À peine revenu sur le devant de la scène, l’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh a été tué, apparemment par balles, ce 4 décembre dans des circonstances qui restent à éclaircir. Il serait mort dans les combats qui opposent depuis plusieurs jours ses partisans aux miliciens houthistes à Sanaa, a indiqué le Congrès général du peuple (CGP), le parti de Saleh, au site de la chaîne d’information saoudiennen Al Arabiya.

Dans une vidéo diffusée par une chaîne de télévision pro-houtis, des miliciens entourent un corps qui semble être celui de l’ancien dictateur. Les milices houties auraient aussi fait sauter le domicile de Saleh dans le centre de Sanaa ce lundi 4 décembre, d’après le témoignage des habitants.

Rupture avec les houthistes

Saleh avait fait une déclaration fracassante samedi 2 décembre, annonçant sa rupture d’avec ses alliés d’hier, les rebelles houthistes, et sa disponibilité pour une entente avec la coalition saoudo-émiratie pour mettre fin à la guerre et reprendre le pouvoir.

Cette déclaration avait été acceuillie dans l’enthousiasme par les Saoudiens et les Émiratis, qui y voyaient la promesse d’enfin se voir ouvrir une issue possible à la guerre qu’ils mènent au Yémen depuis bientôt trois ans.

Mais à la surprise des observateurs saoudiens, les houthistes ont lancé une violente contre-offensive à Sanaa, la capitale du Yémen, où ils semblent avoir pris l’avantage. “Saleh a-t-il mal calculé son coup ? Les Saoudiens et les Émiratis, ont-ils crié victoire trop tôt ?” s’interrogeait dès hier soir la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, au sujet de cette contre-offensive.

“Les houthistes savaient qu’un jour ou l’autre, Saleh allait se retourner contre eux”, explique Baki Chamsan, sociologue yéménite à l’université d’Aden, interrogé par Al-Jazira. “Ils avaient bien préparé ce moment et étaient prêts à réagir.”

“Un nouveau chapitre du printemps arabe”

La mort de l’ex-dictateur, qui avait été évincé du pouvoir par le printemps yéménite en 2012, suscite différentes réactions. “Avec toutes mes excuses pour les martyrs de la révolution, cela ne nous console pas qu’il soit mort de cette manière, tué par les houthistes”, écrit le journaliste yéménite Wasim Al-Quershi sur son compte Twitter. “Il avait tout de même rendu service à son pays avant de mourir, en corrigeant l’erreur de son alliance avec les houthis.”

Sur Twitter, une vieille photo qui circule beaucoup montre Saleh en compagnie des anciens dictateurs tunisien, égyptien et libyen, Zine El-Abidine Ben Ali, Hosni Moubarak et Muammar Kadhafi, pour rappeler que deux d’entre eux ont été destitués, les deux autres tués. “Il est mort comme il a régné, depuis quarante ans sur le Yémen, par la ruse et la trahison permanente”, estime, pour résumer, l’observateur yéménite Khaled Al-Ansi, toujours sur Al-Jazira.

“Un nouveau chapitre du printemps arabe”, écrit l’intellectuel mauritanien Mohamed Mokhtar Al-Chinguiti.

Saleh est mort deux ans après Kadhafi. Le livre du printemps arabe continue de surprendre le monde. Il continuera de s’écrire en lettres rouges jusqu’à ce que les peuples arabes parviennent à la liberté et la dignité.”

“Mort de Saleh, chaos, menaces sur la région, ingérences iraniennes, tout cela à cause du refus du cours de l’histoire, du refus du printemps arabe, du refus du droit des peuples à la liberté. Si seulement, [l’Arabie Saoudite] avait soutenu le printemps arabe en 2011”, écrit pour sa part l’éditorialiste saoudien en exil Khaled Khashoggi sur son compte Twitter.

Dans le même temps, les premières réactions sur les résaux sociaux de nombre de spécialistes du Yémen expriment la crainte d’une escalade militaire, avec un redoublement des frappes aériennes de la coalition saoudo-émiratie contre les positions des houtis, à l’instar du spécialiste de la région Kristian Ulrichsen.

Avec M. Saleh, Riyad a perdu un atout unique, capable de peser de l’intérieur sur la rébellion, et qui apparaissait comme l’un des hommes les plus à mêmes de négocier un éventuel accord politique. Sans lui, Sanaa n’est plus qu’un fief exclusivement aux mains des houthistes et de leur parrain iranien, le grand rival régional de l’Arabie saoudite. Mardi le président de la République islamique d’Iran, Hassan Rohani, a assuré que le pays « ser[ait] libéré des mains des agresseurs » saoudiens, tandis qu’un haut gradé iranien dénonçait « une tentative de coup d’Etat » à Sanaa.

Au Yémen, les houthistes seuls maîtres de Sanaa

La victoire des rebelles contre leur ancien allié, l’ex-président Ali Abdallah Saleh, tué par des miliciens, fige les positions et risque d’aggraver la guerre.

Le fils de Saleh appelle à venger son père

«Je conduirai la bataille jusqu'à ce que le dernier Houthi soit chassé du Yémen

Ahmed Ali Saleh, fils de l'ex-président assassiné

Ahmed Ali Saleh, ancien commandant de l'unité d'élite des Gardes républicains au Yémen, semble avoir été préparé pour succéder à son père et pourrait être la dernière chance pour le clan Saleh de regagner de l'influence.

La mort de l'ex-président «présage d'une explosion de la situation sécuritaire» au Yémen, a ajouté le chef de l'organisation panarabe. Signe de cette dimension régionale croissante du conflit, l'Iran a déclaré, par la voix de son président Hassan Rohani, que les Yéménites allaient faire regretter leurs actions aux «agresseurs», dans une allusion à l'Arabie saoudite.

Is Saudi Arabia becoming a danger to the region? - UpFront - YouTube
 

 

Subscribe to VICE News here: http://bit.ly/Subscribe-to-VICE-News Since 2011, when Yemeni youths took to the streets and sparked the eventual demise of former President Ali Abdullah Saleh's regime, the country has fallen to pieces. The new embattled government is now struggling to cope with a bevy of issues, including sectarian rivalries, CIA drone strikes, and one of al Qaeda's most sophisticated branches. It now risks presiding over the failure of one of the world's most fragile countries. In "Yemen: A Failed State," VICE News visits some of Yemen's most dangerous and hard-to-reach places and groups, including the national Army in the country's lawless East, the Houthis in Sana'a, and the Popular Committee in the South, to find out how both the government and the West's policy toward Yemen have gone wrong. Check out "Al-Qaeda Hospital Massacre in Yemen" - http://bit.ly/1lWbsLA Check out the VICE News beta for more: http://vicenews.com

 

 

Yemen: A Failed State

 

 

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