Dans un éditorial du mercredi 29 août, la bible des marchés financiers, le Financial Times, raconte comment “les écologistes, à l’instar de Nicolas Hulot, peinent à se faire entendre à Paris et ailleurs”.

D’après le quotidien publié à Londres, la démission du ministre français de la Transition écologique, mardi 28 août, “montre bien que rien ne change au sein du système politique français. Et que les gens qui n’appartiennent pas au sérail, comme cet écologiste dont la réputation n’est pourtant plus à faire, ont les plus grandes difficultés à s’imposer sans le soutien d’une formation politique.”

 


 

Une démission comme symbole

Le FT explique que ce “mal” ne touche pas uniquement cette figure de l’écologie française, mais dépasse largement nos frontières :

La démission d’Hulot en dit long sur les difficultés rencontrées par ceux qui ont à cœur de préserver la biodiversité et l’avenir de la planète, pas seulement en France mais partout dans le reste du monde, pour se faire entendre. Être aimé ne suffit pas – et l’ancien animateur d’‘Ushuaïa’ était une personnalité très appréciée des Français. Pour changer les choses, il faut aussi avoir le bras long. Or d’après son témoignage, l’écologiste français avait certes un ‘peu d’influence’ mais ‘aucun pouvoir’.”

Comme l’a lui-même souligné le ministre démissionnaire, “l’influence des lobbys de l’industrie et de l’agriculture n’a pas souffert le moins du monde des bonnes intentions de Macron”, relate le FT.

Si le départ de l’un de ses ministres les plus populaires est un coup dur pour Emmanuel Macron, explique le journal, cette décision semble davantage être “le fruit d’un cas de conscience” de la part de Nicolas Hulot qu’une volonté de lui nuire.

Pourtant, qu’un écologiste de sa stature jette l’éponge par désespoir pour souligner le peu de mesures entreprises par le gouvernement face à une éventuelle catastrophe écologique n’est pas de très bon augure, souffle le FT. Le discours d’adieu d’Hulot était angoissant et sans appel : quelles que soient les preuves des bouleversements climatiques à venir (et elles n’ont pas manqué cet été avec les canicules, les feux de forêt, la disparition des hirondelles, les inondations et la fonte des glaces du Groenland), les États ne réagissent pas avec l’urgence nécessaire, ou si peu. Même les gouvernements qui ont promis de mettre l’environnement au cœur de leur politique, comme l’a fait Macron, finissent par se laisser déborder par le court terme.”