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23.12.2009

Suicides : le document qui accuse France Telecom

Révélation : un document interne d'une rare brutalité annonçait dès 2006 la vague de suicides.

20 octobre 2006. Devant des cadres supérieurs, Didier Lombard et les dirigeants de France Télécom annoncent l'accélération de la restructuration de l'entreprise. Mediapart et Santé & Travail s'en sont procuré le compte-rendu. Les propos sont crus, brutaux, martiaux parfois. Relire ce document trois ans et 34 suicides plus tard fait frémir : la tragédie est annoncée...

 

C'est un document que beaucoup à France Télécom ont oublié mais que Mediapart et Santé &Travail se sont procuré. Il s'agit du compte-rendu très précis de 14 pages (répétitions et maladresses syntaxiques comprises) d'une réunion de cadres supérieurs avec l'état-major de l'opérateur téléphonique, qui s'est tenue le 20 octobre 2006. Il correspond en tous points au compte-rendu mis en ligne à l'époque par le syndicat Sud (disponible sous ce lien).

Dans le petit amphithéatre de la Maison de la Chimie, à Paris, 200 cadres dirigeants de France Télécom sont conviés par Acsed, l'association des cadres supérieurs de France Télécom, réputée proche de la direction. Toute la matinée, ils vont débattre de la "transformation sociale" de l'entreprise avec des invités de marque : le PDG Didier Lombard, en poste depuis 2005 ; son numéro deux, Louis-Pierre Wenes, chargé des opérations en France et redoutable «tueur de coûts» ; le directeur des ressources humaines, Olivier Barberot ; le directeur financier, Gervais Pelissier. La réunion est informelle : pensant (à tort) ne pas être enregistrés, les cadres dirigeants ne prennent pas de gants pour parler de la transformation sociale en cours. Le ton est tranchant, martial parfois. Le DRH tente de galvaniser les troupes avec la métaphore guerrière du «combat». Dans un langage très cru, les dirigeants de l'entreprise y annoncent l'«accélération» de la vaste restructuration alors lancée depuis quelques mois.

Celle-ci a commencé début 2005, quand Didier Lombard est arrivé aux manettes. Après son prédécesseur Thierry Breton (parti au ministère de l'Economie), qui a en partie désendetté le groupe et déjà supprimé plus de 20 000 emplois, Didier Lombard veut aller plus loin. Il lance le programme NEXT, réorganisation en profondeur qui doit durer deux ans, entre 2006 et 2008. Obnubilé par la féroce concurrence mondiale, il veut internationaliser le groupe, tourner l'entreprise vers le client, dégager plus de cash pour les actionnaires. Et continuer à réduire les effectifs. Le plan Act ("Anticipation et compétences pour la transformation") est lancé. Objectif: supprimer 22 000 postes, recruter 6 000 personnes, en réorienter 10 000 vers des secteurs dédiés aux clients (par exemple les centres d'appel). Le tout, sans plan social, car une grande partie des salariés sont des fonctionnaires. Fin 2008, l'objectif sera atteint : 22 450 personnes auront quitté l'entreprise, 14 000 auront changé de métier. Entre 2001 et 2008, 44 700 postes auront été supprimés, dont 94 % étaient des emplois de fonctionnaires.Lire la suite. voir Le triomphe de la cupidité, Le film " Let's Make Money

 

27.10.2009

Reportages et interviews sur la vague de suicide

La vague de suicide a France télécoms, principalement risque de remettre / changer le management en France.

Au Etat Unis et les pays anglo saxon, la vision du management est différent. On considère qu’un employer bien «  dans ces bottes » est un employer performant.

C’est pour ces raisons que je vous mets deux articles ( source : site Télérama)

 

"Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés"

En 2006, Sophie Bruneau et Marc-Antoine Rouad réalisaient “Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés”, documentaire magistral et dénonciation accablante des souffrances endurées au travail. Pour continuer notre dossier sur ces “affres d’emploi”, nous vous proposons de regarder, pendant 48h, l'intégralité de ce film.
 À voir (ICI)

 

"Détruire le travail, c'est détruire le vivre ensemble"

Exceptionnel. C’est le mot qui vient à l’esprit à la vision de “La Mise à mort du travail”, un documentaire en deux parties (ce soir et mercredi sur France 3) réalisé par Jean-Robert Viallet. En obtenant de pouvoir filmer les entreprises de l’intérieur, notamment Fenwick et Carglass, ce réalisateur démontre en quoi la course à l’efficacité des entreprises mondialisées (mais pas seulement) génère chez les salariés de la souffrance, physique et mentale, voire pire… Télérama.fr, à travers entretiens, films et portraits, consacre la semaine à ces “affres d’emploi”. On commence par un entretien vidéo avec le réalisateur. Lumineux.
 À voir
(ICI)

09.10.2009

Stress et suicides : l’Etat somme les entreprises de réagir

Xavier Darcos présente un plan d’urgence. Les grandes entreprises devront conclure des accords sur les risques psychosociaux avant le 1er février. 28 suicides reconnus comme accident du travail. Un nouveau salarié du Technocentre de Renault s’est donné la mort.

Alors que Renault a été frappé hier par l’annonce du suicide (à son domicile) d’un ingénieur du Technocentre, le ministre du travail Xavier Darcos, présente ce matin son plan d’urgence sur les risques psychosociaux. Il va sommer les 2.500 entreprises de plus de 1.000 salariés de conclure des accords avec leurs syndicats avant le 1er février, s’inspirant de l’accord interprofessionnel signé a l’automne 2008 mais resté inappliqué depuis. A terme, des sanctions financières pourraient être instaurées si des entreprises ne jouaient pas le jeu. Les syndicats décidés a faire du mal être au travail leur nouveau cheval de batail, saluent ce volontarisme mais demandent des moyens à l’Etat et attendent le patronat au tournant. Le groupe des députés UMP prépare un rapport sur la souffrance au travail et se réserve la possibilité de légiférer. Depuis le 1er janvier 2008, l’assurance-maladie a reconnu 28 suicides comme accident du travail sur 72.

Xavier darcos donne 4 mois aux entreprises pour passer des accords de stress. Cela témoigne de l'urgence de la situation. Un rapport dévoilé hier par l'(Agence de Sécurité Sanitaire de l'Environnement et du travail ( Afsse) pointe que les pathologies psychosociales ( dépression, anxiété) sont arrivées au premier rang des maladies en 2007. Une "tendance lourde" qui de l'avis unanime des experts, ne cesse de s'accentuer. Hier l'annonce du suicide du salarié de Renault est dramatiquement venu le rappeler.

Dans ce contexte, les entreprises peuvent s'estimer heureuses : après les avoir évoquées mercredi, le ministre a finalement renoncé à brandir a présent les menaces de sanctions financières pour les employeurs ne jouant pas le jeu. Ce "Bonus-Malus" pourrait toutefois ressortir  si le bilan, qui sera fix en février est jugé insuffisant.

 
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