A l'occasion du One Planet Summit à Paris, les entreprises, les banques et les investisseurs vont annoncer des initiatives pour le climat. Cela correspond-il pour autant à un véritable engagement de leur part ? Pas sûr.

Un manifestant tient un panneau annonçant le «green washing de Macron» le 26 septembre 2017 à Paris 

La France a lancé une obligation verte il y a six mois, un outil financier qui doit permettre de financer des projets verts. Une initiative qui ne vient qu'allonger la liste des produits réputés écologiques ou, à tout le moins, responsables. Mais qu'est-ce qui est réellement vert ?

En souscrivant à des produits financiers réputés respectueux de l'environnement, les investisseurs (banques ou assureurs) choisissent de financer des projets éoliens, solaires, de rénovation thermique ou encore de transports à faible émission de CO2. Mais ces projets ne sont soumis à aucune règle contraignante. Et certains, comme Attac, dénoncent déjà des pratiques assez floues.

 

A ce stade aucun label ne garantit ce qu'une obligation verte peut ou ne peut pas financer.

Même chez les trois premiers émetteurs d'obligations vertes, la Banque européenne d'investissements, KfW et la Banque Mondiale, il reste difficile d'avoir des garanties sur ce que leurs produits ont permis de financer et leurs résultats sur le terrain.

Un coup de peinture verte

Un coup de peinture verte qui permet à certains  de s'offrir une bonne conscience climatique à moindre coût : c'est le greenwashing. Et ça marche. 

 

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Le taux de croissance des obligations vertes est impressionnant : dix ans après l'émission de la « première obligation verte par la Banque européenne d'investissement, le marché, encore marginal, est en plein essor. Alors qu'il ne représentait que 4,5 milliards de dollars en 2012, il a dépassé les 100 milliards en novembre 2017 et pourrait atteindre 130 milliards d'ici à la fin de l'année, si l'on en croit les données publiées par la Climate Bond Initiative, qui promeut ce type d'instruments.

Du côté de Bercy, on reconnaît que ces projets financés vont du vert pale au vert foncé. Mais après la Pologne, la France est le premier Etat a avoir lancé une obligation verte de 7 milliards cette année, dont un comité indépendant sera chargé de garantir que l'argent finance bien des projets respectueux de l'environnement.

Le greenwashing à toutes les sauces

Au-delà de la finance et des investissements propres, le greenwashing touche aussi les pratiques internes des entreprises. Ce qui produit des exemples cocasses, comme le rappelle Attac dans son rapport : le nouvel aéroport de Mexico City, réputé neutre en carbone, ou encore, en Espagne, des raffineries et des usines chimiques du géant pétrolier Repsol, rénovées sur le plan thermique.

Car le greenwashing, c'est souvent simplement de la communication pour valoriser des actes "verts" ou des produits. Avec des astuces très répandues dans les campagnes marketing, comme le changement de l’emballage d'un produit, la mention "éco", "bio" ou "naturel", ou encore l'invention de son propre label, certifié par soi-même.

 Guillaume Meurice a écouté Emmanuel Macron au "One planet summit" et c'était beau. Maintenant, il est soulagé. Il sait que la finance va sauver la planète. Il a parlé aux gens de la croissance verte de suite après.

 

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