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22/09/2012

Roms : la commune humanité bafouée

 

Roms : la commune humanité bafouée
 
 
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Le nouveau gouvernement a choisi la continuité avec l’ancien : la politique d’expulsion des camps de « Roms » étrangers continue de plus belle. Aux mêmes motifs. Avec à peu près les mêmes mots, les mêmes images. Avec les mêmes présupposés et les mêmes conséquences. À commencer par l’ethnicisation de familles issues de lieux et d’histoires multiples, qui ne se reconnaissent pas nécessairement de destin commun, sauf celui auquel on les assigne : le cercle vicieux de la misère et de l’exclusion.

Cela, nous ne voulons, nous ne pouvons pas l’accepter. Il y a deux ans, il importait déjà de se dresser en opposition à la politique de stigmatisation et de persécution menée sous la houlette de Nicolas Sarkozy, dans l’esprit du discours de Grenoble, contre les Roms et les gens du voyage. C’est avec la même détermination que nous nous élevons aujourd’hui contre la politique menée aux dépens des Roms sous la responsabilité du président de la République et de son premier ministre par leur ministre de l’Intérieur.

Manuel Valls renoue en effet avec une rhétorique qui avait mené un de ses prédécesseurs à la présidence de la République, et la République au bord de l’abîme. Or combien sont-ils, ceux qu’on veut expulser? 12 000 ? 15 000 tout au plus ? Sont-ils à ce point une menace pour l’ordre public qu’il faille impitoyablement les déloger sans solution de rechange ?

Si les nouveaux responsables invoquent autant la sécurité que les anciens, ils revendiquent (à l’instar de François Hollande pendant la campagne) un juste milieu entre « fermeté » et « humanité ». Mais qui peut croire que c’est pour leur bien qu’on détruit le lieu de vie de ces migrants ? En tout cas, pas les premiers intéressés. Car ils l’ont vite compris : si l’on se souciait tant de leur bien être, on ne les abandonnerait pas ensuite à leur sort, en oubliant de les reloger. Ils ne font qu’aller un peu plus loin. S’ils parviennent à se cacher, c’est au risque d’être encore plus abandonnés à eux-mêmes et privés des droits sociaux les plus élémentaires. Déplacer ainsi les gens, c’est bien sûr redoubler leur précarité, et faire obstacle à la scolarisation de leurs enfants.

Certes, Jean-Marc Ayrault préconise la concertation. Mais sur le terrain (faut-il s’en étonner ?), ces engagements ne sont pas respectés. Des centaines de familles se retrouvent dans des situations inextricables. À Lyon comme à Lille ou à Marseille ou en région parisienne, le travail des associations de bénévoles a été ruiné en quelques heures. En Essonne, plusieurs expulsions de bidonvilles ont eu lieu sur arrêtés municipaux, sans solution de relogement réel. Dans de nombreux départements, trop de communes tentent de ne pas scolariser les enfants Roms.

La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.

En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est décidément un mauvais calcul.

Il ne suffira pas davantage de renvoyer cette réalité migratoire à son origine – en l’occurrence la Roumanie, ainsi que la Bulgarie. Comme dans de nombreux pays de l’Europe de l’Est, la violence ordinaire vis-à-vis des « Tsiganes » se poursuit et risque de s’intensifier à mesure que la situation économique se dégrade. En même temps, la légitimation par l’État français de leur caractère indésirable ne peut que renforcer ce racisme.

Surtout, plutôt que de faire peser cette migration sur les gouvernements nationaux d’origine, comme l’a fait le ministre de l’Intérieur, il faut faire valoir une responsabilité de l’Union au lieu de mettre en péril l’idéal européen en la réduisant aux politiques néolibérales sans même la caution des droits de l’homme. Bref, il faut que Viviane Reding, commissaire européenne aux Droits fondamentaux, parle haut et fort comme en 2010, et non qu’elle soit réduite au silence face à l’État français.

Nous ne ressentons pas moins d’indignation qu’alors ; en revanche, notre colère est plus grande. Pourquoi changer de Président, sinon pour changer de politique ? Or plus ça change, plus c’est la même chose : les Roms sont encore et toujours pris pour boucs émissaires. Au lieu de jouer à son tour sur les peurs et les ressentiments, ce gouvernement aurait pu faire le pari des valeurs démocratiques : la liberté et l’égalité, pour les Roms aussi. Nous en sommes loin. Après l’éviction de la droite éhontée, on assiste à l’avènement d’une gauche honteuse.

Aujourd’hui, nous voulons donc interpeller la majorité gouvernementale : Rien ne vous oblige à ce choix. Il est contraire aux principes que vous revendiquez ; pour autant, il n’est pas davantage dans vos intérêts. Votre responsabilité n’en est que plus grande. Nous vous tenons donc comptables aujourd’hui, comme l’histoire vous tiendra comptables demain, de cette banalisation de la xénophobie et du racisme par l’État français, au mépris des leçons du passé et des menaces qui pèsent sur l’avenir.

 

 

Les premiers signataires :

Karim Abboub, psychanalyste
 Benjamin Abtan, Président du Mouvement Antiraciste Européen EGAM 
Michel Agier, directeur d'études EHESS
 Eric Alliez, Philosophe, Université Paris 8 / Kingston University 
Jean-Loup Amselle, anthropologue Etienne Balibar, philosophe 
Fethi Benslama, Professeur de Psychopathologie
 Anne Emmanuelle Berger, professeure de littérature et d'études de genre, Paris 8 
Jacques Bidet, professeur émérite à l'Université de PARIS OUEST 
Bertrand Binoche, professeur à Paris-I 
Luc Boltanski, directeur d'études à l'EHESS 
Matthieu Bonduelle, président du Syndicat de la magistrature
 Frank Burbage, Professeur de philosophie 
Alain Brossat, Professeur de philosophie (émérite), Université Paris 8 
Cécile Canut, linguiste, Paris Descartes 
Alice Cherki, psychiatre, psychanalyste, essayiste
 Ariane Chottin, psychologue Nathalie Chouchan, Professeur de philosophie 
Hélène Cixous, Ecrivain Olivier Clochard, président de Migreurop 
Michèle Cohen-Halimi, maître de conférences en philosophie à l'Université de Paris Ouest Nanterre
 Patrice Cohen-Séat, Président d'Espaces-Marx Catherine Coquio, professeure de littérature à Paris-Diderot (Paris 7)
 Philippe Corcuff, maître de conférences à l'IEP de Lyon et membre du conseil scientifique d'Attac 
Claude Corman, cardiologue Marie Cuillerai, département de philosophie de Paris 8 
Jean-Pierre Dacheux, docteur en philosophie 
Françoise Dastur, Professeur honoraire des universités, Archives Husserl de Paris 
Marianne Denicourt, comédienne Ivaylo Ditchev, Professor of cultural anthropology
 Suzanne Doppelt, auteur Stéphane Douailler, Professeur de philosophie, Université Paris 8
 Espaces Marx Eric Fassin, sociologue, Paris 8 
Michel Feher, philosophe, président de l'association cette France-là 
Goran Fejic, analyste politique, ancien fonctionnaire international Franck Fischbach, Philosophe, Univ. Nice 
Sophia-Antipolis Geneviève Fraisse, philosophe, directrice de recherches CNRS 
Frédéric François, linguiste Marie Gaille, philosophe, chargée de recherche au CNRS
 Patrick Gonin, Enseignant chercheur Université de Poitiers 
Elisabeth Gauthier François Gèze, éditeur Lisa Ginzburg, journaliste
 Alfredo Gomez-Muller, Professeur Université de Tours
 Robert Guédiguian, cinéaste 
Serge Guichard, Association de Solidarité en Essonne aux Familles Roms 
Hugo Haas, architecte, La Cigüe 
Jean-Frédéric de Hasque, réalisateur – anthropologue 
Chantal Jaquet, Philosophe, professeur à l'université Paris1-Panthéon-Sorbonne
 Alain Joxe, ancien directeur d'études à l'EHESS, directeur du CIRPES
 Alain Keler, Photographe 
Françoise Kerleroux, linguiste, professeur à la retraite, Paris 10 Nanterre 
Cécile Kovacshazy, maître de conférences en littérature comparée 
Denis Lachaud, écrivain 
Thomas Lacoste, cinéaste et éditeur, La Bande Passante
 Catherine Larrère, Université Paris 1 Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire
 Jean-Pierre Lefebvre, Ecole Normale Supérieure 
Olivier Legros, MCF Université de Tours et membre Urba-Rom 
Catherine Lévy, sociologue 
Jean-Marc Lévy-Leblond, Professeur émérite de l'université de Nice 
Jean-Pierre Liégeois, sociologue 
Daniele Lochak, universitaire, présidente honoraire du Gisti
 Isabelle Lorand, chirurgienne, responsable Droits et liberté PCF 
Michael Löwy, directeur de recherches émérite au CNRS, Paris 
Seloua Luste Boulbina, Directrice de programme, Collège International de Philosophie 
Charles Malamoud, Indianiste, directeur d'études honoraire, Ecole pratique des hautes Études 
Philippe Mangeot, enseignant 
Nicolas Martin-Granel, chercheur associé à l'ITEM (CNRS/ENS) 
Stéphane Maugendre, président du Gisti Jacques Message, 
Chaire supérieure de philosophie (Amiens) 
Renée Le Mignot co-présidente du MRAP 
Christophe Mileschi, écrivain, italianiste 
Ariane Mnouchkine, metteuse en scène 
Richard Moyon, Réseau Education sans frontières, RESF 
Laurent Mucchielli, sociologue Jean-Luc Nancy, philosophe 
Pap Ndiaye, historien EHESS 
Catherine Neveu, Directrice de recherche au CNRS
 Gérard Noiriel, EHESS, Paris 
Bertrand Ogilvie, professeur de philosophie, psychanalyste, université Paris 8-Saint
 Denis Salvatore Palidda, DISFOR-UNIGE, Universita' degli Studi di Genova 
Claude Pennetier, Directeur du Maitron, chercheur CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle Germinal Pinalie, Revue Classes Mathieu Potte-Bonneville, Collège International de Philosophie / ENS de Lyon Jean-Luc Poueyto, anthropologue, Université de Pau et des Pays de l'Adour Vincent Rafis Isabelle Rèbre, cinéaste Marie-Joëlle Redor, Enseignant chercheur à l'Université de Caen Basse-Normandie Judith Revel, philosophe, maître de conférences, univ. paris 1 panthéon-sorbonne Revue Vacarme Claire Rodier, vice-présidente de Migreurop Diogo Sardinha, Directeur de programme au Collège international de philosophie Pierre Sauvêtre, Doctorant en science politique, chargé de cours à Sciences-Po Paris Guillaume Sibertin-Blanc, Philosophe James T. Siegel, anthropologue émérite, Cornell University Andrée Tabouret-Keller, linguiste Sébastien Thiéry, politologue Louis-Georges Tin, président du CRAN Michel Tort, psychanalyste Transform! Eleni Varikas, Professeur émérite, Université Paris 8 Patrick Vauday, Professeur à l'Université Paris 8 Patrice Vermeren, Directeur du département de philosophie, Paris 8 Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche au CNRS 

 

 

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Sans consigne de vote, notez que La voix des Rroms ne signe, ni ne relaie, cette pétition. Explication ici: Le déni d’identité ne rétablit pas la commune humanité! | La voix des Rroms

18/09/2012

surveillance : rapport sur les rassemblements de personnes

 

 

Les marchands de peur. La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire

marchands de la peur.jpg

Du haut de la chaire qui lui a été créée sur mesure au Conservatoire national des arts et métiers par M. Nicolas Sarkozy, M. Alain Bauer entend promouvoir la « criminologie » en France. La conquête d’une position académique apparaît comme la dernière victoire de cet ancien consultant en sécurité urbaine, conseiller écouté d’élites politiques de droite comme de gauche et chéri des médias. L’ouvrage de Mathieu Rigouste permet de comprendre cette ascension apparemment irrésistible. Elle repose sur un système d’échanges, de dons et de contre-dons avec une série d’autres personnages que l’auteur regroupe sous le label de « bande à Bauer ». Si l’on peut émettre quelques réserves sur le cadre général d’explication, ce livre n’en reste pas moins un passionnant voyage dans l’univers des « marchands de peur », pour qui la « sécurité globale » sert de substitut à l’anticommunisme de naguère. extrait monde diplomatique, un scénario Globalien, le scénario, entretien de JC Ruffin, autre sujets similaires  Xavier Niel, Les patrons orphelins de DSK, 10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire

 

Alain Bauer et le consortium de la peur, 8 août ( extrait du livre : " Alain Bauer, comme Yves Roucaute et de nombreux néoconservateurs, vient de la gauche libérale et anticommuniste ...") .

Avec un rapport de 150 pages à télécharger ma foi fort intéressant"

Diffusion intégrale du rapport sur les rassemblements de personnes.

 

Entre 2007 et Août 2009, la Direction générale de la gendarmerie nationale et le sociologue Normand Fillon ont collaboré dans la réalisation d'un rapport, regroupant des informations sur tous les types de rassemblements existant en France, qu'ils soient festifs, politiques ou apolitiques. Ainsi l'état cherche a étudier non plus uniquement la manière de gérer ces rassemblements, mais également le profilage des personnes présentent au sein de ces événements. Des millions d'individus sont ainsi passés au crible.

Chaque année depuis 2009, le Centre de Recherche de la Gendarmerie Nationale fait évoluer ce rapport qui sert de véritable base à l'évolution militaro-sécuritaire des forces de sécurité françaises, en publiant des comptes-rendus des réunions.

http://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/crgn/Recherche/A...


Ce rapport, sortant de leur contexte des points qui nous ont semblé marquants, vise surtout à pointer du doigt le fait que des études très sérieuses sont menées par des chercheurs civils pour servir de base de travail aux acteurs de la Défense, qui a leur tour se feront un plaisir de rédiger des prospectives alarmistes permettant de légitimer une future militarisation - jugée inéluctable - des forces de maintien de l'ordre.

Grâce au travail abouti d'universitaires, le maintien de l'ordre enrichit ses connaissances relatives à nos mouvements et peut ainsi étudier les moyens de nous anéantir tranquillement. Et tout cela au regard de la nécessaire paix sociale.

Ce document est toujours resté interne au ministère de l'intérieur. Il n'est jamais sorti. Aujourd'hui, nous avons pris la décision de diffuser les 150 pages de cet effrayant profilage.

Obtenir ce type de document est toujours un succès pour nous.

Pour consulter le document et le télécharger, cliquer ici - A diffuser le plus largement

Le collectif Copwatch Nord IDF

et un petit article au sujet du rapport en question, intéressant à lire aussi

 

Dans une étude pour la gendarmerie, un sociologue, Norman Fillion, a établi une sorte d’encyclopédie des groupes actuels d’activistes. Le passage le plus inquiétant est celui, à la fin du document ("Essai de prospective croisée"), où il décrit la militarisation accrue des "forces de l’ordre".

L’interstice - 1er janvier 2011

 
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