon ou Estrosi) le plaisir immense de voir dégager la bande des autres tarés. On n'a pas envie (en tout cas, je n'ai pas envie) de les voir revenir dans 5 ans.

 


Ça s'arrête là : je lis assez régulièrement la phrase "c'est dans la rue qu'ça s'passe", dans les boîtes en grève, bref, pas dans la délégation de pouvoir.

 

 

 

Photo : http://resistance71.wordpress.com/tag/cnt-ait-abstention/
Contrairement à ce que prétendent bon nombre de "citoyens" en brandissant leur carte d’électeur, participer à ce rite païen, ce n’est pas prendre ses responsabilités, c’est les fuir, c’est demander à quelqu’un d’autre de décider à sa place.
Voter ce n’est pas agir, c’est s’engager à ne pas agir, c’est admettre que ses propres actions soient interdites, décidées ou ordonnées par d’autres.
La construction d’une société nouvelle nécessite d’abattre jusqu’à la dernière pierre ce temple de l’exploitation qu’est la république. Mais cela nécessite avant toute chose que chaque individu refuse que d’autres parlent, décident, organisent et légifèrent à sa place.
Voter, c’est se soumettre.

 

 

A la Une : des signaux d'alarme qui résonnent déjà du côté de l'économie pour le nouveau gouvernement...

 

Austérité : errare humanum est, perseverare diabolicum
Par Guillaume Duval
Si le gouvernement avait visé un déficit public de 3,7 % du PIB en 2013 au lieu de 3 %, nous aurions probablement évité la récession et 300 000 chômeurs supplémentaires.> Lire la suite.

Si c'était un bulletin météo, il montrerait de lourds nuages noirs qui apparaissent déjà à l'horizon, non seulement à Paris mais aussi à Bruxelles... Si on ajoute les mauvais chiffres du chômage, voilà "des mauvaises nouvelles qui tombent comme grêle en mai" écrit Francis Brochet dans le Progrès

 

Et le Japon me fait aujourd'hui , une nation puissante reflet de nos sociétés " dits développés" en déclin et des nombreuses mesures ultra libérale. , Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. : citoyen actif, japon : citoyen actif, le japon : citoyen actif

 

Shinzo Abe maitre du japon : Au Japon,, la coalition du premier ministre s'est imposé aux élections sénatoriale . Le nationalisme Shinzo Abe mène un combat d'entrée dans la danse en matière d'économie et de diplomatie.

Les réformes de Shinzo Abe : il a les mains libre et trois ans pour faire tout ce qui lui plait. Au Japon, la coalition du premier ministre a emportait les élections sénatoriales avec la majorité absolue a la chambre haute. Premier objectif de Shinzo Abe : de prolonger son arsenal de réformes économiques avec une dette publique qui frôle les 240% du PIB, il y a urgence. Shinzo Abe a aussi les coudées franges en matières de diplomatie et cela, se sont les pays voisins qui s'en inquiète. les précisions :

La marche en avant d'Abe : le premier ministre ne cache pas sa joie Son parti ( le PIP) vient de remporter la majorité au Sénat. Pourtant, s'est sans réelle enthousiasme que les Japonais s'étaient rendus aux urnes. Un enjeux sans surprise qui remet la tete du premier ministre au gouvernement de l'an dernier. Trois ans de pouvoir

Shinzo Abe, premier ministre Japonais : " Depuis décembre dernier, quand nous avons lancé la campagne c'est avec vos efforts que le gouvernement a changé et particulièrement avec notre économie qui redevienne pour la première fois ce qu'elle était"

Pour débarrasser la troisième puissance économique mondiale .d'une déflation chronique et faire repartir après la catastrophe de Fukushima, le chef du gouvernement s'est lancé dans une politique de relance économique surnommé Abenomics. Une stratégie sur trois leviers : budgétaire, monétaire et ultra libérale.

D'abord une politique de grands travaux a hauteur de 40 milliards d'euros. Des dépenses budgétaires exceptionnel oblige la banque du Japon a injecter des liquidité abondante dans les circuits, de faire baisser le yen et faire ainsi doper les importations et raviver la consommation. Enfin libéraliser l'économie pour développer le secteur privé. Si Shinzo Abe croit dure comme fer a son Abenomics, les avis sont plus mitigés.

" Je suis content que le premier ministre veule sortir le pays de sa léthargie, mais je ne suis pas convaincu de sa politique commerciale".

Siu les marché ont applaudit cette "nouvelle politique" en faisant envolé la bourse de Tokyo de plus de 30% depuis janvier, il y a encore de gros bémol a commencé par la dette abysale qui frise toujours les 240% du PIB Shinzo Abe va devoir encore bataillé si il veut encore convaincre sur le plan économique et sur le plan diplomatique. Ce nationaliste qui avait bati un plan de sa popularité sur ces recommandantation concernant la fermeté contre la Corée du Nord a déjà jurer qu'il ne plierait pas face a ses voisins notamment Chinois

 

  La situation pourrait ainsi être résumée. Depuis 20 ans, le Japon est plongé dans une stagnation économique, un marché actions au point mort. Dans ce cas, l'inflation devient particulièrement dangereuse puisque sans croissance, sans reprise de l'activité économique, l'inflation ronge un pouvoir d'achat stagnant voire en recul

 Mais le plus inquiétant demeure la remontée des rendements des obligations souveraines, aussi bien au Japon qu'en Europe et aux Etats-Unis. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans, à 2,21%, est au plus haut depuis novembre 2011 et a flambé de près de 30% depuis le 1er janvier. 30%...

Eberhardt Unger revient d'ailleurs ci-dessous sur cette remontée spectaculaire et ses conséquences pour l'économie mondiale .

 

Nous sommes encore loin d'un krach obligataire mais les remous actuels sont d'inquiétants signaux d'une situation économique dégradée et d'un possible retournement des marchés dans les mois qui viennent. Si je crois que le krach est pour bientôt, non, peut-être pas, mais ces derniers jours sont un coup de semonce qu'il serait dangereux d'ignorer : la politique accommodante des banques centrales ne resteront pas sans conséquences...

 

Que se passe-t-il sur les marchés obligataires ?
Eberhardt Unger

 

C'est avec des sentiments très mitigés que les gestionnaires des fonds obligataires observent ce qui s'est passé en mai sur les marchés financiers. Alors que les principaux marchés boursiers, Japon excepté, sont toujours pratiquement à leur plus haut historique, les rendements des obligations à long terme ont fortement augmenté, engendrant d'importantes moins-values.

 

Si les rendements augmentent, c'est que de plus en plus d'investisseurs s'attendent à un arrêt prochain de la politique d'assouplissement monétaire de la Fed. L'injection monétaire sans précédent de ces dernières années est la seule et unique raison de la hausse du prix des obligations à des sommets historiques. A elles deux, la Fed et la Banque du Japon, achètent mensuellement pour 159 milliards de dollars de titres. La BCE est la seule parmi les grandes banques centrales qui n'a plus acheté d'obligations souveraines depuis 16 mois.

 

Une meilleure santé économique signifierait que la fin du QE s'approche, ce qui voudrait aussi dire que les rendements continueront leur ascension pour atteindre des niveaux conformes aux conditions du marché.

 

L'économie mondiale est encore trop faible pour pouvoir prédire à quel moment les QE vont prendre fin mais, inévitablement, les marchés anticiperont très tôt cette fin. Ainsi, les rendements des bons du trésor américain à 10 ans pourraient atteindre, d'ici fin 2013, les 2,75% (cours chutera de 100 à 91%) et ceux des Bunds dans la zone euro les 2,25%.

 

Conclusion : les marchés mondiaux obligataires commencent très tôt à anticiper la fin du QE : 

 

Le Japon, premier domino d'un krach obligataire mondial ?
 Simone Wapler

 

Le Japon marche très loin devant nous, en éclaireur de la faillite collective. Il serait logique –  en l'absence d'autre événement perturbateur comme, par exemple, des émeutes et des résultats électoraux déroutants dans d'autres pays – que le krach obligataire qui menace les grands pays surendettés débute au Japon.

 

La bulle obligataire est actuellement proche de son paroxysme. Plus aucune voix audible ne dénonce les maléfices de la création monétaire. Les dithyrambes sur l'excellence de la politique  de Shinzo Abe confinent au grotesque.

 

Ils me rappellent les éditoriaux de 2011 commis par les  économistes keynésiens pour lesquels la catastrophe naturelle dont était victime le Japon était  une chance. Un tremblement de terre puis un raz-de-marée suivis d'un accident nucléaire allaient permettre à l'économie de rebondir. D'autant que la riposte keynésienne (pardon néo-keynésienne) parfaite avait suivi : 15 000 milliards de yens (132 milliards d'euros) d'injection de liquidités créées  à partir de rien par la Banque du Japon (BoJ).

Florilège de l'époque :
- "Un choc économique qui sera suivi d'un rebond. [...] L'impact sur la croissance devrait rester faible sur l'ensemble de l'année", Le Temps, le 15 mars 2011.
- La reconstruction "apportera un supplément de croissance. En conséquence de quoi, cette année, le PIB nippon a des bonnes chances de progresser de 2%", Klaus Baader, co-directeur de la recherche économique de Société Générale Corporate & Investment Banking, dans Les Echos le 16 mars 2011.
- "L'économie du Japon, qui a été frappée en mars par un violent séisme et un tsunami, devrait 'fortement rebondir' a indiqué lundi le porte-parole du groupe des principales banques centrales, Jean-Claude Trichet, à l'issue d'une réunion à la Banque des règlements internationaux (BRI)", TF1 news le 9 mai 2011.

 

Heureusement que le ridicule ne tue pas, peu d'économistes survivraient

Mais revenons au Japon, l'île de tous les excès dans le domaine de la dette et de la déflation, avec un petit rappel :
- 1986-1987 : le Japon baisse son taux directeur de 5% à 2,5% pour contrer l'appréciation du yen face à un dollar qui s'écroule.
- 1985-1989 : l'indice Nikkei triple, les prix de l'immobilier s'envolent et la masse monétaire gonfle de plus de 10% par an. En 1989, l'ensemble de l'immobilier japonais était évalué à 24 000 milliards de dollars, soit quatre fois la valeur totale de l'immobilier américain !

- 1989-1990 : la BoJ pratique cinq hausses successives de ses taux, jusqu'à 6%.
- 1990 : effondrement du Nikkei. Après avoir atteint 40 000 points en décembre 1989 (avec des ratios cours/bénéfices de 80 !), l'indice japonais perd 80% de sa valeur.

 

Aujourd'hui, il est à 13 600 points. Classique gonflement et dégonflement de bulle. Effondrement des banques. On sort alors la trousse à outils keynésienne pour améliorer les choses.

 

Poursuivons :
- 1992-1995 : mise en oeuvre de mesures de relance financées par la dette à hauteur de 65 500 milliards de yens.
- 1998 : doses supplémentaires de shoot keynésien avec 40 600 milliards de yens en infrastructures.
- 1999 : dose supplémentaire de 11 000 milliards de yens. Le bétonnage, les routes vers nulle part et les ponts n'enjambant rien n'ont bien évidemment pas sauvé le Japon.
- 2012 : impression massive de yens pour la reconstruction du pays dévasté.
- 2013 : la BoJ déclare qu'elle imprimera autant de yens que nécessaire pour que l'inflation atteigne 2% – soit 60 000 à 70 000 milliards de yens par an. Le Nikkei gagne près 50% depuis le  début de l'année.

 

Cette impression monétaire équivaut à 60 milliards de dollars par mois, les Etats-Unis imprimant de leur côté 85 milliards de dollars par mois.

 

Aujourd'hui, la dette publique japonaise représente 235% du PIB. 70% des nouvelles émissions sont achetées par la BoJ. Le bilan de la Banque du Japon gonfle donc. C'est devenu la mode depuis 2008 de parler des bilans des banques centrales. Par "bilan", comprenez les "actifs douteux" que les banques centrales acceptent de prendre en pension contre de l'argent qu'elles font surgir du néant.

 

Le bilan des banques centrales, c'est donc le placard où sont rangées toutes ces belles créances douteuses. Dans ce placard figurent aussi les vieilles obligations souveraines dont les banques commerciales ne veulent plus parce qu'elles ont besoin de cash, ainsi que les obligations fraîchement émises sur lesquelles le marché ne s'est pas goulûment jeté.

 

 

Bilan des banques centrales

 

Le PIB du Japon pèse 6 000 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB total de la France de l'Italie et de l'Espagne.

 

Alors demandez-vous une chose : ces centaines de milliards de yens imprimés pourront-ils aider Sony à inventer l'équivalent de l'iPhone ? Transformer des retraités frugaux en consommateurs enfiévrés ? Empêcher la population japonaise de vieillir ? Evidemment, non.

 

Donc l'Abenomics (puisque l'on nomme ainsi la politique de Shinzo Abe) est a priori inutile, comme toutes celles qui l'ont précédée. Mais, plus intéressant (pour nous), elle pourrait s'avérer beaucoup plus nuisible que les précédentes : "A moins que le Japon ne puisse avoir une croissance économique beaucoup plus rapide, l'expérience radicale de relance d'Abe créera un surendettement et un excédent de liquidité tels qu'ils conduiront le système financier à la faillite et déclencheront probablement l'hyperinflation". Anatole Kaletsky, GKReserach, The Arithmetic of Abenomics – 16 mai 2013

 

Jeu de mots. Les Abenomics, contraction entre le nom du Premier ministre Shinzo Abe et economics, ont inspiré un groupe de rap Japonais. Leur tube, Abeno mix, formule des recommandations précises : "N'oublie pas l'investissement public", "Révise la loi sur la Banque du Japon"… Le nom du groupe, Machikado Keiki Japan, signifie "l'économie en bas de chez nous".

Vous devez vous souvenir de deux choses importantes en matière d'obligations souveraines :
1. Les pays empruntent in fine, c'est-à-dire que durant la durée de vie de l'obligation, ils ne remboursent que les intérêts. Le principal est remboursé à la fin, lorsque l'obligation arrive à maturité.

2. Les pays ne remboursent jamais leur dette qui enfle toujours. Ils la roulent, c'est-à-dire qu'ils émettent une nouvelle obligation pour rembourser une vieille obligation qui arrive à échéance.

Dans ce contexte, dites-vous que le marché obligataire japonais est particulier : près de 90% de la dette est entre les mains japonaises et seulement 10% des titres sont vendus à l'étranger. Vous pouvez considérer que le flottant est donc très réduit.

 

Par ailleurs, la Banque du Japon achète 70% des nouvelles émissions. Cette particularité tient à trois facteurs :
1. les Japonais économisent beaucoup,
2. les fonds de pension souscrivent,
3. et le Japon exporte plus qu'il n'importe (sa balance commerciale est excédentaire).

 

Mais ce très bel équilibre est en train de vaciller car désormais :
1. Les Japonais économisent moins. Leur taux d'épargne est maintenant de l'ordre de 2%, en baisse continue depuis 1992. Ne croyez pas que ce soit parce que les Japonais se sont transformés en cigales dépensières. Simplement, ils vieillissent.
2. Les Japonais vieillissent : en 2030, 30% de la population aura plus de 65 ans. Les fonds de retraite perçoivent de moins en moins de cotisations et doivent verser de plus en plus de rentes.
3. La politique du yen faible fait plonger la balance commerciale dans le rouge. C'est bien beau de vouloir faire plonger sa monnaie mais quand  on n'a pas de pétrole et que les centrales nucléaires sont à l'arrêt, ça finit par coûter cher. Comme il ne vous a pas échappé que la croissance mondiale ralentissait, les gens se jettent moins sur les gadgets de Sony et le marché automobile n'est pas florissant.

 

L'euthanasie des retraités japonais ?
Glissez-vous dans la peau d'un gestionnaire de fonds de retraite japonais. L'objectif affiché de sa banque centrale est 2% d'inflation. Le rendement des obligations japonaises est en dessous de 1%. Comment va-t-il pouvoir
 payer des pensions en étant sûr de perdre de l'argent ? Il doit donc vendre ses obligations.

 

 Il suffit à la banque du Japon d'imprimer encore et 後は野となれ山となれ (après nous le déluge)".

 

Or comment un banquier central fait-il baisser sa monnaie ? Ce ne sont pas des tas de billets qu'il échange mais de la dette souveraine. Il utilise les réserves de changes du pays pour acheter des obligations souveraines étrangères, c'est son Livret A. Ou alors il emprunte auprès de sa population et, avec le cash levé, il achète des obligations souveraines étrangères.

 

Problème : un pays ne peut pas impunément racheter la dette déjà émise, en émettre de  la nouvelle qu'il rachète aussi et acheter de la dette étrangère.

 

Le yen est donc en route vers l'effondrement et c'est pour cela que, récemment, les obligations japonaises ont été plusieurs fois suspendues de la cote. C'est ce qui s'est passé le 5 avril sur le 10 ans japonais : les rendements ont bondi violemment. Le marché a été suspendu de la cotation.

 

Le Japon, premier domino d'un krach obligataire mondial ?
En mai, partout dans le monde, les rendements obligataires sont partis à la hausse parce que les Japonais ont réduit leurs achats d'obligations et que le discours de la Fed commence à inquiéter. En un mois, les taux américains sont passés de 1,60% à 2,23% (le 29 mai). Cela correspond à une baisse de 30% sur la valeur nominale des obligations.

 

Les taux français se sont aussi tendus : . . Le vendredi 29 mai, la Banque centrale européenne mettait en garde contre une résurgence de la crise de la dette et s'alarmait de la forte hausse des créances douteuses.

 

Le Japon est en train de casser le mythe de la création monétaire comme solution à la crise..

coluche, quand je serais grand

 

Comprendre le capitalisme japonais : citoyen actif

 

 

Photo : soyons combattant , soyons révolutionnaire .
la vrais révolutions commence par sois meme .
la révolutions n'est pas un produits de consommation 
#op graffitit #op big brother #evolution #smash capitalism 
#liberté surveillé #changement global

 

la photo de Brigitte Bernard.

 

01/05/2013

Comprendre le capitalisme japonais

n
 
 

Le libéralisme est la croyance ou caractère efficient de l'économie de marché

.  

Globalia de Jean Christophe...« Pour résoudre définitivement la question sociale, il(s) propose(nt) de partager l'humanité en deux parts inégales. Un dixième obtiendra la liberté absolue et une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes qui devront perdre leur personnalité et devenir en quelque sorte un troupeau Dostoievski ( Les possédés p 401

de Globalia de Jean Christophe Ruffin. Acf voir aussi Modèle Allemand"
 
 

Résumé : En trente années de politiques néolibérales, le Japon est devenu l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE. La publication du livre de Sébastien Lechevalier, "La grande transformation du capitalisme japonais" , arrive à point nommé pour éclairer une zone d'ombre de l'histoire récente du Japon mais aussi pour donner des clés de compréhension à la crise du capitalisme en cours depuis 2007

 

 

  : Le Japon est aujourd'hui très connu en France, à travers sa culture populaire - manga, animé - et sa cuisine. Mais que sait-on au juste de cette "face cachée de la lune", située quelque part entre l'extrême-orient et l'extrême-occident ? Au-delà des clichés, ce blog apporte un éclairage sur quelques aspects méconnus de la société, de la vie politique et de la culture populaire dans l'archipel.

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Sans-abris à Ôsaka, avril 2012 (DR/Mathieu Gaulène) 

 

 

De France, lorsqu'on évoque le néolibéralisme, les exemples britannique ou américain sont souvent mis en avant. L'exemple japonais peut paraître incongru. Et pourtant, le Japon est le pays de l'OCDE qui a connu la plus grande montée des inégalités en raison de la déréglementation du marché du travail, de la montée de l'emploi précaire – 40% de la population active aujourd'hui – et d'une mise au pas des syndicats – avec la privatisation de secteurs de lutte comme le rail ou la poste. Autre domaine où l'Archipel est en avance dans ce processus néolibéral, l'école. Les universités sont aujourd'hui pour la plupart privées, les frais d'inscriptions exorbitants et surtout, comme dans aucun autre pays, le savoir se vend comme une marchandise à grand coup de campagnes de publicités racoleuses promettant un avenir radieux pour les futurs diplômés. Résultat, le niveau général ne cesse de chuter.

 

Libéralisation, privatisations : un choix idéologique

L'histoire du néolibéralisme au Japon débute avec le Premier ministre NAKASONE Yasuhiro (1982-1987), ami personnel de Ronald Reagan. Celui-ci, par choix idéologique et alors que l'économie japonaise ne connaît pas de dysfonctionnements majeurs, décide à partir de 1982 de libéraliser les marchés financiers. Cela a pour conséquence, en 1991, de plonger le Japon dans une crise financière et économique dont il n'est sorti qu'en 2004 avant de replonger avec la crise de 2007 (1). Pour Sébastien Lechevalier, les politiques néolibérales n'auraient en fait été en aucune façon une solution à la crise. Au contraire, « c'est bien la déréglementation des années 1980 qui a provoqué l'entrée en crise »(2)
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S'ensuit dans ces années 1980, une série de privatisations de plusieurs grandes compagnies publiques. L'opérateur de télécommunication Nippon Telegraph and Telephone (NTT) ouvre la danse avec sa privatisation en 1984, opérée sans encombre grâce à la complicité du syndicat Zendentsû, qui l'approuve. Il en est autrement de la compagnie ferroviaire Japanese National Railways (JNR), où les syndicats Kokurô et Sôhyô sont fermement opposés à la privatisation. Nakasone n'a d'ailleurs jamais caché que l'opération visait à briser les reins de ces deux pôles du syndicalisme de lutte. La purge auquel se livre la compagnie après sa privatisation provoque la mort du syndicalisme de lutte au Japon, laissant libre cours aux réformes à venir. « Du fait de la privatisation, écrit Lechevalier, 73 000 employés ont perdu leur emploi. Le nombre de membres du Kokuro passe de 187 000 en 1987 à 44 000 après la privatisation. De nombreux salariés sont renvoyés (ou « non réembauchés ») à l'issue de ce processus. »(3)

 

Le syndicat Sôhyô s'écroule, entraînant dans sa chute le Parti socialiste japonais quelques années plus tard. C'est la fin du syndicalisme de lutte et de pratiques radicales comme la grève. S'ensuit en effet « la fusion de presque tous les syndicats en un vaste rassemblement peu puissant, le Rengo, en novembre 1987 »(4) Les syndicats se retrouvent alors « unifiés mais incapables d'entreprendre des actions radicales »(5). C'est la victoire du syndicalisme de cogestion, dont la raison d'être semble être de donner une légitimité aux politiques néolibérales.

 

Un libéralisme bien nippon

Le principal slogan utilisé par Koizumi lors des élections de 2005 – « de la bureaucratie au peuple » (kan kara min e) – allait bien au-delà de l’assainissement des finances publiques, annonçant un vaste projet de transformation de la société, dont la déréglementation des activités économiques, la baisse du nombre des fonctionnaires et la privatisation d’un certain nombre d’agences publiques n’étaient que les manifestations les plus visibles)

 

Une évolution spécifique du capitalisme japonais

Cependant, dans la foulée, l'avancée du néolibéralisme connaît une pause de presque dix ans, ce qui fait dire à Sébastien Lechevalier qu'il s'agit plus d'une « transition néolibérale » que d'une véritable « révolution néolibérale ». Cette pause s'explique par l'hétérogénéité du parti de droite au pouvoir, le Parti libéral-démocrate (PLD), où les conservateurs qui défendent le modèle japonais d'après-guerre sont nombreux.

Mais à partir de 1996, une nouvelle phase néolibérale débute. Elle naît de la rencontre entre des idées - portées à bout de bras par la presse, du quotidien économique Nihon Keizai Shinbun au quotidien de centre-gauche Asahi Shinbun - avec une nouvelle génération de politiciens. KOIZUMI Jun'ichirô, désigné Premier ministre en 2005, en est l'incarnation parfaite, avec son combat au sein du PLD pour la privatisation de la poste.

S'inscrivant dans le courant de la diversité des capitalismes, l'auteur précise que cette phase transitoire serait en voie d'achèvement, que le capitalisme japonais arrive dans une nouvelle forme figée. Cependant, le capitalisme japonais garde ses spécificités et reste différent du capitalisme anglo-saxon ou européen. Par exemple, le Japon conserve une réglementation très stricte dans le domaine de la santé : le prix des consultations ne peut jamais dépasser celui fixé par l'assurance-maladie et l’État fixe chaque année le prix des médicaments, qui baisse automatiquement en fonction de leur ancienneté(6) D'où la crainte de certains, d'une ouverture du marché de la santé aux assurances américaines dans le cadre du Partenariat trans-pacifique (TPP).

 

Déréglementation du marché du travail et emploi des femmes

Le contrat social né dans l'après-guerre garantissait à la plupart des travailleurs l'emploi à vie, une formation permanente et une garantie de progression du salaire en fonction de l'ancienneté. C'est sur cette base que les Japonais s'impliquèrent dans leurs entreprises en non en vertu de soi-disant valeurs confucéennes. La déréglementation du marché du travail fait voler en éclat cette relation entre les travailleurs et leurs entreprises. L'emploi précaire ne cesse d'augmenter dans les années 1990 jusqu'à atteindre 30% de la population active en 2009, puis 40% en 2011. Le modèle classique ne disparaît pas pour les employés des grandes entreprises mais un dualisme du marché du travail de plus en plus important apparaît.


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Une église servant de refuge aux sans-abris, Ôsaka, avril 2012

 

Les femmes sont les premières touchées par cette politique en faveur de l'emploi précaire. En effet, contrairement à une idée reçue, les Japonaises travaillent et c'est l'un des mérites de ce livre que de le rappeler. Leur vie professionnelle est cependant en dents de scie ou plus précisément forme une courbe en M. Après une première phase où le nombre de femmes occupant un emploi augmente, s'ensuit une diminution après la naissance du premier enfant puis un retour pour quelques années sur le marché du travail une fois les enfants arrivés à l'âge adulte. En conséquence de cette carrière sacrifiée, la plupart des femmes sont condamnées aux petits boulots, du lycée à la retraite. Face à cette situation, elles sont de plus en plus nombreuses à refuser de sacrifier leur vie professionnelle, d'où un taux de natalité très bas et la démographie la plus vieillissante au monde.

 

À la pointe dans la marchandisation du savoir

Le système éducatif japonais n'a pas échappé aux politiques inspirées par l'idéologie néolibérale (7)Le Japon est aujourd'hui le pays où le processus de marchandisation du savoir est le plus avancé. D'où l'idée de consacrer à cette question un chapitre spécifique (8) Comme souvent, la première amorce de réforme néolibérale se fait en douceur via un « assouplissement » des programmes qui passe par la semaine de cinq jours et la simplification des cours, le yutori kyôiku, littéralement « une éducation qui laisse du temps ». La deuxième phase débute en 2000 avec la suppression de la carte scolaire qui permet de mettre en concurrence les établissements entre eux, une concurrence favorisée également par la décentralisation budgétaire. En termes plus brefs, l’État se désengage peu à peu, laissant la place à un secteur privé qui ne cesse de croître. Pour parfaire le tout, une réforme en 2004 lance un processus de privatisation progressive des universités nationales.

La première conséquence est l'augmentation continue de la fréquentation des juku, ces écoles privées dispensant des cours complémentaires le soir ou le week-end. Ce « système des juku » serait selon l'auteur, « un véritable laboratoire du marketing appliqué à l'enseignement, dont on ne trouve nulle part l'équivalent, même dans les pays anglo-saxons." (9) Autre conséquence désastreuse, l'augmentation des frais d'inscriptions à l'université, obligeant les familles japonaises à s'endetter. Pour les auteurs, cette libéralisation de l'éducation constitue en définitive une « rupture historique avec le système de 1947 qui garantissait aux élèves l'égalité des chances (au moins théoriquement) » (10)

 

Explosion des inégalités sociales 

C'est cependant l'explosion des inégalités sociales qui est la conséquence la plus visible de ces trente années de politiques néolibérales. Selon une enquête de l'OCDE de 2006 citée par l'auteur,« les inégalités de salaires ont dépassé la moyenne de l'OCDE et ont connu la plus forte croissance des pays développés » (11) Alors que dans les années 1970, plus de 90% de la population avait le sentiment d'appartenir à une « nouvelle classe moyenne » (shin chûkan taishû), l'expression de « société inégalitaire » est devenue aujourd'hui courante (12) C'est en 2001 qu'est publié le livre Société inégalitaire (fubyôdô shakai) du sociologue SATÔ Toshiki, qui impose dans le débat public cette expression .

 

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"Est-ce que tu vas bien? On attend de tes nouvelles" A Ôsaka, les enfants de sans-abris collent des autocollants, à la recheche d'un parent perdu. (Avril 2012)


Dans les années 2000, ces inégalités sont devenues de plus en plus en visibles. Le nombre de sans-abris, phénomène marginal jusque là, n'a cessé d'augmenter, sans qu'aucune politique n'ait été décidée à leur égard. Dans tous les parcs des grandes villes sont donc apparus des abris de fortune construits de bric et de broc et recouverts de bâches bleues. Les passages souterrains de la gare de Shinjuku deviennent chaque nuit de véritables dortoirs improvisés où des hommes et des femmes dorment à même le sol, sur des cartons. Autre phénomène, l'émergence de freeters jeunes précaires – et NEETs sur lequel Lechevalier revient brièvement. Pour lui, décrire cette montée des inégalités est essentielle à la compréhension jusqu'à son aboutissement de toute politique visant à la libéralisation des marchés. « Cette trajectoire d'un pays qui était l'un des plus égalitaires dans les années 1970 et qui est devenu l'un des plus inégalitaires aujourd'hui constitue le cœur de l'ouvrage et des leçons à tirer de l’expérience japonaise. »(13)

 Freedom and Survival - The Freeter Union

 

La crise actuelle pourrait bien sûr être résolue par des moyens déjà utilisés historiquement par ce système dans des contextes comparables: guerre(s), destruction massive des moyens de production et de la force de travail (Tokyo Freeters ) . Tokyo Freeters - YouTube : Le Japon compte aujourd'hui plus de deux millions de freeters : des jeunes précaires peu qualifiés qui, faute de moyens, ne peuvent se fixer. Les inquiétudes à l'international s'ajoutent à l'annonce de performances mitigées de l'activité nippone. Si la confiance des entrepreneurs a retrouvé son niveau d'avant la crise de 2008, les prix ont stagné en mars et le 10 avril, le gouvernement a annoncé une baisse de 8,8 % en février des commandes de machines, chiffre très en deçà des attentes.

 

L'illusion de l'alternance de 2009

Les Japonais n'ont cependant pas été insensibles à cette évolution et un recentrage sur la gauche s'est opéré peu à peu. 2008 fut en quelque sorte une prémisse de ce changement. Contre toute attente, la publication d'un petit ouvrage de la littérature prolétarienne des années 1930, « Le Bateau-usine » (Kanikôsen), connaît un succès très important, à l'instar de ce qu'a connu la France avec Indignez-vous (14) La presse japonaise s'empare de ce sujet et cherche à comprendre les motivations des jeunes lecteurs. A leur grande stupeur, on découvre que la génération des jeunes Japonais précarisés se reconnaît dans les conditions de travail des ouvriers du roman. La même année, le Parti communiste japonais renoue avec la jeunesse, avec plusieurs milliers d'adhésions.

En 2009, après plus de 50 ans de domination, le parti au pouvoir cède la place au Parti démocrate japonais (PDJ). Doté d'un programme très progressiste pour le Japon, il constitue un espoir pour la population. Quelques mesures sociales sont mises en œuvre comme la création d'allocations familiales ou l'extension du seikatsu hogo, le RSA japonais. Mais rapidement, l'application des mesures s'arrête et la différence avec le PLD devient de plus en plus ténue. L'auteur ne semble d'ailleurs se faire guère d'illusion sur la capacité du PDJ à poursuivre la mise en place de réformes néolibérales. « La fin de la séquence néolibérale n'est pas encore écrite. Si la crise budgétaire devait déboucher sur une crise de paiement à la grecque, alors le Japon serait contraint d'appliquer les recettes néolibérales de la réforme structurelle. »(15) Les événements récents semblent lui donner raison. En réponse à une exigence du FMI, le parti au pouvoir s'apprête à faire voter une loi pour le doublement de la taxe sur la consommation. Et l'auteur de se demander « si les élections de 2009 constituent une vraie alternance […] ou bien si Koizumi peut affirmer, à l'instar de Thatcher à propos de Blair, que le Parti démocrate de Hatoyama, Ozawa et Kan est sa plus grande réussite. »(p.16)

 *Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, 17,50 euros

Japon : cette déflation qui n'en finit pas...

Cercle vicieux de la déflation

La déflation chronique que connaît le Japon depuis quinze ans est un boulet économique particulièrement tenace.

La genèse d'une catastrophe
La déflation, le Japon a tout fait pour la construire, et n'arrive plus aujourd'hui à s'en débarrasser. Voici résumé le scénario d'une maladie chronique dévoilant le mécanisme retors, mais assez logique, d'une déflation "réussie".

22 septembre 1985 : le G5, dont fait partie le Japon, signe les "accords du Plaza." Ces accords visent, entre autres, à dégonfler la bulle spéculative sur le dollar américain dont la valeur s'envole.

En quelques mois, un brutal rééquilibrage s'opère. Le yen s'apprécie de 56% par rapport au billet vert. Pour se prémunir des effets d'une chute trop brutale de la devise américaine, de nombreux actifs en dollars sont vendus. De conséquents fonds en yens deviennent disponibles.

Evolution de l'indice Nikkei de 1968 à 2010

Evolution de l'indice Nikkei de 1968 à 2010

Source : Statistics bureau, Historical statistics et Nikkei.net. Indice Nikkei 225

1985-1991 : la bulle spéculative se met en place
Face à la hausse des fonds disponibles, les investisseurs se tournent vers le marché des actions. Les banques perdant une partie de leurs clients vont se tourner, elles, vers le marché de l'immobilier pour trouver des débouchés. La bulle se gonfle. La capitalisation boursière à Tokyo, qui représentait 60% du PIB en 1985, grimpe à 153% du PIB en 1989 ! Quant au prix des terrains dans les six plus grandes villes japonaises, il est multiplié par trois entre 1985 et 1991.

1990-1991 : pour contrer une bulle qui devient incontrôlable, la Banque du Japon fait passer son taux d'escompte (son taux d'intérêt pour les prêts à très court terme) de 2,75% à 6% en seulement six mois. Les premiers actifs commencent à se revendre. Rapidement, c'est la dégringolade, tout le monde se précipite pour vendre. Schéma classique.

1991-1999 : La déflation s'installe
Tous les éléments de la crise économique classique vont se mettre en place. Les banques, se retrouvant handicapées par des créances douteuses, vont restreindre l'accès au crédit. Les entreprises ayant des difficultés à investir, dans un environnement économique devenu subitement incertain, vont préférer se désendetter pour assainir leurs bilans. Les investissements des entreprises qui représentaient 22% du PIB en 1990, et étaient une des forces du modèle industriel japonais, vont tomber à 15% en 2001. Les salaires des employés japonais (dont une partie non négligeable est constituée d'un bonus variable) se retrouvent subitement gelés durant cette "décennie perdue."

Evolution de l'indice des prix à la consommation de 1993 à 2011

Evolution de l'indice des prix à la consommation de 1993 à 2011

L'économie fait du surplace, plus rien n'avance, et dès 1997, la désinflation (inflation en baisse mais qui reste positive) s'amorce, et la barre du 0% est franchie en 1999.

La bulle n'éclate pas, elle explose ! De 1991 à 1994, le cumul des pertes va représenter 500 000 milliards de yens pour le marché boursier, et 300 000 milliards de yens pour l'immobilier.

Une réponse publique inappropriée
Manque de réactivité des institutions japonaises, imbrication complexe faite de copinages et de rivalités entre la classe politique et les autorités monétaires, toujours est-il que les politiques publiques n'esquisseront qu'une molle riposte face à la crise dans les années 90.

Pour Evelyne Dourille-Feer, spécialiste de l'économie japonaise au CEPII – Centre d'études prospectives et d'informations internationales – l'inaction publique est largement responsable de l'enlisement de la situation et de ses conséquences néfastes. "Alors qu'une intervention rapide et d'ampleur auprès des banques, via un rachat des créances douteuses, aurait pu relancer la machine, l'Etat n'en fera rien. Il se contentera d'amorcer une classique politique de relance en se substituant au secteur privé qui lui ne veut plus investir".

C'est l'époque des grands travaux publics, des "ponts sur des rivières asséchées" destinés à limiter au maximum la hausse du chômage, vécue comme un drame national au Japon, bien que son maximum ne fût "que" de 5,4% de la population active, en 2002.

Après 10 ans de réponses inappropriées, les hommes de la situation s'appelleront Junichiro Koizumi, Premier ministre de 2001 à 2006, et Heizô Takenaka, son ministre d'Etat pour la Politique économique et fiscale. Ensemble, ils prépareront le "Plan Takenaka" pour en finir avec la déflation.

Le mot d'ordre est simple : débarrasser au plus vite les banques japonaises de leurs créances douteuses, qui représentent en 2002 8,4% de leurs créances totales. Mission accomplie en quatre ans seulement par le gouvernement Koizumi qui ramènera ce niveau à 1;8% seulement du PIB en 2006. La confiance revient (un peu), et la hausse du commerce extérieur du Japon, dopé par l'expansion chinoise, permet de retrouver la croissance. En 2006, lorsque Koizumi quitte son poste, la déflation a disparu.

 

La déflation bénéfique pour le grand public : fausse bonne "idée"
Quels sont les impacts concrets dans la vie quotidienne d'un Japonais de cette déflation chronique ? On peut distinguer deux principaux phénomènes néfastes :

- Les prix n'ayant pas augmenté, les pertes issues de l'éclatement de la bulle économique n'ont jamais été rattrapées. L'indice Nikkei a perdu 73% de sa valeur entre 1989 et 2001. Durant la même période, le foncier a chuté de 66%. Ces montants n'ont jamais été compensés par une hausse des prix. Les baby-boomers ayant investi dans les années 80 n'ont donc jamais récupéré leur mise.

Mais cette fois-ci, promis, juré, a dit Shinzō Abe, élu en décembre dernier, les choses vont changer et le Japon va amorcer des mutations profondes pour lui faire retrouver sa grandeur de la fin du XXe siècle.

Les observateurs avaient de quoi être sceptiques à l'arrivée au pouvoir d'Abe : celui-ci avait déjà été une fois Premier ministre (2006-2007) prenant justement la succession de Koizumi

"le Japon franchissait enfin le pas des grandes réformes économiques et de l'ouverture à l'international ? Il faut dire que le Japon sort d'une période particulièrement déprimante en termes de politiques économiques, et a traversé un long tunnel depuis le passage du Premier ministre libéral et réformateur Koizumi (2001-2006). Depuis, c'était une succession de gouvernement sans grande envergure, incapables d'enrayer le déclin du Japon sur la scène mondiale, et même asiatique".( Les héritages de Koizumi - La Vie des idées Les années Koizumi (2001-2006) ont profondément changé la vie politique nippone. Outre les réformes libérales et une certaine nostalgie pour le passé impérial du pays, l’ancien Premier ministre a apporté au Japon un style de communication politique radicalement nouveau"

 

Mais l'Abe nouveau n'est plus le même, il a un vrai programme économique, s'est concilié les bonnes grâces de la Bank of Japan (BoJ) pour faire tourner la planche à billets et injecter un peu d'inflation dans la machine nippone.

 Le Japon était handicapé par une devise trop forte depuis 2010 et voyait son commerce extérieur sombrer face à la Corée du Sud et aux émergents d'Asie du sud-est, alors les "Abe-nomics" (par référence aux "Reaganomics" des années 80) viennent de restaurer la compétitivité du pays en moins de deux mois.Le yen a été dévalué de 23,5% en 10 semaines...  Premier ministre et la rapidité d'exécution une fois que la Banque centrale nippone a fait sien l'objectif des 2% d'inflation.

Le Fonds monétaire international (FMI), « les Abenomics doivent encore se traduire par une demande intérieure privée renforcée » au Japon. | Michel Euler/AP« Les efforts du Japon en faveur de la croissance et du redressement des finances publiques sont appréciés ». Taro Aso, le ministre japonais des finances, semblait satisfait, vendredi 11 avril, à l'issue de deux jours de discussions à Washington des grands argentiers du G20.

Pourtant, l'avenir des « Abenomics », ces mesures économiques mises en place par le premier ministre Shinzo Abe pour sortir de la déflation et relancer l'économie, suscite le scepticisme.Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew a ainsi appelé le Japon à décocher rapidement la « troisième flèche » de ce plan. Les deux premières portaient sur l'assouplissement monétaire et le soutien à l'activité par la dépense publique.

Quels avantages réels le Japon peut-il tirer de l'effondrement du yen ?
Il s'agit selon nous d'un fusil à un seul coup. Cela favorise en effet une grande opération de déstockage... mais d'ici quelques mois, la hausse de prix des matières premières (100% du pétrole, du gaz, des métaux rares proviennent de l'étranger) et la hausse des salaires (pour compenser l'inflation importée) vont progressivement obérer les avantages de la dévaluation compétitive.

Au bout du compte, le Japon va peut-être effectivement atteindre son objectif d'inflation -- mais il va créer un choc déflationniste chez les concurrents et accroître la valeur des actifs détenus par les Japonais à l'étranger. Dès que le yen aura fini de chuter, l'inversion du mécanisme de carry trade provoquera un rapatriement de capitaux et potentiellement un repli technique des indices boursiers .

Alors oui, sous les effets conjugués de milliards de yens de plans de relance et d'un affaiblissement notable de sa devise, le Japon parviendra peut-être à grappiller quelques dixièmes de point de croissance, mais celle-ci sera payée à coups d'endettement massif et de risques grandissants de guerre des monnaies.

Ce qu'il faut en déduire pour le Nikkei
S'il est difficile d'apprécier dans quelle mesure la stratégie de Shinzo Abe va doper durablement l'économie nippone, le Premier ministre peut déjà se vanter d'avoir provoqué une flambée sans précédent -- et sans équivalent -- de la Bourse de Tokyo : +.....
dotées de plateformes de transactions permettant de pratiquer le "high frequency trading" tout comme à Londres ou New York) dont toute psychologie semble avoir été purgée par l'ultra-robotisation des transactions boursières. cf la finance folle 

Mais surtout, il semble plus que jamais décidé à réaliser son grand projet économique : faire rentrer le Japon dans le TPP, le Trans-Pacific Strategic Economic Partnership, la vaste zone de libre-échange qui émerge petit à petit des deux côté de l'océan Pacifique. trans-pacific strategic economic partnership agreement - SICE  - Traduire cette page

Pour l'instant réduit à cinq Etats (le Bruneï, le Chili, la Nouvelle-Zélande et Singapour), le TPP est négocié actuellement par des pays d'un autre calibre sur le plan économique, notamment les Etats-Unis qui ont entraîné dans leur sillage le Canada, le Mexique, l'Australie ou la Malaisie

 Le mouvement insufflé par l'Organisation mondiale du commerce, le Japon maintient un protectionnisme tarifairede deux manières. Primo, en protégeant malgré tout des secteurs de la concurrence internationale par des droits de douanes. Secundo, le Japon n'était pas un très grand instigateur de zones de libre-échange, se tenant à l'écart de ces mouvements  – une situation laquelle Shinzō Abe veut justement mettre un terme définitif.

L''idée au Japon, où le débat sur le TPP est très présent, est plutôt de faire le constat que le Japon n'a plus le choix de pouvoir rester à l'écart du commerce international, et que c'est le moment, enfin, de rentrer de plain-pied dans la dynamique.

Séduire les modestes, attirer les puissants
Une adhésion au TPP permettrait-elle donc de relancer la machine commerciale japonaise et enfin de faire revenir la croissance durable dans un pays qui sort de sept ans de marasme politique, et qui a connu, depuis 2008, trois années de récession ? Pas vraiment, selon les économistes, qui n'attendent pas des résultats fabuleux pour l'économie nippone

"Les évaluations gouvernementales chiffreraient à seulement 0,7% du PIB les gains liés à une adhésion au TTP" rappelle Bruno Ducoudré, spécialiste du Japon à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). "De plus, si ce traité concerne l'ensemble des secteurs de l'économie japonaise, il faut rappeler que le TPP ne comprend pas deux des principaux partenaires commerciaux du Japon : l'Union européenne et la Chine. Il ne faut donc pas en attendre un réel choc de croissance."

Ce que cherche Shinzō Abe, ce n'est donc pas un "choc de croissance", mais plutôt un "choc d'ouverture" poussant les partenaires commerciaux traditionnels du Japon à envisager également la question du libre-échange, tout en préparant les citoyens de l'archipel à de futurs engagements économiques aux conséquences, eux, beaucoup plus importants.

Et le Premier ministre japonais a plutôt fait preuve, sur ce coup, d'un flair bien placé : quelques jours seulement après que Shinzō Abe ait annoncé (fin février-début mars) la mise en place concrète de processus de négociations, le Conseil européen et la Commission européenne ont annoncé, le 25 mars, le lancement officiel de négociation sur une zone de libre-échange UE-Japon, un accord qui couvrirait potentiellement deux zones représentant un tiers du PIB mondial

Un accord qui permettrait aux pays européens de mieux pénétrer le complexe marché nippon, et aux Japonais de damer le pion à d'autres pays asiatiques – la Corée notamment – sur les marché à fort potentiel d'exportation, l'automobile notamment

Le lendemain du lancement des négociations avec l'Union européenne, c'est la Chine et la Corée du Sud qui ont fait savoir leur souhait de former une zone tripartite qui serait un mastodonte économique du libre-échange en Asie de l'Est. Pari gagné pour Shinzō Abe qui a su provoquer chez ses partenaires un sentiment qui s'était un peu émoussé depuis plusieurs années : rendre le Japon désirable sur la scène économique internationale

OPPOSITION DES SYNDICATS ET DES ORGANISATIONS AGRICOLES

Attendue en juin, la troisième passe par la libéralisation du marché du travail et de l'agriculture ainsi que par la conclusion d'ambitieux accords de libre-échange.. Lire aussi : Japon : 1,5 % de croissance en 2013 Lew n'est pas le seul à douter. Le Fonds monétaire international (FMI) s'inquiète lui aussi du retard de la troisième « flèche ».« Les Abenomics doivent encore se traduire par une demande intérieure privée renforcée », affirme l'institution.

 Mais, au Japon, les mesures de la troisième flèche envisagées se heurtent à l'opposition des syndicats et des organisations agricoles.

Et si un accord de libre-échange a été conclu le 7 avril avec l'Australie, le principal, le Partenariat transpacifique (PTP), en négociation avec onze pays, dont les Etats-Unis, ne semble pas prêt de l'être.La plupart des experts nippons n'attendent pas d'avancées avant les élections de mi-mandat en novembre aux Etats-Unis.

PERFORMANCES MITIGÉES

Les inquiétudes à l'international s'ajoutent à l'annonce de performances mitigées de l'activité nippone. Si la confiance des entrepreneurs a retrouvé son niveau d'avant la crise de 2008, les prix ont stagné en mars et le 10 avril, le gouvernement a annoncé une baisse de 8,8 % en février des commandes de machines, chiffre très en deçà des attentes.Cela pourrait se traduire par « des investissements réduits de la part des entreprises au deuxième trimestre », estime Kohei Iwahara, de Natixis.« La tendance à une reprise modérée de l'économie s'est poursuivie, soutient de son côté la Banque du Japon dans son rapport économique mensuel dévoilé le 9 avril, malgré quelques fluctuations dues à la hausse de la taxe sur la consommation. »

Lire aussi : Hausse de la TVA au Japon : un casse-tête pour le gouvernement et les acheteurs

La fin d'un modèle (1)
Une question me tarabuste cependant. Dévaluer le yen, pousser la Bourse japonaise vers le haut... d'accord. Mais est-ce que cela signifie une reprise de l'économie japonaise ? Le problème de l'économie japonaise est-il vraiment la force du yen ? Ou bien est-ce un problème de modèle économique.

Après la Seconde Guerre mondiale et surtout dans les années 70 et 80, la principale force du Japon était son industrie exportatrice. Le pays s'est fait une spécialité de l'électronique, équipement vidéos et audio ou informatique, ou encore automobiles. Des noms comme Sony, Panasonic, Nintendo, Fujitsu, Hitachi, Toshiba, Honda, Mazda, Nissan, Toyota, Yamaha, etc. sont devenus le fer de lance de l'économie japonaise.

Seulement voilà, le cours de Sony s'est littéralement effondré depuis 10 ans, ce n'est pas la faute du yen. La raison est que le Japon a trouvé des concurrents à sa mesure, d'abord les Tigres asiatiques et aujourd'hui des pays de l'Asie du Sud-est ou encore la Chine, capables de produire à bas coût et, de plus en plus, des produits à valeur ajoutée. Le Made in Vietnam ou Made in Philippines remplace de plus en plus le Made in Japan sur les étiquettes de vos produits électroniques. 

Voilà pour la grande tendance. Il y a aussi des problèmes conjoncturels : la baisse en 2011 et 2012 des exportations liées à la crise de la zone euro mais aussi au marasme persistant aux Etats-Unis et enfin et surtout aux problèmes récurrents avec la Chine – qui représente à elle seule 20% des exportations nippones !

Outre la baisse de la demande venue de l'empire du Milieu en 2012 liée aux craintes de ralentissement de l'économie chinoise, les relations diplomatiques entre les deux pays plombent l'ambiance – et le commerce.

Parmi les moult sources de conflits entre la Chine et le Japon, le cas problématique des îles Senkaku-Dioayu a récemment envenimé les relations.

Dernier problème : l'énergie
Dernier problème, mais non des moindres, l'énergie donc. Le tremblement de terre de 2010 et la catastrophe de Fukushima ont accentué la dépendance énergétique du pays. Non seulement parce que nombre d'infrastructures lié à la production d'énergie (centrales, ports permettant l'importation de pétrole ou de gaz naturel liquéfié (GNL)...) ont été partiellement ou totalement détruits mais aussi parce que le gouvernement japonais a annoncé le désengagement progressif du pays du nucléaire – du moins officiellement.

Le Japon doit donc à la fois reconstruire ses infrastructures et augmenter ses importations d'énergie, et le prix de production d'électricité s'envole. Pour compenser cette hausse, le gouvernement japonais a autorisé en juillet une augmentation de 10% des tarifs de l'électricité – ce qui pèse sur les marges des entreprises nippones.

La balance commerciale japonaise n'est donc pas au mieux de sa forme. L'année dernière, les exportations ont reculé de 2,7% et les importations ont bondi de 3,8%.

Le Japon a connu cette année une chute importante dans le classement de la liberté de la presse établi chaque année par l'organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF). Sur 179 pays analysés, la Japonpasse en effet de la 11ème à la 22ème place. Si RSF avait par le passé critiqué le système de la presse au Japon et notamment l'existence des kisha kurabu  favorisant la connivence entre politiques, industriels et journalistes, cette année c'est le traitement de l'information de l'accident de Fukushima par la presse japonaise qui est visé.
 
Selon l'organisation, la couverture de cette catastrophe "a donné lieu à des restrictions abusives" . Et malheureusement dans l'actualité récente les exemples ne manquent pas venant confirmer cette analyse. Ainsi fin janvier, deux caméramen français ont été arrêté pour avoir filmé la zone interdite près de la centrale accidentée de Fukushima Dai-Ichi. La police les accuse d'avoir falsifié les documents leur permettant de pénétrer dans cette zone. Par ailleurs, un journaliste canadien établi depuis plusieurs années au Japon a été arrêté à son retour de vacances en Corée, enfermé dans la zone de non-droit que constitue la prison pour étrangers de l'aéroport de Narita, avant d'être expulsé.
 
En plus d'avoir été racketté à plusieurs reprises par des employés de l'aéroport, et menacé de mort par un garde, il aurait subi un interrogatoire des plus étranges. En effet bien que les faits qui lui sont reprochés concernent son visa, les officiers de l'aéroport de Narita semblaient être particulièrement intéressés par son activité de journaliste dans la préfecture de Fukushima. Voici un  extrait de l'interrogatoire qu'il aurait subit selon ses dires :


 
"- Quels sont les noms des hotels où vous avez résidé en avril dans la zone dévastée? Quels sont les noms des personnes que vous avez rencontré à Fukushima?
- Et bien, j'ai séjourné à différents endroits, j'ai rencontré plusieurs centaines de personnes?
- Quels sont leurs noms?
- Il y en a beaucoup trop.
- Vous refusez de répondre à la question ! Vous devez répondre en détails !"


 
source Mathieu Gaulène

  *Sébastien Lechevalier, La grande transformation du capitalisme japonais, Presses de Sciences Po, Paris, 2011, 17,50 euros

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(*) Damien Durand est diplômé de Sciences Po Paris et de l'IEP Grenoble, où il s'est spécialisé dans les problématiques politiques et économiques en Asie de l'Est et du Sud-Est

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Après avoir disséqué l'actualité française sous toutes ses coutures pour le quotidien japonais Mainichi Shimbun, il est aujourd'hui le rédacteur en chef du magazine bimestriel Pays Emergents

.

Mais les arguments des uns et des autres méritent un petit démontage : Contre la politique anti-immigrés et anti-sociale du PS, nous répondons : régularisation de tous les sans-papier !A lire : Japon : cette déflation qui n'en finit pas.. : citoyen actif

 

Comprendre le capitalisme japonais

 

 Alternative libertaire : Ni austérité ni relance ! Appel d’Alternative libertaire, du Mouvement des Objecteurs de Croissance et du Parti Pour la Décroissance ,

[PDF]Le protectionnisme au tournant du siècle

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Libre echange et protectionnisme; Robert Schnerb

3. Justification du protectionnisme - Un peu d'économie
OMC.doc

les marchés publics : un scénario de globalia : citoyen actif

 André Gorz, sortir du capitalisme

source : Huw Pill | Le Billet du Trader, En cas de guerre mondiale des devises, les Japonais s’enfuient à l’étranger Par Philippe Béchade  | 04 fév 2013

PDF]  Algorithmic and High-frequency trading - New York University, Traduire cette page

 

[PDF] High frequency trading information and profits (PDF - Dius.gov.uk : Traduire cette page

PDF]  High Frequency Trading: Evolution and the Future : Traduire cette page

A lire aussi : le Japon - l'indigné révolté : A l'instar du japon, nous pourrons avoir un lien entre crise et la baisse de la natalité :  Zone euro : la crise porte un coup à la natalité - Le Figaro :
INFOGRAPHIE - Le taux de fécondité a nettement baissé dans les pays les plus touchés par la crise. L'Institut de démographie de Vienne tire la sonnette d'alarme. La France reste une exception

 Banque : manipualtion "..., Les 30 patrons trop bien payés, LE NÉOLIBÉRALISME, STADE...

, Attention Danger Travail , La crise au pays des... merveilles, Le chômage explose, Après PSA, c’est ta boite..., Manager de transition, L'art D'ignorer les Pauvres , Situation du travail en France, Le système est vulnérable,!Royaume-Uni : les banquiers... , Le Capital - travail , tant qu'il y aura des profits , Tant qu'il y aura de l'argent...

 A lire : Pôle emploi, « infiltré » par France 2 - l'indigné révolté, Pole Emploi  "Modele" allemandAprès PSA, Doux au rapport ? :, Mais tous ne connaissent pas la crise :  Tous furent touchées, mais tous ne mouraient pas c

 

Mon blog citoyenactif
A lire : Pôle emploi, « infiltré » par France 2 - l'indigné révolté, Pole Emploi en temps de crise - l'indigné, Chomage en France - citizen Khane, le chômage : mission impossible - citoyenactif, World Compagny et "la crise"

P58 : Mathieu Rigouste : " Les Marchands de la peur : la bande à Bauer et l'idéologie sécuritaire" Think tanks : Un concept "made in USA" - Le Journal du Net

 Empire du Japon - Wikipédia :

L'Empire du Japon ou Japon impérial (Kyūjitai: 大日本帝國; Shinjitai: 大日本帝国; Dai Nippon Teikoku, soit littéralement Empire du Grand Japon, simplifié généralement par Empire du Japon), était la désignation officielle du Japon durant la période allant de l'ère Meiji à l'ère Shōwa et englobant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale.A voir aussi : TagTélé - Japon-Memoires d'un empire secret(3/3)Autres vidéos pour Japon, la fin d'un empire », Risque politique et hausse du yen font l'actualité du 19 février 2013, Retour sur le colloque Coface Risque Pays 2013, PDF]  Russie : quand le risque politique fait son retour - Natixis

Extrait

Chroniques émergentes : le Japon met le pied dans la porte du libre-échange
Damien Durand (*)

Les crises sont potentiellement des moments de remise en cause du capitalisme. cf Les pays européens en récession , Le Japon a tout" bon" !

En cas de guerre mondiale des devises, les Japonais s'enfuient à l'étranger
Par
Philippe Béchade

 L’OCDE se risque à des prévisions long terme pour l’économie mondiale - chronique agora: | |

Mercredi 13 février 2013
 
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