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11/04/2012

Transition Days

Bonjour à tous,

Incroyable. Tout bonnement incroyable. Pourquoi les altermondialistes , les décroissants, les mouvements sociaux et citoyens( et peut être les indignés s’il s’inscrivent dedans)  avaient raison depuis le début : Le méthane : problème..., Quels risques climatiques..., Faut-il craindre les..., Il est déjà trop tard" :..., Le scénario de Nicolas..., SEPTEMBRE 2009 : Deuxième..., Climat : vers le point de...

Depuis quelques semaines, j'en suis persuadé. Le climat nous avons dépassés les points de non retour, mais on peut en douter en écoutant l’actualité française. J’étais déjà un écologiste convaincu du réchauffement et bouleversement climatique, avec la disparition accélérée des espèces et énergies dits fossiles. Le réchauffement climatique n'est plus 'une vieille rengaine pour post-soixante-huitards désœuvrés, mais une réalité mis et accéléré par le système capitaliste. Mais l’écologie n’est plus d’actualité médiatique, pourtant les mouvements altermondialistes, citoyens, sociaux… se mobilisent ( avec le transition day, voir plus bas).

transition days,la simplicité volontaire,sobriété heureuseVous savez pourquoi ?

Parce que plus personne n'en parle. J'en ai conclu que c'était réglé. Sur TF1, Nicolas Sarkozy nous annonçait la semaine dernière que des "islamistes" avaient été arrêtés ; sur France 2, François Hollande abordait la question des bourses étudiantes ; et sur France 3, Eva Joly, quasiment tout les candidats surfaient sur la question du permis pour résorber le chômage... bon d'accord, je n'écoutais plus... mais je n'étais pas le seul manifestement.

Revenons à la réalité, le capitalisme nuit a la santé , l'écologie, au bien commun et bien être

Plus qu'un mal, cette disparition des thématiques environnementales de la campagne électorale est un symptôme. La crise économique a brutalement volé la vedette à ces problèmes environnementaux.

Parce que les néolibéraux n’ont jamais voulu remettre en cause le dogmatisme idéologique de profit sous couvert de «  progrès » Le secteur du renouvelable reste plus que jamais vu comme un  secteur d'avenir dont certains spéculateurs « institutionnel ou non »  cherchent a travers cette  sous-médiatisation de permettre « d'investir intelligemment, et surtout, à peu de frais ! » dans une vision bien sur court termiste et retirer ses sous rapidement ( profit oblige). Ce n’est donc pas viable

L'avenir du renouvelable n'a jamais été véritablement voulu être mis en place, sauf dans une logique verticale par des multinationales et « investisseur institutionnalisé ou non » cherchant a diversifier leur profit sans remettre en cause le néolibéralisme institutionnel et économique pour profiter à long terme des retombées industrielles de ce secteur. Les états comme eux ont vu un bon filon, peu chère a court terme et calmer la colère des écologistes mais pas seulement.

La solution écologiste ne peut passer dans un système néolibérale productivisme, prédateur socialement et écologiquement. L’écologie comme les peuples sont victimes des aléas d’un marché financier et boursiers ( ex CO2, nucléaire, solaire, éolien,….) Les exemples d’échecs (volontaire ou non) de l’état et du marché ne manquent pas.

Solaire, morne plaine
En Europe, le secteur de l'énergie solaire vient brutalement de plonger.

Une explication : « Q-Cell. Le géant du solaire allemand Q-Cell a déposé le bilan le lundi 2 avril. Si cette faillite s'inscrit dans un mouvement de fond, Solar Millenium, Solon et Solarhybrid l'avaient précédé au bureau du Pôle emploi allemand, l'importance économique de Q-Cell a eu un impact structurel sur le secteur.Le tracker sur le solaire "Market Vectors Solar Energy ETF" a ainsi perdu 11% depuis l'annonce de la faillite ».

La crise du solaire s'étend à d'autres pays...
Aux Etats-Unis, il faut souligner l'importance du ralentissement du secteur, et son impact sur la campagne électorale. Après la faillite du géant Solyndra, qui avait pourtant bénéficié d'un prêt du département de l'Energie de plus de 500 millions de dollars, et les déboires de First Solar, les arguments des politiques ont largement évolué. Désormais, Barack Obama prône un développement de toutes les énergies. Pétrole et gaz y compris donc. ... et à d'autres secteurs
Ce ralentissement du solaire semble également avoir jeté l'opprobre sur d'autres secteurs du renouvelable.

Cette semaine, les appels d'offres de l'Etat français dans l'éolien offshore ont été accueillis avec la plus grande méfiance. Ce matin même, un éditorialiste des Echos se demandait si "la France [a] raison de miser de nouvelles poignées de milliards d'euros sur le développement de l'éolien ?". ( bref rien comparait aux seaux de dollars dans les énergies fossiles, nucléiares…)

Pourtant le secteur de l'énergie renouvelable n'est pas en déclin, mais en recomposition.

Les raisons de la tourmente du secteur solaire sont connues :

=> L'arrêt des subventions en Europe et aux Etats-Unis

« Comme le confiait récemment le ministre de l'Industrie italien Corrado Passera à propos de la mise en place d'une économie zéro carbone, il faut être capable de la mettre en place "sans dépendre excessivement des ressources des contribuables".

=> La concurrence chinoise

Certains producteurs chinois n'ont pas hésité à vendre à perte pour inonder les marchés. Ainsi, ces deux raisons ont fait plonger le secteur, qui avaient été jusque-là abondement aidé. Pourtant il s'agit bien d'investissement de long terme.

Aux Etats-Unis...
Alors qu'un nouveau producteur solaire est à nouveau passé sous les fourches caudines du chapitre 11 du droit américain (synonyme de faillite), le gouvernement a décidé de continuer à soutenir financièrement ses producteurs. Le département à l'Energie devrait bientôt approuver un nouveau round de prêts au secteur du renouvelable.

C'est simple,  les Etats-Unis ont changé de stratégie : l'Etat américain renforcera son contrôle sur les prêts publics, et se focalisera désormais sur les points forts du pays.

Et à l'échec de Solyndra sera opposé le succès de projets de sociétés comme NRG Energy, qui a bénéficié d'un prêt proche du milliard de dollars. La société est en train de développer la plus grande installation solaire du monde, située en Arizona.

C'est donc une nouvelle dynamique qui est en train de prendre forme à Washington. Il est pratiquement sûr qu'elle finira par passer de l'autre côté de l'Atlantique. Les profits du secteur décolleront alors.

... car le "rebond de l'industrie solaire pourrait être violent"
C'est ce qu'anticipe Olivier Ken, gérant du fonds Performance Environnement chez Financière de Champlain. Avec la baisse du prix du polysilicium et la sous-valorisation du secteur, les industriels du solaire s'attendent à un rebond prochain.

De manière plus large, Paolo Frankl, responsable de la division énergies renouvelables à l'Agence internationale de l'énergie, résume bien dans Le Monde du 3 avril ce à quoi nous assistons actuellement : "Dans tous les secteurs industriels, il y a toujours eu une phase de consolidation de l'industrie, qui signifie qu'elle devient plus mûre. C'est le cas actuellement pour le photovoltaïque".

L’écologie ne peut donc être vu dans une vision marchande, de droite, comptable et productiviste. Elle doit être au contraire a gauche, dans une vision internationaliste dans une des problématiques avec la culture, les libertés sociales, collectives et individuelles…Elle doit aussi s’inscrire a mon sens dans une démarche décroissante et locale face a un monde avec des besoins illimités (provoqués) et des ressources ( fossiles) finies. Le niveau des océans pourrait augmenter de plus de 20 mètres , 2001-2010 : la décennie la plus chaude jamais enregistrée, De puissantes tornades frappent Dallas (Etats-Unis) et projettent des camions dans les airs, Présidentielles 2012 : quel candidat défend le mieux l'environnement ?

 

Voici l'appel au "Transition Day" à faire circuler dans vos réseaux.

 

Si vous voulez aider d'une manière ou d'une autre au succès de cette idée n'hésitez pas à venir.

 

 

transition days,la simplicité volontaire,sobriété heureusePhoto

 

 

Appel au Transition Day. #5

Le 5 mai soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. Ici et ailleurs changeons nos modes de vie afin de rendre le monde meilleur dès aujourd'hui. Le futur c’est dès maintenant.

Cette action n'est pas seulement un moyen d'agir ou de vivre un peu mieux mais un levier permettant de renforcer les alternatives existantes et de susciter l'envie d'en créer d'autres.
Chacun de nous peut participer à son rythme, par des actions progressives, à sa portée.

De cette manière nous pouvons opérer des transitions, des résistances concrètes dans le but d'exercer un rapport de force sur l'économie et contribuer au désarmement de la logique du profit.

Pour rendre concret le Transition Day, organisons sur les places le Samedi 5 mai des grands dons, amenons tous quelque chose à donner à partager, à recycler, à transmettre, un service à offrir...

Nos places publiques, seront alors le lieux de rassemblement,rencontres et partages de gens soucieux de construire le monde de demain.
Faisons de ce moment ,de cet évenement le départ d'une initiative visant a étendre le projet,les prémices d'une organisation alternative possible.
Nous pourrons alors penser à rendre viable l'application de nos idées par le biais d'outils concrets (répertoire locale,transmission de savoir,troc,création de réseaux ,écriture de livrets informatifs....)


Un "transition day" a été lancé aux États-Unis sur une thématique précise qui est celle des banques. La population a été appelée a quitter le système bancaire classique ultra-prédateur, pour rejoindre des banques plus éthiques 600 000 personnes ont changé de banque à cette occasion. Ce qui a été fait sur ce sujet peut s'étendre à tous les domaines.

La prise de conscience que chacun de nos actes a une répercussion est la première des chose à réaliser, nous avons tous notre part de responsabité face à la situation actuelle et celle à venir.

Transistons !

https://www.facebook.com/pages/Transition-Day/213517792080069
, Days of Transition, N-1: 5th. OF NOVEMBER - TRANSITION DAY,

 

Une mine d'information - de mobilisation -réflexion : Le mouvement des Villes en..., Crowdfunding, économie..., Vidéo : Croissance or not... ,  L'Histoire des Choses, La dictature de l'immédiateté , La simplicité volontaire... , Face a la dérive du... , Etre plutôt qu'avoir, le... , La Fontaine de Jouvence, Un autre Israël est possible, Programmes électorales, Japon : déni atomique, Marche des banlieues , Retour sur la manifestation... , La révolution néolibérale, Total et néolibéralisme

 

Le paysan et les lobbies, Compte-rendu « Ferme du... Les multinationales et les..., Bénéficiaires de la PAC :... , Productivité, alimentation... , Engrais : l’absurdité d’une..., Irrigation : état des lieux, Irrigation : état des lieux, France Amérique Latine fête..., Survie Paris à la fête de..., Débat avec Stéphane Hessel... , AREVA en Afrique,

07/04/2012

La sortie du capitalisme a déjà commencé

 

 Sous couleur de démocratie, de pluralité, de tolérance et de bien-être, les autorités politiques, inféodées aux pouvoirs marchands, ont édifié un système totalitaire sans nul autre pareil. »

 


DE LA SERVITUDE MODERNE

 Rudes sont les étapes, elles ne seront point éternelles ; ce qui est éternel c'est le progrès, mettant sur l'horizon un idéal nouveau, quand a été atteint celui qui la veille semblait utopie." Louise Michel (Londres, 20 Mai 1898) La réalité au-delà de la fiction :

 

Le nouveau capitlisme : " cf La vitesse n'est que..., l'Etat et la noir finance : NOIRE FINANCE - La grande pompe à phynances - Arte EP01.flvA voir DE LA SERVITUDE MODERNEla servitude moderne10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire et l'article  Publié sur Agoravox

 Les causes et conséquences économie et emploi: Ces causes date aux moins de 97-7 98 ( Crise économique - Wikipédia.  Cela ne fait pas de consensus, voir 30 ans ). Les illusions de la crise des subprimes et des fausses relances   n’à durer deux ans. « Malgré la crise économique qui a ébranlé le monde en 2008, le pouvoir de la finance ne s’est pas amendé, les promesses de l’époque se sont évaporées avec le retour des bénéfices. A l’inverse, en Europe sous la pression de l’U.E et du FMI, les gouvernements de gauche comme de droite appliquent des programmes dévastateurs qui accentuent les inégalités et aggravent la crise » – Source la CNT ( Confédération national du travail), voir aussi 10 mai 1981 - 15 mai 2011 , triste anniversaire et l'article  Publié sur AgoravoxLa zone euro est en crise, mais chut, la France est en ... - Rue89

Les banques anglaise, prévoient de leur coté de supprimer 50.000 postes et pourrait s’accélérer si les réformes sont jugées trop sévère. Document PDF L'impact de la crise économique internationale sur le ...

On assiste à un vaste processus de transformations économiques, sociales, politiques à l’échelle mondiale. C’est l’émergence d’un nouveau capitalisme mondialisé sous l’effet de deux grandes forces : les nouvelles technologies et la globalisation financière. Ainsi s’opère une transition vers une nouvelle forme de capitalisme dominé par la finance et le savoir. Le nouvel état de l’économie porte plusieurs noms : le new age : âge d’or illustré par le modèle américain = croissance économique forte et durable (grâce aux nouvelles technologies et l’économie de marché) ou encore la nouvelle économie qui est l’ensemble des entreprises appartenant au secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication et dont le développement économique est fondé sur internet dans un nombre toujours plus grand d’activités). " cf Comment s’endetter ? , révolutions technologique , Qu’est ce que c’est… La restructuration ?

Le capital de Marx expliqué, : Le capitalisme ne peut pas, à long terme, résoudre le problème économique de fournir une vie humaine pour les masses… Cette proposition est la base de l’approche de classe du Marxisme.  Sans elle il n’y a pas d’approche de classe, et il ne peut pas y en avoir. Si ce n’est pas vrai alors il n’y a aucune raison de ne pas être simplement un bon réformiste Le Capital explique pourquoi il ne suffit pas d’être un bon réformiste.  Dans Capital, plus-value, et exploitation Un des traits distinctifs du capitalisme est que, contrairement aux précédentes formes de sociétés, il est poussé par le besoin de créer de la valeur d’échange plutôt que des valeurs utiles Il pronostiquait que la recherche constante des profits, plus-value entrainerait leurs chutes et donc du système idéologique capitaliste.12/12/2012 Pourquoi parler de "crise" ?

 

 

André Gorz

 

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 

 

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, dans les pays d’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et au Japon, l’expansion rapide de l’économie permettait de contenir et repousser les effets négatifs de cette contradiction.... Tout cela a changé depuis la crise des années 1970 et la restructuration du capitalisme qu’elle a provoquée.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pasLa grande évasion fiscale cf  Révolutions technologique
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

cf Andre Gorz, restructuration du capitalisme 

 : :

-     Le Travail des ouvriers. Que le patron a payé, sous forme de salaire, à ses employés pour acheter leur force de travail.

    La Plus-value : La part de travail des ouvriers que le patron n’a pas payé et qu’il s’approprie pour faire son profit.

-     Les Matières premières : Qui ont une valeur, mais parce qu’il a fallu qu’un certain nombre de personnes vendent leur force de travail pour les produire. Pas d’acier sans le travail du mineur extrayant du charbon et du fer, ni sans celui de l’ouvrier sidérurgiste faisant fondre l’un avec l’autre. À chacun de ces niveaux de production, divers patrons ont également récupéré une certaine plus-value.

-     Les Machines et l’électricité : Qui ont également une certaine « valeur », mais parce qu’il a également fallu que des prolos vendent leur force de travail pour les fabriquer. Pas de machines sans employés pour les monter et les entretenir, ni d’électricité si personne ne fabrique et ne surveille les réacteurs des centrales nucléaires. Là aussi à chacun des niveaux de production, divers patrons ont également récupéré une certaine plus-value. cf Qu’est ce que c’est… la valeur : première partie

Dans un premier temps, l’informatisation a eu pour but de réduire les coûts de production.Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché

 

Vous rappelez-vous des connexions internet à la fin des années 90 ? Du petit bruit qu'émettait votre modem quand il se connectait ? Du temps qu'il fallait pour charger une page ? Que les abonnements internet vous offraient royalement une connexion de quelques heures par mois ?

Pensiez-vous, à cette époque, que vous regarderiez la télévision via internet ? Que vous discuteriez en vidéo-conférence avec quelqu'un à l'autre bout du monde grâce au réseau ? Ou que vous pourriez lire vos e-mails dans le métro ?

 iphone 

 

On notera que, dans cette représentation, le moteur de l'innovation n'est pas la concurrence, mais la perspective de réaliser temporairement, dans une situation de monopole, des surprofits justifiant les risques encourus. En revanche, le marché doit demeurer suffisamment concurrentiel pour permettre, à. terme, la diffusion de l'innovation puis la survenue de nouvelles grappes d'innovation.. Le fonctionnement de l’entreprise et des institutions capitaliste est de maximiser le taux de profits   Face a un cercle de réduction des salaires et de baisse des taux de profits, l’appareil étatique intervient pour relancer la machine et maintenir le système capitaliste a flot ( exemple avec la Grèce)

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

C’est l’exemple non pas d’une dérive d’un homme, mais d’un système. La crise des subprime a révélé le scandale, lorsque l’appât du gain de ces clients ( banques et clients) en cherchant a retirer leurs sous, ont eu des pertes

 

 D'une crise à l'autre Des subprimes à la crise mondiale titrait la documentation française : Le système capitaliste ne peut fonctionner que par des crises et de l’endettement. Certains ont appelé cela «  la « destruction créative » de Schumpeter. L'industrie américaine de l'énergie de schiste qui elle-même a donné lieu à 5 000 milliards de dollars de dette junk (subprime) disséminée dans le système financier. represente un rissque important comme la bukke financière en Chine et l'importance des liquidité dans le monde terme, la diffusion de l'innovation puis la survenue de nouvelles grappes d'innovation. ( voir le site Senat, : "La crise ne peut être dépassée que par d'autres vagues d'innovations, avec de nouvelles productions qui succèdent aux anciennes. La croissance, par-delà les cycles, est donc consubstantielle à un processus de « destruction créatrice ».  

L'apparition et la diffusion des innovations dépendent en amont de la propension de l'entrepreneur à prendre des risques, de la recherche en vue de favoriser l'émergence d'inventions susceptibles d'être exploitées, et du crédit. La dépression correspond à une période de remise en cause de structures productives devenues surdimensionnées, de désendettement et de gestation de nouvelles innovations. La durée de chaque cycle dépend de l'importance des innovations et de leurs effets d'entraînement.

En somme, le progrès technique n'est pas un flux continu, mais il se diffuse de manière périodique par vagues à partir de certains secteurs et certains lieux.On notera que, dans cette représentation, le moteur de l'innovation n'est pas la concurrence, mais la perspective de réaliser temporairement, dans une situation de monopole, des surprofits justifiant les risques encourus. En revanche, le marché doit demeurer suffisamment concurrentiel pour permettre, à. terme, la diffusion de l'innovation puis la survenue de nouvelles grappes d'innovation.. Le fonctionnement de l’entreprise et des institutions capitaliste est de maximiser le taux de profits   Face a un cercle de réduction des salaires et de baisse des taux de profits, l’appareil étatique intervient pour relancer la machine et maintenir le système capitaliste a flot ( exemple avec la Grèce)

 

En 2008, le cycle du crédit a atteint son sommet. Après un demi-siècle passé à ajouter de la dette, le secteur privé s'est progressivement déplacé vers le secteur publique grâce aux immense rachat de dette des Banque Centrales et des états et par la contraction de l'économie.. Les institutions privés et financières ont renouées avec les bénéfices, car elles sont vues les charges de leurs dettes se déplacer vers le secteurs publics( états, contribuables, Banques Centrales).

 

Exemple avec un lienla photo si dessous montrant les taux de profits du secteurs bancaire français 

 

 

A lors que les résultats des banques s'envolent, alors que trois mille postes ont été supprimés en 2014, c'est 211 millions d'euros qu'elles ont reçu au titre du CICE....
COMMUNCOMMUNE.COM|PAR MICHEL EL DIABLO

Socialisation des pertes et privatisation des profits - Alternatives ... : Avec les interventions publiques en vue de stopper la crise financière reviennent les critiques sur le thème de l’opposition entre socialisation des pertes et privatisation des profits : la puissance publique paierait les pertes liées à la crise, alors que les profits accumulés en période d’expansion iraient uniquement dans les poches des acteurs privés, ce qui serait injuste. Cette idée est profondément fausse et témoigne généralement d’une absence de réflexion au profit de condamnations morales faciles. privatisation des bénéfices et socialisation des pertes : citoyen actif

 

  Les marchés financiers mondiaux mettent en scène deux crises.

Ces deux crises sont différentes dans leurs particularités mais elles sont aussi dangereuses l'une que l'autre en termes de conséquences systémiques. La Chine est la deuxième économie mondiale ; la Grèce ne fait pas partie du Top 40. Les actifs financiers de la Chine sont éparpillés dans les portefeuilles de centaines de millions d'investisseurs, alors que la dette souveraine grecque est concentrée entre quelques mains. La Chine est un marché émergent, alors que la Grèce est une économie développée. "La Chine est une dictature s'exerçant du sommet vers la base, alors que la Grèce vient juste d'illustrer devant le monde entier ce qu'est une démocratie s'exerçant de la base vers le sommet -- du moins, en théorie.

 

 

WWW.LENOUVELECONOMISTE.FR
 

un lien.

“L’idée même du risque semble avoir disparu de la tête des investisseurs. Comme s’ils avaient souscrit une assurance tous risques auprès des banques centrales” tiré du Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine

Surabondance de liquidités, écrasement des taux d’intérêt, sophistication des outils financiers, garde-fous illusoires. Autant d’éléments
 
 
“Problème : cet argent censé soutenir l’économie n’est pas arrivé, jusqu’à présent, à ses destinataires, les ménages et les entreprises, via une relance du crédit”
 

Pourtant, ce qui sépare ces deux crises est insignifiant comparé à ce qui les unit. Toutes deux peuvent déclencher un effondrement systémique mondial. Le monde semble plus fragile qu'il l'était en 2007. Les grandes banques sont plus importantes. La totalité des actifs est concentrée entre quelques mains. Dans les comptes des banques, les dérivés sont beaucoup plus volumineux. La liquidité des marchés s'est dégradée.

 

Ce n'est un secret pour personne. L'élite financière internationale le crie sur les toits depuis un moment. Des mises en garde ont été lancées en quantité par le FMI, le G20, la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux (BRI) et par des think tanks privés. Dans l'ensemble, ces mises en garde ont été ignorées. Les internés (les banques) ont continué de diriger l'asile psychiatrique (le système financier). Les investisseurs ont continué de se jeter sur les bulles boursières et immobilières, de Wall Street à Wuhan, à la recherche de quelque "rendement" insaisissable. L'effondrement n'a toujours été qu'une question de temps.


La Chine et la Grèce prééminence d'une nouvelle crise systémique ? (.

Non, probablement. Le système est fragile et ces crises sont pressantes. Mais elles sont également sensibles aux réactions gouvernementales variant du "bon sauvetage tout simple" à des renflouements plus extrêmes, et à l'utilisation de la "force majeure". Les banques sont restées fermées près de trois semaines, en Grèce. Les bourses peuvent encore être fermées, en Chine. Les faillites individuelles des banques et des courtiers pourraient bien proliférer. Mais le noyau devrait tenir, pour l'instant.

En termes simples, la Chine subit peut-être un effondrement de plusieurs milliards de dollars mais elle dispose d'une lance à incendie de plusieurs milliers de milliards de dollars que représentent ses réserves officielles. La Chine peut adopter la devise du "tout ce qu'il faudra" ("whatever it takes") de Mario Draghi, et elle n'a même pas besoin d'imprimer de l'argent : elle peut se contenter d'utiliser ses réserves.

Depuis la dégradation des Etats Unis, les politiques ont décidé de se montrer rassurant, quitte a se montrer contradictoire. La BCE a ainsi exprimé quel compter racheter les obligations d’états en Italie. (La BCE, le G7 et le G20 veulent regagner la confiance des marchésla tribune  Le Monde, l'express, face a l’escalade de la crise, mais ne rassure pas - le Monde, l'expansion .

L'OCDE anticipe toujours un ralentissement de l'économie mondiale – boursier. Com, Le Monde, l'express   …) En juin par rapport à mai, "des signaux plus forts d'inversion des cycles de croissance ont fait leur apparition aux Etats-Unis, au Japon et en Russie", relève l'OCDE dans un communiqué. Le climat de dégradation est général dans les principales économies mondiales, souligne l'organisation. Risque de staflation à la japonaise de l'économie - mon post, interview dans le figaro

Tous ces dirigeants politiques affaiblis, sont ils capables de sauver l’Euro. La Chine est elle en arbitre (Premier créancier des Etats-Unis, la Chine fustige une politique budgétaire américaine inconsidérée - Richard Hiault ). Si la Chine rachète l'Europe : cliquez ICI,  Consultez en ligne  format PDF Courrier International, et l’article Publié sur Agoravox Enfin Pékin avec le plus gros créancier de bon du trésor américain. Le gouvernement chinois s’estime pouvoir exiger de réforme et  donner des leçon. Premier créancier des Etats-Unis, la Chine fustige une politique budgétaire américaine inconsidérée - Richard Hiault.


 
Détruire pour consommer toujours plus
 

 Surplus, la consommation par la terreur, Je consomme donc je suis -Doc1- (2010) → www.ANTISYSTEME.com

 

On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière – en particulier des hedge funds –, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l’industrie financière cherche àéviter : la dévalorisation de masses gigantesque d’actifs financiers et la faillite du système bancaire.

 


Mon Oncle de Jacques Tati : Bande annonce
 

 Watch TV Movies Mon Oncle 1958 - Jacques Tati, Jean-Pierre Zola

On assiste à un vaste processus de transformations économiques, sociales, politiques à l'échelle mondiale. C'est l'émergence d'un nouveau capitalisme mondialisé sous l'effet de deux grandes forces : les nouvelles technologies et la globalisation financière. Ainsi s'opère une transition vers une nouvelle forme de capitalisme dominé par la finance et le savoir. Le nouvel état de l'économie porte plusieurs noms : le new age : âge d'or illustré par le modèle américain = croissance économique forte et durable (grâce aux nouvelles technologies et l'économie de marché) ou encore la nouvelle économie qui est l'ensemble des entreprises appartenant au secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication et dont le développement économique est fondé sur internet dans un nombre toujours plus grand d'activités). " cf Comment s'endetter ? , révolutions technologique , Qu'est ce que c'est... La restructuration ?

 

NOIRE FINANCE - Episode 1 - Extrait: "Le levier" - YouTube https://www.youtube.com/watch?v=cue5yQXhZHI

l était une fois La crise de la finance mondiale 
Parti 1/ 2 
Parti 2l2 

Clearstream : la finance occulte 

 

 D'une crise à l'autre Des subprimes à la crise mondiale titrait la documentation française : Le système capitaliste ne peut fonctionner que par des crises et de l’endettement. Certains ont appelé cela «  la « destruction créative » de Schumpeter. L'industrie américaine de l'énergie de schiste qui elle-même a donné lieu à 5 000 milliards de dollars de dette junk (subprime) disséminée dans le système financier. represente un rissque important comme la bukke financière en Chine et l'importance des liquidité dans le monde terme, la diffusion de l'innovation puis la survenue de nouvelles grappes d'innovation. - Certes les institutions sont "immortelles" (à la faillite et à la restructuration près) mais les responsables des institutions qui investissent sont "mortels". C'est un peu comme si un dirigeant en exercice achetait des produits financiers structurés avec un rendement assuré et bonifié sur une période de court terme (celle où il aura des comptes à rendre) tandis que la période de risques futurs est transférée : à la collectivité ou aux autres dirigeants.. Les crises financières sont sans cesse repoussées dans le temps parce que les marchés sont persuadés que les politiques monétaires seront toujours là pour sauver le système financier international.

 

ne absurdité de plus : prêter à 100 ans

▪ Les sujets d'absurdité économique et financière ne manquent pas depuis quelques mois pour ne pas dire depuis quelques années.

Valorisations d'actifs déconnectées de leurs fondamentaux.
Création monétaire qui ne correspond pas à du crédit ; t.
Taux d'intérêt négatifs.

▪ Une nouvelle absurdité de notre environnement économique et financier : l'investissement sur un horizon de 100 ans 
Nous avons, en effet, appris cette semaine que SNCF Réseau (ex Réseau Ferré de France) venait d'émettre de la dette... à 100 ans. Certes, le montant émis est faible (25 millions d'euros) et il s'agit plus d'un placement privé sur mesure pour les "besoins" d'un investisseur institutionnel que d'une émission obligataire proprement dite.

 


  Surplus, la consommation par la terreurJe consomme donc je suis -Doc1- (2010) www.ANTISYSTEME.com
 

 

 

La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur trois ou quatre d’ici à l’an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85 % jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°C,

 

 

les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.

La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s’opérer. »

 

 

Quelques chiffres :

L’indicateur composite prévoit un ralentissement général mondial. Ainsi Malgré un léger mieux en juin, le déficit commercial français se creuse encore – la tribune    . A relativiser. Le cycle de récession aux états Unis, Japon et Russie est plus fort

 

La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d’Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les mas - sacres et trafics d’êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d’anticipation. Une forme civilisée de la sortie du capitalisme, en revanche, n’est que très rarement envisagée. L’évocation de la catastrophe climatique qui menace conduit généralement à envisager un nécessaire « changement de mentalité », mais la nature de ce changement, ses conditions de possibilité, les obstacles à écarter semblent défier l’imagination. Envisager une autre économie,

d’autres rapports sociaux, d’autres modes et moyens de production et modes de vie passe pour « irréaliste », comme si la société de la marchandise, du salariat et de l’argent était indépassable.

 

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des

produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.

 

Dans un premier temps, l’informatisation a eu pour but de réduire les coûts de production.

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché.

 

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles

elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle. Ces qualités immatérielles – le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou « exclusivité » – devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou « juste prix ». Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend

de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel.

 

 Les qualités immaté - rielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité. Cette rente masque, compense

et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence. Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté, source de rente, et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents. La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les

baskets, T-shirts, portables, disques, jeans, etc.

 

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse 1.

 

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la « personnalisation » des produits.

 

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes. Elle oblige les

firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux, à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une « culture de la consommation » qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la « socialisation antisociale ».

 

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale ». De toute évidence, la rupture avec la

 

1 La valeur travail est une idée d’Adam Smith qui voyait dans le travail la substance commune de toutes les marchandises et pensait que celles-ci s’échangeaient en proportion de la quantité de travail qu’elles contenaient. La valeur travail n’a rien à voir avec ce qu’on entend par là aujourd’hui et qui (chez Dominique Méda entre autres) devrait être désigné comme travail valeur (valeur morale, sociale, idéologique etc.).

 

Marx a affiné et retravaillé la théorie d’Adam Smith. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer la notion économique de valeur en disant : une entreprise crée de la valeur dans la mesure où elle produit une marchandise vendable avec du travail pour la rémunération duquel elle met en circulation (crée, distribue,) du pouvoir d’achat. Si son activité n’augmente pas la quantité d’argent en circulation elle ne crée pas de valeur. Si son activité détruit de l’emploi elle détruit de la valeur. La rente de monopole consomme de la valeur créée par ailleurs et se l’approprie. Les services à la personne ne créent pas de valeur mais en redistribuent. tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rabattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation

semble hors de portée et ridiculement archaïque – à tort.

 

Et pourtant, la « dictature sur les besoins » perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité. La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

 

Il n’est pas difficile de privatiser et de monopoliser des contenus immatériels aussi longtemps que connaissances, idées, concepts mis en oeuvre dans la production et dans la conception des marchandises étaient définis en fonction de machines et d’articles dans lesquels ils étaient incorporés en vue d’un usage précis. Machines et articles pouvaient être brevetés et la position de monopole protégée. La propriété privée de connaissances et de concepts était rendue possible par le fait qu’ils étaient inséparables des objets qui les matérialisaient. Ils étaient une composante du capital fixe.

 

Mais tout change quand les contenus immatériels ne sont plus inséparables des produits qui les contiennent ni même des personnes qui les détiennent ; quand ils accèdent a une existence indépendante de toute utilisation particulière et qu’ils sont susceptibles, traduits en logiciels, d’être reproduits en quantités illimitées pour un coût infime. Ils peuvent alors devenir un bien abondant qui, par sa disponibilité illimitée, perd toute valeur d’échange et tombe dans le domaine public comme bien commun gratuit – à moins qu’on ne réussisse à l’en empêcher en en interdisant l’accès et l’usage illimités auxquels il se prête.

 

Le problème auquel se heurte « l’économie de la connaissance » provient du fait que la dimension immatérielle dont dépend le rentabilité des marchandises n’est pas, à l’âge de l’informatique, de la même nature que ces dernières : elle n’est la propriété privée ni des entreprises ni des collaborateurs de celles-ci ; elle n’est pas, de par sa nature privatisable, et ne peut, par conséquent, devenir une vraie marchandise. Elle peut seulement être déguisée en propriété privée et marchandise en réservant son usage exclusif par des artifices juridiques ou

techniques (codes d’accès secrets). Ce déguisement ne change cependant rien à la réalité de bien commun du bien ainsi déguisé : il reste une non-marchandise non vendable dont l’accès et l’usage libres sont interdits parce qu’ils demeurent toujours possibles, parce que le guettent les « copies illicites », les « imitations », les usages interdits. Le soi-disant propriétaire lui-même ne peut les vendre c’est-à-dire en transférer la propriété privée à un autre, comme il le ferait pour une vraie marchandise ; il ne peut vendre qu’un droit d’accès ou d’usage « sous licence ».

 

L’économie de la connaissance se donne ainsi pour base une richesse ayant vocation d’être un bien commun, et les brevets et copyrights censés le privatiser n’y changent rien ; l’aire de la gratuité s’étend irrésistiblement. L’informatique et internet minent le règne de la marchandise à sa base. Tout ce qui est traduisible en langage numérique et reproductible, communicable sans frais, tend irrésistiblement à devenir un bien commun, voire un bien commun universel quand il est accessible à tous et utilisable par tous. N’importe qui peut reproduire avec son ordinateur des contenus immatériels comme le design, les plans de construction ou de montage, les formules et équations chimiques ; inventer ses propres styles et formes ; imprimer des textes, graver des disques, reproduire des tableaux. Plus de deux cents millions de références sont actuellement accessibles sous licence « créative commons ». Au Brésil, où l’industrie du disque commercialise quinze nouveaux CD par an, les jeunes des favelas en gravent quatre-vingt par semaine et les diffusent dans la rue. Les trois quarts des ordinateurs produits en 2004 étaient autoproduits dans les favelas avec les composants de matériels mis au rebut. Le gouvernement soutient les coopératives et groupements informels d’autoproduction pour l’autoapprovisionnement.

 

Claudio Prado, qui dirige le département de la culture numérique au ministère de la Culture du Brésil, disait récemment : « L’emploi est une espèce en voie d’extinction… Nous comptons sauter cette phase merdique du XXe siècle pour passer directement du XIXe au XXIe. » L’autoproduction des ordinateurs par exemple a été officiellement soutenue : il s’agit de favoriser « l’appropriation des technologies par les usagers dans un but de transformation sociale ». La prochaine étape sera logiquement l’autoproduction de moyens de production.

 

J’y reviendrai encore.

Ce qui importe pour le moment, c’est que la principale force productive et la principale source de rentes tombent progressivement dans le domaine public et tendent vers la gratuité ; que la propriété privée des moyens de production et donc le monopole de l’offre deviennent progressivement impossibles ; que par conséquent l’emprise du capital sur la consommation se relâche et que celle-ci peut tendre à s’émanciper de l’offre marchande. Il s’agit là d’une rupture qui mine le capitalisme à sa base. La lutte engagée entre les « logiciels

propriétaires » et les « logiciels libres » (libre, « free » est aussi l’équivalent anglais de « gratuit ») a été le coup d’envoi du conflit central de l’époque. Il s’étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières – la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l’existence d’une société. De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme.

 

 

 

 

Cette sortie implique nécessairement que nous nous émancipions de l’emprise qu’exerce le capital sur la consommation et de son monopole des moyens de production. Elle signifie l’unité rétablie du sujet de la production et du sujet de la consommation et donc l’autonomie retrouvée dans la définition de nos besoins et de leur mode de satisfaction.

 

L’obstacle insurmontable que le capitalisme avait dressé sur cette voie était la nature même des moyens de production qu’il avait mis en place : ils constituait une mégamachine dont tous étaient les serviteurs et qui nous dictait les fins à poursuivre et la vie a mener. Cette période tire à sa fin. Les moyens d’autoproduction high-tech rendent la mégamachine industrielle virtuellement obsolète. Claudio Prado invoque « l’appropriation des technologies » parce que la clé commune de toutes, l’informatique, est appropriable par tous. Parce que, comme le demandait Ivan Illich, « chacun peut l’utiliser sans difficulté aussi souvent ou aussi rarement qu’il le désire […] sans que l’usage qu’il en fait empiète sur le liberté d’autrui d’en faire autant » ; et parce que cet usage (il s’agit de la définition illichienne des outils conviviaux) « stimule l’accomplissement personnel » et élargit l’autonomie de tous. La définition que Pekka Himanen donne de l’Éthique hacker 1 est très voisine : un mode de vie qui met au premier rang « les joies de l’amitié, de l’amour, de la libre coopération et de la créativité personnelle ».

 

Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine, etc. Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. Le travail sera producteur de culture, l’autoproduction un mode d’épanouissement.Deux circonstances plaident en faveur de ce type de développement. La première est qu’il existe beaucoup plus de compétences, de talents et de créativité que l’économie capitaliste n’en peut utiliser. Cet excédent de ressources humaines ne peut devenir productif que dans une économie où la création de richesses n’est pas soumise aux critères de rentabilité. La seconde est que « l’emploi est une espèce en voie d’extinction ».

 

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud- Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine.

André Gorz

 

NDLR : Ce texte qu’André Gorz a terminé d’écrire le 17/09/2007 est une version revue et approfondie de celui écritpour le manifeste d’Utopia. Rebaptisé pour notre dossier Le travail dans la sortie du capitalisme il a depuis été publié dans son livre posthume Écologica sous le titre La sortie du capitalisme a déjà commencé.

1 Pekka Himanen, L’Éthique hacker et l’esprit de l’ère de l’information, tr. fr. C. Leblanc, Paris, Exils, 2001.

 

Ou encore très intéressant :

 

 

« La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une « croissance économique » qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie

réelle d’une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze

ans).

 

Un autre futur : l' Espagne en rouge et noirCréé le lundi 25 juin 2012

11/03/2012

Présentation du groupe

 

La sortie du capitalisme a déjà commencé

Version en ligne sur le site d’ÉcoRev

et publiée dans Écologica (Galilée, 2008)

 

La question de la sortie du capitalisme n’a jamais été plus actuelle. Elle se pose en des termes et avec une urgence d’une radicale nouveauté. Par son développement même, le capitalisme a atteint une limite tant interne qu’externe qu’il est incapable de dépasser et qui en fait un système qui survit par des subterfuges à la crise de ses catégories fondamentales : le travail, la valeur, le capital.

 

La crise du système se manifeste au niveau macro-économique aussi bien qu’au niveau micro-économique. Elle s’explique principalement par un bouleversement technoscientifique qui introduit une rupture dans le développement du capitalisme et ruine, par ses répercussions, la base de son pouvoir et sa capacité de se reproduire. J’essaierai d’analyser cette crise d’abord sous l’angle macro-économique [1], ensuite dans ses effets sur le fonctionnement et la gestion des entreprises [2].

 

  1. L’informatisation et la robotisation ont permis de produire des quantités croissantes de marchandises avec des quantités décroissantes de travail. Le coût du travail par unité de produit ne cesse de diminuer et le prix des produits tend à baisser. Or plus la quantité de travail pour une production donnée diminue, plus le valeur produite par travailleur – sa productivité – doit augmenter pour que la masse de profit réalisable ne diminue pas.
  2. On a donc cet apparent paradoxe que plus la productivité augmente, plus il faut qu’elle augmente encore pour éviter que le volume de profit ne diminue. La course à la productivité tend ainsi à s’accélérer, les effectifs employés à être réduits, la pression sur les personnels à se durcir, le niveau et la masse des salaires à diminuer. Le système évolue vers une limite interne où la production et l’investissement dans la production cessent d’être assez rentables.

 

En Chine, aux Philippines ou au Soudan, les chiffres attestent que cette limite est atteinte. L’accumulation productive du capital productif ne cesse de régresser. Aux États-Unis, les cinq cents firmes de l’indice Standard & Poor’s disposent de 631 milliards de réserves liquides ; la moitié des bénéfices des entreprises américaines provient d’opérations sur les marchés financiers. En France, l’investissement productif des entreprises du CAC 40 n’augmente pas même quand leurs bénéfices explosent.

 

La production n’étant plus capable de valoriser l’ensemble des capitaux accumulés, une partie croissante de ceux-ci conserve la forme de capital financier. Une industrie financière se constitue qui ne cesse d’affiner l’art de faire de l’argent en n’achetant et ne vendant rien d’autre que diverses formes d’argent. L’argent lui-même est la seule marchandise que l’industrie financière produit par des opérations de plus en plus hasardeuses et de moins en moins maîtrisables sur les marchés financiers. La masse de capital que l’industrie financière draine et gère dépasse de loin la masse de capital que valorise l’économie réelle (le total des actifs financiers représente 160 000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial). La « valeur » de ce capital est purement fictive : elle repose en grande partie sur l’endettement et le good will, c’est-à-dire sur des anticipations : la Bourse capitalise la croissance future, les profits futurs des entreprises, la hausse future des prix de l’immobilier, les gains que pourront dégager les restructurations, fusions, concentrations, etc. Les cours de Bourse se gonflent de capitaux et de leurs plus-values futures et les ménages se trouvent incités par les banques à acheter (entre autres) des actions et des certificats d’investissement immobilier, à accélérer ainsi la hausse des cours, à

emprunter à leur banque des sommes croissantes à mesure qu’augmente leur capital fictif boursier.

 

 

C’est l’exemple non pas d’une dérive d’un homme, mais d’un système. La crise des subprime a révélé le scandale, lorsque l’appât du gain de ces clients ( banques et clients) en cherchant a retirer leurs sous, ont eu des pertes

 

 

On a beau accuser la spéculation, les paradis fiscaux, l’opacité et le manque de contrôle de l’industrie financière – en particulier des hedge funds ( et  agence de notations) –, la menace de dépression, voire d’effondrement qui pèse sur l’économie mondiale n’est pas due au manque de contrôle ; elle est due à l’incapacité du capitalisme de se reproduire. Il ne se perpétue et ne fonctionne que sur des bases fictives de plus en plus précaires. Prétendre redistribuer par voie d’imposition les plus-values fictives des bulles précipiterait cela même que l’industrie financière cherche à éviter : la dévalorisation de masses gigantesque d’actifs financiers et la faillite du système bancaire.

 

 

La « restructuration écologique » ne peut qu’aggraver la crise du système. Il est impossible d’éviter une catastrophe climatique sans rompre radicalement avec les méthodes et la logique économique qui y mènent depuis cent cinquante ans. Si on prolonge la tendance actuelle, le PIB mondial sera multiplié par un facteur trois ou quatre d’ici à l’an 2050. Or selon le rapport du Conseil sur le climat de l’ONU, les émissions de CO2 devront diminuer de 85 % jusqu’à cette date pour limiter le réchauffement climatique à 2°C au maximum. Au-delà de 2°C,

 

 

les conséquences seront irréversibles et non maîtrisables.

La décroissance est donc un impératif de survie. Mais elle suppose une autre économie, un autre style de vie, une autre civilisation, d’autres rapports sociaux. En leur absence, l’effondrement ne pourrait être évité qu’à force de restrictions, rationnements, allocations autoritaires de ressources caractéristiques d’une économie de guerre. La sortie du capitalisme aura donc lieu d’une façon ou d’une autre, civilisée ou barbare. La question porte seulement sur la forme que cette sortie prendra et sur la cadence à laquelle elle va s’opérer. »

 

 

 

La forme barbare nous est déjà familière. Elle prévaut dans plusieurs régions d’Afrique, dominées par des chefs de guerre, par le pillage des ruines de la modernité, les mas - sacres et trafics d’êtres humains, sur fond de famine. Les trois Mad Max étaient des récits d’anticipation. Une forme civilisée de la sortie du capitalisme, en revanche, n’est que très rarement envisagée. L’évocation de la catastrophe climatique qui menace conduit généralement à envisager un nécessaire « changement de mentalité », mais la nature de ce changement, ses conditions de possibilité, les obstacles à écarter semblent défier l’imagination. Envisager une autre économie,

d’autres rapports sociaux, d’autres modes et moyens de production et modes de vie passe pour « irréaliste », comme si la société de la marchandise, du salariat et de l’argent était indépassable.

 

En réalité une foule d’indices convergents suggèrent que ce dépassement est déjà amorcé et que les chances d’une sortie civilisée du capitalisme dépendent avant tout de notre capacité à distinguer les tendances et les pratiques qui en annoncent la possibilité.

 

2. Le capitalisme doit son expansion et sa domination au pouvoir qu’il a pris en l’espace d’un siècle sur la production et la consommation à la fois. En dépossédant d’abord les ouvriers de leurs moyens de travail et de leurs produits, il s’est assuré progressivement le monopole des moyens de production et la possibilité de subsumer le travail. En spécialisant, divisant et mécanisant le travail dans de grandes installations, il a fait des travailleurs les appendices des mégamachines du capital. Toute appropriation des moyens de production par les producteurs en devenait impossible. En éliminant le pouvoir de ceux-ci sur la nature et la destination des

produits, il a assuré au capital le quasi-monopole de l’offre, donc le pouvoir de privilégier dans tous les domaines les productions et les consommations les plus rentables, ainsi que le pouvoir de façonner les goûts et désirs des consommateurs, la manière dont ils allaient satisfaire leurs besoins. C’est ce pouvoir que la révolution informationnelle commence de fissurer.

 

Dans un premier temps, l’informatisation a eu pour but de réduire les coûts de production.

Pour éviter que cette réduction des coûts entraîne une baisse correspondante du prix des marchandises, il fallait, dans toute la mesure du possible, soustraire celles-ci aux lois du marché.

 

Cette soustraction consiste à conférer aux marchandises des qualités incomparables grâce auxquelles

elles paraissent sans équivalent et cessent par conséquent d’apparaître comme de simples marchandises.

La valeur commerciale (le prix) des produits devait donc dépendre davantage de leurs qualités immatérielles non mesurables que de leur utilité (valeur d’usage) substantielle. Ces qualités immatérielles – le style, la nouveauté le prestige de la marque, le rareté ou « exclusivité » – devaient conférer aux produits un statut comparable à celui des oeuvres d’art : celles-ci ont une valeur intrinsèque, il n’existe aucun étalon permettant d’établir entre elles un rapport d’équivalence ou « juste prix ». Ce ne sont donc pas de vraies marchandises. Leur prix dépend

de leur rareté, de la réputation du créateur, du désir de l’acheteur éventuel.

 

 Les qualités immaté - rielles incomparables procurent à la firme productrice l’équivalent d’un monopole et la possibilité de s’assurer une rente de nouveauté, de rareté, d’exclusivité. Cette rente masque, compense

et souvent surcompense la diminution de la valeur au sens économique que la baisse des coûts de production entraîne pour les produits en tant que marchandises par essence échangeable entre elles selon leur rapport d’équivalence. Du point de vue économique, l’innovation ne crée donc pas de valeur ; elle est le moyen de créer de la rareté, source de rente, et d’obtenir un surprix au détriment des produits concurrents. La part de la rente dans le prix d’une marchandise peut être dix, vingt ou cinquante fois plus grand que son coût de revient, et cela ne vaut pas seulement pour les articles de luxe ; cela vaut aussi bien pour des articles d’usage courant comme les

baskets, T-shirts, portables, disques, jeans, etc.

 

Or la rente n’est pas de même nature que le profit : elle ne correspond pas à la création d’un surcroît de valeur, d’une plus-value. Elle redistribue la masse totale de le valeur au profit des entreprises rentières et aux dépends des autres ; elle n’augmente pas cette masse 1.

 

Lorsque l’accroissement de la rente devient le but déterminant de la politique des firmes – plus important que le profit qui, lui, se heurte à la limite interne indiquée plus haut – la concurrence entre les firmes porte avant tout sur leur capacité et rapidité d’innovation. C’est d’elle que dépend avant tout la grandeur de leur rente. Elles cherchent donc a se surpasser dans le lancement de nouveaux produits ou modèles ou styles, par l’originalité du design, par l’inventivité de leurs campagnes de marketing, par la « personnalisation » des produits.

 

L’accélération de l’obsolescence, qui va de pair avec la diminution de la durabilité des produits et de la possibilité de les réparer, devient le moyen décisif d’augmenter le volume des ventes. Elle oblige les

firmes à inventer continuellement des besoins et des désirs nouveaux, à conférer aux marchandises une valeur symbolique, sociale, érotique, à diffuser une « culture de la consommation » qui mise sur l’individualisation, la singularisation, la rivalité, la jalousie, bref sur ce que j’ai appelé ailleurs la « socialisation antisociale ».

 

Tout s’oppose dans ce système à l’autonomie des individus ; à leur capacité de réfléchir ensemble à leurs fins communes et à leurs besoins communs ; de se concerter sur la meilleure manière d’éliminer les gaspillages, d’économiser les ressources, d’élaborer ensemble, en tant que producteurs et consommateurs, une norme commune du suffisant – de ce que Jacques Delors appelait une « abondance frugale ». De toute évidence, la rupture avec la

 

1 La valeur travail est une idée d’Adam Smith qui voyait dans le travail la substance commune de toutes les marchandises et pensait que celles-ci s’échangeaient en proportion de la quantité de travail qu’elles contenaient. La valeur travail n’a rien à voir avec ce qu’on entend par là aujourd’hui et qui (chez Dominique Méda entre autres) devrait être désigné comme travail valeur (valeur morale, sociale, idéologique etc.).

 

Marx a affiné et retravaillé la théorie d’Adam Smith. En simplifiant à l’extrême, on peut résumer la notion économique de valeur en disant : une entreprise crée de la valeur dans la mesure où elle produit une marchandise vendable avec du travail pour la rémunération duquel elle met en circulation (crée, distribue,) du pouvoir d’achat. Si son activité n’augmente pas la quantité d’argent en circulation elle ne crée pas de valeur. Si son activité détruit de l’emploi elle détruit de la valeur. La rente de monopole consomme de la valeur créée par ailleurs et se l’approprie. Les services à la personne ne créent pas de valeur mais en redistribuent. tendance au « produire plus, consommer plus » et la redéfinition autonome d’un modèle de vie visant à faire plus et mieux avec moins, suppose la rupture avec une civilisation où on ne produit rien de ce qu’on consomme et ne consomme rien de ce qu’on produit ; où producteurs et consommateurs sont séparés et où chacun s’oppose à lui-même en tant qu’il est toujours l’un et l’autre à la fois ; où tous les besoins et tous les désirs sont rabattus sur le besoin de gagner de l’argent et le désir de gagner plus ; où la possibilité de l’autoproduction pour l’autoconsommation semble hors de portée et ridiculement archaïque – à tort.

 

Et pourtant, la « dictature sur les besoins » perd de sa force. L’emprise que les firmes exercent sur les consommateurs devient plus fragile en dépit de l’explosion des dépenses pour le marketing et la publicité. La tendance à l’autoproduction regagne du terrain en raison du poids croissant qu’ont les contenus immatériels dans la nature des marchandises. Le monopole de l’offre échappe petit à petit au capital.

 

Il n’est pas difficile de privatiser et de monopoliser des contenus immatériels aussi longtemps que connaissances, idées, concepts mis en oeuvre dans la production et dans la conception des marchandises étaient définis en fonction de machines et d’articles dans lesquels ils étaient incorporés en vue d’un usage précis. Machines et articles pouvaient être brevetés et la position de monopole protégée. La propriété privée de connaissances et de concepts était rendue possible par le fait qu’ils étaient inséparables des objets qui les matérialisaient. Ils étaient une composante du capital fixe.

 

Mais tout change quand les contenus immatériels ne sont plus inséparables des produits qui les contiennent ni même des personnes qui les détiennent ; quand ils accèdent a une existence indépendante de toute utilisation particulière et qu’ils sont susceptibles, traduits en logiciels, d’être reproduits en quantités illimitées pour un coût infime. Ils peuvent alors devenir un bien abondant qui, par sa disponibilité illimitée, perd toute valeur d’échange et tombe dans le domaine public comme bien commun gratuit – à moins qu’on ne réussisse à l’en empêcher en en interdisant l’accès et l’usage illimités auxquels il se prête.

 

Le problème auquel se heurte « l’économie de la connaissance » provient du fait que la dimension immatérielle dont dépend le rentabilité des marchandises n’est pas, à l’âge de l’informatique, de la même nature que ces dernières : elle n’est la propriété privée ni des entreprises ni des collaborateurs de celles-ci ; elle n’est pas, de par sa nature privatisable, et ne peut, par conséquent, devenir une vraie marchandise. Elle peut seulement être déguisée en propriété privée et marchandise en réservant son usage exclusif par des artifices juridiques ou

techniques (codes d’accès secrets). Ce déguisement ne change cependant rien à la réalité de bien commun du bien ainsi déguisé : il reste une non-marchandise non vendable dont l’accès et l’usage libres sont interdits parce qu’ils demeurent toujours possibles, parce que le guettent les « copies illicites », les « imitations », les usages interdits. Le soi-disant propriétaire lui-même ne peut les vendre c’est-à-dire en transférer la propriété privée à un autre, comme il le ferait pour une vraie marchandise ; il ne peut vendre qu’un droit d’accès ou d’usage « sous licence ».

 

L’économie de la connaissance se donne ainsi pour base une richesse ayant vocation d’être un bien commun, et les brevets et copyrights censés le privatiser n’y changent rien ; l’aire de la gratuité s’étend irrésistiblement. L’informatique et internet minent le règne de la marchandise à sa base. Tout ce qui est traduisible en langage numérique et reproductible, communicable sans frais, tend irrésistiblement à devenir un bien commun, voire un bien commun universel quand il est accessible à tous et utilisable par tous. N’importe qui peut reproduire avec son ordinateur des contenus immatériels comme le design, les plans de construction ou de montage, les formules et équations chimiques ; inventer ses propres styles et formes ; imprimer des textes, graver des disques, reproduire des tableaux. Plus de deux cents millions de références sont actuellement accessibles sous licence « créative commons ». Au Brésil, où l’industrie du disque commercialise quinze nouveaux CD par an, les jeunes des favelas en gravent quatre-vingt par semaine et les diffusent dans la rue. Les trois quarts des ordinateurs produits en 2004 étaient autoproduits dans les favelas avec les composants de matériels mis au rebut. Le gouvernement soutient les coopératives et groupements informels d’autoproduction pour l’autoapprovisionnement.

 

Claudio Prado, qui dirige le département de la culture numérique au ministère de la Culture du Brésil, disait récemment : « L’emploi est une espèce en voie d’extinction… Nous comptons sauter cette phase merdique du XXe siècle pour passer directement du XIXe au XXIe. » L’autoproduction des ordinateurs par exemple a été officiellement soutenue : il s’agit de favoriser « l’appropriation des technologies par les usagers dans un but de transformation sociale ». La prochaine étape sera logiquement l’autoproduction de moyens de production.

 

J’y reviendrai encore.

Ce qui importe pour le moment, c’est que la principale force productive et la principale source de rentes tombent progressivement dans le domaine public et tendent vers la gratuité ; que la propriété privée des moyens de production et donc le monopole de l’offre deviennent progressivement impossibles ; que par conséquent l’emprise du capital sur la consommation se relâche et que celle-ci peut tendre à s’émanciper de l’offre marchande. Il s’agit là d’une rupture qui mine le capitalisme à sa base. La lutte engagée entre les « logiciels

propriétaires » et les « logiciels libres » (libre, « free » est aussi l’équivalent anglais de « gratuit ») a été le coup d’envoi du conflit central de l’époque. Il s’étend et se prolonge dans la lutte contre la marchandisation de richesses premières – la terre, les semences, le génome, les biens culturels, les savoirs et compétences communs, constitutifs de la culture du quotidien et qui sont les préalables de l’existence d’une société. De la tournure que prendra cette lutte dépend la forme civilisée ou barbare que prendra la sortie du capitalisme.

 

 

 

 

Cette sortie implique nécessairement que nous nous émancipions de l’emprise qu’exerce le capital sur la consommation et de son monopole des moyens de production. Elle signifie l’unité rétablie du sujet de la production et du sujet de la consommation et donc l’autonomie retrouvée dans la définition de nos besoins et de leur mode de satisfaction.

 

L’obstacle insurmontable que le capitalisme avait dressé sur cette voie était la nature même des moyens de production qu’il avait mis en place : ils constituait une mégamachine dont tous étaient les serviteurs et qui nous dictait les fins à poursuivre et la vie a mener. Cette période tire à sa fin. Les moyens d’autoproduction high-tech rendent la mégamachine industrielle virtuellement obsolète. Claudio Prado invoque « l’appropriation des technologies » parce que la clé commune de toutes, l’informatique, est appropriable par tous. Parce que, comme le demandait Ivan Illich, « chacun peut l’utiliser sans difficulté aussi souvent ou aussi rarement qu’il le désire […] sans que l’usage qu’il en fait empiète sur le liberté d’autrui d’en faire autant » ; et parce que cet usage (il s’agit de la définition illichienne des outils conviviaux) « stimule l’accomplissement personnel » et élargit l’autonomie de tous. La définition que Pekka Himanen donne de l’Éthique hacker 1 est très voisine : un mode de vie qui met au premier rang « les joies de l’amitié, de l’amour, de la libre coopération et de la créativité personnelle ».

 

Les outils high-tech existants ou en cours de développement, généralement comparables à des périphériques d’ordinateur, pointent vers un avenir où pratiquement tout le nécessaire et le désirable pourra être produit dans des ateliers coopératifs ou communaux ; où les activités de production pourront être combinées avec l’apprentissage et l’enseignement, avec l’expérimentation et la recherche, avec la création de nouveaux goûts, parfums et matériaux, avec l’invention de nouvelles formes et techniques d’agriculture, de construction, de médecine, etc. Les ateliers communaux d’autoproduction seront interconnectés à l’échelle du globe, pourront échanger ou mettre en commun leurs expériences, inventions, idées, découvertes. Le travail sera producteur de culture, l’autoproduction un mode d’épanouissement.Deux circonstances plaident en faveur de ce type de développement. La première est qu’il existe beaucoup plus de compétences, de talents et de créativité que l’économie capitaliste n’en peut utiliser. Cet excédent de ressources humaines ne peut devenir productif que dans une économie où la création de richesses n’est pas soumise aux critères de rentabilité. La seconde est que « l’emploi est une espèce en voie d’extinction ».

 

Je ne dis pas que ces transformations radicales se réaliseront. Je dis seulement que, pour la première fois, nous pouvons vouloir qu’elles se réalisent. Les moyens en existent ainsi que les gens qui s’y emploient méthodiquement. Il est probable que ce seront des Sud- Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d’autoproduction de leur favela ou de leur township d’origine.

 

André Gorz

 

NDLR : Ce texte qu’André Gorz a terminé d’écrire le 17/09/2007 est une version revue et approfondie de celui écritpour le manifeste d’Utopia. Rebaptisé pour notre dossier Le travail dans la sortie du capitalisme il a depuis été publié dans son livre posthume Écologica sous le titre La sortie du capitalisme a déjà commencé.

1 Pekka Himanen, L’Éthique hacker et l’esprit de l’ère de l’information, tr. fr. C. Leblanc, Paris, Exils, 2001.

 

Ou encore très intéressant :

 

 

« La capitalisation des anticipations de profit et de croissance entretien l’endettement croissant, alimente l’économie en liquidités dues au recyclage bancaire de plus-value fictives, et permet aux États-Unis une « croissance économique » qui, fondée sur l’endettement intérieur et extérieur, est de loin le moteur principal de la croissance mondiale (y compris de la croissance chinoise). L’économie réelle devient un appendice des bulles spéculatives entretenues par l’industrie financière. Jusqu’au moment, inévitable, où les bulles éclatent, entraînent les banques dans des faillites en chaîne, menaçant le système mondial de crédit d’effondrement, l’économie réelle d’une dépression sévère et prolongée (la dépression japonaise dure depuis bientôt quinze

ans).

 

 
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